CD événement, annonce. L’Eve future : Beethoven (Promothée) / Hoffmann (symphonie) – Orchestre de Caen / Nicolas Simon (1 cd Klarthe records).

eve future hoffmann symphonie beethoven cd critique annonce nicolas simon orchestre de caen classiquenews KLA128couv_lowCD événement, annonce. L’Eve future : Beethoven (Promothée) / Hoffmann (symphonie) – Orchestre de Caen / Nicolas Simon (1 cd Klarthe records). Dans l’Eve future (1886), l’écrivain novelliste Villiers de l’Isle-Adam, jamais en retard d’une nouveauté fantastique onirique, imagine que le savant Thomas Edison parvient à dupliquer la jeune femme qu’aime secrètement (et vainement) le jeune lord Ewald: susciter une nouvelle ève, mais celle ci totalement acquise à celui qui la désire et plus intelligente que l’originale (une pseudo cantatrice, frappée de la bêtise la plus crasse !). Au final, l’ombre ainsi créée deviendra Antonia du « conteur Hoffmann » (Villiers cite sa source fantastique et littéraire ETA Hoffmann), filiation des plus convaincantes.
Animer un nouvel être fabriqué en lui attribuant une nouvelle âme : Prométhée fit de même en dérobant le feu de Zeus pour donner vie à ses créatures d’argile. Le ballet de Vigano pour Vienne que met en musique Beethoven en 1801, « Les créatures de Prométhée » illustre ce thème et exprime dans la fougue beethovénienne cette ambition humaine plus bouleversante qu’aucun dieu ne l’avait pensée : le thème de Prométhée (rondo conclusif du ballet) est ensuite recyclé avec quelle maestrià dans le finale de la Symphonie n°3 (Eroïca)
CLIC D'OR macaron 200Nicolas Simon ex violon des Siècles, devenu depuis plusieurs décennies l’un des chefs les plus audacieux et attachants qui soient, s’empare du thème fantastique et littéraire, associant justement Beethoven et… Hoffmann : belle conjonction entre littérature et musique que le second incarne idéalement : le programme présente ici sa seule symphonie (1806) d’une douceur sombre et déjà romantiques, aux accents éminemment mozartiens (celui de la dernière trilogie symphonique), dans une orchestration que n’aurait pas renié Haydn ni… Beethoven. Dans l’équilibre entre bois et cordes dès le premier mouvement (adagio e maestoso) s’affirme une conscience de l’ampleur symphonique qui semble prolonger les dernières avancées de Mozart et s’inscrire de pleins pieds dans le romantisme. L’équation Eve / Promothée, Beethoven / Hoffmann scelle l’intérêt du programme. / Sortie digitale : 15 oct 2021sortie physique : 26 nov 2021 – Prochaine critique complète à venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com.

 

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TOUTES LES INFOS sur le site de Klarthe records :
https://www.klarthe.com/index.php/en/records-en/leve-future-detail

 

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tracklisting / programme

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Les Cr̩atures de Prom̩th̩e, opus 43 РExtraits
1 . Ouverture
2. Introduction
3. N°10 Pastorale – Allegro
4. N°5 Adagio – Andante (Violoncelle solo : Stéphane André)
5. N°8 Marcia – Allegro con brio – Presto
6. N°9 Adagio – Allegro molto
7. N°16 Finale

E.T.A. Hoffmann (1776-1822)
Symphonie en mi bémol majeur
8. I. Adagio e maestoso – Allegro
9. II. Andante con moto
10. III. Menuetto
1 1. IV. Finale (Allegro molto)

CD événement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020)

