GLENN GOULD : SpĂ©ciale 40 ans de la disparition (oct 1982 – oct 2022)

GLENN GOULD : artiste atypique, visionnaire, dĂ©rangeantFrance Musique, Sam 1er, 8 oct 2022, 14h. GLENN GOULD : 40 ans de la disparition / Portraits de famille par Philippe Cassard : le GLENN GOULD D’AVANT, celui qui en concert Ă©blouissait avant de s’enfermer dans les studios
 NĂ© en 1932, dĂ©cĂ©dĂ© quelques jours aprĂšs son 50Ăšme anniversaire, le 4 octobre 1982, Glenn Gould est devenu un mythe de son vivant, surtout aprĂšs son retrait de la scĂšne en 1964, quand dĂ©sormais, il enregistre tard le soir et dans la nuit, en studio, Ă  l’écart des salles de concerts qui le stressent trop. Des livres, des films, des exĂ©gĂšses de toutes sortes ont accompagnĂ© ces 18 annĂ©es d’innombrables enregistrements en studio, d’émissions de radio et d’entretiens tĂ©lĂ©visĂ©s.
Pour sa part, le pianiste, Philippe Cassard a une nette prĂ©fĂ©rence pour le Glenn Gould des concerts, le «Glenn Gould d’avant». Car pour lui, c’est au concert que se situe la vĂ©ritĂ© de l’artiste. A chacun de juger.

A travers ses tout premiers disques ou concerts radio-diffusĂ©s, on dĂ©couvre le Glen Gould de 20 ans Ă  la « virtuositĂ© incandescente », au « tempĂ©rament exubĂ©rant », et si imaginatif (voie recrĂ©atif) ; son jeu d’une clartĂ© phĂ©nomĂ©nale favorisant un lyrisme exaltĂ©. Il est, dans ses annĂ©es de jeunesse, un des interprĂštes majeurs de Beethoven, aux cĂŽtĂ©s d’artistes de sa gĂ©nĂ©ration (Gulda, Fleisher, Brendel). Mais Ă©galement de Bach, Brahms et Schoenberg.
Archives et enregistrements rares de ces annĂ©es d’or constituent le programme de ce diptyque d’hommage au pianiste canadien dont l’hĂ©ritage musical doit essentiellement aux enregistrements studios quoiqu’on dise


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En complĂ©ment, les lun 3 et mar 4 oct 23h : Michel Schneider : Glenn Gould piano solo, comment l’entendez-vous ? prod. Claude MaupomĂ© (1989)

 

 

 

 

 

 

Approfondir
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GOULD glenn actes sud j y clement critique compte rendu livres classiquenews 9782330061357LIRE aussi notre compte rendu critique du LIVRE : Glenn Gould par Jean-Yves Clément (Actes Sud). Ce nouvel opus de la collection Actes Sud / Classica évoque la carriÚre, surtout la vie de Glenn Gould, pianiste unique en son genre resté entre autres célÚbre pour son interprétation magistrale des Variations Goldberg (enregistrées en 1955, éditées en 1956)

http://www.classiquenews.com/livres-compte-rendu-critique-glenn-gould-par-jean-yves-clement-actes-sud/

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Michael Stegemann
Nouvelle Ă©dition Glenn Gould 2015. Entretien avec Michael Stegemann

glenn_gould_remastered--complete-columbia-album-edition-GOULD-2015-SONY-CLASSICAL-582-RĂ©Ă©dition Glenn Gould 2015 : grand entretien avec Michael Stegemann, spĂ©cialiste de Gould Ă  l’occasion de la nouvelle Ă©dition Ă©ditĂ©e par Sony classical, ce  11 septembre 2015, soit un somptueux coffret de 81 galettes (78 cd audio + 3 cd d’entretiens du pianiste canadien sur son travail, la place de l’enregistrement et du disque, sa conception du geste musical). Michael Stegemann a participĂ© Ă  la nouvelle Ă©dition GOULD 2015 Ă©ditĂ©e chez Sony (la derniĂšre Ă©dition il y a 5 ans s’est totalement Ă©coulĂ©e : plus aucun titre n’est disponible, preuve que le phĂ©nomĂšne Gould est bien vivace

http://www.classiquenews.com/nouvelle-edition-glenn-gould-2015-entretien-avec-michael-stegemann/

