CD événement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020)

BEETHOVEN si tu nous entends critique cd review cd critique cd klarthe records Beethoven Robin melchior KLA105couv_lowCD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020). La Symphonie de Poche dirigĂ©e par Nicolas Simon aborde Ă  son tour Beethoven particulièrement Ă  l’honneur en 2020 pour les 250 ans de sa naissance. Le rafraĂ®chissant programme Ă©ditĂ© chez Klarthe emporte l’adhĂ©sion par son originalitĂ© et le soin apportĂ© Ă  sa rĂ©alisation (raffinement de l’écriture en particulier de l’orchestration, assemblage des thèmes et structuration du parcours thĂ©matique, interprĂ©tation dĂ©taillĂ©e…) : « Beethoven, Si tu nous entends… » est une surprise inattendue parmi les cd de cette annĂ©e Beethoven. Le titre est formidable pied de nez Ă  la surditĂ© du Romantique dont la volontĂ© Ă  surmonter son handicap reste le pilier d’un gĂ©nie jamais dĂ©truit. Conçu par le compositeur Robin Melchior, le parcours-hommage d’1h15, enregistrĂ© Ă  Malakoff en aoĂ»t 2020, sĂ©duit ; c’est une exploration de l’œuvre symphonique du grand Ludwig dont le riche terreau thĂ©matique des 9 symphonies est rĂ©assemblĂ©, disposĂ©, mis en dialogue (5 sĂ©quences principales avec PrĂ©lude et 3 interludes) en un enchaĂ®nement thĂ©matisĂ© qui fait sens et « raconte » l’odyssĂ©e symphonique beethovĂ©nienne.

Le nouvel assemblage installe une nouvelle texture dont les thĂ©matiques (en Ă©cho, en rĂ©sonance) permettent de rĂ©Ă©couter ce qui fait la singularitĂ© de l’écriture beethovĂ©nienne (y dialoguent l’ouverture de la 5è, l’Ode Ă  la Joie, mais aussi la cĂ©lèbre sonate pour piano « Au clair de lune »…). RevifiĂ©e, la pensĂ©e musicale de Beethoven s’en trouve comme explicitĂ©e : sa fulgurance sonore, sa puissance rythmique, son intelligence mĂ©lodique. L’unitĂ© organique du tout est assurĂ©e par le choix thĂ©matique des interludes (oĂą revient le flux motivique de la Pastorale, avec inserts dĂ©rivĂ©s de la 9è, de la 5è et son motif « du destin »). Ainsi, le Scherzo de la Pastorale devient « trio de la RĂ©volte » ; c’est mĂŞme le motif central du cyle rĂ©investi : clĂ© de voĂ»te quand il est associĂ©, dans le dernier mouvement « rĂ©conciliation », au fameux « Es Muss Sein ! » du Quatuor n°16.
Les paysages sonores sont à la fois raffinés, expressifs, habilement agencés. Chaque séquence constituant comme un vaste parcours sonore, devient un épisode de la vie de Beethoven, à l’image de la 6è « Pastorale » dont chaque mouvement exprime le sentiment de Ludwig face au miracle de la Nature (comme Haydn avant lui, dans son oratorio « la Création »), ou 5 portraits liés à 5 grandes facettes de sa formidable épopée : l’apprentissage, l’inaccessible, la révolte, la mort et la réconciliation du héros. Le geste réalisé fusionne les deux aspects de l’oeuvre symphonique de Beethoven : sa charge CLIC D'OR macaron 200autobiographique et son ambition révolutionnaire. Le concours des instruments inédits ici : la harpe, un accordéon, un marimba, instillant de nouveaux équilibres sonores, réinvente de facto, dans l’exercice libre de la transcription, l’espace symphonique comme la palette sonore de Ludwig. Au final, un partition originale qui permet de redécouvrir l’infini poétique de Beethoven.

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS… La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020) – CLIC de CLASSIQUENEWS dĂ©cembre 2020 – intĂ©grĂ© dans notre sĂ©lection du DOSSIER BEETHOVEN 2020 / PLUS D’INFOS sur le site de l’Ă©diteur KLARTHE records

 

 

 

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CONCERT :
PARIS, Bal Blomet : Beethoven si tu nous entends
2 février 2021, 20h : réservez ici votre place

 

 

 

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OpĂ©ra en ligne : La Dame Blanche depuis l’OpĂ©ra de Rennes (streaming)

