Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 17 mars 2016. Haydn. Les Sept Paroles du Christ en croix. Orchestre des Champs Elysées. Philippe Herreweghe, direction.

herreweghe philippeCompte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 17 mars 2016. Haydn. Les Sept Paroles du Christ en croix. Orchestre des Champs Elysées. Philippe Herreweghe, direction. Les Sept Dernières paroles du Christ en croix : Nouveau succès du Collegium Vocale Gent et de l’Orchestre des Champs Elysées. A l’approche des fêtes de Pâques, quelle œuvre, autre qu’un oratorio, aurait-elle pu être donnée, en ce jeudi 17 mars, au Théâtre Auditorium de Poitiers ? C’est avec Les sept dernières paroles du Christ en croix de Joseph Haydn (1732-1809) qu’arrivent, sur la scène de l’auditorium, le Collegium Vocale Gent, l’Orchestre des Champs Elysées et les quatre solistes invités par Philippe Herreweghe. Les sept dernières paroles du Christ en croix ont un parcours de vie assez particulier. En effet la toute première version de l’oeuvre est purement orchestrale composée, sur commande de l’église Santa Cueva de Cadix (Espagne), par Haydn pour le Vendredi Saint. Il a par la suite repris son œuvre pour en faire un quatuor puis l’oratorio tel que nous le connaissons pour orchestre, choeur et solistes. C’est cette dernière version que nous présentent Philippe Herreweghe et ses interprètes.

Dès l’introduction, Philippe Herreweghe donne le ton de la soirée; la direction sera sobre, ferme, précise. Parfaitement préparé, le Collegium Vocale Gent donne une performance remarquable d’autant que le choeur est très sollicité; musicalement les choristes sont irréprochables, … et la diction elle est idéale. En ce qui concerne les solistes, Herreweghe a invité quatre belles voix, que nous aurions pris plaisir à entendre un peu plus. En effet les quatre solistes chantent par dessus le choeur avec de temps à autre une voix seule. Les deux voix féminines, Sarah Wegener et Marie Henriette Reinhold, sont solides, plutôt bien chantantes et David Soar fait entendre des graves impressionnants, bien qu’il soit le seul à n’avoir aucune intervention hors du quatuor. Quant à Robin Tritschler, si la voix est belle, elle peine à passer la rampe alors que ses rares interventions se bornent à du récitatif, peu flatteur pour le ténor. Fidèle à lui même l’Orchestre des Champs Elysées accompagne avec bonheur le Collegium Vocale Gent et le quatuor de solistes. La direction ferme, précise, souple de Philippe Herreweghe donne un coup de fouet à une œuvre emprunte de foi sereine mais qui présage, avec le «terremoto» final, une chute brutale et prévisible de l’humanité pécheresse.

C’est, une nouvelle fois, un concert de haute volée que le Collegium Vocale Gent et l’Orchestre des Champs Elysées, placés sous la direction de leur chef historiques, ont donné devant un auditorium bien rempli. C’est sans doutes aucun, l’une des versions de référence de l’oratorio de Haydn à laquelle nous avons assisté en ce jeudi soir et que nous espérons voir publiée en CD…

Poitiers. Auditorium, le 17 mars 2016. Joseph Haydn (1732-1809) : Les sept dernières paroles du Christ en croix. Sarah Wegener, soprano, Marie Henriette Reinhold, mezzo soprano, Robin Tritschler, ténor, David Soar, basse, Orchestre des Champs Elysées. Philippe Herreweghe, direction.

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