 

 

 

 

 

 

Notre DOSSIER « QUI EST GLENN GOULD ? »
gould-glenn-dargaud-une-vie-a-contretemps-dargaud-presentation-critique-classiquenews-juillet-2015Comment expliquer la fascination que l’interprĂšte mais aussi l’homme ont suscitĂ© auprĂšs d’un public qu’il a dĂ©cidĂ©, en 1964, de mettre Ă  distance ? Sa famille, sa mĂšre organiste, ses premiers concerts, son travail surtout le distingue tel un musicien habitĂ© par la musique. Homme de la nuit, homme du montage et de l’enregistrement, il n’aura cessĂ© en dĂ©finitive de revenir toujours sur la perfection de son jeu. Sous l’oreille attentive du micro (rĂ©glĂ© par la firme CBS / Sony classical) : multiplier les options, n’en trouver qu’une viable ; explorer le mystĂšre de l’Ɠuvre ; s’identifier au compositeur et par un phĂ©nomĂšne d’identification qui confine Ă  la transe, ne faire qu’un avec la pensĂ©e de l’auteur, Bach en particulier, et transmuer l’approche de l’interprĂšte en acte de composition. Ainsi le mythe de l’interprĂšte crĂ©ateur se matĂ©rialise sous les doigts du prodige.

http://www.classiquenews.com/cd-reedition-evenement-the-sound-of-glenn-gould-sony-classical-annonce/

 

 

 

 

 

 

CD événement, critique. BEETHOVEN / LISZT : Symphonie n°9 : C Pescia / P. Cassard, pianos (La Dolce Volta)

1602688820_philippe-cassard-cedric-pescia-beethoven-symphony-no_-9-transcribed-for-2-pianos-by-franz-liszt cd review critique cd classiquenews LISZT Beethoven Symphonie n 9 DOLCE VOLTA-2020CD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN / LISZT : Symphonie n°9 : C Pescia / P. Cassard, pianos (La Dolce Volta) – Les pianistes Philippe Cassard et CĂ©dric Pescia s’associent et dĂ©frichent la version (peu jouĂ©e peu connue) de la 9Ăš symphonie de Beethoven, pour 4 mains. En 1850, Franz Liszt (1811-1886) gĂ©nie du clavier avait trouvĂ© partition Ă  la mesure de son imagination transcriptrice. Ou comment 20 doigts peuvent-ils exprimer et nuancer autant que 50 musiciens d’orchestre ? Deux pianos pas moins pour restituer l’ampleur orchestrale, la dĂ©mesure poĂ©tique, l’élan fraternel d’un continuum musical parmi les plus marquants de l’histoire de la musique europĂ©enne et romantique.

La verve et le tempĂ©rament des deux interprĂštes se combinent en naturel et en prĂ©cision, en dialogue et en complicitĂ©. Les deux compĂšres trouvent chacun leur place, leur chant spĂ©cifique et complĂ©mentaire pour faire parler leur instrument (ineffable effusion de l’Adagio qui s’écoule comme une dĂ©tente sereine). Les 20 doigts articulent, Ă©clairent, murmurent ou rugissent ; le dragon Beethoven se cabre et conquiert des horizons jamais imaginĂ©s avant lui : le temps musical devient esprit de conquĂȘte, dĂ©termination, volontĂ©, puissance ; une force irrĂ©sistible se dresse pour des lendemains qui bouleversent l’ordre du vieux monde. Dans ce chant Ă  2 pianos, c’est toute l’Ăąme volontaire de Beethoven qui se libĂšre et saisit. Et mĂȘme sans les paroles de l’Ode Ă  la joie de Schiller, l’habiletĂ© chantante et CLIC_macaron_2014l’éloquence frĂ©nĂ©tique et tendre du duo offrent un sublime flux pianistique dans les quatre sections du Finale (presto puis 2 allegros : assai, alla Marcia, energico) ; la 9Ăš mĂȘme sans le quatuor vocal soliste et les chƓurs, irradie dans son final, de cette flamme bouleversante qui est appel Ă  la fraternitĂ© des peuples pour qu’un monde nouveau enfin paraisse. Magistrale rĂ©alisation. Et offrande pertinente au moment des 250 ans du grand Ludwig en 2020.

