CD, compte rendu. Puccini : Turandot (Bocelli, Wilson, Mehta, 2014)

TURANDOT-puccini-zubin-mehta-500-cd-decca-andrea-bocelli-Dans Turandot pour une fois, le titre de l’opĂ©ra indique clairement la prĂ©Ă©minence du personnage fĂ©minin : si le premier acte la rend absente car il est conduit par le rappel des princes dĂ©capitĂ©s et l’apparition sur scène du nouveau candidat aux Ă©preuves :  Calaf (cet Ă©tranger dont l’identitĂ© vĂ©ritable sera au III le prĂ©texte d’une chasse rĂ©pressive des plus terrifiante), la jeune femme concentre toute l’action aux actes II et III : de gardienne du temple refusant toute sexualitĂ©, la fille de l’empereur s’ouvre peu Ă  peu Ă  l’amour. .. de pĂ©trifiĂ©e inhumaine, elle devient aimante et humaine : une mĂ©tamorphose que seule peuvent dĂ©voiler  la psychanalyse et bien sĂ»r, l’opĂ©ra. Dans cette production discographique qui fait suite aux reprĂ©sentations ibĂ©riques (Valencia, printemps 2014), la maĂ®trise du conteur Mehta s’impose immĂ©diatement, nimbant toutes les scènes d’un souffle souvent prenant. Car le maestro n’en est pas Ă  sa première Turandot, loin s’en faut…

Zubin Mehta renouvelle avec panache et finesse sa vision de Turandot

Flamboyante Turandot flanquée de ses 3 ministres impétueux, nerveux, palpitants

CLIC_macaron_2014Jennifer Wilson, soprano amĂ©ricaine nĂ©e en 1966 en Virginie  (Fairfax) affirme une langueur incandescente marquĂ©e par une blessure ancestrale, celle de la princesse qui la prĂ©cĂ©dĂ©e, humiliĂ©e assassinĂ©e par un prince Ă©tranger, icĂ´ne douloureuse Ă  laquelle Turandot s’est dĂ©diĂ©e en une dĂ©votion exclusive. La cantatrice affirme un tempĂ©rament vocal affirmĂ© et sauvage, entre puissance et tempĂ©rament de feu dotĂ©e d’aigus perçants et soutenus que Zubin Mehta connaĂ®t bien pour l’avoir dirigĂ©e en BrĂĽnnhilde dans son Ring de 2010. Aux 3 Ă©nigmes posĂ©es la soprano apporte une constance enflammĂ©e habitĂ©e par l’ombre de son aĂ®nĂ©e martyrisĂ©e.

D’autant que malgrĂ© le dĂ©sĂ©quilibre de la partition, – laissĂ©e inachevĂ©e apres la mort de Puccini (après la scène de torture de Liu au III), Zubin Mehta impose une baguette gĂ©nĂ©reuse, souvent somptueusement narrative ciselant l’une des partitions les plus spectaculaires et modernes (harmonies et instrumentarium) de Puccini.  Le chef sait exprimer avec un rĂ©el souffle les miroitements de ce conte oriental pour lequel le compositeur a  façonnĂ© un imaginaire sonore captivant oĂą les percussions sont souveraines (atmosphère lĂ©tale du dĂ©but du III comme un rĂŞve qui s’Ă©tire et trouve sa rĂ©solution avec le fameux Nessun dorma du prince Calaf. …).

