Salomé de STRAUSS par Kiril Petrenko

FRANCE MUSIQUE, dim 18 aoĂ»t 2019. STRAUSS : SalomĂ©. De toutes les femmes conçues sur la scĂšne lyrique par Richard Strauss, SalomĂ© serait le plus « monstrueuse », inspirĂ©e par la piĂšce envoĂ»tante et saisissante d’Oscar Wilde. Le poĂšte et dramaturge anglais y fusionne de façon trouble l’ingĂ©nuitĂ© et la voluptĂ©, une innocence perverse qui sĂ©duite par le prophĂšte rĂ©clame sa tĂȘte, avant de saisir HĂ©rode dans l’hypnose Ă©rotique puis l’horreur criminelle. La musique de Strauss exprime exactement la pulsion frĂ©nĂ©tique, entre amour, dĂ©sir et mort. Avant LULU de Berg, Strauss aborde la fĂ©minitĂ© sous l’angle de la sexualitĂ©, plus prĂ©cisĂ©ment d’un Ă©rotisme libĂ©rĂ© qui fascine autant qu’il terrifie. Quand HĂ©rode (un rien pĂ©dophile) ordonne Ă  ses gardes d’étouffer sous les boucliers l’ardente sirĂšne qui baise la bouche de Jokanaan dĂ©capitĂ©e, il s’agit de tuer le dĂ©sir de la femme qui fait peur
 La production diffusĂ©e par France Musique en ce mois d’aoĂ»t 2019 devrait marquĂ© les esprit car le chef Kirill Petrenko, directeur musical du Berliner Philharmoniker est un superbe maestro lyrique (il l’a entre autres dĂ©montrĂ© Ă  Bayreuth)


salome_titien_tiziano_salome_5-Salome-1512-Tiziano-TitianLIRE notre dossier Richard Strauss : portraits de femmes. De SalomĂ© Ă  Capriccio, soit au cours de la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle, Richard Strauss, comme Massenet ou Puccini aura laissĂ© une exceptionnelle galerie de portraits fĂ©minins. Lente Ă©volution qui d’ouvrages en partitions, recueille les fruits d’ une Ă©criture musicale en mĂ©tamorphose, et prĂ©cise la place et le rĂŽle de la femme vis Ă  vis du hĂ©ros.  Alors que Wagner n’envisage pour ses hĂ©roĂŻnes qu’un aspect certes flamboyant mais unique (et qui le destine souvent Ă  mourir), celui d’un ange salvateur Ɠuvrant pour le salut du maudit (le hĂ©ros et le compositeur se fondent ici), Strauss, avec son librettiste Hofmannsthal fouillent l’ambivalence contradictoire de la psychĂ© fĂ©minine avec une subtilitĂ© rarement atteinte au thĂ©Ăątre. Selon les sources empruntĂ©es et le sujet central de l’opĂ©ra, l’hĂ©roĂŻne est ici solitaire Ă©goĂŻste comme emprisonnĂ©e dĂ©finitivement par ses propres obsessions, ou Ă  l’inverse, mobile et gĂ©nĂ©reuse, souvent sujet d’une mĂ©tamorphose imprĂ©vue, capable de sauver le hĂ©ros dont elle a croisĂ© le destin. L’itinĂ©raire de la femme au cours d’un seul ouvrage traverse bien des Ă©preuves : elle pose clairement le principe de la transformation, du changement qui du dĂ©but Ă  la fin de l’ouvrage, indique une progression souvent passionnante Ă  suivre.
http://www.classiquenews.com/les-femmes-selon-richard-strauss/ 

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logo_francemusiqueFrance Musique, dim 18 août 2019. 20h
Concert donnĂ© le 27 juin 2019 au Prinzregententheater (ThĂ©Ăątre du Prince-RĂ©gent) de Munich dans le cadre de l’Opernfestspiele (Festival de l’OpĂ©ra de Munich)

Richard Strauss : Salome op.54
Opéra en un acte sur un livret du compositeur
d’aprĂšs la piĂšce de thĂ©Ăątre “SalomĂ©” d’Oscar Wilde

Wolfgang Ablinger Sperrhacke, ténor, Herodes
Michaela Schuster, mezzo-soprano, Herodias
Marlis Petersen, soprano, Salome
Wolfgang Koch, baryton, Jochanaan, prophĂšte
Pavol Breslik, ténor, Narraboth, capitaine de la garde
Rachael Wilson, mezzo-soprano, Le page d’HĂ©rodias
Scott MacAllister, ténor, Premier Juif
Roman Payer, ténor, DeuxiÚme Juif
Kristofer Lundin, ténor, TroisiÚme Juif
Kevin Conners, ténor, QuatriÚme Juif
Peter Lobert, ténor, CinquiÚme Juif
Callum Thorpe, basse, Premier Nazaréen
Ulrich Ress, ténor, Second Nazaréen
Kristof Klorek, basse, Premier Soldat
Alexandre Milev, basse, Second Soldat
Milan Siljanov, basse, Un Cappadocien
Mirjam Mesak, soprano, Une esclave
Orchestre de l’Etat de BaviĂšre
Direction : Kirill Petrenko