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CD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN / LISZT : Symphonie n°9 : Philippe Cassard, CĂ©dric Pescia, pianos (La Dolce Volta – enregistrĂ© en 2020)

 

 

Tracklist

01. Symphony No. 9, Op. 125 I. Allegro ma non troppo, un poco maestoso (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)

02. Symphony No. 9, Op. 125 II. Molto vivace – Presto (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)

03. Symphony No. 9, Op. 125 III. Adagio molto e cantabile – Andante moderato – Adagio stesso tempo (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)

FINALE
04. Symphony No. 9, Op. 125 IV. Finale. Presto (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)
05. Symphony No. 9, Op. 125 V. Finale. Allegro assai – Presto – Recitativo – Allegro assai (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)
06. Symphony No. 9, Op. 125 VI. Finale. Allegro assai vivace alla Marcia – Andante maestoso – Adagio ma non troppo ma devoto (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)
07. Symphony No. 9, Op. 125 VII. Finale. Allegro energico – Allegro ma non tanto – Prestissimo (Transcribed for 2 pianos by Franz Liszt)

 

 

 

 

Compte rendu, concert. Toulouse. Saint-Pierre-des-Cuisines, le 12-01-2016 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio n°1, D.898, en si bémol majeur ; Trio n°2 ,D.929,en mi bémol majeur ; David Grimal, violon ; Anne Gastinel, violoncelle, Philippe Cassard, piano

philippe_cassardLa salle Bleue de l’Espace Croix- Baragnon de Toulouse s’est dĂ©placĂ©e Ă  l’Auditorium St-Pierre des Cuisines devant le succĂšs attendu. Et c’est effectivement devant une salle comble que s’est produit Philippe Cassard, spĂ©cialiste indiscutĂ© de Schubert, avec ses deux amis. David Grimal, au violon comme Anne Gastinel, au violoncelle sont des instrumentistes invitĂ©s dans le monde entier et ont Ă©tĂ© dirigĂ©s par les plus grands chefs tout en faisant une belle carriĂšre de chambriste. Ils Ă©taient donc tous trois, trĂšs attendus dans les deux Trios de Schubert. La complicitĂ© entre les musiciens a Ă©tĂ© d’emblĂ©e perceptible. L’homogĂ©nĂ©itĂ© des sonoritĂ©s n’a pas Ă©tĂ© trouvĂ©e immĂ©diatement mais s’est construite rapidement. Si les deux Trios sont beaux et agrĂ©ables, il a Ă©tĂ© sage de dĂ©buter le concert par le Trio en si bĂ©mol. Plus lĂ©ger, plus dansant il a Ă©tĂ© source de jubilation et de belles Ă©nergies.