German Olvera baryton Pong PUCCINI TURANDOT zubin mehtaTemps  fort antĂ©rieur avec la scène des 3 Ă©nigmes, l’apparition des trois ministres, leur asujetissement au rituel Ă©puisant de la cour impĂ©riale, aux prĂ©paratifs de la cĂ©rĂ©monie des Ă©nigmes, leurs Ă©tats d’âme portĂ©s par trois chanteurs très en verve et en finesse  (ce qui est rare) de surcroĂ®t excellemment enregistrĂ©s  (avec le Pong tout en finesse grave de German Olvera, un baryton mexicain timbrĂ© au phrasĂ© passionnant et qui fait l’honneur du centre de perfectionnement Placido Domingo au Palau de les Arts Reina Sofia de Valencia : retenez ce nom, c’est l’une des rĂ©vĂ©lations de la nouvelle Turandot). D’une constance juvĂ©nile Ă  toute Ă©preuve, le chant soutenu parfois dur du tĂ©nor vedette Andrea  Bocelli soutient tous les dĂ©fis de sa partie. Mais Ă  force d’ĂŞtre seulement vaillant en toute circonstance, le tĂ©nor manque de nuances et l’on se demande quand mĂŞme comment Ă  son contact,  la princesse frigide s’inflĂ©chit au dĂ©sir suscitĂ© par cet Ă©tranger un rien raide.

L’argument principal de cette nouvelle version demeure les chatoiements sonores, le raffinement instrumental que parvient Ă  obtenir Mehta et l’exceptionnelle incarnation des trois ministres impĂ©riaux Ping, Pang, Pong (German Olvera, Valentino Buzza, Pablo Garcia Lopez) qui ici gagnent une rĂ©elle vĂ©ritĂ© dramatique, intensifiĂ©e par la prise de son très Ă©quilibrĂ©e) : Ă  chacune de leur intervention, en accord avec un orchestre nerveux et sensuel, la rĂ©alisation rend honneur Ă  l’une des partitions les plus enchanteresses du grand Giacomo. Que du bonheur.

Les nouvelles productions sont rares et cette Turandot fait honneur au prestige de la marque jaune. Orchestrale ment intĂ©ressante car Mehta exploite très judicieusement l’orchestre espagnol, vocalement honorable voire prenante la version est une belle surprise de cet Ă©tĂ© 2015. (Parution : 31 juillet 2015).

 

CD. Giacomo Puccini : Turandot. Andrea Bocelli, Jennifer Wilson, German Olvera, Valentino Buzza, Pablo Garcia Lopez… Coro de la Generalitat Valenciana, Orquestra de la Comunitat Valenciana. Zubin Mehta, direction. 2 CDs 0289 478 82930.

CD, annonce. TURANDOT nouvelle avec le Calaf d’Andrea Bocelli (Decca, à paraître le 31 juillet 2015)

TURANDOT-puccini-zubin-mehta-500-cd-decca-andrea-bocelli-CD, annonce. TURANDOT nouvelle avec le Calaf d’Andrea Bocelli. AnnoncĂ© le 31 juillet 2015, un nouveau coffret Decca met Ă  l’honneur le Calaf du tĂ©nor Andrea Bocelli (nĂ© en 1958) : voix franche, Ă©mission directe et musicalement assurĂ©e, le prince futur Ă©poux de la princesse frigide Turandot gagne ici après les Pavarotti, Carreras, Domingo, un ardent interprète soucieux d’exprimer la vaillance de celui qui au mĂ©pris des risques encourus, dĂ©mĂŞle les 3 Ă©nigmes Ă©noncĂ©es par la fille de l’Empereur de Chine… InspirĂ© de Gozzi (Turandot, 1761), et enregistrĂ© dans la Valence ibĂ©rique, l’opĂ©ra de Puccini, laissĂ© inachevĂ© en 1924 par le compositeur italien, semble une Ă©nergie narrative intacte grâce Ă  l’instinct Ă©lectrique et fiĂ©vreux du chef requis pour conduire les troupes impressionnantes de la fresque orientale (Zubin Mehta, familier de la partition pour l’avoir entre autres dirigĂ©e Ă  PĂ©kin, Ă  la CitĂ© Interdite dans une production spectaculaire et fĂ©Ă©rique), d’autant que l’ouvrage Ă  la fois fĂ©Ă©rie sentimentale et fresque grandiose, mĂŞlant sentimental et terrifiant, nĂ©cessite un orchestre colossal et des choeurs au format hollywoodien. Face Ă  Andrea Bocelli, la soprano amĂ©ricaine Jennifer Wilson, campe une femme dĂ©jĂ  mĂ»re mais vierge, aux aigus tranchants qui cependant sait inflĂ©chir sa duretĂ© primitive et rĂ©pondre Ă  l’amour pur d’un Calaf compatissant… a presque 60 ans, le tĂ©nor Bocelli dĂ©montre qu’il peut tout chanter avec un aplomb et une musicalitĂ© toujours prĂŞts Ă  en dĂ©coudre. Prochaine critique dĂ©veloppĂ©e dans le mag cd, dvd, livres de classiquenews.com