Création à Munich : South Pole

Munich, OpĂ©ra: South Pole, crĂ©ation, 31 janvier-11 fĂ©vrier 2016. L’OpĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre Ă  Munich (Bayerische Staatoper) accueille une crĂ©ation : South Pole qui Ă©voque la rivalitĂ© de deux explorateurs au long cours, animĂ©s par le mĂȘme objectif : Robert Scott et Roald Amundsen engagĂ©s sĂ©parĂ©ment et simultanĂ©ment Ă  dĂ©couvrir le pĂŽle sud, (d’oĂč le titre du nouvel opĂ©ra). Ce que chacun rĂ©alisera avec les moyens de l’Ă©poque 1911, soit Ă  pieds, par voie terrestre. Au total, du 31 janvier au 11 fĂ©vrier 2016, 5 reprĂ©sentations. Arte diffuse la premiĂšre date, soit la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage composĂ© par le tchĂšque Miroslav Srnka.

 

 

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South pole : création lyrique à Munich

 

T.-Holloway_M.Srnka-c-W.-Hösl--600x411Courageuse, dĂ©fricheuse, lyricophile, la chaĂźne franco-allemande Arte dĂ©fend la crĂ©ation prĂ©sentĂ©e fin janvier 2016 par l’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich : la partition illustre cette lutte acharnĂ©e entre deux Ă©quipes scientifiques rivales menĂ©es par l’officier de la oyal navy, le britannique Robert Scott et le norvĂ©gien Roald Amundsen pour conquĂ©rir et dĂ©couvrir le pĂŽle sud. DiffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, South pole est un ouvrage commandĂ© par l’OpĂ©ra de Munich au compositeur tchĂšque Miroslav Srnka et Ă  l’Ă©crivain australien Tom Holloway (voir notre photo ci dessus). Outre le dĂ©fi exceptionnel que se sont imposĂ©s les deux hommes et leur Ă©quipage (en dĂ©cembre 1911), l’opĂ©ra crĂ©Ă© en janvier 2016 souligne aussi les conditions de l’extrĂȘme auxquelles les deux explorateurs sont confrontĂ©s au coeur d’un continent blanc, aux tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes : l’Antarctique. RĂ©ussir ou mourir.

 

south pole opera munich creation mondialeEn dĂ©finitive, c’est Roald Amundsen qui atteint le premier la point convoitĂ©, le 14 dĂ©cembre 1911, quand les britanniques le rejoignent seulement un mois plus tard, le 12 janvier 1912. Malheureusement, sur le chemin du retour, tous les membres de l’expĂ©dition anglaise Terra Nova meurent de froid et de faim. Dans la fosse, arbitre et garant de la bonne tenue artistique de cet opĂ©ra en premiĂšre mondiale, le chef Kirill Petrenko. Le baryton amĂ©ricain, grand diseur chez Mahler ou Strauss, Thomas Hampson incarne l’explorateur victorieux de cette course vers l’impossible et l’inatteignable, Roald Amundsen. Et c’est le tĂ©nor français Rolando Villazon qui chante la partie de son rival malheureux, l’officier britannique Robert Scott.

 

 

 

arte_logo_2013TĂ©lĂ©, le 31 janvier 2016, 23h sur ARTE. CrĂ©ation de l’opĂ©ra South Pole à Munich. DurĂ©e : 2h30. Hans Neuenfels, mise en scĂšne. Kirill Petrenko, direction musicale. Orchestre du Bayerirches Staatsorchester. Le dvd de l’opĂ©ra South Pole devrait sortir courant 2017, chez l’Ă©diteur BelAir classiques
En LIRE + sur le site de l’opĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre, OpĂ©ra de Munich

 

 

 

 

South Pole, création lyrique sur Arte

arte_logo_2013Arte. en direct de Munich: South Pole, crĂ©ation, le 31 janvier 2016,23h15. L’OpĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre Ă  Munich (Bayerische Staatoper) accueille une crĂ©ation : South Pole qui Ă©voque la rivalitĂ© de deux explorateurs au long cours, animĂ©s par le mĂȘme objectif : Robert Scott et Roald Amundsen engagĂ©s sĂ©parĂ©ment et simultanĂ©ment Ă  dĂ©couvrir le pĂŽle sud, (d’oĂč le titre du nouvel opĂ©ra). Ce que chacun rĂ©alisera avec les moyens de l’Ă©poque 1911, soit Ă  pieds, par voie terrestre. Au total, du 31 janvier au 11 fĂ©vrier 2016, 5 reprĂ©sentations. Arte diffuse la premiĂšre date, soit la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage composĂ© par le tchĂšque Miroslav Srnka.

