Compte-rendu, opéra. Tours, Grand théâtre, Mars 2015 : Puccini : Il Trittico. Jean-Yves Ossonce, direction. Pierre-Emile Fourny, mise en scène.

Le chef Jean-Yves Ossonce – directeur des lieux-,  retrouve Paul Emile Fourny après un RomĂ©o et Juliette dĂ©jĂ  convaincant. L’inspiration du metteur en scène (et directeur de l’OpĂ©ra de Metz), redouble mĂŞme de pertinence dans ce triptyque  (Il Trittico) oĂą l’efficacitĂ© théâtrale prolonge Verdi pour atteindre un impact rare, d’un esthĂ©tisme… cinĂ©matographique. Le choix du metteur en scène s’est portĂ© sur le jeu d’acteurs (impeccable de bout en bout), laissant la place aux protagonistes de la nouvelle production (crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie jusqu’alors inĂ©dite en France).

Quai de Seine, cloĂ®tre des recluses, maison familiale… : chaque univers du Trittico est scrupuleusement respectĂ©, rehaussĂ© mĂŞme par l’intelligence du propos visuel ; la leçon de Puccini, deux tragĂ©dies prĂ©alables, une comĂ©die fine, rossinienne et verdienne, est restituĂ©e dans tout sa force et son dĂ©lire poĂ©tique. Un tel jeu des contrastes est un terrible dĂ©fi pour les metteurs en scène (et aussi les chefs) : dans son dĂ©roulement, la soirĂ©e est riche en dĂ©couvertes et satisfactions.

C’est d’abord, le jeu exceptionnellement fluide et nuancĂ© du baryton Tassis Christoyannis (applaudi auparavant pour un Don Giovanni impeccable et mordant) : sombre Michele dans Il Tabbaro (Ă  l’issue sauvage et barbare : Paul-Emile Fourny reprend le premier canevas de Puccini, celui des deux morts finales): tout en regards millimĂ©trĂ©s, en gestes et postures naturels, le chanteur se montre un formidable acteur qui sait aussi exprimer les failles non dites du patron de Luigi : un ĂŞtre dĂ©chirĂ© que la perte de l’amour de sa femme (et de leur enfant) a prĂ©cipitĂ© dans l’amertume haineuse, silencieuse et… meurtrière.
Quel contraste avec son dĂ©lire burlesque et lui aussi parfaitement mesurĂ©, d’une finesse rare, pour Gianni Schicchi : son intelligence lumineuse et positive contraste avec le profil Ă©triquĂ© et gris de la famille du dĂ©funt ; les sketches s’amoncellent sur la scène sans pourtant encombrer la finalitĂ© et l’enjeu de chaque situation, et fidèle Ă  son fil rouge qui est l’eau, d’Ĺ“uvre en Ĺ“uvre, Paul-Emile Fourny fait traverser des eaux d’Ă©gout aux personnages qui viennent visiter le mort et ses hĂ©ritiers… eaux boueuses et sales pour une famille de sacrĂ© filous âpres au gain. La cohĂ©rence de chaque rĂ´le est formidable ; elle offre une leçon de pĂ©tillance et de saine comĂ©die. C’est drĂ´le et lĂ©ger, mais aussi outrageusement juste et profond. La dernière rĂ©plique (parlĂ©e) de Gianni, Ă  l’adresse du public, n’en gagne que plus de pertinence.

 

 

SUOR-ANGELICA-il-trittico-puccini-opera-de-tours-Jean-yves-ossonce-mars-2015

 

 

 

Dans le volet central, le plus bouleversant, Suor Angelica, le soprano tendre et intense de Vannina Santoni Ă©blouit la scène par sa prĂ©sence simple, elle aussi d’une absolue justesse d’intonation. Femme condamnĂ©e par sa famille au cloĂ®tre, AngĂ©lique doit renoncer Ă  tout et finit suicidaire après avoir appris que son garçon Ă©tait mort depuis… 2 ans. Celle Ă  qui tout fut exigĂ© jusqu’au sacrifice de sa propre vie, exulte ici avec une intensitĂ© contenue, un feu Ă©motionnel qui va crescendo jusqu’Ă  la mort. Le style, l’Ă©conomie, la concentration de Vannina Santoni nous hantent encore par leur exactitude, et aussi une grande humilitĂ© qui est toujours le propre des grands interprètes.