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSOpĂ©ra en ligne. BOIELDIEU : La dame Blanche, ven 11 dĂ©c 2020, depuis l’OpĂ©ra de Rennes, 19h30. La production mise en scène par Louise Vignaud et dirigĂ©e par Nicolas Simon Ă  la tĂŞte de l’Orchestre sur instrument ancien des Siècles (19 instrumentistes) devait ĂŞtre crĂ©Ă©e Ă  Compiègne (6 nov dernier) puis tourner en France cette saison (15 reprĂ©sentations dans 6 théâtres). L’ensemble de la tournĂ©e est reportĂ©e Ă  l’automne-hiver 2021-2022. La captation du 11 dĂ©c 2020 devrait dĂ©voiler la rĂ©ussite du projet. François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834) Ă©blouit par sa grâce mĂ©lodique, son sens du théâtre et sa pĂ©tillance contrastĂ©e dans la succession des tableaux. La Dame Blanche est crĂ©Ă© le 10 dĂ©cembre 1825 Ă  l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; l’œuvre est l’emblème de l’opĂ©ra comique romantique français, se dĂ©roulant en Ecosse vers 1759…
Avec Sahy Ratia (Georges Brown) ; Fabien Hyon (Dikson), Sandrine Buendia (Jenny, sa femme), Caroline Jestaedt (Anna, pupille de Gaveston)…

 

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BOIELDIEU : La dame blanche
Nouvelle production / Version inédite pour 14 chanteurs / 19 instrumentistes
Diffusion en streaming gratuit
Vendredi 11 décembre 2020, 19h30
Facebook live sur France 3 Bretagne
TVR, tébéo, tébésud

Les sites des théâtres de la CO OPERA TIVE
http://www.lacoopera.com

La dame Blanche sur le site de la co opéra tive
http://www.lacoopera.com/la-dame-blanche

LIRE aussi notre présentation de l’opéra comique La Dame Blanche de Boieldieu par la Co Opéra tive :
http://www.classiquenews.com/la-dame-blanche-de-boieldieu/
PARIS. La Dame Blanche de Boieldieu revient Salle Favart« L’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une génération de compositeurs français depuis son élève Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), Léo Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En août 1824, Rossini s’est installé à Paris où sur la scène du Théâtre-Italien, il triomphe avec Le Voyage à Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’œuvre, reprenant un projet amorcé par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le Monastère  (1820). Avant Wagner très admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas écrit un opéra-comique de la valeur de celui-ci ».

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Compte-rendu : Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Bach, Haydn, Mozart. La Symphonie des Lumières. Nicolas Simon, direction.

Nicolas Simon chefPour clore une saison riche en Ă©vènements et dĂ©couvertes, l’Abbaye aux dames invite le jeune orchestre ” La Symphonie des Lumières ” dirigĂ© par Nicolas Simon, jeune chef prometteur, Ă©lève entre autres de Philippe Herreweghe, ex membre des Siecles pour lesquels il fut et violoniste et assistant de Francois-Xavier Roth. Le nouvel orchestre est composĂ© Ă  80% de musiciens issus du Jeune Orchestre Atlantique (JOA) dont la vocation est de former sur instruments d’Ă©poque, de jeunes professionnels tout juste diplĂ´mĂ©s en les faisant jouer, au cours de sessions de travail d’une semaine (programme classique et romantique en alternance) sous la direction de chefs aguerris.
Nicolas Simon a lui aussi suivi la formation sur instruments anciens : il y a cultivĂ© sa passion pour une approche plus prĂ©cise et surtout magistralement vivante, selon la connaissance des styles et des pratiques d’Ă©poque.   Les jeunes gens prennent ainsi l’habitude de travailler avec des hommes et des femmes dont les techniques diffĂ©rentes sont au final autant d’atouts majeurs, de nouveaux dĂ©fis propices Ă  l’approfondissement et la comprĂ©hension de plus en plus fine des oeuvres.

Pour ce concert, les trois compositeurs du programme sont contemporains les uns des autres : Carl Philippe Emmanuel Bach (1714-1788), Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Les trois hommes se sont rencontrés et se sont mutuellement influencés au cours de leur carrière.

Chaque style incarnent Ă  sa façon l’esthĂ©tique Sturm und Drang (TempĂŞte et Passion), c’est l’inflexion du goĂ»t qui annonce l’essor d’un nouveau dramatisme sentimental, le romantisme … Le mouvement a inspirĂ© nombre de compositeurs en Europe en gĂ©nĂ©ral et dans les pays de langue allemande en particulier.

