CD, compte rendu critique. EMMA KIRKBY, the complete recitals editions de L’Oiseau-Lyre

Kirkby Emma Kirkby The-Complete-Recitals oiseau lyre coffret decca classiquenews critique compte renduCD, compte rendu critique. EMMA KIRKBY, the complete recitals editions de L’Oiseau-Lyre : songs, Bach, Haendel, Mozart… Anthony Rooley, Christopher Hogwood : 1978-1990 12 cd Decca L’Oiseau Lyre 478 7863. NĂ©e en 1949, formĂ© dans le sĂ©rail d’Oxford puis se perfectionnant comme soliste d’ensembles de chambre, la soprano britannique Emma Kirkby est fĂȘtĂ©e en avril 2015 par la firme L’Oiseau Lyre. Voici la muse et l’interprĂšte la plus emblĂ©matique de cette esthĂ©tique baroqueuse Ă  l’anglaise, qui de l’autre cĂŽtĂ© de la Manche fut l’Ă©quivalente d’une Montserrat figueras auprĂšs de Jordi Savall. La soprano Britannique Emma Kirkby dĂ©bute sa carriĂšre dans les annĂ©es 1970, en collaboration avec le luthiste Anthony Rooley, musicologue et interprĂšte qui relit ausi bien les rĂ©pertoires britanniques qu’italien (on lui doit une intĂ©grale des Madrigaux de Monteverdi, cycle blanc, certes proche du texte mais qui s’interdit souvent tout dĂ©bordement expressif, toute sensualitĂ© suspecte). Puis sa coopĂ©ration avec Christopher Hogwood chez les grands baroques, de Bach Ă  Haendel accomplit une carriĂšre dĂ©diĂ©e aux passions baroques, en particulier dans la sphĂšre rĂ©glĂ©e mesurĂ©e du rĂ©pertoire sacrĂ© (cantates, oratorios… jusqu’aux motets de Mozart).

Partenaire de Rooley et Hogwood, la soprano vedette des 80s inspire Ă  Decca L’Oiseau Lyre un coffret portrait

Kirkby, voix et muse du Baroque anglais

Le coffret portrait dĂ©diĂ© Ă  la cantatrice emblĂ©matique des annĂ©es 1980-1990, rĂ©capitule ses choix artistiques et ses collaborations enregistrĂ©s par les ingĂ©nieurs de Decca L’Oiseau-Lyre de 1978 Ă  1990. Du style tricotĂ©, minutieux, appliquĂ© parfois un peu trop scrupuleux si frappant dĂšs son premier disque ici prĂ©sentĂ© (Lady Musik, cycle de songs elisabethains de 1978 avec Rooley), aux cantates de Bach et de Haendel, “La Kirkby” sert les partitions avec une prĂ©cision ciselĂ©e, proche du texte, mais parfois sans guĂšre de souffle ni de vertiges hallucinĂ©s.
Le timbre lumineux convient aux partitions sacrĂ©es indiscutablement ; et son style dentelĂ© rappelle les premiers essais de lecture informĂ©e dans les annĂ©es 1980… Mais ici l’excĂšs de prĂ©cision sacrifie souvent l’architecture. Le dĂ©tail oublie l’intention globale.
Pour preuve Disserratervi, o porte d’Averno de la Resurrezione de Haendel dont Hogwood et la soprano font une piĂšce de tapisserie habilement articulĂ©e sans rebond dramatique. La prĂ©cision dĂ©licate et claire de la soprano sied beaucoup mieux aux inflexions introspectives et mĂ©ditatives du Messiah (Bonus du cd 10 de 1981 et 1982 avec Hogwood toujours). Mais oublions la style hachĂ© et laborieux de ses airs dans La CrĂ©ation (Hogwood, 1990).