Courrez voir et applaudir ce Triptyque nouveau Ă  l’OpĂ©ra de Tours, d’autant qu’en chef lyrique aguerri, Jean-Yves Ossonce apporte le soutien et l’enveloppe instrumentale idĂ©ale aux chanteurs : travail d’orfèvre lĂ  encore oĂą outre les somptueux climats symphoniques, – parisien au bord de la Seine dans Il Tabbaro, de l’enfermement ultime pour Suor Angelica-, le chef construit le dernier volet tel une comĂ©die chantante, vrai théâtre musical qui grâce au dĂ©licat Ă©quilibre voix / orchestre rĂ©ussit totalement cette dĂ©clamation libre et articulĂ©e dont Puccini a rĂŞvĂ© : une farce lĂ©gère et subtile sertie comme un gemme linguistique. OĂą l’on rit souvent, oĂą l’on est touchĂ© surtout. Superbe production. Encore une date, le 17 mars Ă  20h.

 

 

 

OPERA. Tours : Trittico superlatif de Puccini, les 13, 15 et 17 mars 2015

TOURS : nouveau Trittico, 1918 par Jean-Yves OssonceTours, OpĂ©ra. Il Trittico de Puccini. Les 13, 15 et 17 mars 2015. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette fine et dramatiquement souple de Jean-Yves Ossonce. Sur la scène tourangelle, les chanteurs dirigĂ©s par le metteur en scène Paul-Emile Fourny Ă©blouissent par leur incarnation saisissante, d’autant que la rĂ©alisation scĂ©nographique et visuelle d’une justesse cinĂ©matographique, souligne le gĂ©nie du dernier Puccini : les 3 actes courts et tous diffĂ©rents du Trittico (Triptyque, crĂ©Ă© Ă  New York en 1920), tous singuliers et si diffĂ©rents, composent cependant une unitĂ© théâtrale qui rĂ©sume les affres tragiques et comiques de la comĂ©die humaine.

 

 

 

Tragique et sincère pétillant et délirant, le théâtre de Puccini triomphe à Tours

Triptyque / Trittico Ă©tincelant Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

 

Tours : Jean-Yves Ossonce dirige la 7ème Symphonie de DvorakLa production crĂ©Ă©e en SlovĂ©nie fait escale avant Metz, (horizon 2016) Ă  Tours : elle est magnifiquement portĂ©e par une troupe de chanteurs et surtout d’acteurs parfaitement prĂ©parĂ©s, pilotĂ©s, engagĂ©s. Parmi un collectif au chant et jeu de scène ciselĂ©s, ne manquez surtout pas la bouleversante Suor Angelica de la soprano qui monte : Vannina Santoni, son timbre angĂ©lique et poignant transfigure le pauvre cĹ“ur de la sĹ“ur cloĂ®trĂ©e Ă  son insu, SĹ“ur AngĂ©lique ; c’est aussi l’excellent baryton, Tassis Christoyannis aussi suggestif et profond dans la tragĂ©die d’Il Tabarro (Michele), que fin et truculent en Gianni Schichi : l’interprète a tout pour sĂ©duire, captiver, transporter : la gouaille burlesque, la subtilitĂ© d’un jeu mozartien et rossinien, la fluiditĂ© sincère pour chaque sentiment et chaque situation… A leurs cĂ´tĂ©s, les amateurs retrouvent le tĂ©nor vaillant et solide Florian Laconi… Tours rĂ©unit donc la crĂŞme du chant lyrique pour honorer comme rarement le théâtre puccinien. Le dernier Puccini Ă©gale  le dernier Verdi, en sensibilitĂ©, justesse, tendresse (bien sĂ»r Schichi fait penser Ă  Falstaff… voire en plus cynique et glaçant). Quant aux actes qui prĂ©cèdent : si Il Tabbaro est un concentrĂ© stupĂ©fiant de vĂ©risme nuancĂ© (la fin dans cette production est… glaçante), Suor Angelica (le volet central), suscite la compassion cathartique, celle portĂ©e, incarnĂ©e par la jeune religieuse recluse et culpabilisĂ©e, dont les Ă©lans du cĹ“ur et le cri lyrique si mesurĂ© et contenu, rappellent et synthĂ©tisent les larmes dĂ©chirantes de Madama Butterfly (Cio Cio San) : Paul-Emile Fourny signe l’une de ses meilleures mises en scène, d’autant Ă©loquente sous la direction musicale du chef Jean-Yves Ossonce. Production incontournable. LIRE aussi notre prĂ©sentation complète de l’opĂ©ra Il Trittico de Giacomo Puccini, prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 13, 15, 17 mars 2015.