BEETHOVEN si tu nous entends critique cd review cd critique cd klarthe records Beethoven Robin melchior KLA105couv_lowCD événement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020). La Symphonie de Poche dirigée par Nicolas Simon aborde à son tour Beethoven particulièrement à l’honneur en 2020 pour les 250 ans de sa naissance. Le rafraîchissant programme édité chez Klarthe emporte l’adhésion par son originalité et le soin apporté à sa réalisation (raffinement de l’écriture en particulier de l’orchestration, assemblage des thèmes et structuration du parcours thématique, interprétation détaillée…) : « Beethoven, Si tu nous entends… » est une surprise inattendue parmi les cd de cette année Beethoven. Le titre est formidable pied de nez à la surdité du Romantique dont la volonté à surmonter son handicap reste le pilier d’un génie jamais détruit. Conçu par le compositeur Robin Melchior, le parcours-hommage d’1h15, enregistré à Malakoff en août 2020, séduit ; c’est une exploration de l’œuvre symphonique du grand Ludwig dont le riche terreau thématique des 9 symphonies est réassemblé, disposé, mis en dialogue (5 séquences principales avec Prélude et 3 interludes) en un enchaînement thématisé qui fait sens et « raconte » l’odyssée symphonique beethovénienne.

Le nouvel assemblage installe une nouvelle texture dont les thématiques (en écho, en résonance) permettent de réécouter ce qui fait la singularité de l’écriture beethovénienne (y dialoguent l’ouverture de la 5è, l’Ode à la Joie, mais aussi la célèbre sonate pour piano « Au clair de lune »…). Revifiée, la pensée musicale de Beethoven s’en trouve comme explicitée : sa fulgurance sonore, sa puissance rythmique, son intelligence mélodique. L’unité organique du tout est assurée par le choix thématique des interludes (où revient le flux motivique de la Pastorale, avec inserts dérivés de la 9è, de la 5è et son motif « du destin »). Ainsi, le Scherzo de la Pastorale devient « trio de la Révolte » ; c’est même le motif central du cyle réinvesti : clé de voûte quand il est associé, dans le dernier mouvement « réconciliation », au fameux « Es Muss Sein ! » du Quatuor n°16.
Les paysages sonores sont à la fois raffinés, expressifs, habilement agencés. Chaque séquence constituant comme un vaste parcours sonore, devient un épisode de la vie de Beethoven, à l’image de la 6è « Pastorale » dont chaque mouvement exprime le sentiment de Ludwig face au miracle de la Nature (comme Haydn avant lui, dans son oratorio « la Création »), ou 5 portraits liés à 5 grandes facettes de sa formidable épopée : l’apprentissage, l’inaccessible, la révolte, la mort et la réconciliation du héros. Le geste réalisé fusionne les deux aspects de l’oeuvre symphonique de Beethoven : sa charge CLIC D'OR macaron 200autobiographique et son ambition révolutionnaire. Le concours des instruments inédits ici : la harpe, un accordéon, un marimba, instillant de nouveaux équilibres sonores, réinvente de facto, dans l’exercice libre de la transcription, l’espace symphonique comme la palette sonore de Ludwig. Au final, un partition originale qui permet de redécouvrir l’infini poétique de Beethoven.

 

 

 

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CD événement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020) – CLIC de CLASSIQUENEWS décembre 2020 – intégré dans notre sélection du DOSSIER BEETHOVEN 2020 / PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur KLARTHE records

 

 

 

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CONCERT :
PARIS, Bal Blomet : Beethoven si tu nous entends
2 février 2021, 20h : réservez ici votre place

 

 

 

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Opéra en ligne : La Dame Blanche depuis l’Opéra de Rennes (streaming)

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSOpéra en ligne. BOIELDIEU : La dame Blanche, ven 11 déc 2020, depuis l’Opéra de Rennes, 19h30. La production mise en scène par Louise Vignaud et dirigée par Nicolas Simon à la tête de l’Orchestre sur instrument ancien des Siècles (19 instrumentistes) devait être créée à Compiègne (6 nov dernier) puis tourner en France cette saison (15 représentations dans 6 théâtres). L’ensemble de la tournée est reportée à l’automne-hiver 2021-2022. La captation du 11 déc 2020 devrait dévoiler la réussite du projet. François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834) éblouit par sa grâce mélodique, son sens du théâtre et sa pétillance contrastée dans la succession des tableaux. La Dame Blanche est créé le 10 décembre 1825 à l’Opéra-Comique à Paris ; l’œuvre est l’emblème de l’opéra comique romantique français, se déroulant en Ecosse vers 1759…
Avec Sahy Ratia (Georges Brown) ; Fabien Hyon (Dikson), Sandrine Buendia (Jenny, sa femme), Caroline Jestaedt (Anna, pupille de Gaveston)…

