Selon Strauss lui-même, (cf. sa correspondance d'une saveur piquante dont la lettre au chef créateur de Danae, Clemens Kraus, en septembre 1939), l'opéra doit fournir de la substance musicale pour ne pas décevoir l'appétit des auditeurs. Même Puccini et ses pourtant riches et somptueuses harmonies manquaient de cette chair si vitale... résolument à l'affiche de sa Danae...
Le Guépard (Il Gattopardo) reste l'œuvre la plus envoutante créée par Visconti; dont le souffle dramatique doit beaucoup à sa bande originale, en majorité, plusieurs pages symphoniques et ouvertures des opéras de Verdi (avec plusieurs titres originaux composés par Nino Rota).
Le programme "Paris virtuose" nous rappelle la prééminence de la France dans le concert européen, en particulier pendant la période classique, soit de 1770 à 1830, au passage des deux siècles; et pendant les soubresauts politiques, alternant Lumières et Terreur, Monarchie et République, se précise le genre de la symphonie concertante...
Robbins forever... Quelques mois après sa mort, l'Opéra de Paris rend un hommage développé au chorégraphe new yorkais Jerome Robbins; en passant l'Atlantique, le regard des Français retient en particulier cette élégance faussement insouciante mêlée d'humour et de culture qui revisite ici de 1956 à 1975, l'histoire de l'art chorégraphique, non sans auto dérision...
Distribution homogène, mais mise en scène brouillonne: le retour de Mayr à l'opéra reste perfectible... Dans la fosse, Ivor Bolton peine à faire briller une orchestration très détaillée où règnent souvent les bois (clarinette obligée dans les airs de Jason) et la flûte (fruitée, aérienne y compris dans les scènes les plus tragiques).
Pergolesi: Adriano in Siria (Dantone, 2010) : 2010: tricentenaire de la naissance du napolitain Pergolèse (né en 1710). Sa ville natale, Jesi (Marches) honore son génie lyrique et produit Adriano in Siria couplé à l'intermezzo Livietta e Tracollo, sur les planches du théâtre municipal, baptisé naturellement Teatro Pergolesi. Des quatre operas serias, Adriano (créé au San Bartolomeo de Naples en octobre 1734) est le plus abouti...
Album événement: une diseuse exceptionnellement chantante se révèle chez Barber, Berlioz, Britten. Incroyable intelligibilité de la voix claire et remarquablement timbrée, voire éblouissante pour le chant français de la soprano belge, presque quadragénnaire, Anne-Catherine Gillet...
Sous la direction du ténor Paul Agnew, Les Arts Florissants explorent ici les liturgies ensorcelantes voire enivrantes des baroques italiens, napolitains et vénitiens, particulièrement inspirés par le mode déploratoire. Les Lamentations sont ici celles de Marie confronté au corps supplicié et sacrifié de son Fils... Stabat Mater, Crucifixus, Miserere.
Pour sa nouvelle saison symphonique, l'Orchestre Symphonique Région Centre Tours choisit une coloration volontairement russe; après avoir clôturé, le premier festival de Chambord par une 5è de Tchaïkovski, superbe dans ses vertiges âpres ...
Après la récente résurrection de l'oratorio Le Paradis Perdu (1878), bientôt parution discographique après la série de concerts à l'été 2011, après un concert événement (Venise, Frari avril 2011) consacré à ses motets, voici un nouveau jalon soutenu par le Palazzetto Bru Zane Centre de musique romantique française, dévoilant cet éclectisme à la fois savant et accessible de Théodore Dubois