Mais c’est bien avec le Trio en mi bĂ©mol majeur que l’osmose entre les instrumentistes, l’équilibre entre leurs sonoritĂ©s atteignent des sommets. Cette partition si originale qui dĂ©bute et se termine avec jubilation est proprement prodigieuse. PrivilĂ©giant la prĂ©cision rythmique, l’ampleur des nuances et la variĂ©tĂ© des couleurs, nos trois amis musiciens  insufflent une vivifiante Ă©nergie Ă  chaque instant. La beautĂ© des phrasĂ©s et la dĂ©licatesse des moindres traits ont provoquĂ© le bonheur du public. C’est bien le thĂšme sublime de l’Andante con moto qui a portĂ© le plus haut l’émotion. C’est de cet Andante qu’est tirĂ© le fameux extrait du film Barry Lyndon qui ouvre et ferme l’histoire d’amour de Barry avec la belle Lady Lyndon. Mi mĂ©lancolique mi tendre et avec un charme fou, cette marche dansĂ©e concentre en son ambivalence, tout le gĂ©nie de Schubert. Ce soir le retour du thĂšme tant aimĂ© dans le final avec les arabesques et les volutes du piano a Ă©tĂ© un moment magique.  Le public conquis a fait une belle ovation aux artistes. Le mouvement lent d’un trio de Beethoven a constituĂ© un bis charmant et apaisant aprĂšs ce bain dâ€˜Ă©nergie musicale.

Le public est lĂ  pour de la musique de chambre. Une saison spĂ©cifique pourrait connaĂźtre un grand succĂšs Ă  Toulouse. L’auditorium St-Pierre des Cuisines est un Ă©crin idĂ©al. Le patient travail de commentaire que fait Philippe Cassard avec ses Notes du traducteur y est pour beaucoup. La saison de la salle Croix Baragnon avec son concert du mardi qui l’accueille rĂ©guliĂšrement mĂ©rite d’ĂȘtre suivie. Nous en rendrons compte avec fidĂ©litĂ©.

Compte rendu, concert. Toulouse. Saint-Pierre-des-Cuisines, le 12-01-2016 ; Franz Schubert (1797-1828) : Trio n°1, D.898, en si bémol majeur ; Trio n°2 ,D.929,en mi bémol majeur ; David Grimal, violon ; Anne Gastinel, violoncelle, Philippe Cassard, piano .

Illustration : Philippe Cassard © JB Millot

CD. Philippe Cassard joue Schubert (1 cd Dolce Volta, Ă  paraĂźtre le 23 septembre 2014)

Schubert_Philippe_Cassard_La_Dolce_VoltaCD. Philippe Cassard joue Schubert (1 cd Dolce Volta, Ă  paraĂźtre le 23 septembre 2014). Pianiste mĂ©diatisĂ© entre autres grĂące Ă  son excellente Ă©mission sur France musique dont il est producteur « Notes du traducteur », rare programme pĂ©dagogique, vivant, remarquablement accessible sur les ondes, Philippe Cassard n’est pas qu’un passeur Ă©merveillĂ©, soucieux de transmettre sa passion du piano et des Ɠuvres. Comme immense interprĂšte (et Ă  notre avis pas assez reconnu comme tel en France), l’instrumentiste poursuit son exploration du continent schubertien avec ce souci musical, cette Ă©lĂ©gance trĂšs incarnĂ©e dont il a le secret. Ses Impromptus dĂ©jĂ  parus sous Ă©tiquette Accord (janvier 2008) avaient Ă©tĂ© particuliĂšrement convaincants,  – Ă©lus lĂ©gitimement « coup de coeur » de la RĂ©daction cd de Classique news. Son remarquable essai sur le geste et la pensĂ©e mĂ©lancolique d’un Franz Schubert fin poĂšte, ambassadeur singulier de la sehnsucht ou vertige nostalgique propre aux grands romantiques germaniques du XIXĂšme (Ă©ditĂ© chez Actes Sud) suffit Ă  Ă©clairer la pertinence de l’interprĂšte de Franz Schubert (1797-1828) : il y a de la finesse allusive, une lĂ©gĂšretĂ© profonde et grave, des vertiges et abandons introspectifs dans son toucher enchanteur. Dans ce nouvel album, le pianiste traverse les paysages lunaires, crĂ©pusculaires, immensĂ©ment Ă©vocateurs de la Sonate D959 Ă  laquelle il associe trois partitions antĂ©rieures pour 4 mains, immersion ainsi rĂ©trospective dans l’annĂ©e 1828, la derniĂšre annĂ©e, celle des ultimes accomplissements et de la disparition malheureuse.
Philippe Cassard y joue seul donc (Sonate D959) ; puis s’appuyant sur la complicitĂ© de Cedric Pescia, prĂ©sente les piĂšces pour 4 mains : Fantaisie D940 en fa mineur, “LebensstĂŒrme” D947 en la mineur, Rondo D951 en la majeur.

