Compte-rendu, concert. Montpellier, le 22 juillet 2018. Adams, Ravel, Stravinsky. Chamayou / Philh de Radio France/ Rouvali

Compte rendu, concert, Montpellier, opéra Berlioz, Le Corum, Festival Radio France Occitanie, Montpellier, le 22 juillet 2018. Bertrand Chamayou/Philharmonique de Radio France/Santtu-Matias Rouvali. Traditionnellement, comme il se doit pour le Festival de Radio France, à l’Orchestre National succède le Philharmonique. Après la prestation décevante du premier (dans un programme Gershwin dont il a été rendu compte), le second était attendu avec d’autant plus d’impatience qu’il serait dirigé par un jeune chef finlandais, découvert et  apprécié, ici même, il y a quatre ans, Santtu Matias Rouvali, le successeur de Neeme Järvi à Göteborg.

 

 

 

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Dès les premières mesures de The Chairman dances, foxtrott pour orchestre (extrait de Nixon in China, de 1985), de John Adams, on sait que la soirée sera réussie. L’orchestre sonne admirablement, d’une précision incisive, puissant, clair, animé par une baguette dynamique, juste et démonstrative, une véritable leçon de direction d’orchestre. L’œuvre fourmille d’invention dans chacune de ses séquences. Les contrastes sont superbes, résumant le melting pot des Etats-Unis, où les échos du music-hall et du jazz se marient au tissu symphonique, sur ses ostinati toujours changeants. Quelle meilleure introduction pouvait-on trouver au Concerto pour la main gauche de Ravel ?

 

 

 

Santtu Matias Rouvali, le démiurge

 

 

Santtu-Matias-Rouvali-maestro-montpellier-concert-evenement-baguette-compte-rendu-critique-concert-par-classiquenewsC’est Bertrand Chamayou qui sera au clavier d’un Bösendorfer.  Même si on aurait préféré un grand Pleyel ou un grand Gaveau, il faut reconnaître que son toucher lui permet d’en tirer des couleurs séduisantes. La douceur, la plénitude de l’orchestre, sa puissance percussive, paroxystique relèvent du miracle comme de l’effroi. L’entrée du piano, puis cette houle grandiose, sombre et tragique nous emportent. L’andante central, avec ses moments de grâce, nous fait oublier la prodigieuse virtuosité requise, tant la force expressive nous tient en haleine. Bien qu’attendu, l’écrasement final du piano par un orchestre convulsif  relève de la prouesse. Tout est toujours lisible, la précision, horlogère, quels que soient la nuance et le mouvement,  fruit d’une entente parfaite entre le soliste, le chef et ses musiciens. Un grand bravo, qui vaut au public la célèbre Pavane pour une infante défunte, jouée retenue plus que jamais par Bertrand Chamayou / Illustration : maestro Rouvali (DR).
On a beau connaître Le Sacre du printemps depuis plus de cinquante ans, en fréquenter assidûment la partition, c’est toujours un bonheur de retrouver ce monument, quelle qu’en soit la direction. Ce soir, nous sommes comblés. S’il ne suffit pas de mettre un chef renommé à la tête d’une phalange du plus haut niveau pour que l’alchimie s’accomplisse, on a maintenant le sentiment de vivre un moment exceptionnel. La tension, la vie rythmique, dont l’ivresse orgiaque se combine à des couleurs  soyeuses comme criardes nous emportent. La clarté de l’orchestre, les mixtures, les subtils dosages, le velours ou la soie des cordes, leur percussion obsédante, la précision exceptionnelle de chacun, la violence tellurique des peaux font que la magie joue pleinement, sauvage, ensorcelante, obsédante.

 

 

 

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Il n’est pas un geste, pas une posture qui soit destinée au public. Tous trouvent leur traduction instantanée par les musiciens, individuellement comme en pupitres. La direction superlative de Santtu Matias Rouvali, a conquis l’orchestre et l’ensemble ne fait qu’un, monumental ou intime. La salle fait un triomphe aux interprètes, pleinement mérité.

 

 

   

 

 

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Compte rendu, concert, Montpellier, opéra Berlioz, Le Corum, Festival Radio France Occitanie, Montpellier, le 22 juillet 2018. Bertrand Chamayou/Philharmonique de Radio France/Santtu-Matias Rouvali. Illustrations : photos du concert de Montpellier : (c) Luc Jennepin

 

 

 

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