Compte-rendu. Concert. Toulouse, le 14 mars 2018. MOZART:Requiem. Pygmalion / Pichon.

mozart wolfgangCompte-rendu. Concert. Toulouse. Halle aux grains, le 14 mars 2018. MOZART. Requiem. Pygmalion. RaphaĂ«l Pichon, direction. Que de fois l’écoute du Requiem de Mozart a Ă©tĂ© « agrĂ©mentĂ©e » d’autres Ɠuvres qui ne servaient qu’ Ă  offrir au public une durĂ©e de concert plus habituelle. Pourtant le seul Requiem de Mozart, par une aura inĂ©galĂ©e, attire toujours le public. Cette partition incomplĂšte, l’une des derniĂšres de Mozart, bĂ©nĂ©ficie de son histoire romantique et pourtant c’est bien la qualitĂ© intrinsĂšque de cette musique qui permet une Ă©coute toujours renouvelĂ©e que ce soit en version chambriste, baroque, romantique ou gigantesque. Personne n’a tout Ă  fait raison, ni tout Ă  fait tord dans sa proposition interprĂ©tative. Des ensembles amateurs arrivent mĂȘme a une Ă©motion parfois rarement atteinte ailleurs. RaphaĂ«l Pichon est un chef extraordinaire qui sait rĂ©jouir le public le plus exigeant, par sa gĂ©nĂ©rositĂ© et sa joie Ă  diriger, orchestre, solistes comme chƓurs. Il a su organiser une cĂ©rĂ©monie funĂšbre et maçonnique autours des plus belles pages de musique sacrĂ©e amenant progressivement l’auditeur vers le sublime Requiem.

Mozart : musicien divin, homme de cƓur

Ainsi il est proposĂ© du chant a capella, puis de l’orchestre seul, une cantate pour ChƓur, puis pour ChƓur et un soliste, 
 enfin le Requiem sans temps morts. La cĂ©rĂ©monie est si bien construite si intelligente et si sensuelle que l’émotion ne cesse de croĂźtre tout au long de la soirĂ©e. Le Miserere d’Allegri est en plus une allusion au gĂ©nie du jeune Mozart de 14 ans qui a su retranscrire de mĂ©moire la piĂšce entiĂšre jalousement gardĂ©e au Vatican qui s’en Ă©tait rĂ©servĂ© l’exclusivitĂ©.

La profondeur de la Maurerische Trauermarsch est magnifiĂ©e par un orchestre baroque d’une grande puissance expressive, qui ajoute des couleurs d’une rare profondeur. Saluons la beautĂ© du ChƓur a Capella, capable de nuances subtiles et les voix soliste suraiguĂ«s qui planent sans efforts. Les cantates de Haydn et de Mozart n’atteignent pas Ă  cette profondeur et permettent au public de reprendre son souffle. C’est ensuite le passage sans espace entre le Miserere de Mozart tout de dĂ©licatesse et son Requiem qui autorise Ă  la plus grande Ă©motion. Ce Requiem atteint ce soir au plus haut sublime ainsi prĂ©parĂ©. La direction limpide de RaphaĂ«l Pichon est toute de drame et de bonheur Ă  la fois. La joie du chef Ă  diriger n’a d’égal que le don de chaque musicien et chaque chanteur. Les quatre solistes, ce soir chanteurs de haut rang, sont merveilleux. Les interventions sont bien plus modeste que par exemple dans les grands solos des messes de Mozart; toutefois avoir de si bons chanteurs est comme une nĂ©cessitĂ© tant les interventions sont ainsi sublimes dans leur modestie. L’orchestre est merveilleux de couleurs baroques, de nuances et de parfaite justesse. La timbale en particulier a une prĂ©sence sublime. Chaque instrumentiste fait des merveilles.
C’est toutefois le ChƓur qui avec une ductilitĂ© admirable rĂ©pond Ă  la moindre inflexion de la direction de RaphaĂ«l Pichon. Ce ChƓur est aussi puissant qu’un ChƓur romantique dans les forte, mais ce sont ses murmures qui sont inoubliables. Le Confutatis avec ses contraste abruptes donne le frisson, le Lacrymosa arrache des larmes, Le Rex terrorise.
Vraiment le thĂ©Ăątre Mozartien alliĂ© Ă  la subtilitĂ© de sa musique de chambre trouve ce soir des interprĂštes fabuleux.  La montĂ©e en beautĂ© et en Ă©motion fait exulter le public aprĂšs un long moment de recueillement. RaphaĂ«l Pichon avec sa musicalitĂ© et sa joie Ă  diriger a rassemblĂ© une Ă©quipe parfaitement impliquĂ©e et capable de donner beaucoup d’émotions au public.
La magie de cette partition non terminĂ©e par Mozart a Ă©tĂ© offerte avec beaucoup de gĂ©nĂ©rositĂ©. Un mot sur la version des parties complĂ©tĂ©es par Sussmayer ce soir remplacĂ©es par un compositeur moderne. La science du pastiche de Pierre-Henri Dutron ne dĂ©passe pas le compagnonnage de Sussmayer dont le travail n’a pas Ă  rougir. Il est en tout cas trĂšs intĂ©ressant d’entendre une autre version qui finalement met avant tout en lumiĂšre la beautĂ© inĂ©galable des pages de Mozart.
RaphaĂ«l Pichon nous a proposĂ© une trĂšs belle cĂ©rĂ©monie humaniste, spacialisĂ©e avec art dans la vaste halle-aux-grains pleine Ă  craquer et habituellement peu propice Ă  ce type d’émotions musicales.
Merci aux Grands InterprĂštes d’inviter avec rĂ©gularitĂ© l’intense musicalitĂ© de RaphaĂ«l Pichon et celle de son Ensemble Pygmalion. Ce soir ils ont atteint des sommets.

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Copte rendu. Concert. Toulouse. Halle aux grains, le 14 mars 2018. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791): Quaerite primum regnum Dei K.86 ; Maurerische Trauermarsch K. 477 (479a) ; Ne pulvis et cinis K. Ahn 122, pour basse solo et chƓur ; Miserere K.90;  Requiem en rĂ© mineur K.626; Gregorio Allegri (1582-1652) : Miserere ; Franz Joseph Haydn (1732-1809) : Insanae et vanae curae. Sabine Devieilhe, Soprano; Sara Mingardo, Mezzo-soprano ; John Irvin, TĂ©nor ; Nahuel di Pierro, Basse ; Pygmalion, ensemble vocal et orchestral ; RaphaĂ«l Pichon, Direction.

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