 

CD, annonce. Une nouvelle TURANDOT avec le Calaf d’Andrea Bocelli. Annoncé le 31 juillet 2015. 2 cd Decca.

CD. Concert du nouvel An Ă  Vienne 2015. Philharmonique de Vienne. Zubin Mehta (1 cd Sony classical)

josef_strauss_modifiedCD. Concert du nouvel An Ă  Vienne 2015. Philharmonique de Vienne. Zubin Mehta (1 cd Sony classical). C’Ă©tait un cru standard dans la longue histoire des Concerts viennois du 1er janvier. Le charisme fĂ©dĂ©rateur de Zubin Mehta qui n’en est pas Ă  son premier programme viennois dans la Goldener Saal des Wiener Musikvereins, opère une indiscutable fluiditĂ© Ă  un exercice oĂą toute la complicitĂ© entre les musiciens et le chef fait la diffĂ©rence. Le chef indien dirige ainsi l’orchestre fondĂ© en 1843, pour la 5ème fois en janvier 2015. Le programme reste classique mais pas tant que cela qui laisse une part lĂ©gitime et remarquable Ă  l’autre Strauss, celui aussi virtuose et inspirĂ©, raffinĂ© et Ă©lĂ©gantissime que Johann II son frère aĂ®nĂ© : Josef, l’ingĂ©nieur qui Ă  dĂ©faut de se dĂ©dier Ă  une carrière technique, expĂ©rimentale, d’ingĂ©nierie, fit bon grĂ© mal grĂ©, comme les garçons de la famille, de la musique. Bien lui en prit car ses dons de compositeurs sont aussi bon que ceux de Johann fils, le champion du clan (portrait de Josef Strauss, auteur rĂ©vĂ©lĂ© lors de ce Concert du Nouvel An Ă  Vienne 2015).

 

 

 

Josef : l’oubliĂ© des Strauss

 

cd-neujahrskonzert-cd-nouvel-an-vienne-2015-zubin-mehta-sony-classicalMehta ouvre le bal avec une ouverture très rossinienne signĂ©e SuppĂ© : Ein Morgen ein Mittag : lever de rideau majestueux qui comme le Guillaume tell de Rossini et prĂ©figurant aussi le jeune Verdi, offre  un somptueux solo de violoncelle. Chef et instrumentistes savent nourrir le final Ă©chevelĂ©.  Premier Johann II, et clin d’oeil aux origines indiennes du maestro nĂ© Ă  Bombay : la Marche orientale qui suit (Contes de l’Orient) dĂ©ploie une fine suavitĂ©, voire une franche lascivitĂ© qui flatte la fluiditĂ© des cordes. Josef très en vedette dans ce programme fait son entrĂ©e avec une polka française qui se fait scintillement perpĂ©tuel : le raffinement de l’orchestrateur se rĂ©vèle ici (pizzicato de la harpe entre autres…). MĂŞme inspiration irrĂ©sistible et jamais tapageuse pour Hirondelles de printemps : l’Ă©lĂ©gance de cette valse très suggestive, portĂ© par son thème printanier subjugue littĂ©ralement (au solo de la première clarinette rĂ©pond la 2ème clarinette particulièrement caressante…). La subtilitĂ© du ton, la tendresse infinie de l’inspiration classent cette valse de Josef parmi ses meilleures partitions. AInsi s’achève la première partie.

