CD, annonce. SALIERI : La Scuola de’Gelosi / Werner Ehrahardt (3 cd DHM – 2015).

0886445868555_300CD, annonce. SALIERI : La Scuola de’Gelosi / Werner Ehrahardt (3 cd DHM – 2015). CLASSIQUENEWS inaugure un nouveau fonctionnement dans ses mises en avant cd, dvd, livres : au moment de la réception des nouveautés, parmi les (très) nombreux envois à la Rédaction, un premier regard qui vaut sélection voire CLIC, notre label d’excellence. Puis la grande critique quand le nouveau titre qu’il s’agisse de la valeur de l’oeuvre ou de l’implication superlative des interprètes, l’exige. Sous étiquette DHM, cette « école des jaloux » / Scuola de’Gelosi de Salieri (qui annonce l’école des amants, ou Cosi fan tutte de Mozart plus tardif) mérite assurément le meilleur accueil comme il confirme le talent désormais bien installé d’un chef et de son ensemble parmi les nouveaux défenseurs des répertoires baroques, classiques, préromantiques… Voici sans conteste un nouveau joyau lyrique révélé grâce au chef Werner Ehrhardt et son ensemble L’Arte del Mondo; les musiciens poursuivent ainsi un partenariat discographqiue avec DHM / Sony classical, plutôt bénéfique. CLASSIQUENEWS avait distingué d’un CLIC précédent, la Clemenza di Tito (non de Mozart mais de Gluck, enregistré deux ans auparavant en 2013). On retrouve ici, la même pétillance, la poursuite d’un esprit flexible et enjoué qui s’avère des mieux expressifs sur la scène comique ; à l’acuité expressive de l’orchestre répond la fine caractérisation des solistes, soucieux d’articulation, ambassadeurs d’un réalisme théâtral qui réjouit.

SALIERI, génie de la veine buffa

Werner Ehrhardt révèle Gluck avant GluckLes productions au disque étant de plus en plus rares, – crise du marché oblige, on se réjouit de cette exhumation en création mondiale, défrichement réjouissant, défendu par une vivacité collective, défendue par l’habile maestro, amateur de buffa napolitain, où l’héritage des Pergolesi et Jommelli sont revivifiés par un Salieri, qui à Venise en 1779, se montre tout aussi inspiré par la veine légère, délirante. Même si comparé à Mozart, l’écriture paraît plus convenue, formatée, prévisible; Salieri n’atteignant pas à la vérité émotionnelle ni à la profondeur parfois grave de son génial contemporain (et rival à Vienne). Mais le geste de l’excellent chef entend à travers cette série lyrique nouvelle, éclairer les prédécesseurs et contemporains du Mozart viennois, celui le plus bouleversant, portraitiste de l’âme humaine, partenaire de Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan tutte).
CLIC_macaron_2014Ainsi cette heureuse comédie a la truculence et la vivacité émotionnelle des Noces (trio du I – terzetto Contessa, Tenente, Conte), (mais certes pas le cynisme et l’ironie comme la profondeur de Cosi), quoiqu’elle diffuse un réel plaisir communicatif dans la caractérisation des récitatifs qui rétablissent la présence d’un marivaudage théâtral. Grâce à une distribution solide aux tempéraments bien trempés, techniquement affirmés dont surtout les épatants : Lumaca (Florian Götz), Ernestina (vivante et habitée Roberta Mameli-), Blasio (Federico Sacchi), Contessa qui de scène en scène affirment une intensité énergisante de la situation comique et piquante, qui de fait, se révèle très proche de l’esprit mozartien, … des Noces ; Le Nozze, surtout qui semblent ainsi précédées voire préfigurées dans cette élégance cocasse de chaque instant. Grande critique de l’opéra buffa (1779) de Salieri recréée par Werner Eharhardt / L’Arte del monde à venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.

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Précédent cd de Werner Eharhardt / L’Arte del monde : La Clemenza di Tito (3 cd DHM – 2013), CLIC de CLASSIQUENEWS :

gluck-clemenza-tito-ehrhardt-werner-arte-del-mundo-dhmCD. Gluck : La Clemenza di Tito (Ehrhardt, 2013). L’ouvrage de Gluck surprend par sa coupe ardente, l’ambition de ses récitatifs (du vrai théâtre lyrique : toute la première scène d’ouverture est du pur théâtre) et ici, une très fine caractérisation des protagonistes (grâce à des airs qui savent développer l’énergie psychologique de chaque profil individuel) : Vitellia, Sesto, Titus, Servillia, c’est à dire le  quatuor embrasé des amours éprouvées, en souffrance dont la couleur spécifique fait passer du classicisme au préromantisme… tous déjà sous sa plume et avant Mozart, impose des tempéraments instrumentalement et vocalement passionnants à suivre du début à la fin.

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