Culturebox. Verdi: Simon Boccanegra, le 23 juin 2022, 20h30.

le doge Dandolo par TitienCulturebox. Verdi: Simon Boccanegra, le 23 juin 2022, 20h30 – Nouvelle production en direct de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-Liège. Dans le sillon des dramaturges qui l’ont inspirĂ© et qu’il a mis en musique, Shakespeare et Schiller principalement, Verdi aime les hĂ©ros forts mais qui doutent ; ainsi le rĂ´le du baryton [pour le coup dit « baryton Verdi »], qui cristallise les Ă©volutions voire le parcours psychologique, ses vertiges, ses ruptures…  de chaque protagoniste.
Boccanegra recueille le travail de Verdi dans les opĂ©ras prĂ©cĂ©dents en particulier concernant les rĂ´les de barytons devenus emblĂ©matiques : Stiffelio, Rigoletto, Germont (La Traviata), et donc surtout Le doge Boccanegra, qui prĂ©cède Falstaff, l’ultime drame verdien (encore un baryton dĂ©lirant, entre panache et sincĂ©ritĂ©).

 

 

 

Baryton Verdi, baryton vérité

 

 

 

Corsaire devenu doge de GĂŞnes au XIV ème siècle, grâce Ă  l’appui de quelque soutien qui le lui rappelleront bien, Simon Bocanegra veut rester fidèle Ă  ses valeurs humanistes mises Ă  mal par l’exercice du pouvoir et la pression des tractations politiques ; il est au centre des querelles et souvent un arbitre dĂ©muni entre patriciens et plĂ©bĂ©iens.

Sur ce fond social et politique, Verdi développe avec son dernier librettiste Boito (collaborateur pour la dernière version resserrée d’après la pièce de Guttierez), une intrigue individuelle : au moment de son élection, Simon Boccanegra apprend la mort de sa maîtresse Maria, dont il a une fille hors mariage, laquelle lui a été enlevée. La rivalité et la haine entre l’ancien et le nouveau doge sont attisées par un conflit social et ce drame familial.
Après le prologue [qui a valeur de tableau d'exposition des personnages], 25 ans ont passé : Simon Boccanegra retrouve sa fille, Amalia ; la jeune femme aime Adorno, jeune ennemi du Doge. Simon pacifiste, humaniste envisage toujours le bénéfice de faire la paix avec Jacopo Fiesco, le père de Maria, qui a juré vengeance. Au terme de rebondissements, les ennemis jurés sont réconciliés ; le traître, puni, et l’amour des enfants triomphe. Belle vision optimiste d’un Verdi lui-même foudroyé dans sa vie personnelle par une tragédie familiale.
Mais Simon Boccanegra, père attendri voire bouleversant [proche en cela de Rigoletto] et politique ferme et lumineux, paiera dans sa chair, la rĂ©solution du drame familial qui le dĂ©vorĂ©, et la pratique du pouvoir. Ses duos avec les basses rappellent aussi la confrontation de Philippe II avec l’inquisiteur [dans l’opĂ©ra Don Carlo]. L’homme de pouvoir est un solitaire qui souffre… Ă€ travers le rĂ´le du baryton et les dĂ©fis qui l’Ă©prouvent, Verdi fixe les soubresauts politiques de l’Italie contemporaine, jeune nation en quĂŞte d’unitĂ© nationale et se cherche des hĂ©ros capable de porter le destin national.

 

 

 

 

 

 

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Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
Livret de Francesco Maria Piave,
Arrigo Boito d’après une pièce de Gutierrez

Chanteurs
George Petean (Simon Boccanegra),
Federica Lombardi (Amelia Boccanegra),
Riccardo Zanellato (Jacopo Fiesco),
Marc Laho (Gabriele Adorno),
Lionel Lhote (Paolo Albiani),
Roger Joakim (Pietro),
Xavier Petithan (Un capitano dei Ballestri),
Anne-Françoise Lecoq (Un’ancella di Amelia)
Mise en scène : Laurence Dale
Décors : Gary Mc Cann