A la dĂ©licatesse ondulante de Josef, rĂ©pond en dĂ©but de seconde partie, le gĂ©nial trait expressif du Perpetuum mobile opus 356, qui fait se siccĂ©der le basson, piccolo, clarinette, triangle : la finesse de l’orchestration dĂ©montre le gĂ©nie de Johann, l’aĂ®nĂ© de la fratrie. AccĂ©laration pourrait avoir pour origine de son Ă©nergie quasi fièvreuse, l’hommage du compositeur aux avancĂ©es technologiques de l’Ă©poque : pour se faire, les tĂ©lĂ©spectateurs du concert ont pu suivre le dĂ©veloppement de la valse Ă  travers les jeunes danseurs du ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, dans les espaces (escaliers, salle de lecture) de l’UniversitĂ© technique de Vienne. LĂ  encore au service d’une Ĺ“uvre entraĂ®nante, les instrumentistes viennois font entendre les qualitĂ©s qui les distinguent depuis des annĂ©es : la transparence, la clartĂ©, la mesure et l’Ă©lĂ©gance du style.

La Valse Les bords de l’Elbe est l’une des dernières composĂ©es par Johann Strauss II, ici mĂŞme dans la salle dorĂ©e du Musikverein : au raffinement omniprĂ©sent, Zubin Mehta apporte le sens de la couleur et une exquise caractĂ©risation qui en fait une pièce d’atmosphère.

Concert du Nouvel An Ă  Vienne : Zubin Mehta dirige StraussPour le 2ème rv dans l’UniversitĂ© technique de Vienne oĂą l’on retrouvait sur le petit Ă©cran, le corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, Zubin Mehta inscrit une plus rare valse, celle des Ă©tudiants. Clin d’oeil aussi enjouĂ© que le Perpetuum mobile, l’Annen Polka du mĂŞme Strauss fils opus 117 transporte par sa facĂ©tie Ă©lectrique et scintillante, c’est un hymne plein de pĂ©tillance et d’ivresse première. Mais tout concert du NOuvel An viennois ne serait pas digne de ses prĂ©dĂ©cesseurs s’il ne programmait en conclusion les deux sommets absolus de la famille : Le beau Danube bleu, Ă©ternel scintillement en tendresse et nostalgie liquide puis la Marche de Radetzky : prĂ©texte ainsi Ă  rĂ©concilier les compositeurs antagonistes, car Johann le fils s’Ă©tait fâchĂ© avec Johann le père… lequel avait abandonnĂ© femme et enfants. A la fois ferme et nerveuse, d’une gĂ©nĂ©rositĂ© allante et racĂ©e, le direction de Zubin Mehta porte l’ultime tension de ses deux pièces maĂ®tresses que le public attend depuis le dĂ©but de la performance comme deux joyaux symphonique d’une irrĂ©pressible activitĂ©. Saluons Sony classical de nous offrir dans le prolongement du concert viennois la trace d’une nouvelle Ă©tape plus que convaincante dans l’histoire des Philharmoniker, toujours enthousiastes et unis pour que rĂ©sonne de la façon la plus Ă©lĂ©gante qui soit, la cĂ©lĂ©bration de l’an neuf.

Concert du Nouvel An Ă  Vienne / Neujahrskonzert – New Year’s concert 2015  : 1er janvier 2015. Valses, polka, galop, pièces diverses et ouverture de SuppĂ©, Johann I et II Strauss, Josef et Eduard Strauss.  Wiener Philharmoniker. Zubin Mehta, direction. 2 cd Sony classical. Enregistrement rĂ©alisĂ© au Musik verein de Vienne le 1er janvier 2015.