 

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BOIELDIEU : La dame blanche
Nouvelle production / Version inédite pour 14 chanteurs / 19 instrumentistes
Diffusion en streaming gratuit
Vendredi 11 décembre 2020, 19h30
Facebook live sur France 3 Bretagne
TVR, tébéo, tébésud

Les sites des théâtres de la CO OPERA TIVE
http://www.lacoopera.com

La dame Blanche sur le site de la co opéra tive
http://www.lacoopera.com/la-dame-blanche

LIRE aussi notre présentation de l’opéra comique La Dame Blanche de Boieldieu par la Co Opéra tive :
http://www.classiquenews.com/la-dame-blanche-de-boieldieu/
PARIS. La Dame Blanche de Boieldieu revient Salle Favart« L’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une génération de compositeurs français depuis son élève Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), Léo Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En août 1824, Rossini s’est installé à Paris où sur la scène du Théâtre-Italien, il triomphe avec Le Voyage à Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’œuvre, reprenant un projet amorcé par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le Monastère  (1820). Avant Wagner très admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas écrit un opéra-comique de la valeur de celui-ci ».

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Compte-rendu : Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Bach, Haydn, Mozart. La Symphonie des Lumières. Nicolas Simon, direction.

Nicolas Simon chefPour clore une saison riche en évènements et découvertes, l’Abbaye aux dames invite le jeune orchestre ” La Symphonie des Lumières ” dirigé par Nicolas Simon, jeune chef prometteur, élève entre autres de Philippe Herreweghe, ex membre des Siecles pour lesquels il fut et violoniste et assistant de Francois-Xavier Roth. Le nouvel orchestre est composé à 80% de musiciens issus du Jeune Orchestre Atlantique (JOA) dont la vocation est de former sur instruments d’époque, de jeunes professionnels tout juste diplômés en les faisant jouer, au cours de sessions de travail d’une semaine (programme classique et romantique en alternance) sous la direction de chefs aguerris.
Nicolas Simon a lui aussi suivi la formation sur instruments anciens : il y a cultivé sa passion pour une approche plus précise et surtout magistralement vivante, selon la connaissance des styles et des pratiques d’époque.   Les jeunes gens prennent ainsi l’habitude de travailler avec des hommes et des femmes dont les techniques différentes sont au final autant d’atouts majeurs, de nouveaux défis propices à l’approfondissement et la compréhension de plus en plus fine des oeuvres.

Pour ce concert, les trois compositeurs du programme sont contemporains les uns des autres : Carl Philippe Emmanuel Bach (1714-1788), Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Les trois hommes se sont rencontrés et se sont mutuellement influencés au cours de leur carrière.

Chaque style incarnent à sa façon l’esthétique Sturm und Drang (Tempête et Passion), c’est l’inflexion du goût qui annonce l’essor d’un nouveau dramatisme sentimental, le romantisme … Le mouvement a inspiré nombre de compositeurs en Europe en général et dans les pays de langue allemande en particulier.

Le Concerto n°9 composé en 1777 par Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791) qui l’a dédié à une jeune virtuose française : mademoiselle Jeunehomme d’ou le surnom du chef d’ouvre du jeune compositeur. La pianiste Vanessa Wagner s’installe au piano. La jeune femme, artiste à l’activité débordante, reconnue depuis plusieurs années au niveau international, connait parfaitement le répertoire Mozartien qu’elle aborde régulièrement depuis ses débuts de concertiste. Elle aborde le concerto  tout en simplicité, faisant chanter les touches de l’instrument avec une grâce  incomparable. L’accompagnement de l’orchestre et de son chef souligne agréablement les harmonies que Mozart a savamment distillé dans les pages composées pour le piano. C’est essentiellement le format sonore plus chambriste qui favorisant les équilibres entre les instruments rétabli la profondeur poétique de l’oeuvre : pleine de charme, de sensibilité, de gravité sous la caresse mélodique.

