ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS : fantaisies grecques

fantaisies-grecques-concert-orchestre-symphonique-orleans-programme-fantaisies-grecques-annonce-critique-classiquenewsORLÉANS, Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, 18, 19 juin 2022. Fantaisies grecques – L’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans cĂ©lèbre le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven (dont 2022 serait en rĂ©alitĂ© la vĂ©ritable annĂ©e marquant le bicentenaire, comme le rappelle aussi la programmation du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2022 !). On savoure d’autant plus l’opportunitĂ© et la justesse du programme.
C’est un Beethoven romantique certes mais baigné de culture antique grecque qui se précise ici : … la figure de Prométhée, père des hommes, courage incarné, inspire un ballet dont la suite symphonique souligne le tempérament nerveux, viril, « attique » de Ludwig. A Vienne fin mars 1801 (le Ballet les Créatures de Prométhée est créé le 28 mars 1801), Beethoven semble prolonger le meilleur Haydn,  et non des moindres : celui de son oratorio, La Création créé quelques semaines auparavant (1801), manifeste de toute cette élégance viennoise début de siècle ou véritable hymne musical de la Vienne des Lumières, et que le jeune et déjà génial Ludwig dépasse avec un feu rayonnant,  une claire conscience qu’il y échafaude la musique de l’avenir
Même maturité expressive pour la musique de scène des Ruines d’Athènes (composé courant 1811, juste avant la 7è symphonie, le Cto l’Empereur, la sonate Les Adieux…)

À ces » fantaisies grecques » s’ajoute la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre de Beethoven, complétée par le Rondo pour piano et orchestre, occasion d’écouter le pianiste Mikhaïl Bouzine, lauréat 2020 du Concours International de Piano d’Orléans avec lequel l’Orchestre Symphonique d’Orléans continue d’entretenir des liens depuis sa création.

 

 

CONCERT «  Fantaisies grecques »boutonreservation
SALLE TOUCHARD – THÉÂTRE D’ORLÉANS
Samedi 18 juin 2022 – 20h30
Dimanche 19 juin 2022 – 16h

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS ici :
http://www.orchestre-orleans.com/concert/fantaisies-grecques/

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Programme

Fantaisies grecques
Direction : Marius Stieghorst  -  
Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans
 / Chef de chœur : Élisabeth Renault

BEETHOVEN – Les créatures de Prométhée
BEETHOVEN – Les ruines d’Athènes
NIELSEN – Pan et Syrinx

FRANCK – Les Éolides

BEETHOVEN – Rondo pour piano et orchestre
BEETHOVEN – Fantaisie pour piano, chœur et orchestre
(Piano : Mikhaïl Bouzine)

 

 

2022 : l'année miraculeuse du Bicentenaire César Franck ?En complément, Éole aurait créé le vent, et ses filles les Éolides, César Franck fêté en 2022 à l’occasion du bicentenaire de sa naissance (déc 2022), inspiré par les paysages ventés de Valence et aussi le poème de Lecomte de Lisle offre le son des filles du vent dasn Les Éolides créé par la Société Nationale de musique et Edouard Colonne en mai 1877 ; comme à son habitude, l’orchestrateur préravélien ose des timbres clairs et transparents (pour exprimer le souffle, jusqu’à la matière impalpable mais audible du vent), telle la harpe diamantine colorant, oxygénant les cordes éoliennes (sans omettre la cymbale qui ajoute son grain filigrané à l’évocation de l’air). Franck offre à son poème symphonique un caractère déjà pré impressionniste. Sensualité et raffinement sonore révèlent aujourd’hui le plus français des compositeurs liégeois.

Enfin, trop rare au concert, le symphonisme du danois Carl Nielsen (1865-1931) inspiré par le dieu Pan, ajoute sa singularité nordique.
Pan aurait créé sa flûte en poursuivant Syrinx pour mieux la séduire : l’extrême sensualité voire un certain érotisme serait à l’origine même du son, du souffle, du chant … La vitalité rythmique, la fluidité organique de l’écriture rapprochent Nielsen, du finlandais Sibelius et du français Roussel, tous contemporains de Ravel.