Zubin Mehta dirige le Concert du Nouvel An 2015

neujahrskonzert4.5113996VIENNE, Concert du Nouvel An. 1er janvier 2015, 11h15. Zubin Mehta dirige le Phil. de Vienne. Le Concert du nouvel an Ă  Vienne jouĂ© par l’Orchestre philharmonique de Vienne est un Ă©vĂ©nement qui a lieu traditionnellement chaque annĂ©e le matin du 1er janvier dans la Goldener Saal (Salle dorĂ©e) du Musikverein. Le programme musical met Ă  l’honneur les joyaux orchestraux de la famille Strauss : le père Johann, son fils surtout Johann II – exceptionnel gĂ©nie qui Ă©tait le premier rival de son père avec lequel il entretint une mĂ©salliance tenace; ses frères Edouard et Josef, très douĂ©s eux aussi. Tous incarnent l’élĂ©gance, le raffinement artistique de la Vienne impĂ©riale, celle de François Joseph quand Johann Strauss II Ă©tait nommĂ© Ă  juste titre « Empereur de la Valse ».  Aux Valses, Polkas, Galops, marches… l’Orchestre philharmonique de Vienne ajoute aussi les ouvertures des opĂ©rettes dont le sommet inĂ©galĂ© Ă  ce jour : l’ouverture de La Chauve Souris de Johann II.

mehta zubin portrait maestroLe maestro indien Zubin Mehta (77 ans) dirige la nouvelle édition du Concert du Nouvel An 2015. Après 1990, 1995, 1998 et 2007, c’est sa cinquième participation à l’événement. Avec Willi Boskovsky, Clemens Krauss, Lorin Maazel, il fait partie du cercle des chefs qui comptent le plus grand nombre d’invitations à l’événement, il est d’ailleurs membre honoraire de l’Orchestre : très médiatisé, le Concert du Nouvel An à Vienne est un exercice de haute voltige, qui expose tout maestro choisi. Pour les instrumentistes viennois, Zubin Mehta doit son charisme à un humanisme puissant qui exalte et fédère.

 

 

 

Programme du Concert du Nouvel An 2015
En direct du Musikverein de Vienne, sur France 2 et France Musique

france2 logo-france2 logo_francemusique

1ère PARTIE à 11h15
Franz von Suppé, ouverture Ein morgen, ein Mittag, ein Abend in Wein
Johann Strauss Jr, Märchen aus dem Orient. Valse, op.444
Joseph Strauss, Wiener Leben. Polka française, op. 218
Eduard Strauss, Wo man lacht und lebt. Polka rapide, op.108
Joseph Strauss, Dorfchawalben, aus Osterreich. Valse, op.164
Johann Strauss Jr, Vom Domaustrande. Polka Rapide, op.35

 

2ème PARTIE à 12h15
Johann Strauss Jr, Perpetuum mobile. Musikalischer Scherz, op.257
Accelarationen. Valse op. 234
Elektro-magnetische Polka, op.110
Eduard Strauss, Mit dampf, Polka rapide, op.70
Johann Strauss Jr, An der Elbe. Valse op.477
Hans Christian Lumbye, Champagner-Galopp, op.14
Johann Strauss Jr, Studenten-Polka. Polka française, op.263
Johann Strauss sen., Freiheits-Marsch, op 226
Johann Strauss Jr, Annen-Polka, op.117
Wein, Weib un Gesang Valse, op.333
Eduard Strauss, Mit Chic. Polka rapide, op.221

Johann Strauss fils : Le Beau Danube bleu
Johann Strauss père : Marche de Radetzky

 
 
 

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LIRE notre présentation complète du Concert du Nouvel An à Vienne 2015 avec Zubin Mehta 

 

 