Orchestre et chĹ“urs de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-Liège
Chef des chœurs : Denis Segond
avec la participation de l’IMEP
Direction musicale : Speranza Scappucci 

 

 

 

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Passion Verdi sur ArteVOIR Simon Boccanegra en DIRECT le 23 juin puis en REPLAY
Ce programme est disponible 12 mois, à partir du 23 juin 2022 sur france.tv/culturebox (jusq’23 juin 2023) :
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/opera-royal-de-wallonie-liege/3545728-simon-boccanegra-de-verdi-a-l-opera-royal-de-wallonie-liege.html

Simon Boccanegra » de Giuseppe Verdi
en direct de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège
Opéra en un prologue et trois actes

Durée totale 160 min :
Première partie 1h30 min
Entracte 30 min
Deuxième partie 1h10 min
 

 

 

 

 

LIEGE, Opéra Royal. VERDI : SIMON BOCCANEGRA

VERDI_402_Giuseppe-Verdi-9517249-1-402LIEGE, Opéra. 17-25 juin 2022 : SIMON BOCCANEGRA (VERDI). Créé dans sa première version en mars 1857 à La Fenice de Venise d’après un livret de Piave, Simon Boccanegra est remanié en 1880 par Verdi et le jeune librettiste Arrigo Boito. Révisée en profondeur, l’œuvre gagne ainsi sa mythique scène du Conseil, et double l’intrigue familiale originelle d’une vaste fresque à caractère politique. Verdi soulignant surtout la solitude du doge, sa lente et secrète agonie (car il est empoisonné), son amour pour sa fille, surtout sa noblesse vertueuse qui le rend, fatalement, incorruptible.
La production liégeoise envisage l’opéra comme « un film noir, mais situé à Gênes au XIVe siècle », ainsi que le metteur en scène Laurence Dale le conçoit, un peu à la façon des Liaisons dangereuses de Stephen Frears, Laurence, avec la claire intention de rendre lisible l’intrigue complexe de l’opéra de Verdi, entre sacrifice et renoncement, amour et passion

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VERDI : Simon Boccanegra

 

Nouvelle production
Opéra Royal de Wallonie-Liège,
du 17 au 25 juin 2022.

5 dates
les 17, 19 (Ă 15h), 21, 23 et 25 juin Ă  20h

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège :
https://www.operaliege.be/spectacle/simon-boccanegra/

Avec George Petean, Federica Lombardi, Riccardo Zanellato, Marc Laho et Lionel Lhote dans les rôles principaux, dirigés par Speranza Sapucci à la tête de l’Orchestre et les chœurs de l’Opéra Royal, dans une mise en scène de Laurence Dale.

TELE : Production diffusée en direct le 23 juin à 20h sur CultureBox puis sur Mezzo.

CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi.

CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi. De tous les opéras de la « seconde période » de Verdi, Simon Boccanegra reste le plus méconnu. Son intrigue passablement compliquée et les invraisemblances de son livret, associées à une musique qui est presque continue et d’où ne se détachent quasiment pas d’airs spectaculaires et destinés à servir les chanteurs, en font une œuvre encore difficile pour le grand public – on connaît les déboires de sa création et sa révision, plus de vingt ans après, par Verdi lui-même. Pourtant, derrière la couleur sombre dans laquelle baigne tout le drame et par-delà les rebondissements rocambolesques de son histoire, perce une lumière humaniste parfaitement représentative de la pensée de son auteur.

