Classe de chant de l’Opéra Comique

Opéra-Comique, opéra comiqueTélé. Arte, Opéra-Comique, naissance d’une académie. Dimanche 13 avril 2014, 17h35. Docu pédagogique. Derrière les Grands Boulevards, une académie de jeunes chanteurs est née en 2012. Le parlé chanté vous connaissez ? Les spécialistes parlent de « déclamation « c’est à dire l’art d’articuler un texte qu’il soit chanté ou parlé mais d’une façon toujours musicale et naturelle. L’alternance du parlé chanté définit aussi le genre « opéra comique » au contraire de l’opéra (tout court) où tout est chanté sur la scène lyrique. Grasseyer ou rouler les « r », préserver la clarté des voyelles y compris dans les aigus (un défi redoutable pour sopranos et ténors), de toute évidence les jeunes chanteurs doivent non seulement projeter le verbe, chanter, mais aussi jouer… être des acteurs. Car l’opéra c’est aussi du théâtre.

Classe de chant et de théâtre

arte_logo_2013Pour preuve, voici les sessions de la première promo de l’Académie des jeunes voix de l’Opéra-Comique à Paris, salle mythique qui décide aujourd’hui de cultiver les jeunes pousses afin de réussir ses prochaines productions à l’affiche : en 2012-2013, voici les apprentis zélés plutôt motivés invités, coachés à interpréter les fleurons retrouvés de l’opéra-comique romantique et français, celui qui au XIXè, entend renouer avec cette éloquence élégante et expressive qui fait les grands chanteurs. Pour preuve et leur insuffler le feu que l’on attend : la soprano légendaire spécialiste de l’opéra comique (excellente interprète des opéras pionniers de Grétry comme l’a rappelé la récente réédition d’un coffret cd), Christianne Eda-Pierre donne une master class : facétie, intelligence, légèreté, technicité… et l’on se dit que face à un tel éventail de dispositions à naîtriser le chemin sera encore long…
Comme les jeunes apprentis du Jardin des Voix de William Christie, dans le répertoire baroque, voici 10 musiciens décidés à en découdre, prêts à dépasser leurs limites, affirmer un tempérament qui nécessite humilité, intelligence, flexibilité et … écoute. Pas donné à tout le monde : car l’alliance de ces qualités reste difficile à trouver.
En 2012 et 2013, dans Cendrillon de Pauline Viardot : le baryton ex rockeur Ronan incarne le baron de Pictordu, tandis que dans Ciboulette, joyau lyrique signé Reynaldo Hahn, la soprano Magali vocalise à force de roulades et trilles en cascades suspendues. Avec Michel Fau, chacun et chacune tente de trouver le secret d’une aisance physique sur scène… avec plus ou moins de succès : chanter et jouer avec son corps n’est pas si simple (c’est de loin les séances les plus captivantes de ce docu plutôt classiquement agencé). Le chorégraphe Thierry Thieû Niang tente de même : révéler la force expressive du corps justement, découvrir aussi le chant par le geste, dans le corps… une leçon d’humilité là encore. Aux côtés du travail musical et gestuel, le film évoque aussi l’histoire du lieu, du genre, les grandes créations qui ont fait ses heures les plus glorieuses : de Carmen de Bizet (1875) à Pelléas et Mélisande de Claude Debussy (1902). Toujours, la salle Favart a été un lieu de création lyrique, innovant, expérimental… plus audacieux que son aîné parisien, l’Opéra de Paris. En est-il toujours ainsi en 2014 ?

Télé. Opéra-Comique, naissance d’une académie. Arte, dimanche 13 avril 2014, 17h35.

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