 

 

cassard philippe B.Martinez

 

 

Nouveau cd annoncĂ© le 23 septembre chez Dolce Volta, sobrement intitulĂ© «  1828 ». DurĂ©e : 1h18mn. EnregistrĂ© Ă  Paris en fĂ©vrier 2014 (Ă©glise du Bon Secours). Piano D Steinway. En outre, pour commĂ©morer la 400Ăšme Ă©mission de Notes du traducteur sur France Musique paraĂźtra en octobre 2014, un coffret de 6 cd rĂ©capitulatif. La 10Ăšme saison de Notes du traducteur sur France Musique commence en septembre 2014. C’est l’un des programmes unanimement plĂ©biscitĂ© par les auditeurs de France Musique et de loin, la meilleure programmation de sensibilisation du paysage radiophonique français.

agenda
Philippe Cassard joue en août 2014 la Sonate D959 (enregistrée dans son nouvel album Dolce Volta) :

Le 23 août 2014
Abbaye de Fontmorigny (Cher)

Le 28 août 2014
Festival de la Chaise Dieu (Haute Loire)

Programme :
Schubert : Sonate en la majeur, D.959
Liszt : “Miserere”, extrait du TrouvĂšre de Verdi
Brahms : 7 Fantaisies, opus 116 / Rhapsodie, opus 79, n°2 en sol mineur

Site officiel du pianiste Philippe Cassard

http://www.philippecassard.com/index.html

Compte-rendu : Fontdouce. Abbaye, 20Úme festival estival, le 26 juillet 2013. Concert inaugural. Baptiste Trotignon, Natalie Dessay, Philippe Cassard. Mélodies françaises.

philippe cassard et natalie dessay Ă  fontdouceSaint-Bris des Bois en Charente-Maritime accueille l’inauguration du 20Ăšme Festival de l’Abbaye de Fontdouce. L’endroit magique datant du 12e siĂšcle concentre beautĂ© et mystĂšre. Le concert exceptionnel d’ouverture se dĂ©roule en deux parties Ă  la fois contrastĂ©es et cohĂ©rentes. Il commence de façon tonique avec le pianiste jazz Baptiste Trotignon et se termine avec un duo de choc, la soprano Natalie Dessay et Philippe Cassard au piano !

 

 

Festival de l’Abbaye de Fontdouce,
le secret le mieux gardĂ© de l’Ă©té !

 

SituĂ©e entre Cognac et Saintes, Ă  deux pas de Saint-Sauvant, l’un des plus beaux villages de France, l’ancienne Abbaye Royale obtient le classement de Monument Historique en 1986. Elle fait ainsi partie du riche patrimoine naturel et culturel de la rĂ©gion. Elle en est sans doute l’un de ses bijoux, voire son secret le mieux gardé ! Le maĂźtre du lieu (et prĂ©sident du festival Thibaud Boutinet) a comme mission de partager la beautĂ© et faire connaĂźtre l’histoire et les milles bontĂ©s du site acquis par sa famille il y a presque 200 ans. AprĂšs notre sĂ©jour estival et musical Ă  l’Abbaye de Fontdouce, toute l’Ă©quipe met du coeur Ă  l’ouvrage et le festival est une indĂ©niable rĂ©ussite !

