CD, compte rendu critique. REICHA : musique de chambre (3 cd Alpha 369)

reicha musiqe de chmabre coffret cd alpha review critique cd par classiquenews livres dvd mag classiquenewsCD, compte rendu critique. REICHA : musique de chambre (3 cd Alpha 369). Le tempérament beethovénien, la grâce et la facétie haydnienne, l’éloquence jamais bavarde mais inspirée par le désir d’une audace expérimentale et expressivement nouvelle justifient pleinement ce triple cd, coffret souhaitons le révélateur du génie oublié de Reicha, vrai compositeur original et puissant. Les oeuvres ici enregistrées dévoilent et confirment la haute finesse d’une écriture raffinée, nerveuse, serrée, d’un lumineux idéal. Le cd2 qui regroupe entre autres ses oeuvres pour piano, – d’un souffle régénérateur-, éblouit par sa clarté imaginative, cette soif de modernité, qui hors du convenu, et du conforme, inscrit l’écriture dans la modernité d’un Beethoven (rien de moins) : Berlioz son élève, personnalité si exigeante, n’a t il pas écrit à propos de Reicha,  son « carbonarisme », emblème d’une pensée révolutionnaire pour le moins, atypique au sein du Conservatoire de Paris où il était professeur… ? C’est comme l’écrit surtout un puissant créateur tardivement reconnu par l’Etat, nommé à l’Institut… en 1835, un avant sa mort. Il était temps.
La Fugue n°9 pour piano, par ses dispositions imprévues sur le plan harmonique et sa grande fantaisie atteste de la liberté révolutionnaire d’un Reicha, virevoltant entre Mozart et Beethoven, dans le temple des conservateurs au Conservatoire de Paris… Liberté exaltante en variations d’après La Flûte enchantée de Mozart (Sonate pour piano en fa majeur) ; même ivresse et goût immodéré pour la liberté de ton et pour l’architecture rythmique des plus audacieuses dans les Variations sur un thème de Gluck opus 87.
Même qualité de l’inspiration, entre virtuosité et intériorité, audace du plan architectural, schéma mélodique imprévu, dans l’exaltant Quatuor opus 95, n°1 (publié à Paris, vers 1820), vraie offrande réussie à un genre qui gagne un nouvel essor au concert publique, depuis le noyau primordial du salon privé. Reicha l’a dédié au violoniste vedette Pierre Rode, lui-même tête d’affiche à la mode dans les programmations des salles de concerts parisiens romantiques. Les interprètes requis à l’exercice de la première mondiale ici, expriment idéalement le souffle poétique, le sceau de l’idéal lumineux et équilibré qui inspire à Reicha un sommet de clarté contrapuntique et de liberté enivrante dans le goût des variations. Même audace inventive et résolument moderne dans le Quintette avec deux altos de 1807, publié en 1820 à Paris ; idem pour le genre inédit du Trio pour 3 violoncelles (juin 1807)… Reicha rétablit la virtuosité française aux côtés de la complexité du contrepoint germanique. Son élégance de ton demeure aussi emblématique du Paris des 1820 et 1830. Coffret événement. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2017.

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CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. REICHA : musique de chambre (3 cd Alpha 369). Quatuor op 95, n°1. Quintette avec deux altos op 92 n°1, oeuvres pour piano (Sonate pour piano en mi majeur, Etude n°29, Andante maestoso, Sonate en fa majeur sur la Flûte Enchantée de Mozart, Fugue n°9, Variations sur un thème de Gluck op 87). Trios, avec piano en ré mineur op 101 n°2, pour 3 violoncelles… Quatuor Girard, Trio Medici, … Solistes de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2017.

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