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MikhaĂŻl Bouzine… 
NĂ© Ă  Moscou en janvier 1995, MikhaĂŻl est un homme-orchestre, crĂ©ateur de sons, compositeur d’une musique souvent rĂ©pĂ©titive et envoĂ»tante, il sait ĂŞtre facĂ©tieux, surprenant, dĂ©routant dans ses multiples partitions, comme en tĂ©moigne le cycle qu’il Ă©labore depuis 2012 autour des lettres de l’alphabet cyrillique.

 

 

RÉSERVATIONS
RĂ©servations auprès du Théâtre d’OrlĂ©ans   –   
Boulevard Pierre SĂ©gelle – 45000 OrlĂ©ans, 
du mardi au samedi de 13h Ă  19h.
TEL. : 02 38 62 75 30 (Ă  partir de 14h)

Billetterie en ligne
 : www.helloasso.com/associations/orleans-concerts

 

 

 

 

Compte-rendu, concert. Montpellier, le 25 juillet 2019. Nielsen, Lindberg, Sibelius : Symph n°1 / Rouvali.

COMPTE-RENDU, concert. MONTPELLIER, Le Corum, OpĂ©ra Berlioz, le 25 juillet 2019. Nielsen : Maskarade, Lindberg : Concerto pour clarinette, Sibelius : Symphonie n° 1 – Le phĂ©nomène Santtu-Matias Rouvali fait son retour au festival de Radio France Occitanie Montpellier avec pas moins de deux concerts, donnĂ©s cette fois avec “son” Orchestre de Tampere (troisième ville de Finlande). Outre l’intĂ©rĂŞt de dĂ©couvrir cette formation dans nos contrĂ©es, c’est aussi l’occasion de parfaire notre connaissance de ce chef encensĂ© par une critique quasi unanime, notamment ici-mĂŞme l’an passĂ© (http://www.classiquenews.com/compte-rendu-concert-montpellier-le-22-juillet-2018-adams-ravel-stravinsky-chamayou-philh-de-radio-france-rouvali/) ou plus rĂ©cemment au disque (https://www.classiquenews.com/cd-critique-sibelius-symphonie-n1-en-saga-gothenburg-symphony-santtu-matias-rouvali-1-cd-alpha-2018/). Dès son entrĂ©e en scène pour le premier concert, l’aspect juvĂ©nile du chef de 34 ans surprend, entre allure d’Ă©ternel adolescent et tignasse flamboyante qui lui donne des faux-airs de … Simon Rattle. La battue est un autre motif d’attention, tant le corps tout entier se fond dans une sorte de ballet gracieux, aussi prĂ©cis qu’Ă©nergique. Si la main droite marque le tempo d’une rĂ©gularitĂ© de mĂ©tronome avec la baguette, c’est davantage l’autre main qui passionne par la variĂ©tĂ© de ses intentions, des attaques aux indications de nuances.

SIBELIUS ROUVALI symphoni 1 en saga critique cd review cd classiquenews CLIC de classiquenews actus cd musique classique opera concerts festivals annonce 5c41f9e9847d2C’est peu dire que l’Orchestre de Tampere rĂ©pond comme un seul homme Ă  Rouvali, qui semble imprimer la moindre de ses volontĂ©s tout du long. L’ancien Ă©lève de Jorma Panula se saisit de l’ouverture de l’opĂ©ra Maskarade (1906), en faisant ressortir l’individualitĂ© des pupitres, sans jamais perdre de vue l’Ă©lan narratif global. Il parvient ainsi Ă  donner une cohĂ©rence Ă  cette brève page souvent oubliĂ©e de nos programmes de concert – mĂŞme si la prĂ©sence Ă  Montpellier du Danois Michael Schonwandt, grand spĂ©cialiste de Nielsen, n’est sans doute pas Ă©trangère Ă  cette audace. EspĂ©rons que d’autres compositeurs nordiques, tels que Madetoja ou Tubin, sauront trouver le chemin des concerts montpelliĂ©rains, Ă  l’instar du rare Concerto pour clarinette (2002) de Magnus Lindberg. C’est lĂ  un grand plaisir que de retrouver cette oeuvre d’inspiration post-romantique, qui semble rencontrer un bel accueil du public et s’imposer logiquement au rĂ©pertoire.