Zubin Mehta dirige le Concert du Nouvel An 2015

neujahrskonzert4.5113996VIENNE, Concert du Nouvel An. 1er janvier 2015, 11h15. Zubin Mehta dirige le Phil. de Vienne. Le Concert du nouvel an Ă  Vienne jouĂ© par l’Orchestre philharmonique de Vienne est un Ă©vĂ©nement qui a lieu traditionnellement chaque annĂ©e le matin du 1er janvier dans la Goldener Saal (Salle dorĂ©e) du Musikverein. Le programme musical met Ă  l’honneur les joyaux orchestraux de la famille Strauss : le père Johann, son fils surtout Johann II – exceptionnel gĂ©nie qui Ă©tait le premier rival de son père avec lequel il entretint une mĂ©salliance tenace; ses frères Edouard et Josef, très douĂ©s eux aussi. Tous incarnent l’élĂ©gance, le raffinement artistique de la Vienne impĂ©riale, celle de François Joseph quand Johann Strauss II Ă©tait nommĂ© Ă  juste titre « Empereur de la Valse ».  Aux Valses, Polkas, Galops, marches… l’Orchestre philharmonique de Vienne ajoute aussi les ouvertures des opĂ©rettes dont le sommet inĂ©galĂ© Ă  ce jour : l’ouverture de La Chauve Souris de Johann II.

mehta zubin portrait maestroLe maestro indien Zubin Mehta (77 ans) dirige la nouvelle édition du Concert du Nouvel An 2015. Après 1990, 1995, 1998 et 2007, c’est sa cinquième participation à l’événement. Avec Willi Boskovsky, Clemens Krauss, Lorin Maazel, il fait partie du cercle des chefs qui comptent le plus grand nombre d’invitations à l’événement, il est d’ailleurs membre honoraire de l’Orchestre : très médiatisé, le Concert du Nouvel An à Vienne est un exercice de haute voltige, qui expose tout maestro choisi. Pour les instrumentistes viennois, Zubin Mehta doit son charisme à un humanisme puissant qui exalte et fédère.

 

 

 

Programme du Concert du Nouvel An 2015
En direct du Musikverein de Vienne, sur France 2 et France Musique

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1ère PARTIE à 11h15
Franz von Suppé, ouverture Ein morgen, ein Mittag, ein Abend in Wein
Johann Strauss Jr, Märchen aus dem Orient. Valse, op.444
Joseph Strauss, Wiener Leben. Polka française, op. 218
Eduard Strauss, Wo man lacht und lebt. Polka rapide, op.108
Joseph Strauss, Dorfchawalben, aus Osterreich. Valse, op.164
Johann Strauss Jr, Vom Domaustrande. Polka Rapide, op.35

 

2ème PARTIE à 12h15
Johann Strauss Jr, Perpetuum mobile. Musikalischer Scherz, op.257
Accelarationen. Valse op. 234
Elektro-magnetische Polka, op.110
Eduard Strauss, Mit dampf, Polka rapide, op.70
Johann Strauss Jr, An der Elbe. Valse op.477
Hans Christian Lumbye, Champagner-Galopp, op.14
Johann Strauss Jr, Studenten-Polka. Polka française, op.263
Johann Strauss sen., Freiheits-Marsch, op 226
Johann Strauss Jr, Annen-Polka, op.117
Wein, Weib un Gesang Valse, op.333
Eduard Strauss, Mit Chic. Polka rapide, op.221

Zubin-Mehta-4-aprile-2011-Mosca-672x372ZUBIN MEHTA,biographie.  NĂ© Ă  Bombay en 1936, Zubin Mehta poursuit son Ă©ducation musicale Ă  Vienne. De 1954 Ă  1957, il Ă©tudie la direction d’orchestre auprès du “fabricant de chefs d’orchestre”, Hans Swarowsky, professeur Ă  l’AcadĂ©mie de musique. Après ses dĂ©buts aux États-Unis en 1960, il est nommĂ© directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles en 1962, alors qu’il est âgĂ© d’à peine 26 ans. Puis le New York Philharmonic lui offre le poste de directeur musical, qu’il occupe dès 1978 (42 ans), succĂ©dant Ă  Pierre Boulez. Il y reste jusqu’en 1991, soit pendant 13 annĂ©es, – un record. En 1998, Zubin Mehta prend la direction musicale de l’OpĂ©ra d’État de Bavière, oĂą il reste jusqu’en 2006.