 

 

 

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Simon Boccanegra Ă  l’OpĂ©ra de Rouen Normandie (DR)

 

 

 

On sait aussi qu’avec l’ouvrage de Giuseppe Verdi – titre Ă  l’affiche pour la rĂ©ouverture de l’OpĂ©ra de Rouen Normandie (après 13 mois de fermeture, comme l’indique douloureusement en prĂ©ambule LoĂŻc Lachenal, le directeur de l’institution normande…) -, la difficultĂ© pour le metteur en scène est d’animer une intrigue singulièrement statique, tout en tentant d’éclaircir certains rebondissements aux yeux du spectateur. Le rĂ©gisseur allemand Philipp Himmelmann se concentre sur le personnage principal, en imaginant un spectacle situĂ© dans un XXe siècle aux contours indĂ©terminĂ©s, d’un dĂ©pouillement aussi austère qu’anxiogène : le dĂ©cor unique d’une vaste pièce aux hauts murs, aux tapisseries dĂ©fraĂ®chies, percĂ©es de multiples portes. Dans le Prologue ainsi que pour le tableau final, un cube s’y encastre et laisse entrevoir le cadavre de Maria pendue au bout d’une corde (meurtre ou suicide ?), tandis qu’un Ă©nigmatique cheval (bien vivant, lui) se tient aux cĂ´tĂ©s de la dĂ©pouille. A la fin, Simon viendra expirer sous le cadavre de l’être aimĂ©. Quant Ă  la mer, si prĂ©sente dans la partition et le livret de Piave et Boito, elle apparaĂ®t sous la forme d’un grand tableau tout en largeur, qui reste quasi omniprĂ©sent tout au long de la soirĂ©e.

La distribution rallie tous les suffrages, à commencer par Dario Solari qui campe un Simon d’un bel aplomb et d’une belle solidité : le baryton uruguayen possède un timbre racé et une réelle musicalité qui lui permet de nombreuses nuances, mais surtout ce surplus d’humanité qui fait qu’il est pleinement le personnage. La soprano hongroise Klara Kolonits, Amelia, fait également démonstration de grands moyens : sa voix est particulièrement large, mais bien conduite et souple. Et si les sons filati sont quelque peu hors de sa portée, on se laisse facilement emporter par ses moyens aussi beaux que généreux. Cultivant un chant de qualité supérieure, la basse coréenne Jongmin Park épate en Jacopo Fiesco par l’ampleur et la puissance de sa voix, ainsi que par la profondeur et le magnétisme de son timbre, mais l’émission reste un peu dans les joues au détriment des voyelles insuffisamment diversifiées. Le ténor géorgien Otar Jorjika est quant à lui un Adorno prometteur, très engagé et motivé, au timbre généreux et à l’aigu épanoui. Éblouissant Posa à Anvers il y deux ans, le baryton turc Kartal Karagedik renouvelle notre enthousiasme grâce à sa présence scénique et un raffinement vocal qui révèlent un acteur / chanteur d’exception.

L’excellent chef italien Antonello Allemandi parvient à rendre la sombre ardeur de la partition de Verdi en sonorités puissamment modelées et empreintes de mystère. La contribution des cordes se distingue notamment par une vigoureuse plasticité, et la disposition de la phalange normande sur le parterre plonge l’audience directement dans la musique. Sous sa direction, l’Orchestre maison est, de bout en bout, admirable de cohésion, de clarté et de pugnacité, tandis que le chœur Accentus / Opéra de Rouen Normandie se montre lui aussi au-delà de tout éloge. Une grande soirée verdienne !

 

 

 

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CRITIQUE, Opéra. Opéra de Rouen, le 9 juin 2021. VERDI : Simon Boccanegra. Dario Solari, Klara Kolonits, Otar Jorjikia, Jongmin Park, Kartal Karagedik… P. Himmelmann / A. Allemandi.

OPERA EN LIGNE, critique. ZURICH, le 6 déc 2020. VERDI : Simon Boccanegra. Gerhaher, Fischesser. Luisi / Homoki

OPERA EN LIGNE, critique. ZURICH, le 6 dĂ©c 2020. VERDI : Simon Boccanegra. Gerhaher, Fischesser. Luisi / Homoki. Dans le Prologue, tremplin de voix viriles, on comprend comment Simon le corsaire, celui qui vient du peuple et a sauvĂ© GĂŞnes des pirates, fut Ă©lu doge grâce au concours de Paolo Albiani lui aussi plĂ©bĂ©ien et qui n’a que haine pour l’Ă©lite patricienne gĂ©noise, surtout les Fieschi. Verdi Ă©tablit d’ailleurs un contraste Ă©loquent entre le cĹ“ur noir de Paolo, manipulateur fini, vipère de l’ombre, et la grandeur morale de celui qui ne s’était pas vu en doge : Simon.