Le Concerto n°9 composé en 1777 par Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791) qui l’a dĂ©diĂ© Ă  une jeune virtuose française : mademoiselle Jeunehomme d’ou le surnom du chef d’ouvre du jeune compositeur. La pianiste Vanessa Wagner s’installe au piano. La jeune femme, artiste Ă  l’activitĂ© dĂ©bordante, reconnue depuis plusieurs annĂ©es au niveau international, connait parfaitement le rĂ©pertoire Mozartien qu’elle aborde rĂ©gulièrement depuis ses dĂ©buts de concertiste. Elle aborde le concerto  tout en simplicitĂ©, faisant chanter les touches de l’instrument avec une grâce  incomparable. L’accompagnement de l’orchestre et de son chef souligne agrĂ©ablement les harmonies que Mozart a savamment distillĂ© dans les pages composĂ©es pour le piano. C’est essentiellement le format sonore plus chambriste qui favorisant les Ă©quilibres entre les instruments rĂ©tabli la profondeur poĂ©tique de l’oeuvre : pleine de charme, de sensibilitĂ©, de gravitĂ© sous la caresse mĂ©lodique.

La direction ferme et souple de Nicolas Simon est agrĂ©able et la musique de Mozart, si complexe et pleine de pièges malgrĂ© son apparente facilitĂ© aussi bien pour l’orchestre que pour la soliste, est sublimĂ©e ; le geste sĂ»r et millimĂ©trĂ© fait rĂ©sonner la tendresse mozartienne, entre subtilitĂ© et finesse, sous les voutes de l’abbatiale.

Au retour de l’entracte, Nicolas Simon prend la parole pour prĂ©senter brièvement le mouvement Sturm und Drang qui a inspirĂ© Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) et  Joseph Haydn (1732-1809). Le jeune chef parle d’ailleurs des deux compositeurs avec passion ; il en distingue les particularitĂ©s et les obstacles : tout ce qui fonde leur manière spĂ©cifique; il donne une interprĂ©tation dynamique et vivante de la symphonie hambourgeoise du fils du kantor de Leipzig (qui reunit le seul pupitre des cordes). L’oeuvre, sombre et tourmentĂ©e, comme nombre de pièces musicales, théâtrales ou picturales de cette pĂ©riode, est bien pensĂ© mais l’ensemble. Nicolas Simon rĂ©ussit pourtant, grâce Ă  une direction limpide, Ă  livrer une lecture de l’oeuvre de Bach vivante, dynamique, s’appuyant sur des accents imprĂ©visibles mais justes.

C’est surtout dans la symphonie n°49 de Joseph Haydn (1732-1809) que le chef donne la pleine mesure de son talent de maestro; Haydn qui, lui aussi, compose son oeuvre en plein Sturm und Drang n’en propose pas moins une symphonie plus allante et dynamique que celle du fils Bach : un concentrĂ© d’Ă©lĂ©gance et de retenue, pourtant nuancĂ©e par l’humour et la facĂ©tie (trait spĂ©cifique au Viennois). Et Nicolas Simon, pourtant très bon dans l’ouvre prĂ©cĂ©dente, est excellent pour diriger une symphonie qui l’inspire visiblement beaucoup.

Jeune formation en devenir et dĂ©jĂ  convaincante par sa fermetĂ© stylistique et son tempĂ©rament sonore, la Symphonie des Lumières rĂ©unit des anciens du Jeune Orchestre Atlantique; ils y ont la possibilitĂ© de s’accomplir dans un collectif marquĂ© par la complicitĂ© et le souci de la prĂ©cision comme de l’expression. FormĂ© dans la mĂŞme Ă©cole, Nicolas Simon promet demain de figurer parmi les directions les plus inventives et les plus dĂ©fricheuses qui soient. L’approche sur instruments anciens a non seulement de beaux jours devant elle mais peut compter grâce Ă  un tempĂ©rament aussi captivant, de prochaines dĂ©couvertes Ă  venir.  Que Saintes accueille le premier concert de La Symphonie des Lumières en Charente-Maritime est logique : ici de jeunes musiciens sur instruments d’Ă©poque ont appris leur mĂ©tier ; ce soir, ils jouent ensemble au sein de l’orchestre que l’un d’entre eux a eu le courage et la tĂ©nacitĂ© de fonder. C’est un beau symbole de continuitĂ© et d’accomplissement. Formation Ă  suivre.

Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) : symphonie hambourgeoise en si bĂ©mol majeur; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N°49 en fa mineur; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : concerto pour piano N°9 “jeunehomme”. La Symphonie des Lumières; Vanessa Wagner, pianoforte. Nicolas Simon, direction.

