CD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical)

RACHVELISHVILI Anita CD sony classical critique par classiquenews annonce cd review by classiquenews la critique du cd sur classiquenewsCD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical). La mezzo géorgienne Anita Rachvelishvili épingle les airs d’opéras qui ont fait sa gloire (Carmen chanté à 25 ans en 2009 à la Scala de Milan, aux côtés de Kaufmann et sous la direction de Barenboim)… mais aussi surtout ici de nouveaux rôles, amples, tragiques, princiers, taillés pour son instrument noble et large : Sapho et Dalila… c’est donc en plus des poncifs verdiens (Eboli, ou Azucena, rôle fantastique et halluciné qu’elle chante en février 2018 au Metropolitan Opera de New York, puis en juin à Paris), un récital qui comme celui de Jonas Kaufmann, chez le même éditeur (CD : ” l’Opéra “), est une déclaration d’amour à l’opéra romantique français.

Sa Charlotte (Werther de Massenet) n’est pas mal non plus : les teintes miroitantes de la diva expriment et révèlent l’activité d’un psyché meurtri, maudite, qui en relisant les lettres du jeune héros de Goethe, a la prémonition de sa mort… Timbre charnel et cuivré, medium large, le chant souverain d’Anita, la nouvelle diva grave (plus grave encore que les sopranos actuellement fêtées telles Yoncheva ou Netrebko), affirme une intelligence artistique pour nous exemplaire, par ses teintes murmurées idéalement contrôlées, un mezza voce rayonnant, à la fois éblouissant et coloré, qui confirme ce goût sublime de l’interprète pour l’intériorité (et non la performance, même si elle excelle dans le rôle d’Amnéris… auquel elle apporte d’ailleurs une nouvelle profondeur). Jamais tiré, ni crié, ni tendu, son chant cisèle le creux vertigineux du mot, ce qui donne la réussite de son premier air de Dalida (en réalité peu connu) : l’amoureuse séductrice saisit par sa langueur suspendue et des couleurs fauves là encore… enivrantes. L’écoute attentive de cet air de Saint-Saëns révèle des joyaux vocaux d’une étonnante intensité, d’une justesse idéale.

ANITA, nouvelle sirène contemporaine

Les oreilles pincées auront mis à mal l’imprécision linguistique du français ainsi détérioré (en réalité peu de chose, des vétilles qui affectent à peinent la beauté et la sureté d’un chant très abouti) : quelle beauté du timbre accordé à un goût exemplaire pour le pianissimo. Voluptueuse et ciselée, diseuse contrôlant comme peu l’émission et la projection, Anita Rachvelishvili s’entend à merveille à sculpter son timbre dans la défense de SAINT-SAËNS précisément et de MASSENET : du premier sa Dalila éblouit par ce sens de la mesure (qui n’est pas pudeur lisse) ; du second, sa Charlotte trouve des couleurs félines, … splendides. Il est évident qu’avec un coach vocal plus exigeant en français, la diva mezzo dominera demain toutes les scènes lyriques mondiales. Elle a le potentiel vocal et la magnétisme inouï d’une Elina Garanca (d’autant que cette dernière ne maîtrise pas mieux son français : mais sa récente Eboli à Bastille a foudroyé pourtant l’audience, non sans raison). C’est dire.

Chez les Italiens, là encore la dextérité habitée d’Anita Rachvelishvili, et cette présence singulière envoûte. De Mascagni, sa Santuzza (de Cavalariana), le mezzo langoureux, inquiet, en vertige et panique contrôlée, régénère la perception et le compréhension de l’amoureuse blessée, trahie, perdue. Anita Rach. apporte et cisèle une jeunesse racée nouvelle qui contraste avec le medium plus large des femmes mûres plus habituellement entendues dans le rôle. La jeune diva trentenaire apporte une couleur et une lumière nouvelles. Une grâce inédite dans le personnage vériste qu’elle adoucit et enrichit ainsi considérablement.

CLIC_macaron_2014Autre séquence méconnue mais révélatrice : « la cavatine du roi Tamar », extraite de La Légende de Shota Rustaveli de Dimitri Arakishvili, compositeur compatriote de la diva divina, véritable opéra majeur de la Géorgie. L’écoute attentive de l’album « ANITA RACHVELISHVILI », mérite sans hésiter le CLIC de CLASSIQUENEWS. Aux côtés de Jonas Kaufmann, ou la jeune soprano Regula Mülhleman, le label SONY affirme sa présence comme la marque aujourd’hui incontournable des grandes voix actuelles.

La finesse, l’intelligence, la suavité filigranée de ce timbre de velours, à la fois grave et délicat, subjuguent. A suivre.

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CD, compte rendu critique. ANITA RACHVELISHVILI (1 cd SONY classical) – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2018

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