 

 

 

Christian Gerhaher réussit son premier Boccanegra

 

 

gerhaher-christian-baryton-classiquenews-simon-boccanegra-zurich-opera-review-opera-classiquenewsLes deux hommes sont au pied de l’immense palais oĂą est prisonnière Maria, l’aimĂ©e de Simon ; paraĂ®t Fiescho père meurtri qui porte le deuil de sa fille morte Ă  cause de Simon (Miserere) somptueuse prière d’un père dĂ©truit (la justesse de cet air – avec choeur Ă©plorĂ© en coulisse, est bouleversant car Verdi lui-mĂŞme Ă©prouva le deuil en perdant ses filles).. La confrontation entre Fiescho et Simon tourne au dĂ©lire de vengeance ; Fiescho lui demande alors la fille nĂ©e de Maria et Simon et alors ce dernier sera pardonnĂ© : mais la fille a disparu. Le baryton allemand CHRISTIAN GERHAHER rĂ©ussit sa prise de rĂ´le car il apporte en diseur si fin dans le lied, une sensibilitĂ© humaine qui Ă©paissit la candeur du personnage, sa tendresse permanente, sa profonde loyautĂ© Ă  laquelle Fiescho demeure insensible, d’une inflexible arrogance… patricienne (excellent baryton basse Christof Fischesser). De son cĂ´tĂ©, la couleur vocale de GERHAHER s’approche de celle d’un Rigoletto, mĂŞme essence tragique pour voix de baryton, douĂ© d’une souplesse tendre qui fonde l’humanitĂ© admirable du rĂ´le : Gerhaher ne serait-il pas le baryton Verdi idĂ©al actuellement ? En maĂ®tre dramaturgique, verdi cumule l’Ă©lection de Simon comme doge et sa dĂ©couverte bouleversante du corps mort de Maria. Contraste saisissant comme il les aime : solitude et tragĂ©die personnelle mais grandeur et gloire officielle. La mise en scène Ă©purĂ©e, noble, sombre, grandit encore le profil psychologique des acteurs.

Puis, le fameux grand air d’Amelia, qui ouvre l’acte I, au rythme ocĂ©anique, assoit les aigus solides de Jennifer Rowley, comme la largeur d’une voix parfois trop puissante et grave pour le caractère angĂ©lique du personnage. Mais la soprano forme avec l’Adorno du très bon tĂ©nor Otar Jorjikia, lui aussi assurĂ© et nuancĂ©, un duo puissant, finement caractĂ©risĂ© qui rĂ©tablit le théâtre dans une intrigue compliquĂ©e, de filiation contrariĂ©e, de manipulations, de lutte pour le pouvoir.
Le quatuor Fiescho / devenu père Andrea, Adorno, Amelia, et Simon est donc bien incarné ; le plateau vocal ainsi défendu assure la réussite de cette production (remarquable quatuor final à ce titre).
Reste le Paolo de la basse Nicholas Brownlee, pas assez fin Ă  notre avis et qui caricature le profil de celui qui saura le temps venu exiger du doge rĂ©tribution pour son aide Ă  son Ă©lection (par exmeple au II, son “o cual belta” … manque de suggestion et de trouble…). Le chant est constamment droit, parfois brutal. Dommage car Verdi et son librettiste Boito ont ciselĂ© le profil du personnage le plus diabolique et sournois du théâtre verdien.