Vidéo. La Symphonie des Lumières (Nicolas Simon, direction)

Nicolas Simon, symphonie des lumièresLa Symphonie des Lumières … En mai 2013, le violoniste Nicolas Simon, ancien apprenti musicien au sein du JOA, Jeune Orchestre Atlantique, propose l’un de ses premiers concerts comme chef d’orchestre avec l’ensemble qu’il vient de fonder, La Symphonie des Lumières. Entretien avec le chef fondateur passionnĂ© par la recherche et l’interprĂ©tation sur instruments anciens…
La Symphonie des Lumières & Nicolas Simon, direction
TempĂŞte et passion

Nouvelle phalange sur instruments d’Ă©poque nĂ©e en 2012, La Symphonie des Lumières entend restituer le jeu et l’espace sonore des oeuvres symphoniques anciennes, de 1750 Ă  1850, soit du nĂ©oclassicisme post baroque au plein romantisme. Il s’agit d’Ă©clairer d’une nouvelle manière, la sonoritĂ© comme les conditions d’Ă©coute dont l’Ă©clairage d’Ă©poque par exemple… ClartĂ© mesurĂ©e, mais expressivitĂ© et prĂ©sence renforcĂ©es, la proposition a tout pour sĂ©duire. Cordes en boyaux, vents et bois, cuivres et percussions historiques, jeu millimĂ©trĂ©, la palette des bĂ©nĂ©fices est multiple ; elle a dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© ses apports grâce aux orchestres prĂ©cĂ©dents dont l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, surtout Les Siècles, ensemble exemplaire Ă  ce titre dont Nicolas Simon, fondateur des Lumières, est un ancien membre… et le brillant disciple de François-Xavier Roth. Alliages des timbres plus Ă©clatants et mordants, acuitĂ© des aspĂ©ritĂ©s de chaque pupitre, sonoritĂ© restituĂ©e selon la richesse et l’Ă©clat retrouvĂ© de chaque instrument, la Symphonie des Lumières prolonge l’acte dĂ©fricheur et rĂ©gĂ©nĂ©rateur de ses aĂ®nĂ©s, avec une sensibilitĂ© nouvelle : rĂ©tablir l’Ă©quation magicienne entre clartĂ© sonore, scintillement musical, Ă©criture orchestrale, mais aussi environnement d’Ă©coute et de rĂ©ception.

Tournée :
La Coupole (Scène Nationale de Sénart), 5 avril 2013
Abbaye aux Dames (Saintes), 21 mai 2013 à 20h30 

ClartĂ© et sonoritĂ© d’Ă©poque

Lumières rĂ©vĂ©latrices. A la diffĂ©rence des instruments modernes, les instruments d’Ă©poque restituent les oeuvres dans leurs proportions d’origine, leurs couleurs initiales avec un mordant expressif, une finesse d’attaque, des alliages idĂ©alement vifs et dĂ©voilĂ©s dans leur richesse première. Tout cela compose un enjeu esthĂ©tique de première importance qui fonde la dĂ©marche du chef et de son nouvel orchestre si bien nommĂ©. Le choix des instruments est ici majeur car il influence directement la nature du son, son intensitĂ©, sa couleur : les perces anciennes sont souvent plus fines, produisant une sonoritĂ© plus  typĂ©e et caractĂ©risĂ©e ; moins puissante mais plus riche et plus profonde. Le gain en terme de timbre et de couleur l’emporte sur la puissance globalisante.

Le programme ” TempĂŞte et Passion ” Ă©claire les contrastes passionnĂ©s (nĂ©oclassiques ou prĂ©romantiques?), le clair-obscur des partitions qui en font sur le mode instrumental, des opĂ©ras frappant par leurs vertiges dramatiques, voire leur justesse psychologique. Sturm und Drang, tempĂŞte et passion, voilĂ  un courant esthĂ©tique propre aux pays germaniques vers 1770 quand Goethe, premier romantique europĂ©en, Ă  l’Ă©poque oĂą Mozart enflammait les cĹ“urs lyriques de son Lucio Silla, et Gluck rĂ©alisait sa rĂ©volution Ă  Paris-, Ă©crivait Les souffrances du jeune Werther (1774). En musique, les accords et les plaintes, les Ă©lans et les suspensions de l’âme dessinent d’aussi contrastĂ©s passages: ici, règnent la sincĂ©ritĂ© du geste, la criante et brĂ»lante vĂ©ritĂ© du verbe instrumental grâce Ă  la lumière retrouvĂ© des sons d’origine. Haydn, Mozart et Carl Philipp Emanuel Bach, fils surdouĂ© de son père expriment chacun Ă  sa manière, dans le genre symphonique et concertant, Ă©clairs et crĂ©puscules du Strum und drang musical.

“TempĂŞte et Passion”
La Symphonie des Lumières
Direction, Nicolas Simon
Piano solo : Vanessa Wagner

Carl Philipp Emanuel Bach, Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur
Joseph Haydn, Symphonie n°49 en fa mineur
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n°9 K 271 en mi bémol majeur

le 5 avril 2013, Ă  20h30
La Coupole
(Scène Nationale de Sénart, Combs-la-Ville)

 

le 21 mai 2013, Ă  20h30
Abbaye aux Dames
Nicolas Simon © P.Charles (noir et blanc) idem; dirigeant (couleur) © N.Colmez