 

 

boutonreservationTours, Opéra à l’Opéra de Tours. 3 dates événements :
Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)
Nouvelle production

Vendredi 13 mars 2015 – 20h
Dimanche 15 mars 2015 – 15h
Mardi 17 mars 2015 – 20h

Conférence Il Trittico de Puccini :
Samedi 7 mars – 14h30 – Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Nouveau Trittico de Puccini Ă  Tours

Tours, Opéra. Puccini : Il Trittico.  Les 13,15,17 mars 2015. 3 miniatures véristes. 3 en 1. Puccini a composé en 1918, un ensemble de 3 ouvrages destinés à être représentés en une seule soirée, enchaînant: Il Tabarro, Suor Angelica, Gianni Schicchi. Le cycle fut créé à New York, au Metropolitan Opera le 14 décembre 1918.

DVD. Puccini: un séduisant Trittico (Opus Arte)Il Tabarro (la Houppelande) d’après le drame de Didier Gold (1910) est un pur joyau vériste en un acte, où la misère quotidienne se change en tragédie. On y retrouve le trio  emblématique de l’opéra italien: une soprano (Giorgetta) mariée à un baryton (Michele) qui le trompe avec un ténor (Luigi). L’intrigue se déroule sur les quais de Seine: Luigi est décidé à quitter la femme qu’il doit partager, il sera débarqué à Rouen. Mais Michele démasque l’identité de l’amant de sa femme et l’étrangle puis le cache sous sa  houppelande… En peu d’effets, le compositeur brosse chaque tableau, variant les climats, entre impressionnisme et expressionnisme avec un sens prodigieux de l’efficacité et de la synthèse.

 

 

 

3 miniatures véristes

 

Suor Angelica. Même acte d’un réalisme sec et froid dans Suor Angelica. L’action se déroule dans un couvent italien du XVIIè où une ancienne aristocrate a été enfermée après avoir eu un enfant suite à une liaison illégitime. Sa tante vient la visiter: lui fait signer un acte où la jeune femme renonce au patrimoine familial,t out en lui annonçant la mort de son enfant qu’elle n’a plus jamais revu. Au comble de la solitude et du dénuement, Suor Angelica imagine la misère de son enfant mort (Senza Mamma): elle avale un poison. La Vierge lui apparaît en lui présentant un enfant. Ici pas de rôle masculin mais une confrontation entre l’agent du destin (la tante) et la tendresse défaite de la l’héroïne.

Gianni Schicchi peut avoir été inspiré par un fait réel conté par Dante des Les Enfers (Chant XXX, vers 1308). L’action se passe à Florence… A la mort du vieux Buoso Donati, les membres de sa famille entendent récupérer les biens que le défunt a légué à un couvent. Schicchi (baryton) est appelé au chevet du mort, avec sa fille Lauretta qu’aime passionnément Rinuccio, le neveu de Buoso. Schicci prend l’aspect du mourant dans son lit afin de dicter ses dernières (fausses) volontés à son notaire: il lèguera tout son patrimoine à chacun des membres avides et complices. Puccini marque le contraste en invoquant dans ce tableau cynique et funèbre, la tendresse des deux amants : Rinuccio (Hymne à Florence) et Lauretta qui dans son air (O mio caro Babbino) pastiche la première manière du compositeur. Schicchi réalise ainsi le complot mais il s’octroie la maison du mort, écartant tout autre prétendant, afin d’y abriter l’amour des deux jeunes gens. Gianni Schicchi est une autre fable satirique, lyrique mais grinçante qui renouvèle depuis Falstaff, l’art de la pure comédie italienne, approchée par épisode et petites touches dans l’acte I de Tosca, grâce au personnage du sacristain.

 

 

 

 

Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)

Il Trittico : approche et enjeux des Ĺ“uvres

 

pucciniIl Tabarro. De la fièvre, de l’angoisse dans un orchestre omniprésent (au risque d’étouffer parfois les voix?), doit ici projeter et préserver l’âpre réalisme d’un conte très cynique où le trio traditionnel de l’opéra italien exalte les tensions émotionnelles entre les protagonistes; la soprano et le ténor, Giorgetta et Luigi s’aiment en cachette, à la barbe de l’époux véritable de celle ci, Michele (baryton). Les deux amants ont à voir avec ceux de Louise de Charpentier: deux âmes enflammées, ardentes et nostalgiques, portant chevillé au coeur l’amour de l’asphalte parisien, ce Belleville où ils sont tous deux nés: jamais Puccini n’a autant déclaré sa flamme à la ville lumière : ce Paris des amants, d’un romantisme radical et suicidaire, déjà perceptible dans La Bohème (d’ailleurs l’ombre de Mimi flotte incidemment dans l’air du ténor à sa fenêtre au début du drame)… Souvent, le portrait de celui que l’on trompe est loin d’être tout noir : Michele n’est pas un mari despotique; ardent, “bon et honnête”, il sait lui aussi s’ouvrir aux effluves d’une nostalgie silencieuse… certes endeuillée par leur enfant mort. Et est-il si dindon, inconscient àa la tromperie de son épouse ? Tant d’humanité chez ce personnage le rend naturellement émouvant.  Il y a dans la description puccinienne d’une histoire somme toute anecdotique, la pure ivresse délirante d’un abandon à la mort: ces 3 inadaptés ne sont pas heureux et cultivent finalement une addiction à la déploration tragique…
Au regard du raffinement de l’orchestration, on rêverait d’un Puccini joué comme Ravel: où le génie des mélodies s’assortisse d’un raffinement de la langue orchestrale : chaque maestro se doit de faire jaillir ces joyaux d’instrumentation qui font de Puccini le plus fascinant orchestrateur de son temps… On voit bien que l’écriture de Puccini transfigure l’anecdote : Il Tabarro pourrait être l’esquisse et le manifeste de toute l’esthétique lyrique de l’opéra italien au début du XXè. Une direction mesurée, claire et brillante suffirait à rendre tout le génie puccinien, si évident dans ce triptyque…  Après tout jouer Wagner intimiste n’est pas si contre productif ! Dans le cas de Puccini, le bénéfice serait tout autant profitable.