L’action va son cours, dans un décor de superbes et élégantes parois lambrissées qui tourne en un manège à vue, à vide : la course folle du destin qui entraîne (à leur perte) chaque protagoniste ? Le duo final entre Simon et Fiescho, rare duo de baryton / basse est un grand moment lyrique grâce à l’économie et au style des deux chanteurs. D’autant plus touchants dans leur « réconciliation » que leur sincérité sobre affleure constamment.
Le chef, Fabio Luisi manque parfois de contrastes et de noirceur tragique dans l’opĂ©ra le plus sombre de Verdi, qui doit autant Ă  Don Carlos (on y retrouve un duo virile, semĂ© de tendre paritĂ© Posa / Carlos) et Ă  Otello (sobriĂ©tĂ© et tension de l’orchestre en un dramaturgie crĂ©pusculaire qui cultive les tĂ©nèbres, les Ă©clairs, l’hallucination…). Saluons enfin la performance technique aussi puisque le chĹ“ur, l’orchestre et les chanteurs sont placĂ©s dans 3 lieux diffĂ©rents, – mesures sanitaires oblige (pas de promiscuitĂ© ni de foule dans un mĂŞme espace). Tous Ă©tant rĂ©unis par la technologie visuelle dans un son tout Ă  fait acceptable. Belle soirĂ©e.

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PLUS D’INFOS sur le site de l’Opéra de Zurich / Oper Zürich
https://www.opernhaus.ch/en/spielplan/calendar/simon-boccanegra/2020-2021/

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Direction musicale : Fabio Luisi
Mise en scène : Andreas Homoki

Simon Boccanegra : Christian Gerhaher
Amelia Grimaldi : Jennifer Rowley
Jacopo Fiesco : Christof Fischesser
Gabriele Adorno : Otar Jorjikia
Paolo Albiani : Nicholas Brownlee
Pietro : Brent Michael Smith
Magd Amelias : Siena Licht Miller

Philharmonia ZĂĽrich
Chor der Oper ZĂĽrich
ChorzuzĂĽger
Statistenverein am Opernhaus ZĂĽrich

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 EN REPLAY SUR LE SITE D’ARTECONCERT

 

 

Prochains rvs ARTE pour Noël 2020 :
Le 13 déc 2020 : Tannhaüser de Wagner, Statsoper de Berlin avec Roberto Alagna (prise de rôle)…
Le 1er janvier 2021 : Saint Sylvestre, concert du 1er janvier 2021 avec le Berliner Philharmoniker, Kiril Petrenko, direction.

 

 
 

 

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Compte-rendu, opéra. Barcelone, Gran Teatre del Liceu, le 25 avril 2016. Giuseppe Verdi : Simon Bocccanegra. Massimo Zanetti, direction musicale. José Luis Gomez, mise en scène.

De tous les opĂ©ras de la « seconde pĂ©riode » de Verdi, Simon Boccanegra reste le plus mĂ©connu. Son intrigue passablement compliquĂ©e et les invraisemblances de son livret – associĂ©es Ă  une musique qui est presque continue, d’oĂą ne se dĂ©tachent quasiment pas d’airs destinĂ©s Ă  servir les chanteurs – en font une Ĺ“uvre encore difficile pour le grand public. Pourtant, derrière la couleur sombre dans laquelle baigne tout le drame – et par delĂ  les rebondissements rocambolesques de l’intrigue- perce une lumière humaniste qui est parfaitement reprĂ©sentative de son auteur.

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ÉtrennĂ©e in loco en 2009 – avant d’ĂŞtre reprise l’annĂ©e d’après au Grand-Théâtre de Genève, maison coproductrice du spectacle – cette production signĂ©e de JosĂ© Luis Gomez nous a procurĂ© la mĂŞme satisfaction qu’Ă  sa crĂ©ation. L’homme de théâtre espagnol ne propose ici ni reconstitution passĂ©iste ni relecture risquĂ©e, mais un travail rigoureux, Ă  la fois sobre, Ă©purĂ© et efficace. En s’attachant principalement Ă  sa dimension politique, il n’oublie pas pour autant ce qui – dans cet opĂ©ra prĂ©sentĂ© dans sa version de 1881 – touche aux sentiments humains. Grâce Ă  ce processus gĂ©nĂ©ral de simplification – auquel rĂ©pond la scĂ©nographie simple et mobile de Carl Fillion, constituĂ©e de grands panneaux de miroirs -, JosĂ© Luis Gomez rend l’ouvrage de Verdi intelligible Ă  tous.