Voix droite, d’une puretĂ© distante et comme dĂ©sincarnĂ©e, le soprano sans vibrato peine quand mĂȘme Ă  Ă©mouvoir dans Mozart ( et ses motets dont l’Exsultate, jubilate… bien sage – Hogwood, 1983). On lui prĂ©fĂ©rera nettement son programme d’airs mozartiens en particulier les airs metastasiens, idĂ©alement tendres d’Il rĂš pastore ou les airs Ah lo previdi (et sa rĂ©solution Ă  7mn avec hautbois obligĂ©, suave et caressant) ou Ch’io mi scordi di te? d’une application moins contrainte et librement dramatique Ă  laquelle rĂ©pond la vitalitĂ© trĂšs pointilliste, comme taillĂ©e au scalpel du chef Hogwood (cd 12, Londres 1988).

Du reste, le chef anglais disparu un mois aprĂšs Frans BrĂŒggen (et Lorin Maazel) en septembre 2014, a marquĂ© l’Ă©volution tardive de la soprano dont il partageait le mĂȘme idĂ©al : prĂ©cision mĂ©tallique et sens du dĂ©tail, mais texte toujours en avant, pilotant ses Bach, Haendel, Mozart, cherchant une voie mĂ©diane / idĂ©ale entre abstraction spirituelle et suavitĂ© sĂ©duisante. Avec son orchestre Acadamy of Ancient Music (fondĂ© en 1973 et dirigĂ© jusqu’en 2006), chef et soprano auront rĂ©alisĂ© une esthĂ©tique sonore cohĂ©rente mĂȘme si nous on voyons aujourd’hui les limites (tiĂ©deur, surprĂ©cision jusqu’Ă  la fragmentation…).

Emma Kirkby demeure convaincante dans les emplois rĂ©servĂ©s Ă  son “modĂšle” la chanteuse Ă©pouse de Thomas Arne, Cecilia Young chantant les songs de son mari ou les Haendel qui lui ont Ă©tĂ© destinĂ©s (Alcina, Ariodante, Alexander’s Feast, Saul…). Soin du verbe, musicalitĂ© prĂ©cise, tension vocale, voici indiscutablement en 12 cd les apports les plus spĂ©cifiques d’Emma Kirkby, ambassadrice du chant informĂ© chez Bach et Haendel ; plus tendue et ciselĂ©e parfois dure (minaudante diront les plus critiques) chez Mozart. La soprano vedette de Christopher Hogwood aura marquĂ© l’interprĂ©tation en Grande Bretagne dans les annĂ©es 1970 et 1980. Coffret indispensable.

CD, compte rendu critique. EMMA KIRKBY, the complete recitals editions de L’Oiseau-Lyre : songs, Bach, Haendel, Mozart…Anthony Rooley, Christopher Hogwood : 1978-1990 12 cd Decca L’Oiseau Lyre 478 7863.

1. CD “Elizabethan Songs” – Lautenlieder von Bartlett, Campion, Danyel, Dowland, Edwards, Jones, Morley, Pilkington (1978)
2. CD “Pastoral Dialogues” – Werke von Jones, Corkine, Dowland, Johnson, Lawes, Foggia, Peri, Falconieri, D’India, Grandi, Rovetta, Merula (1980)
3. CD “Amorous Dialogues” – Arien & Duette von Morley, Lawes, India, Ferrari, Monteverdi
4. CD “Duetti da camera” – Werke von Monteverdi, d’India, Sabbatini
5. CD Purcell: Lieder & Arien (Hark, how all things; If Music be the food of love; Evening hymn u. a.)
6. CD Bach: Kantaten BWV 211 “Kaffee-Kantate” & BWV 212 “Bauern-Kantate”
7. CD Bach: Hochzeits-Kantaten BWV 202 & 210; Arien BWV 208 & 509; Rezitativ & Arie “Schlummert ein” aus Kantate BWV 82
8. CD Emma Kirkby sings Mr. Arne – Arien von HĂ€ndel, Arne, Lampe
9. & 10. CD HĂ€ndel: Italienische Kantaten HWV 81, 123b, 136a, 170 171, 189, 192, 196, 201
11. CD Mozart: Exsultate jubilate KV 165; Regina coeli KV 108 & KV 127; Ergo interest KV 143
12. CD Mozart: Arien aus Il re pastore & Zaide; Konzertarien KV 217, 272, 383, 505

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