La direction ferme et souple de Nicolas Simon est agréable et la musique de Mozart, si complexe et pleine de pièges malgré son apparente facilité aussi bien pour l’orchestre que pour la soliste, est sublimée ; le geste sûr et millimétré fait résonner la tendresse mozartienne, entre subtilité et finesse, sous les voutes de l’abbatiale.

Au retour de l’entracte, Nicolas Simon prend la parole pour présenter brièvement le mouvement Sturm und Drang qui a inspiré Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) et  Joseph Haydn (1732-1809). Le jeune chef parle d’ailleurs des deux compositeurs avec passion ; il en distingue les particularités et les obstacles : tout ce qui fonde leur manière spécifique; il donne une interprétation dynamique et vivante de la symphonie hambourgeoise du fils du kantor de Leipzig (qui reunit le seul pupitre des cordes). L’oeuvre, sombre et tourmentée, comme nombre de pièces musicales, théâtrales ou picturales de cette période, est bien pensé mais l’ensemble. Nicolas Simon réussit pourtant, grâce à une direction limpide, à livrer une lecture de l’oeuvre de Bach vivante, dynamique, s’appuyant sur des accents imprévisibles mais justes.

C’est surtout dans la symphonie n°49 de Joseph Haydn (1732-1809) que le chef donne la pleine mesure de son talent de maestro; Haydn qui, lui aussi, compose son oeuvre en plein Sturm und Drang n’en propose pas moins une symphonie plus allante et dynamique que celle du fils Bach : un concentré d’élégance et de retenue, pourtant nuancée par l’humour et la facétie (trait spécifique au Viennois). Et Nicolas Simon, pourtant très bon dans l’ouvre précédente, est excellent pour diriger une symphonie qui l’inspire visiblement beaucoup.

Jeune formation en devenir et déjà convaincante par sa fermeté stylistique et son tempérament sonore, la Symphonie des Lumières réunit des anciens du Jeune Orchestre Atlantique; ils y ont la possibilité de s’accomplir dans un collectif marqué par la complicité et le souci de la précision comme de l’expression. Formé dans la même école, Nicolas Simon promet demain de figurer parmi les directions les plus inventives et les plus défricheuses qui soient. L’approche sur instruments anciens a non seulement de beaux jours devant elle mais peut compter grâce à un tempérament aussi captivant, de prochaines découvertes à venir.  Que Saintes accueille le premier concert de La Symphonie des Lumières en Charente-Maritime est logique : ici de jeunes musiciens sur instruments d’époque ont appris leur métier ; ce soir, ils jouent ensemble au sein de l’orchestre que l’un d’entre eux a eu le courage et la ténacité de fonder. C’est un beau symbole de continuité et d’accomplissement. Formation à suivre.

Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) : symphonie hambourgeoise en si bémol majeur; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N°49 en fa mineur; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : concerto pour piano N°9 “jeunehomme”. La Symphonie des Lumières; Vanessa Wagner, pianoforte. Nicolas Simon, direction.

Vidéo. La Symphonie des Lumières (Nicolas Simon, direction)

Nicolas Simon, symphonie des lumièresLa Symphonie des Lumières … En mai 2013, le violoniste Nicolas Simon, ancien apprenti musicien au sein du JOA, Jeune Orchestre Atlantique, propose l’un de ses premiers concerts comme chef d’orchestre avec l’ensemble qu’il vient de fonder, La Symphonie des Lumières. Entretien avec le chef fondateur passionné par la recherche et l’interprétation sur instruments anciens…
La Symphonie des Lumières & Nicolas Simon, direction
Tempête et passion

Nouvelle phalange sur instruments d’époque née en 2012, La Symphonie des Lumières entend restituer le jeu et l’espace sonore des oeuvres symphoniques anciennes, de 1750 à 1850, soit du néoclassicisme post baroque au plein romantisme. Il s’agit d’éclairer d’une nouvelle manière, la sonorité comme les conditions d’écoute dont l’éclairage d’époque par exemple… Clarté mesurée, mais expressivité et présence renforcées, la proposition a tout pour séduire. Cordes en boyaux, vents et bois, cuivres et percussions historiques, jeu millimétré, la palette des bénéfices est multiple ; elle a déjà démontré ses apports grâce aux orchestres précédents dont l’Orchestre des Champs-Elysées, surtout Les Siècles, ensemble exemplaire à ce titre dont Nicolas Simon, fondateur des Lumières, est un ancien membre… et le brillant disciple de François-Xavier Roth. Alliages des timbres plus éclatants et mordants, acuité des aspérités de chaque pupitre, sonorité restituée selon la richesse et l’éclat retrouvé de chaque instrument, la Symphonie des Lumières prolonge l’acte défricheur et régénérateur de ses aînés, avec une sensibilité nouvelle : rétablir l’équation magicienne entre clarté sonore, scintillement musical, écriture orchestrale, mais aussi environnement d’écoute et de réception.

Tournée :
La Coupole (Scène Nationale de Sénart), 5 avril 2013
Abbaye aux Dames (Saintes), 21 mai 2013 à 20h30 

Clarté et sonorité d’époque

Lumières révélatrices. A la différence des instruments modernes, les instruments d’époque restituent les oeuvres dans leurs proportions d’origine, leurs couleurs initiales avec un mordant expressif, une finesse d’attaque, des alliages idéalement vifs et dévoilés dans leur richesse première. Tout cela compose un enjeu esthétique de première importance qui fonde la démarche du chef et de son nouvel orchestre si bien nommé. Le choix des instruments est ici majeur car il influence directement la nature du son, son intensité, sa couleur : les perces anciennes sont souvent plus fines, produisant une sonorité plus  typée et caractérisée ; moins puissante mais plus riche et plus profonde. Le gain en terme de timbre et de couleur l’emporte sur la puissance globalisante.

Le programme ” Tempête et Passion ” éclaire les contrastes passionnés (néoclassiques ou préromantiques?), le clair-obscur des partitions qui en font sur le mode instrumental, des opéras frappant par leurs vertiges dramatiques, voire leur justesse psychologique. Sturm und Drang, tempête et passion, voilà un courant esthétique propre aux pays germaniques vers 1770 quand Goethe, premier romantique européen, à l’époque où Mozart enflammait les cÅ“urs lyriques de son Lucio Silla, et Gluck réalisait sa révolution à Paris-, écrivait Les souffrances du jeune Werther (1774). En musique, les accords et les plaintes, les élans et les suspensions de l’âme dessinent d’aussi contrastés passages: ici, règnent la sincérité du geste, la criante et brûlante vérité du verbe instrumental grâce à la lumière retrouvé des sons d’origine. Haydn, Mozart et Carl Philipp Emanuel Bach, fils surdoué de son père expriment chacun à sa manière, dans le genre symphonique et concertant, éclairs et crépuscules du Strum und drang musical.

“Tempête et Passion”
La Symphonie des Lumières
Direction, Nicolas Simon
Piano solo : Vanessa Wagner

Carl Philipp Emanuel Bach, Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur
Joseph Haydn, Symphonie n°49 en fa mineur
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n°9 K 271 en mi bémol majeur

le 5 avril 2013, à 20h30
La Coupole
(Scène Nationale de Sénart, Combs-la-Ville)

 

le 21 mai 2013, à 20h30
Abbaye aux Dames
Nicolas Simon © P.Charles (noir et blanc) idem; dirigeant (couleur) © N.Colmez