 

 

 

Approfondir

Decca vient de publier en dĂ©cembre 2014, un sublime coffret de 64 cd retraçant une partie de l’histoire discographique du Philharmonique de Vienne : ses grands chefs, ses compositeurs favoris dont Ă©videmment l’emblĂ©matique Johann Strauss II, mais aussi les 4 “B” de l’Ă©cole romantique viennoise : Beethoven, Brahms, Bruckner… (c’est qu’ici, le Philharmonique de Vienne est plus idoine et mieux expressif par son Ă©lĂ©gance racĂ©e que le Philhamronique de Berlin… Ă  chacun son goĂ»t)…
 

wiener-philharmoniker-decca-coffret-the-orchestral-edition-decca-CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA). Depuis 1842, l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Wiener Philharmoniker, crĂ©Ă© par Otto Nicolai, incarne le rĂŞve de tout orchestre : la phalange, vĂ©ritable mythe musical, enchante le monde par ses qualitĂ©s interprĂ©tatives et surtout une sonoritĂ© fluide, voluptueuse, coulante, magistralement onctueuse qui ne cesse de convaincre : chaque Concert du Nouvel retransmis sur toutes les chaĂ®nes du monde renouvelle le miracle attendu : on y dĂ©cèle l’éloquence oxygĂ©nĂ©e de ses cordes  flexibles, la puissance ronde et chaude de ses cuivres (les cors en particulier), la clartĂ© individuelle de son harmonie (bois)… et l’on se dit Ă  chaque concert, voici indiscutablement le meilleur orchestre au monde. Et pourtant depuis l’essor des orchestres sur instruments d’époque, notre perception a changĂ© : timbres petits, dĂ©licats caractĂ©risĂ©s contre puissance et cohĂ©rence lisse voire creuse. Or parmi les phalanges sur instruments modernes, le Wiener Philharmoniker se distingue toujours par son Ă©loquence suprĂŞme, majestueuse et raffinĂ©e, une Ă©lĂ©gance superlative (la respiration des cordes, ce matelas sonore transparent et ductile qui s’accorde idĂ©alement Ă  tous les solistes qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes…- qui fait le plus souvent les plus grandes expĂ©riences au concert comme Ă  l’ opĂ©ra… VoilĂ  pourquoi l’Orchestre outre ses compĂ©tences symphoniques, excelle dans le ballet et donc le programme de musique lĂ©gère infiniment Ă©lĂ©gante et subtile qui caractĂ©rise essentiellement les valses de Strauss II… Superbement Ă©ditĂ©, le coffret publiĂ© par Decca pour les fĂŞtes de fin d’annĂ©e ravira tous les passionnĂ©s de symphonisme  grande classe, dont les annĂ©es d’enregistrements couvrent au final une pĂ©riode riche en manières personnelles, celles des grands chefs du XXème siècle , des annĂ©es 1950 aux annĂ©es 1980: c’est donc une mine, une somme passionnante qui constitue aujourd’hui la mĂ©moire vive de l’orchestre viennois. Evidemment pas de romantique français, ni mĂŞme d’impressionisme debussyste ni ravĂ©lien… mais un rĂ©pertoire “viennois” depuis l’après guerre centrĂ© sur Haydn, Mozart (Concertos pour piano, clarinette, Symphoies…), Beethoven, quelques Schubert, Bruckner, surtout Brahms… dont les intĂ©grales s’agissant des B (Beethoven, Bruckner, Brahms, constituent les piliers du rĂ©pertoire). LIRE notre critique complète du coffret Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA), paru pour les fĂŞtes de fin d’annĂ©e 2014