 

Suor Angelica. Avec le recul, et en comparaison avec ses deux autres volets, Suor Angelica est l’opéra le moins réussi de la trilogie du Trittico puccinien. Les 30 premières minutes restent bavardent et anecdotiques même si elles sont destinées à exposer lieu, action, caractères: les épisodes qui se succèdent: les rayons de soleil sur la fontaine transformant l’eau en or; la piqûre de guêpe et le remède concocté par Angelica en soeur guérisseuse; puis les fruits de la quête, enfin l’annonce d’une visite au parloir… sont musicalement faibles; tout bascule avec la confrontation de la tante d’Angélique, cette princesse venue laver l’honneur d’une famille salie par la faute d’Angélique… laquelle se montre révoltée contre l’ordre qui la contraint à l’expiation … depuis 7 ans. Ainsi se dévoile le secret de Suor Angelica qui a eu hors mariage, un enfant.
La tragédie s’épaissit encore lorsque la tante apprend à sa nièce détestée que son pauvre garçon est mort de maladie… Puccini écrit enfin le premier grand air du drame: lamento grave et sombre d’une jeune mère anéantie par ce qu’elle vient d’apprendre et qui retrouve le souffle sacrificiel et délirant de Butterfly. La suite de l’opéra en un acte est déséquilibré et la descente de la grâce divine mise en parallèle avec la mort par poison d’Angelica pose des problèmes de réalisation scénique que souvent les productions ne règlent pas… bien au contraire.  Attention ! :  si les chefs n’y veillent pas, Tout peut basculer dans le ridicule pathétique et la théâtralité sirupeuse. Le vérisme n’est pas afféterie.

 

Gianni Schicchi. D’après un conte dĂ©crit par Dante, Puccini adapte pour la première fois, le genre comique dont il fait ici, après le Falstaff de Verdi, un pur joyau dĂ©lirant, dĂ©licieusement cynique et parfaitement satirique. Comme Paris dans Il Tabarro, c’est ici Florence qui inspire les pages les plus lyriques auxquelles le compositeur associe le duo des amants, Lauretta et Rinuccio; du reste c’est pour eux que l’ingĂ©nieux Gianni Schicchi (le père de la jeune fille) Ă©labore son plan en travestissement et usurpation afin qu’ils s’aiment dans la maison florentine dont ils savent si justement cĂ©lĂ©brer le charme. Par la voix de Rinuccio s’exprime une vibrante apologie de la citĂ© Toscane et de ses environs; et Puccini rĂ©serve Ă  Lauretta le plus bel air de l’opĂ©ra (o moi caro bambino…) très habilement placĂ© dans le fil narratif, quand encore circonspect quant Ă  l’application du stratagème, Gianni succombe finalement Ă  l’insistance de sa fille si insistante et si amoureuse; en outre, le compositeur oppose avec finesse l’ardente juvĂ©nilitĂ© des deux cĹ“urs aimants Ă  l’étroitesse d’esprits des parents du dĂ©funt venus rĂ©cupĂ©rer, coĂ»te que coĂ»te, leur part d’hĂ©ritage. La verve comique doit Ă©viter boursouflure, car la partition exige a contrario la subtilitĂ© truculente des operas Buffa de Donizetti (Don Pasquale) …

 

 

 

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Giacomo Puccini : Il Tritico, le Triptyque (1918)
Nouvelle production

Vendredi 13 mars 2015 – 20h
Dimanche 15 mars 2015 – 15h
Mardi 17 mars 2015 – 20h

Conférence Il Trittico de Puccini :
Samedi 7 mars – 14h30 – Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite