LA DAME BLANCHE de BOIELDIEU

boieldieu-la-dame-blanche-opera-critique-annonce-opera-classiquenews-boieldieu-par-BoillyBOIELDIEU : LA DAME BLANCHE – 15 dĂ©c – 18 janv 2022. CrĂ©Ă©e en dĂ©c 2020, sans public, la production reprend du service pour 12 dates et 5 thĂ©Ăątres dont une rĂ©sidence de 5 dates Ă  l’OpĂ©ra de Renens pour NoĂ«l (28 dĂ©c 2021- 3 janv 2022). L’ouvrage est un modĂšle du genre gothique fantastique et fonde les caractĂšres de l’opĂ©ra romantique français en 1825, Ă  l’heure oĂč le pouvoir monarchique renforce la faveur de l’opĂ©ra italien avec la prĂ©sence de Rossini, compositeur officiel

LE DERNIER OPERA DE BOIELDIEU, LE PLUS SUCCES DU COMIQUE. Avant Carmen (Bizet, 1875), La Dame Blanche de Boieldieu, crĂ©Ă©e en 1825, est le succĂšs le plus retentissant de l’OpĂ©ra-Comique. Les parisiens se passionnent pour le genre fantastique et surnaturel, gage Ă  l’opĂ©ra, de tableaux vivants d’un onirisme spectaculaire, Ă  la fois terrifiant et surprenant : dĂ©cors, machineries, situations, mouvement des chanteurs rivalisent avec le grand genre noble par excellence, la peinture d’histoire, que l’amateur peut analyser au musĂ©e et au Salon ; dans le cas de La Dame Blanche, dont le titre renvoie aux apparitions fantomatiques et aux spectres Ă©vanescents, les chiffres parlent ; jusqu’en 1926, prĂšs de 1670 reprĂ©sentations de l’Ɠuvre au Comique. De fait, la place face Ă  l’entrĂ©e du thĂ©Ăątre est nommĂ©e place Boieldieu en 1851. L’Ɠuvre influence Rossini, Adam, Bizet, Offenbach, Delibes, Chabrier.
L’heure est au retour des Italiens en France avec l’hĂ©gĂ©monie de Rossini qui en 1825 triomphe avec le festival de virtuositĂ© lyrique, Le Voyage Ă  Reims. Boieldieu compte Ă©crire un opĂ©ra français, adoptant la mode troubadour, cette affection gĂ©nĂ©ralisĂ©e pour les drames gothiques ; Carl Maria von Weber dont le FreischĂŒtz (1821) puisait dĂ©jĂ  Ă  la mĂȘme poĂ©sie du merveilleux, n’hĂ©site pas Ă  dĂ©clarer: « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas Ă©crit un opĂ©ra-comique de la valeur de celui-ci »

Au scĂšnes surnaturelles, François-Adrien Boieldieu (1775-1834) enchaĂźne les mĂ©lodies sĂ©duisantes : ainsi les « tubes » que sont l’air de George du premier acte : « Ah ! Quel plaisir d’ĂȘtre soldat », la ballade de Jenny, les couplets de Marguerite, l’air d’Anna au III : « Enfin, je vous revois ». Boieldieu allie le genre lĂ©ger du Comique et des accents purement romantiques. Le compositeur s’inspire en particulier de deux romans Ă  succĂšs de Walter Scott (1771-1832), Guy Mannering (1815) et Le MonastĂšre (1820).

INTROSPECTION ROMANTIQUE. Ainsi ce focus psychologique qui recherche l’intĂ©rioritĂ© et le sentiment du hĂ©ros George : il doit comprendre ce que lie le prĂ©sent de l’action et son propre passĂ© ; l’assurance du soldat (« Quel plaisir d’ĂȘtre soldat ») cache en vĂ©ritĂ© une fragilitĂ© et un questionnement qui fonde tout le drame : en recouvrant la mĂ©moire des lieux et des ĂȘtres connus, George retrace le fil de sa vie et se rĂ©vĂšle Ă  lui-mĂȘme (acte III : « D’oĂč peut naĂźtre cette folie ? D’oĂč vient ce que je ressens ? »). La Dame Blanche personnifie en rĂ©alitĂ© la rĂ©surgence du passĂ© qui fait effraie et fait peur quand elle n’est que l’instrument d’une vĂ©ritĂ©, laquelle ne demande qu’à ĂȘtre dĂ©voilĂ©e. Musicalement, Boieldieu conçoit la texture du surnaturel grĂące aux alliages d’instruments suggestifs : usage du chromatisme, de nappes de cordes immobiles oĂč rayonne le timbre voilĂ© du cor solo ou le chant hypnotique de la harpe. C’est l’instrument du glissement vers le surnaturel. L’approche des SiĂšcles et de Nicolas Simon cultive les couleurs d’origine et le format historique des instruments d’époque
 dont les instruments berlioziens particuliĂšrement utilisĂ©s alors sur la pĂ©riode (dĂ©cennie 1820).

AchevĂ© en 29 jours, La Dame Blanche indique le dernier style de Boieldieu assistĂ© par ses Ă©lĂšves, Adolphe Adam et ThĂ©odore Labarre (1805-1870) : il achĂšve l’ouverture, la veille de la gĂ©nĂ©rale. De l’action gothique Ă©cossaise, Boieldieu fait un drame romantique français. Wagner y voyait : « un modĂšle de ce que le gĂ©nie français a proprement tirĂ© de soi-mĂȘme ».

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSTRANSPOSITION ANIMALIERE. Dans cette nouvelle production, chaque profil psychologique est Ă©clairĂ© selon une grille animaliĂšre : « le jeune premier, vaillant petit soldat, est un oiseau sans nid qui perd ses plumes ; le mĂ©chant Gaveston, un scarabĂ©e plus Ă©lĂ©gant qu’il n’y paraĂźt ; la jeune Anna, un insecte capable de se mĂ©tamorphoser »  Les situations, les confrontations et leurs enjeux gagnent en clartĂ©. D’autant que les dialogues d’origine ont Ă©tĂ© rĂ©Ă©crits, actualisĂ©s. Ainsi est rĂ©vĂ©lĂ© « un conte Ăąpre, beau et inquiĂ©tant. Ce n’est pas le bonheur d’un monarque retrouvĂ© dont il est question, mais de la prison dans laquelle les peuples s’enferment eux- mĂȘmes en ayant peur de l’inconnu ».

La Dame blanche de François-Adrien BOIELDIEU
Nouvelle production présentée par la Co (opéra) tive
Création captée sans public le 11 décembre 2020
Création public le 9 nov 2021 (CompiÚgne)

Mise en scĂšne : Louise VIGNAUD
Orchestre LES SIÈCLES
Nicolas SIMON, direction

Théùtre Impérial de COMPIÈGNE
les 9 et 10 novembre 2021

Théùtre Ledoux, Besançon
mercredi 15 décembre 2021 à 19h
jeudi 16 décembre 2021 à 20h

Opéra de Rennes
mardi 28, mercredi 29 et vendredi 31 décembre 2021 à 20h,
samedi 1 janvier 2022 à 16h et le lundi 3 janvier 2022 à 14h30 (scolaire)

Théùtre de Cornouaille, Quimper
mercredi 5 et jeudi 6 janvier 2022 Ă  20h

Théùtre Raymond Devos, Tourcoing
vendredi 14 janvier 2022 Ă  20h
dimanche 16 janvier 2022 Ă  15h30

Le Bateau Feu, Dunkerque :
mardi 18 janvier 2022 Ă  20h
mercredi 19 janvier 2022 Ă  19h

A PROPOS DE LA CO(OPERA)TIVE 

La Co(opĂ©ra)tive est un collectif de 6 thĂ©Ăątres (Le Bateau Feu, ScĂšne nationale de Dunkerque / ThĂ©Ăątre de Cornouaille, ScĂšne nationale de Quimper / Les 2 scĂšnes, ScĂšne nationale de Besançon / ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial, OpĂ©ra de CompiĂšgne, L’OpĂ©ra de Rennes et l’Atelier Lyrique de Tourcoing) ; il s’engage depuis 2014 Ă  faire rayonner l’opĂ©ra partout en France. A son actif, dĂ©jĂ  la crĂ©ation de cinq spectacles soit 80 reprĂ©sentations dans prĂšs de 30 thĂ©Ăątres en France et Ă  l’étranger, sensibilisant plus de 45.000 spectateurs.

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CD Ă©vĂ©nement, annonce. L’Eve future : Beethoven (PromothĂ©e) / Hoffmann (symphonie) – Orchestre de Caen / Nicolas Simon (1 cd Klarthe records).

eve future hoffmann symphonie beethoven cd critique annonce nicolas simon orchestre de caen classiquenews KLA128couv_lowCD Ă©vĂ©nement, annonce. L’Eve future : Beethoven (PromothĂ©e) / Hoffmann (symphonie) – Orchestre de Caen / Nicolas Simon (1 cd Klarthe records). Dans l’Eve future (1886), l’écrivain novelliste Villiers de l’Isle-Adam, jamais en retard d’une nouveautĂ© fantastique onirique, imagine que le savant Thomas Edison parvient Ă  dupliquer la jeune femme qu’aime secrĂštement (et vainement) le jeune lord Ewald: susciter une nouvelle Ăšve, mais celle ci totalement acquise Ă  celui qui la dĂ©sire et plus intelligente que l’originale (une pseudo cantatrice, frappĂ©e de la bĂȘtise la plus crasse !). Au final, l’ombre ainsi crĂ©Ă©e deviendra Antonia du « conteur Hoffmann » (Villiers cite sa source fantastique et littĂ©raire ETA Hoffmann), filiation des plus convaincantes.
Animer un nouvel ĂȘtre fabriquĂ© en lui attribuant une nouvelle Ăąme : PromĂ©thĂ©e fit de mĂȘme en dĂ©robant le feu de Zeus pour donner vie Ă  ses crĂ©atures d’argile. Le ballet de Vigano pour Vienne que met en musique Beethoven en 1801, « Les crĂ©atures de PromĂ©thĂ©e » illustre ce thĂšme et exprime dans la fougue beethovĂ©nienne cette ambition humaine plus bouleversante qu’aucun dieu ne l’avait pensĂ©e : le thĂšme de PromĂ©thĂ©e (rondo conclusif du ballet) est ensuite recyclĂ© avec quelle maestriĂ  dans le finale de la Symphonie n°3 (EroĂŻca)
CLIC D'OR macaron 200Nicolas Simon ex violon des SiĂšcles, devenu depuis plusieurs dĂ©cennies l’un des chefs les plus audacieux et attachants qui soient, s’empare du thĂšme fantastique et littĂ©raire, associant justement Beethoven et
 Hoffmann : belle conjonction entre littĂ©rature et musique que le second incarne idĂ©alement : le programme prĂ©sente ici sa seule symphonie (1806) d’une douceur sombre et dĂ©jĂ  romantiques, aux accents Ă©minemment mozartiens (celui de la derniĂšre trilogie symphonique), dans une orchestration que n’aurait pas reniĂ© Haydn ni
 Beethoven. Dans l’équilibre entre bois et cordes dĂšs le premier mouvement (adagio e maestoso) s’affirme une conscience de l’ampleur symphonique qui semble prolonger les derniĂšres avancĂ©es de Mozart et s’inscrire de pleins pieds dans le romantisme. L’équation Eve / PromothĂ©e, Beethoven / Hoffmann scelle l’intĂ©rĂȘt du programme. / Sortie digitale : 15 oct 2021sortie physique : 26 nov 2021 – Prochaine critique complĂšte Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com.

 

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TOUTES LES INFOS sur le site de Klarthe records :
https://www.klarthe.com/index.php/en/records-en/leve-future-detail

 

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tracklisting / programme

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e, opus 43 – Extraits
1 . Ouverture
2. Introduction
3. N°10 Pastorale – Allegro
4. N°5 Adagio – Andante (Violoncelle solo : StĂ©phane AndrĂ©)
5. N°8 Marcia – Allegro con brio – Presto
6. N°9 Adagio – Allegro molto
7. N°16 Finale

E.T.A. Hoffmann (1776-1822)
Symphonie en mi bémol majeur
8. I. Adagio e maestoso – Allegro
9. II. Andante con moto
10. III. Menuetto
1 1. IV. Finale (Allegro molto)

CD événement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS
 La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020)

BEETHOVEN si tu nous entends critique cd review cd critique cd klarthe records Beethoven Robin melchior KLA105couv_lowCD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS
 La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020). La Symphonie de Poche dirigĂ©e par Nicolas Simon aborde Ă  son tour Beethoven particuliĂšrement Ă  l’honneur en 2020 pour les 250 ans de sa naissance. Le rafraĂźchissant programme Ă©ditĂ© chez Klarthe emporte l’adhĂ©sion par son originalitĂ© et le soin apportĂ© Ă  sa rĂ©alisation (raffinement de l’écriture en particulier de l’orchestration, assemblage des thĂšmes et structuration du parcours thĂ©matique, interprĂ©tation dĂ©taillĂ©e
) : « Beethoven, Si tu nous entends  » est une surprise inattendue parmi les cd de cette annĂ©e Beethoven. Le titre est formidable pied de nez Ă  la surditĂ© du Romantique dont la volontĂ© Ă  surmonter son handicap reste le pilier d’un gĂ©nie jamais dĂ©truit. Conçu par le compositeur Robin Melchior, le parcours-hommage d’1h15, enregistrĂ© Ă  Malakoff en aoĂ»t 2020, sĂ©duit ; c’est une exploration de l’Ɠuvre symphonique du grand Ludwig dont le riche terreau thĂ©matique des 9 symphonies est rĂ©assemblĂ©, disposĂ©, mis en dialogue (5 sĂ©quences principales avec PrĂ©lude et 3 interludes) en un enchaĂźnement thĂ©matisĂ© qui fait sens et « raconte » l’odyssĂ©e symphonique beethovĂ©nienne.

Le nouvel assemblage installe une nouvelle texture dont les thĂ©matiques (en Ă©cho, en rĂ©sonance) permettent de rĂ©Ă©couter ce qui fait la singularitĂ© de l’écriture beethovĂ©nienne (y dialoguent l’ouverture de la 5Ăš, l’Ode Ă  la Joie, mais aussi la cĂ©lĂšbre sonate pour piano « Au clair de lune » ). RevifiĂ©e, la pensĂ©e musicale de Beethoven s’en trouve comme explicitĂ©e : sa fulgurance sonore, sa puissance rythmique, son intelligence mĂ©lodique. L’unitĂ© organique du tout est assurĂ©e par le choix thĂ©matique des interludes (oĂč revient le flux motivique de la Pastorale, avec inserts dĂ©rivĂ©s de la 9Ăš, de la 5Ăš et son motif « du destin »). Ainsi, le Scherzo de la Pastorale devient « trio de la RĂ©volte » ; c’est mĂȘme le motif central du cyle rĂ©investi : clĂ© de voĂ»te quand il est associĂ©, dans le dernier mouvement « rĂ©conciliation », au fameux « Es Muss Sein ! » du Quatuor n°16.
Les paysages sonores sont Ă  la fois raffinĂ©s, expressifs, habilement agencĂ©s. Chaque sĂ©quence constituant comme un vaste parcours sonore, devient un Ă©pisode de la vie de Beethoven, Ă  l’image de la 6Ăš « Pastorale » dont chaque mouvement exprime le sentiment de Ludwig face au miracle de la Nature (comme Haydn avant lui, dans son oratorio « la CrĂ©ation »), ou 5 portraits liĂ©s Ă  5 grandes facettes de sa formidable Ă©popĂ©e : l’apprentissage, l’inaccessible, la rĂ©volte, la mort et la rĂ©conciliation du hĂ©ros. Le geste rĂ©alisĂ© fusionne les deux aspects de l’oeuvre symphonique de Beethoven : sa charge CLIC D'OR macaron 200autobiographique et son ambition rĂ©volutionnaire. Le concours des instruments inĂ©dits ici : la harpe, un accordĂ©on, un marimba, instillant de nouveaux Ă©quilibres sonores, rĂ©invente de facto, dans l’exercice libre de la transcription, l’espace symphonique comme la palette sonore de Ludwig. Au final, un partition originale qui permet de redĂ©couvrir l’infini poĂ©tique de Beethoven.

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. BEETHOVEN SI TU NOUS ENTENDS
 La Symphonie de Poche / Nicolas Simon, direction (1 cd KLARTHE records 2020) – CLIC de CLASSIQUENEWS dĂ©cembre 2020 – intĂ©grĂ© dans notre sĂ©lection du DOSSIER BEETHOVEN 2020 / PLUS D’INFOS sur le site de l’Ă©diteur KLARTHE records

 

 

 

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CONCERT :
PARIS, Bal Blomet : Beethoven si tu nous entends
2 février 2021, 20h : réservez ici votre place

 

 

 

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OpĂ©ra en ligne : La Dame Blanche depuis l’OpĂ©ra de Rennes (streaming)

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSOpĂ©ra en ligne. BOIELDIEU : La dame Blanche, ven 11 dĂ©c 2020, depuis l’OpĂ©ra de Rennes, 19h30. La production mise en scĂšne par Louise Vignaud et dirigĂ©e par Nicolas Simon Ă  la tĂȘte de l’Orchestre sur instrument ancien des SiĂšcles (19 instrumentistes) devait ĂȘtre crĂ©Ă©e Ă  CompiĂšgne (6 nov dernier) puis tourner en France cette saison (15 reprĂ©sentations dans 6 thĂ©Ăątres). L’ensemble de la tournĂ©e est reportĂ©e Ă  l’automne-hiver 2021-2022. La captation du 11 dĂ©c 2020 devrait dĂ©voiler la rĂ©ussite du projet. François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834) Ă©blouit par sa grĂące mĂ©lodique, son sens du thĂ©Ăątre et sa pĂ©tillance contrastĂ©e dans la succession des tableaux. La Dame Blanche est crĂ©Ă© le 10 dĂ©cembre 1825 Ă  l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; l’Ɠuvre est l’emblĂšme de l’opĂ©ra comique romantique français, se dĂ©roulant en Ecosse vers 1759…
Avec Sahy Ratia (Georges Brown) ; Fabien Hyon (Dikson), Sandrine Buendia (Jenny, sa femme), Caroline Jestaedt (Anna, pupille de Gaveston)


 

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BOIELDIEU : La dame blanche
Nouvelle production / Version inédite pour 14 chanteurs / 19 instrumentistes
Diffusion en streaming gratuit
Vendredi 11 décembre 2020, 19h30
Facebook live sur France 3 Bretagne
TVR, tébéo, tébésud

Les sites des théùtres de la CO OPERA TIVE
http://www.lacoopera.com

La dame Blanche sur le site de la co opéra tive
http://www.lacoopera.com/la-dame-blanche

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra comique La Dame Blanche de Boieldieu par la Co OpĂ©ra tive :
http://www.classiquenews.com/la-dame-blanche-de-boieldieu/
PARIS. La Dame Blanche de Boieldieu revient Salle Favart« L’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs français depuis son Ă©lĂšve Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), LĂ©o Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En aoĂ»t 1824, Rossini s’est installĂ© Ă  Paris oĂč sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre-Italien, il triomphe avec Le Voyage Ă  Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’Ɠuvre, reprenant un projet amorcĂ© par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le MonastĂšre  (1820). Avant Wagner trĂšs admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas Ă©crit un opĂ©ra-comique de la valeur de celui-ci ».

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Compte-rendu : Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Bach, Haydn, Mozart. La Symphonie des LumiĂšres. Nicolas Simon, direction.

Nicolas Simon chefPour clore une saison riche en Ă©vĂšnements et dĂ©couvertes, l’Abbaye aux dames invite le jeune orchestre ” La Symphonie des LumiĂšres ” dirigĂ© par Nicolas Simon, jeune chef prometteur, Ă©lĂšve entre autres de Philippe Herreweghe, ex membre des Siecles pour lesquels il fut et violoniste et assistant de Francois-Xavier Roth. Le nouvel orchestre est composĂ© Ă  80% de musiciens issus du Jeune Orchestre Atlantique (JOA) dont la vocation est de former sur instruments d’Ă©poque, de jeunes professionnels tout juste diplĂŽmĂ©s en les faisant jouer, au cours de sessions de travail d’une semaine (programme classique et romantique en alternance) sous la direction de chefs aguerris.
Nicolas Simon a lui aussi suivi la formation sur instruments anciens : il y a cultivĂ© sa passion pour une approche plus prĂ©cise et surtout magistralement vivante, selon la connaissance des styles et des pratiques d’Ă©poque.   Les jeunes gens prennent ainsi l’habitude de travailler avec des hommes et des femmes dont les techniques diffĂ©rentes sont au final autant d’atouts majeurs, de nouveaux dĂ©fis propices Ă  l’approfondissement et la comprĂ©hension de plus en plus fine des oeuvres.

Pour ce concert, les trois compositeurs du programme sont contemporains les uns des autres : Carl Philippe Emmanuel Bach (1714-1788), Joseph Haydn (1732-1809), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Les trois hommes se sont rencontrés et se sont mutuellement influencés au cours de leur carriÚre.

Chaque style incarnent Ă  sa façon l’esthĂ©tique Sturm und Drang (TempĂȘte et Passion), c’est l’inflexion du goĂ»t qui annonce l’essor d’un nouveau dramatisme sentimental, le romantisme … Le mouvement a inspirĂ© nombre de compositeurs en Europe en gĂ©nĂ©ral et dans les pays de langue allemande en particulier.

Le Concerto n°9 composé en 1777 par Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791) qui l’a dĂ©diĂ© Ă  une jeune virtuose française : mademoiselle Jeunehomme d’ou le surnom du chef d’ouvre du jeune compositeur. La pianiste Vanessa Wagner s’installe au piano. La jeune femme, artiste Ă  l’activitĂ© dĂ©bordante, reconnue depuis plusieurs annĂ©es au niveau international, connait parfaitement le rĂ©pertoire Mozartien qu’elle aborde rĂ©guliĂšrement depuis ses dĂ©buts de concertiste. Elle aborde le concerto  tout en simplicitĂ©, faisant chanter les touches de l’instrument avec une grĂące  incomparable. L’accompagnement de l’orchestre et de son chef souligne agrĂ©ablement les harmonies que Mozart a savamment distillĂ© dans les pages composĂ©es pour le piano. C’est essentiellement le format sonore plus chambriste qui favorisant les Ă©quilibres entre les instruments rĂ©tabli la profondeur poĂ©tique de l’oeuvre : pleine de charme, de sensibilitĂ©, de gravitĂ© sous la caresse mĂ©lodique.

La direction ferme et souple de Nicolas Simon est agrĂ©able et la musique de Mozart, si complexe et pleine de piĂšges malgrĂ© son apparente facilitĂ© aussi bien pour l’orchestre que pour la soliste, est sublimĂ©e ; le geste sĂ»r et millimĂ©trĂ© fait rĂ©sonner la tendresse mozartienne, entre subtilitĂ© et finesse, sous les voutes de l’abbatiale.

Au retour de l’entracte, Nicolas Simon prend la parole pour prĂ©senter briĂšvement le mouvement Sturm und Drang qui a inspirĂ© Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) et  Joseph Haydn (1732-1809). Le jeune chef parle d’ailleurs des deux compositeurs avec passion ; il en distingue les particularitĂ©s et les obstacles : tout ce qui fonde leur maniĂšre spĂ©cifique; il donne une interprĂ©tation dynamique et vivante de la symphonie hambourgeoise du fils du kantor de Leipzig (qui reunit le seul pupitre des cordes). L’oeuvre, sombre et tourmentĂ©e, comme nombre de piĂšces musicales, thĂ©Ăątrales ou picturales de cette pĂ©riode, est bien pensĂ© mais l’ensemble. Nicolas Simon rĂ©ussit pourtant, grĂące Ă  une direction limpide, Ă  livrer une lecture de l’oeuvre de Bach vivante, dynamique, s’appuyant sur des accents imprĂ©visibles mais justes.

C’est surtout dans la symphonie n°49 de Joseph Haydn (1732-1809) que le chef donne la pleine mesure de son talent de maestro; Haydn qui, lui aussi, compose son oeuvre en plein Sturm und Drang n’en propose pas moins une symphonie plus allante et dynamique que celle du fils Bach : un concentrĂ© d’Ă©lĂ©gance et de retenue, pourtant nuancĂ©e par l’humour et la facĂ©tie (trait spĂ©cifique au Viennois). Et Nicolas Simon, pourtant trĂšs bon dans l’ouvre prĂ©cĂ©dente, est excellent pour diriger une symphonie qui l’inspire visiblement beaucoup.

Jeune formation en devenir et dĂ©jĂ  convaincante par sa fermetĂ© stylistique et son tempĂ©rament sonore, la Symphonie des LumiĂšres rĂ©unit des anciens du Jeune Orchestre Atlantique; ils y ont la possibilitĂ© de s’accomplir dans un collectif marquĂ© par la complicitĂ© et le souci de la prĂ©cision comme de l’expression. FormĂ© dans la mĂȘme Ă©cole, Nicolas Simon promet demain de figurer parmi les directions les plus inventives et les plus dĂ©fricheuses qui soient. L’approche sur instruments anciens a non seulement de beaux jours devant elle mais peut compter grĂące Ă  un tempĂ©rament aussi captivant, de prochaines dĂ©couvertes Ă  venir.  Que Saintes accueille le premier concert de La Symphonie des LumiĂšres en Charente-Maritime est logique : ici de jeunes musiciens sur instruments d’Ă©poque ont appris leur mĂ©tier ; ce soir, ils jouent ensemble au sein de l’orchestre que l’un d’entre eux a eu le courage et la tĂ©nacitĂ© de fonder. C’est un beau symbole de continuitĂ© et d’accomplissement. Formation Ă  suivre.

Saintes. Abbaye aux dames, le 21 mai 2013. Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) : symphonie hambourgeoise en si bĂ©mol majeur; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N°49 en fa mineur; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : concerto pour piano N°9 “jeunehomme”. La Symphonie des LumiĂšres; Vanessa Wagner, pianoforte. Nicolas Simon, direction.

Vidéo. La Symphonie des LumiÚres (Nicolas Simon, direction)

Nicolas Simon, symphonie des lumiĂšresLa Symphonie des LumiĂšres … En mai 2013, le violoniste Nicolas Simon, ancien apprenti musicien au sein du JOA, Jeune Orchestre Atlantique, propose l’un de ses premiers concerts comme chef d’orchestre avec l’ensemble qu’il vient de fonder, La Symphonie des LumiĂšres. Entretien avec le chef fondateur passionnĂ© par la recherche et l’interprĂ©tation sur instruments anciens…
La Symphonie des LumiĂšres & Nicolas Simon, direction
TempĂȘte et passion

Nouvelle phalange sur instruments d’Ă©poque nĂ©e en 2012, La Symphonie des LumiĂšres entend restituer le jeu et l’espace sonore des oeuvres symphoniques anciennes, de 1750 Ă  1850, soit du nĂ©oclassicisme post baroque au plein romantisme. Il s’agit d’Ă©clairer d’une nouvelle maniĂšre, la sonoritĂ© comme les conditions d’Ă©coute dont l’Ă©clairage d’Ă©poque par exemple… ClartĂ© mesurĂ©e, mais expressivitĂ© et prĂ©sence renforcĂ©es, la proposition a tout pour sĂ©duire. Cordes en boyaux, vents et bois, cuivres et percussions historiques, jeu millimĂ©trĂ©, la palette des bĂ©nĂ©fices est multiple ; elle a dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© ses apports grĂące aux orchestres prĂ©cĂ©dents dont l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, surtout Les SiĂšcles, ensemble exemplaire Ă  ce titre dont Nicolas Simon, fondateur des LumiĂšres, est un ancien membre… et le brillant disciple de François-Xavier Roth. Alliages des timbres plus Ă©clatants et mordants, acuitĂ© des aspĂ©ritĂ©s de chaque pupitre, sonoritĂ© restituĂ©e selon la richesse et l’Ă©clat retrouvĂ© de chaque instrument, la Symphonie des LumiĂšres prolonge l’acte dĂ©fricheur et rĂ©gĂ©nĂ©rateur de ses aĂźnĂ©s, avec une sensibilitĂ© nouvelle : rĂ©tablir l’Ă©quation magicienne entre clartĂ© sonore, scintillement musical, Ă©criture orchestrale, mais aussi environnement d’Ă©coute et de rĂ©ception.

Tournée :
La Coupole (ScĂšne Nationale de SĂ©nart), 5 avril 2013
Abbaye aux Dames (Saintes), 21 mai 2013 à 20h30 

ClartĂ© et sonoritĂ© d’Ă©poque

LumiĂšres rĂ©vĂ©latrices. A la diffĂ©rence des instruments modernes, les instruments d’Ă©poque restituent les oeuvres dans leurs proportions d’origine, leurs couleurs initiales avec un mordant expressif, une finesse d’attaque, des alliages idĂ©alement vifs et dĂ©voilĂ©s dans leur richesse premiĂšre. Tout cela compose un enjeu esthĂ©tique de premiĂšre importance qui fonde la dĂ©marche du chef et de son nouvel orchestre si bien nommĂ©. Le choix des instruments est ici majeur car il influence directement la nature du son, son intensitĂ©, sa couleur : les perces anciennes sont souvent plus fines, produisant une sonoritĂ© plus  typĂ©e et caractĂ©risĂ©e ; moins puissante mais plus riche et plus profonde. Le gain en terme de timbre et de couleur l’emporte sur la puissance globalisante.

Le programme ” TempĂȘte et Passion ” Ă©claire les contrastes passionnĂ©s (nĂ©oclassiques ou prĂ©romantiques?), le clair-obscur des partitions qui en font sur le mode instrumental, des opĂ©ras frappant par leurs vertiges dramatiques, voire leur justesse psychologique. Sturm und Drang, tempĂȘte et passion, voilĂ  un courant esthĂ©tique propre aux pays germaniques vers 1770 quand Goethe, premier romantique europĂ©en, Ă  l’Ă©poque oĂč Mozart enflammait les cƓurs lyriques de son Lucio Silla, et Gluck rĂ©alisait sa rĂ©volution Ă  Paris-, Ă©crivait Les souffrances du jeune Werther (1774). En musique, les accords et les plaintes, les Ă©lans et les suspensions de l’Ăąme dessinent d’aussi contrastĂ©s passages: ici, rĂšgnent la sincĂ©ritĂ© du geste, la criante et brĂ»lante vĂ©ritĂ© du verbe instrumental grĂące Ă  la lumiĂšre retrouvĂ© des sons d’origine. Haydn, Mozart et Carl Philipp Emanuel Bach, fils surdouĂ© de son pĂšre expriment chacun Ă  sa maniĂšre, dans le genre symphonique et concertant, Ă©clairs et crĂ©puscules du Strum und drang musical.

“TempĂȘte et Passion”
La Symphonie des LumiĂšres
Direction, Nicolas Simon
Piano solo : Vanessa Wagner

Carl Philipp Emanuel Bach, Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur
Joseph Haydn, Symphonie n°49 en fa mineur
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour piano n°9 K 271 en mi bémol majeur

le 5 avril 2013, Ă  20h30
La Coupole
(ScĂšne Nationale de SĂ©nart, Combs-la-Ville)

 

le 21 mai 2013, Ă  20h30
Abbaye aux Dames
Nicolas Simon © P.Charles (noir et blanc) idem; dirigeant (couleur) © N.Colmez