 

 

Finesse, élasticité du jeune ROUVALI…

 

 

L’approche de Rouvali Ă©tonne avec un tempo très lent au dĂ©but (une constante que l’on retrouvera dans la suite de la soirĂ©e lors des soli aux bois volontairement Ă©tirĂ©s), avant de faire Ă©clater une myriade de couleurs en un geste aĂ©rien et lumineux. Le Finlandais n’hĂ©site pas Ă  jouer avec les tempi pour surprendre l’auditoire, tout en faisant ressortir quelques dĂ©tails de l’orchestration. Sa direction Ă©vite ainsi toute lourdeur et place la clarinette somptueuse de Jean-Luc Votano au premier plan, en nous dĂ©lectant de son aisance technique et de ses phrasĂ©s radieux. Votano n’a pas son pareil pour se jouer des multiples sonoritĂ©s demandĂ©es par Lindberg (prĂ©sent dans la salle et applaudi sur scène Ă  l’issue du concert), des bizarreries rugueuses aux emprunts jazzy façon Gershwin ; sans parler de ce passage oĂą la clarinette volontairement inaudible ne laisse entendre qu’un lĂ©ger tapoti sur les diffĂ©rents corps de l’instrument. L’emphase reprend vite ses droits avec les nombreux et brefs crescendos, dĂ©veloppĂ©s en une intensitĂ© nerveuse et Ă©motionnelle qui rappelle souvent Lutoslawski. En bis, Jean-Luc Votano nous rĂ©gale d’un bel hommage Ă  Manuel Falla, autour d’une assistance visiblement rĂ©jouie.

ROUVALI concert maestro montpellier critique concert classiquenewsApres l’entracte, le public retrouve un rĂ©pertoire mieux connu avec la Première symphonie (1899) de Sibelius, qui raisonne en une lecture Ă©loignĂ©e des influences romantiques, afin de faire ressortir la lĂ©gèretĂ© diaphane de l’orchestration. LĂ  encore, le sens de l’Ă©lasticitĂ© cher Ă  Rouvali soigne la mise en place tout en proposant en contraste quelques fulgurances inattendues. Le premier mouvement se termine dans une noirceur quasi immobile, avant le dĂ©but faussement doucereux de l’Andante, qui trouve une rĂ©ponse Ă©nergique dans la violence des cordes exacerbĂ©es. Le Scherzo Ă©clate ensuite d’une ivresse rythmique Ă  la raideur glaçante, en un tempo vif et sans vibrato. Un peu plus sĂ©quentiel, c’est lĂ  peut-ĂŞtre le mouvement le moins rĂ©ussi de cette superbe soirĂ©e. C’est dans le finale que Rouvali montre une maitrise superlative, tout particulièrement dans les dernières mesures ralenties, qui ne laissent aucune place Ă  l’apothĂ©ose attendue – dans la lignĂ©e d’un Kurt Sanderling. On a hâte de l’entendre dans le mouvement conclusif de la Cinquième de Chostakovitch, oĂą son style pĂ©remptoire devrait faire lĂ  aussi merveille. Gageons que son prochain engagement Ă  la tĂŞte du Philharmonia de Londres, oĂą il succède Ă  Salonen (un autre Ă©lève de Jorma Panula), saura le diriger vers ce type d’ouvrages spectaculaires. En bis, Rouvali abandonne sa baguette pour laisser l’orchestre s’emparer de la Valse triste de Sibelius,  en une vivacitĂ© de tempo et une expression des nuances toujours aussi exaltantes, Ă  mĂŞme de conclure brillamment ce très beau concert.

 

 

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Compte-rendu, concert. Montpellier, Le Corum, Opéra Berlioz, le 25 juillet 2019. Nielsen : Maskarade, Lindberg : Concerto pour clarinette, Sibelius : Symphonie n° 1. Jean-Luc Votano (clarinette), Orchestre philharmonique de Tampere, Santtu-Matias Rouvali (direction). Crédit photo / illustration : © Luc Jennepin