Parmi les images fortes, on se souviendra notamment du tableau final, en forme de PietĂ  (photo ci dessus).

Alternant avec les vĂ©tĂ©rans Leo Nucci et Placido Domingo, Giovanni Meoni campe un Simon d’un bel aplomb et d’une belle soliditĂ©. DotĂ© d’un timbre racĂ©, le baryton italien offre Ă©galement une belle musicalitĂ© qui lui permet de nombreuses nuances, mais surtout ce surplus d’humanitĂ© qui fait qu’il est pleinement le personnage. Face Ă  lui, la basse ukrainienne Vitalij Kowaljow rĂ©ussit la gageure d’offrir un adversaire de poids, composant un Fiesco plein de grandeur, avec une belle voix profonde d’Ă©mission Ă©minemment slave. Dans le rĂ´le d’Amelia, la soprano milanaise Barbara Frittoli déçoit quelque peu. Si son engagement et ses qualitĂ©s de musicienne la sauvent plus d’une fois, les sons flottĂ©s du magnifique air d’entrĂ©e « Come in quest’ora bruna » lui font complètement dĂ©faut. De son cĂ´tĂ©, le tĂ©nor italien Fabio Sartori incarne un Gabriele Adorno au timbre gĂ©nĂ©reux, Ă  l’aigu Ă©panoui, Ă  l’articulation claire et au phrasĂ© Ă©lĂ©gant, tandis que le baryton catalan Angel Odena campe un Paolo Albiani, conspirateur Ă  souhait. Remarquablement prĂ©parĂ© par Conxita Garcia, le ChĹ“ur du Gran Teatre del Liceu n’appelle que des Ă©loges. Enfin, si le chef italien Massimo Zanetti se montre extrĂŞmement attentif aux dĂ©tails de l’orchestration, en tirant de l’excellent Orchestre du Gran Teatre del Liceu de beaux effets instrumentaux, il ne se cantonne pas moins dans une approche malheureusement superficielle de la sublime partition de Verdi.

Compte-rendu, opéra. Barcelone, Gran Teatre del Liceu, le 25 avril 2016. Giuseppe Verdi : Simon Bocccanegra. Giovanni Meoni (Simon Boccanegra), Barbara Frittoli (Amelia Grimaldi), Fabio Sartori (Gabriele Adorno), Vitalij Kowaljow (Jacopo Fiesco), Angel Odena (Paolo Albiani). Massimo Zanetti, direction. José Luis Gomez, mise en scène

Simon Boccanegra Ă  Avignon

le doge Dandolo par TitienAvignon, OpĂ©ra. Verdi : Simon Boccanegra. Les 20,22 mars 2015. Simon Boccanegra de Verdi est l’histoire d’un homme de pouvoir, le doge de Gènes, touchĂ© par la vertu et le sens du bien public auquel Verdi attribue, pour renforcer la charge humaine, une histoire familiale difficile : après l’avoir perdue, Simon Boccanegra retrouve sa fille Maria… Comme Rigoletto, Stiffelio, Simon Boccanegra aborde une thème cher Ă  Verdi : la relation père / fille : amour total qui rĂ©vèle souvent une force morale insoupçonnĂ©e. Simon Boccanegra offre un superbe rĂ´le Ă  tous les barytons de la planète lyrique : homme fier au dĂ©but, dans le Prologue, encore manipulĂ© par l’intriguant Paolo ; puis politique fin et vertueux qui malgrĂ© l’empoisonnement dont il est victime, garde Ă  l’esprit, sans sourciller l’intĂ©rĂŞt du peuple.

