Compte-rendu, concert. Lausanne, Salle Métropole, le 13 février 2017. Dvorak, Chopin. Orchestre de Chambre de Lausanne. Christian Zacharias, piano et direction.

Christian-Zacharias-8.7Compte-rendu, concert. Lausanne, Salle Métropole, le 13 février 2017. Dvorak, Chopin. Orchestre de Chambre de Lausanne. Christian Zacharias, piano et direction. Christian Zacharias et l’Orchestre de Chambre de Lausanne se connaissent bien pour avoir travailler ensemble 13 années durant. Le pianiste et chef d’orchestre allemand est un fin musicien et son engagement est communicatif. Sa complicité avec l’orchestre est évidente et la gestuelle du chef est emplie de respect, de douceur, d’élégance tout en obtenant précision et énergie de ses musiciens. Les légendes de Dvorak orchestrées par Dvorak en 1811, ont été données de part et d’autre du concerto de Chopin. Elles mettent en valeur la richesse de l’orchestre capable de nuances exquises, de couleurs variées et de beaucoup de précision rythmique. L’adaptabilité de chacun des musiciens à ces miniatures d’orchestre si riche en éléments folklorique, en subtilités rythmiques et en variétés de style, est parfaite. Ce véritable voyage en pays de Bohème est celui de musiciens poètes. La partition de Dvorak est emplie de splendeurs et pourtant tout semble simple et facile à l’écoute. Fluidité des lignes, délicatesse des phrasés sont un enchantement. Si les cordes et les bois sont à la fête tout du long, bien des instruments plus rares trouvent leurs moments de rêve. Ainsi en est-il de la harpe ou des cors dans la dernière partie du concert. La beauté de l’orchestre rencontre celle de la partition bien trop rarement donnée au public. Christian Zacharias en illumine chaque note.

Le deuxième Concerto pour piano de Chopin souffre de la comparaison avec la richesse orchestrale de Dvorak. Tous les efforts de l’orchestre et du chef semblent vains. Chopin ne sait rien demander d’original à l’orchestre mais cela fonctionne toutefois assez bien. Indubitablement c’est le piano qui est le roi. Grande guitare un peu raide, l’orchestre est plus accompagnateur que partenaire. Par contre, le deuxième mouvement en son temps suspendu, sa délicatesse de nocturne belcantiste, justifie à lui seul de jouer ce concerto. L’entente entre le pianiste et les musiciens de l’Orchestre de Chambre de Lausanne autorise une fusion de la plus belle eau tant la liquidité des doigts du pianiste se pose facilement sur l’écume orchestrale. Ce mélange de rigueur et de poésie si caractéristique de Christian Zacharias trouve en Chopin un compositeur qui lui convient à merveille. Le raffinement du rubato est irrésistible et les nuances partagées avec l’orchestre sans un geste sont de grands musiciens. Christian Zacharias qui dirige en jouant est tout simplement sidérant par la qualité de son jeu comme de sa communication totale avec les musiciens parfois du regard ou simplement de l’oreille. Car l’orchestre le suit comme un seul homme et partage beaucoup de plaisir de jeux avec le chef pianiste. Après le succès du Concerto chaleureusement applaudi par le public, un bis de Chopin prolonge l’enchantement avec une mazurka chaloupée dans un rubato élégantissime.

Un bien beau concert tout en musicalité partagée a enchanté le public de la salle Métropole pour ce premier concert car le lendemain le même programme a refait salle pleine. Une diffusion sur espace2.ch permet de déguster ce concert si accompli musicalement avec une admirable version des Légendes pour orchestre de Dvorak. En bis la Danse slave n°2 fait sensation par son énergie et sa grâce.

 

 

 

 

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Compte-rendu, concert. Lausanne. Salle Métropole, le 13 février 2017. Antonin Dvorak (1841-1904) : Légendes op.59. Danse slave n°2 en mi mineur, op.72. Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto pour piano et orchestre n°2, en fa mineur, op.21. Orchestre de Chambre de Lausanne. Christian Zacharias, piano et direction.

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