CD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » (5 cd Deutsche Grammophon)

abbado argerich coffret deutsche grammophonCD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » (5 cd Deutsche Grammophon).On connaît avec raison les sublimes Symphonies de Mahler par Claudio Abbado. Rien ne paraît user non plus le duo légendaire, éternellement juvénile et grande classe que le chef italien a composé dès sa trentaine avec le clavier crépusculaire et noctambule de la vive et fauve Martha Argerich. Dans ce coffret 5 cd, Deutsche Grammophon met la lumière sur leur collaboration fixée par les micros et depuis l’année 1967 qui a inauguré cette alliance favorable. Déjà le programme Ravel Prokofiev mettait en relief leur complicité électrique, faite de finesse et d’éclats poétiques avec le Berliner Philharmoniker comme tapis instrumental des plus articulés. Même ivresse sonore et entente constellée d’accomplissements dans le Concerto de Tchaikovski avec les mêmes Berlinois et en 1994. Soulignons aussi les béatitudes diaprées d’une même compréhension mutuelle en 1968 pour ce couplage romantique, Chopin (orchestralement passionnant : une performance dont seul est capable l’immense Abbado) et Liszt (crépitant, fougueux, plus subtilement lumineux que crépusculaire) : Abbado y dirige en 1984 le London Symphony Orchestra. Moins inspirés à Ferrare (n°2 et 3 de Beethoven, 2000 et 2004 avec le Mahler Chamber Orchestra) et Lucerne (n°20 et 25 de Mozart, 2013, Orchestra Mozart du Festival de Lucerne), les derniers enregistrements sur le vif n’ont pas ce fini ancien, patine légendaire à l’appui des merveilleuses bandes de 1967 et 1968, décidément inégalables par leur chic poétique. Pourtant en 2013, Abbado nous épate par sa sérénité intérieure et un retour naturel à l’éloquente tendresse dont il fait son miel avec une Argerich toute… enfantine elle aussi. Ce dernier concert de Lucerne a déjà été critiqué sur classiquenews (CLIC de classiquenews en février 2014, il y a donc un an). Pudeur tragique… une alliance éperdue et vive, suggestive et profondément intérieure servie par deux immenses âmes sensibles. « Le rondo final se distingue tout autant par son feu olympien, soulignant dans la complicité de deux artistes, une joie et une intensité rarement atteinte dans un programme. L’orchestre en totale harmonie avec le piano soliste (oeuvrant comme s’il en était une émanation organique) bouillonne, crépite, s’emballe avec la transe de la première excitation, en une fièvre dansante souvent irrésistible. Programme bouleversant et après le décès du maestro, parmi ses ultimes enregistrements, l’un de ses plus déchirants. Incontournable. » écrivait alors notre confrère Lucas Irom à propos du disque Mozart n°20 et 25, avec Martha Argerich, paru après la mort de Claudio Abbado.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Claudio Abbado / Martha Argerich : « Complete concerto recordings 1967-2013 » . Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto n°3 pour piano et orchestre ; Maurice Ravel (1875-1937) : concerto en sol (deux versions); Frédéric Chopin (1810-1849) : Concerto n°1 ; Franz Liszt (1811-1886) : Concerto n°1 ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Concerto n°1 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concertos n° 2 et 3 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos n°20 et 25. Martha Argerich (piano) Claudio Abbado (direction), Orchestre philharmonique de Berlin, London Symphony Orchestra, Orchestre de Chambre Mahler, Orchestre Mozart. 5 CD DG 479 4155. Enregistré en mai-juin 1967 et décembre 1994 à Berlin ; en février 1968 et février 1984 à Londres ; en février 2000 et février 2004 à Ferrare ; en mars 2013 à Lucerne. ADD/DDD. Notice trilingue  : anglais, allemand, français. Durée : 4 h 44’07 ‘’ 

 

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