 

 

Père et doge Ă  la fois…

Particulièrement dense, le livret pose de façon inĂ©dite, histoire politique et drame individuel sur le mĂŞme plan. Ancien corsaire Ă©lu doge, Boccanegra fait l’expĂ©rience du pouvoir, confrontĂ© aux intrigues des puissants, aux remous d’une foule rĂ©active et manipulable, et aussi aux rebondissements de sa propre saga familiale.
La genèse de l’opéra fut longue et difficile : dans sa version révisée plus tardive, Verdi s’associe au jeune poète et compositeur Arrigo Boito (avec lequel il composera Otello, 1887 et Falstaff, 1893) : il resserre l’intrigue, la rend plus clair. L’ouvrage est créé en 1857 à La Fenice, puis recréé dans sa version finale à La Scala en 1881. Outre l’intelligence des épisodes dramatiques, vraies séquences de théâtre, Simon Boccanegra touche aussi par la coloration marine de sa texture orchestrale, miroitements et scintillements nouveaux révélant toujours le génie poétique de l’infatigable Verdi.

 

 

 

 

boutonreservationSimon Boccanegra de Verdi Ă  l’OpĂ©ra d’Avignon
Vendredi 20 mars 2015 Ă  20h30
Dimanche 22 mars 2015 Ă  14h30

Opéra en un prologue et trois actes de Giuseppe Verdi
Livret de Francesco Maria Piave et Arrigo BoĂŻto
Direction musicale : Alain Guingal
Direction des chœurs : Aurore Marchand
Etudes musicales : Kira Parfeevets
Mise en scène : Gilles Bouillon
DĂ©cors : Nathalie Holt
Costumes : Marc Anselmi
Lumières : Michel Theuil

Amelia : Barbara Haveman
Un ancella di Amelia : Violette Polchi
Simon Boccanegra : George Petean
Jacopo Fiesco : Wojtek Smilek
Gabriele Adorno : Giuseppe Gipali
Paolo Albiani : Lionel Lhote
Pietro : Patrick Bolleire
Un capitano : Patrice Laulan

Orchestre RĂ©gional Avignon-Provence
Chœur de l’Opéra Grand Avignon

Verdi : Simon Boccanegra en direct de La Fenice

verdi_yeux_bandeau_535France Musique. Verdi : Simon Boccanegra, le 22 novembre 2014, 19h.  En direct de La Fenice de Venise, Simon Boccanegra de Verdi ou l’histoire d’un homme de pouvoir, le doge de Gènes, touché par la vertu et le sens du bien public auquel Verdi attribue, pour renforcer la charge humaine, une histoire familiale difficile : après l’avoir perdue, Simon Boccanegra retrouve sa fille Maria… Comme Rigoletto, Stiffelio, Simon Boccanegra aborde une thème cher à Verdi : la relation père / fille : amour total qui révèle souvent une force morale insoupçonnée. Simon Boccanegra offre un superbe rôle à tous les barytons de la planète lyrique : homme fier au début, dans le Prologue, encore manipulé par l’intriguant Paolo ; puis politique fin et vertueux qui malgré l’empoisonnement dont il est victime, garde sans sourciller l’intérêt du peuple, à l’esprit. La genèse de l’opéra fut longue et difficile : dans sa version révisée plus tardive, Verdi s’associe au jeune poète et compositeur Arrigo Boito (avec lequel il composera Otello, 1887 et Falstaff, 1893) : il resserre l’intrigue, la rend plus clair. L’ouvrage est créé en 1857 à La Fenice, puis recréer dans sa version finale à La Scala en 1881. Outre l’intelligence des épisodes dramatiques, vraies séquences de théâtre, Simon Boccanegra touche aussi par la coloration marine de sa texture orchestrale, miroitements et scintillements nouveaux révélant toujours le génie poétique de l’infatigable Verdi.

Samedi 22 novembre, 19h. En direct

En direct de La Fenice Ă  Venise

Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra

Avec Simone Piazzola (Simon), Giacomo Prestia (Jacopo), Julian Kim (Paolo), Maria Agresta (Maria/Amelia), Francesco Meli (Gabriele Adorno)…

Choeur de la Fenice

Orchestre de La Fenice

Myung-Whun Chung, direction