CD, coffret événement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd)

ludwig christa coffret box set 11 cd warner complete recordings on warner review cd cd critique cd par classiquenews wahfp5rrtih7a_300CD, coffret événement. CHRISTA LUDWIG : the complete recitals on Warner classics ( 11 cd). Elle aura connu le sommet de sa carrière lyrique dans le rôle de la Teinturière de La Femme sans ombre de R. Strauss (sous la direction de Karl Bohm, pour l’inauguration du Met en 1966), et certainement pas dans le rôle de Brangaine (Tristan) : ennuyeux à mourir ; puis aura failli casser et perdre sa voix en chantant Eboli, pilotée par Karajan en août 1975 à Salzbourg… énérée en Autriche et en Allemagne comme la diva germanique par excellence, Christa Ludwig qui fut donc Cherubino (Le Nozze), le Componist (Ariane Auf Naxos), en particulier Kundry (Parsifal, à Bayreuth), prit sa retraite en 1994. Il n’y eut qu’une seule mezzo, aussi engagée, au moelleux âpre et mordant, articulant comme peu, vraie diablesse dramatique, et tragédienne nuancée : Agnès Baltsa. Et bien sûr Maria Callas, mais Ludwig comme Baltsa ne sont pas des sopranos et ne purent jamais chanté, ni Leonora, Violetta chez Verdi, ni Isolde chez Wagner…
Amoureuse de littérature et de textes poétiques, c’est surtout dans l’univers millimétré du lied que la mezzo devenue légendaire a donné l’ampleur de son génie vocal, soie sensuelle et voluptueuse, flexible et intelligemment incarnée, capable de dire chaque mot, et de faire parler la musique. C’est une diseuse hors pair, véritable poétesse et prophétesse du verbe, dévoilant toute les intentions poétiques du texte, de la phrase, dans un dialogue riche et allusif, éclairant comme jamais toute situation dramatique dans ses enjeux et ses promesses les plus inouïs-, avec le piano et les autres voix. Amoureuse de Goethe, la « diva Ludwig » vénère Hugo Wolf qui le met divinement en musique. L’interprète a toujours défendu d’abord le texte puis la musique. En cela elle s’accorde avec l’esthétisme de Monteverdi (qu’elle n’a pourtant jamais chanté). Née en 1928, WARNER célèbre non sans raison le génie interprétatif d’une mezzo particulièrement identifiable, et qui n’a pas sa langue dans sa poche (pour qui a parlé avec elle : son tempérament et sa franchise, précise, détaillée, argumentée contraste avec le parler insipide, fade et passe partout qui a court aujourd’hui, mondialisation et standardidation obligent ; être bien avec tout le monde partout…).
Dans le coffret WARNER, on y retrouve ainsi le genre que Ludwig a servi avec un tact, une subtilité belcantiste : accordant, contrôlant, adaptant chaque nuance vocal selon le sens du texte. Voici les lieder de Schubert (hélas son cher Winterreise / Voyage d’hiver, en cycle intégral n’est pas présent) ; voici surtout Brahms, et Wolf et Strauss. On reste envoûtés sous le charme de ses mélodies de saint-Saëns (Une flûte invisible) et les Chansons madécasses de Ravel. La France et le français sont comme une seconde patrie car elle a épousé un français (« Paul-Emile »). Outre une quasi intégrale des lieder de Brahms, le coffret réunit ses meilleurs accomplissements dans le genre du lied avec orchestre : Wagner (Wesendonck-lieder), Mahler (Lieder eines fahrender gesellen, Kindertotenlieder, et bien sûr, le légendaire Chant de la terre (Das Lied von des Erde).
CLIC_macaron_2014Parmi les inédits mémorables qui ajoutent encore à la valeur de cet héritage inestimable : Lieder de Berg, Max Reger, Wagner (Wesendonck-lieder), sans omettre eux de Wolf, un air de Gluck, plusieurs Brahms dont le récital enregistré (et donc jamais publié jusqu’à ce jour) avec son premier mari, Walter Berry…

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Christa Ludwig (mezzo-soprano) : « The Complete Recitals on Warner Classics » (Coffret 11 CD Warner)

SOUVENIRS, SOUVENIRS…. il y a 10 ans déjà en 2008, pour ses 80 ans, Christa Ludwig faisait l’objet sur CLASSIQUENEWS d’une page dédiée, synthétisant un cycle de rééditions cd et dvd LIRE les 80 ans de Christa Ludwig.

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