Le Festival comme le site historique acceptent avec plaisir la modernitĂ© et font plaisir aussi aux amateurs des musiques actuelles. L’artiste qui ouvre le concert est un pianiste jazz de formation classique : Baptiste Trotignon rĂ©gale l’audience avec un jeu Ă  l’expressivitĂ© vive, presque brĂ»lante, qui cache pourtant une vĂ©ritable dĂ©marche intellectuelle. Notamment en ce qui concerne sa science du rythme, trĂšs impressionnante. Le pianiste instaure une ambiance d’une gaĂźtĂ© dansante, dĂ©contractĂ©e, contagieuse avec ses propres compositions ; il fait de mĂȘme un clin d’oeil Ă  la musique classique avec ses propres arrangements « dĂ©rangeants » d’aprĂšs deux valses de Chopin. Mais son Chopin transfigurĂ© va trĂšs bien avec son Ă©loquence subtilement jazzy. La musique du romantique  d’une immense libertĂ© formelle, se prĂȘte parfaitement aux aventures euphoriques et drolatiques de Trotignon. Un dĂ©but de concert tout en chaleur et fort stimulant qui prĂ©pare bien pour la suite classique ou l’oĂč explore d’autres sentiments.

L’entracte tonique est l’occasion parfaite pour une promenade de dĂ©couverte, tout en dĂ©gustant les boissons typiques du territoire. Le sensation de beautĂ© paisible au long du grand prĂ©, l’effet saisissant et purement gothique de la salle capitulaire, les couleurs et les saveurs du patrimoine qui font vibrer l’Ăąme… Tout prĂ©pare en douceur pour le rĂ©cital de mĂ©lodies par Natalie Dessay et Philippe Cassard.

Ils ont dĂ©jĂ  collaborĂ© pour le bel album des mĂ©lodies de Debussy « Clair de Lune » paru chez Virgin Classics. Pour ce concert d’exception, les deux artistes proposent Debussy mais aussi Duparc, Poulenc, Chabrier, FaurĂ©, Chausson… Un vĂ©ritable dĂ©lice auditif et poĂ©tique, mais aussi sentimental et thĂ©Ăątral. Natalie Dessay chante avec la vĂ©racitĂ© psychologique et l’engagement Ă©motionnel qui lui sont propres. Un registre grave limitĂ© et un mordant moins Ă©vident qu’auparavant n’enlĂšvent rien Ă  la profondeur du geste vocal. Elle est en effet ravissante sur scĂšne et s’attaque aux mĂ©lodies avec un heureux mĂ©lange d’humour et de caractĂšre. La diva interprĂšte « Le colibri » de Chausson  avec une voix de porcelaine : la douceur tranquille qu’elle dĂ©gage est d’une subtilitĂ© qui caresse l’oreille. Philippe Cassard est complĂštement investi au piano : il s’accorde merveilleusement au chant avec sensibilitĂ© et rigueur. La « Chanson pour Jeanne » de Chabrier, la plus belle chanson jamais Ă©crite selon Debussy, est en effet d’une immense beautĂ©. Les yeux de la cantatrice brillent en l’interprĂ©tant ; nous sommes Ă©blouis et Ă©mus, au point d’avoir des frissons, par la dĂ©licatesse de ses nuances et par la finesse arachnĂ©enne de ses modulations. « Il vole » extrait des Fiançailles pour Rire de Poulenc est tout sauf strictement humoristique. La complicitĂ© entre les vers de Louise de Vilmorin et la musique du compositeur impressionne autant que celle entre le pianiste et la soprano. Sur scĂšne, ils s’Ă©clatent, font des blagues, quelques fausses notes aussi, se plaignent du bruit des appareils photo… ils mettent surtout leurs talents combinĂ©s au service de l’art de la mĂ©lodie française, pour le grand bonheur du public enchantĂ©.

DĂ©couvrir ainsi la magie indescriptible de l’Abbaye de Fontdouce et dĂ©guster sans modĂ©ration les musiques de son festival d’Ă©tĂ© reste une expĂ©rience mĂ©morable !

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