 

 

 

South pole : création lyrique sur Arte

 

T.-Holloway_M.Srnka-c-W.-Hösl--600x411Courageuse, dĂ©fricheuse, lyricophile, la chaĂźne franco-allemande Arte dĂ©fend la crĂ©ation prĂ©sentĂ©e fin janvier 2016 par l’OpĂ©ra bavarois Ă  Munich : la partition illustre cette lutte acharnĂ©e entre deux Ă©quipes scientifiques rivales menĂ©es par l’officier de la oyal navy, le britannique Robert Scott et le norvĂ©gien Roald Amundsen pour conquĂ©rir et dĂ©couvrir le pĂŽle sud. DiffusĂ© en lĂ©ger diffĂ©rĂ©, South pole est un ouvrage commandĂ© par l’OpĂ©ra de Munich au compositeur tchĂšque Miroslav Srnka et Ă  l’Ă©crivain australien Tom Holloway (voir notre photo ci dessus). Outre le dĂ©fi exceptionnel que se sont imposĂ©s les deux hommes et leur Ă©quipage (en dĂ©cembre 1911), l’opĂ©ra crĂ©Ă© en janvier 2016 souligne aussi les conditions de l’extrĂȘme auxquelles les deux explorateurs sont confrontĂ©s au coeur d’un continent blanc, aux tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes : l’Antarctique. RĂ©ussir ou mourir.

 

 
south pole opera munich creation mondialeEn dĂ©finitive, c’est Roald Amundsen qui atteint le premier la point convoitĂ©, le 14 dĂ©cembre 1911, quand les britanniques le rejoignent seulement un mois plus tard, le 12 janvier 1912. Malheureusement, sur le chemin du retour, tous les membres de l’expĂ©dition anglaise Terra Nova meurent de froid et de faim. Dans la fosse, arbitre et garant de la bonne tenue artistique de cet opĂ©ra en premiĂšre mondiale, le chef Kirill Petrenko. Le baryton amĂ©ricain, grand diseur chez Mahler ou Strauss, Thomas Hampson incarne l’explorateur victorieux de cette course vers l’impossible et l’inatteignable, Roald Amundsen. Et c’est le tĂ©nor français Rolando Villazon qui chante la partie de son rival malheureux, l’officier britannique Robert Scott.

 

 

 

TĂ©lĂ©, le 31 janvier 2016. CrĂ©ation de l’opĂ©ra South Pole, le 31 janvier 2016, sur ARTE
Durée : 2h30
Hans Neuenfels, mise en scĂšne
Kirill Petrenko, direction musicale
Orchestre du Bayerirches Staatsorchester
Le dvd de l’opĂ©ra South Pole devrait sortir courant 2017, chez l’Ă©diteur BelAir classiques
En LIRE + sur le site de l’opĂ©ra d’Ă©tat de BaviĂšre, OpĂ©ra de Munich

 

 

 

EugÚne Onéguine à Munich

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Munich, OpĂ©ra de BaviĂšre. Tchaikovski : EugĂšne OnĂ©guine. 2<13 mai 2015. 19h. L’opĂ©ra de BaviĂšre Ă  Munich reprend la production provocante dĂ©sabusĂ©e signĂ©e Warlikowski, abordant la tragĂ©die noire d’OnĂ©guine. ScĂšnes lyriques en trois actes et sept tableaux, EugĂšne OnĂ©guine puise son sujet du roman Ă©ponyme de Pouchkine que TchaĂŻkovski avec la collaboration de Constantin Chilovski, adapte pour la scĂšne lyrique. Se poursuivant entre mai 1877 et janvier 1878, la composition de la partition est assez chahutĂ©e. La matiĂšre dramatique de l’ouvrage trouve une rĂ©sonance particuliĂšrement tragique dans la vie personnelle du compositeur. C’est que son Ă©criture est contemporaine de son mariage avec Antonina Milukova, cĂ©lĂ©brĂ© le 6 juillet 1877, lequel s’avĂšre en dĂ©finitive catastrophique en raison de l’identitĂ© homosexuelle du musicien. Au tragique de la relation avortĂ©e, correspond le traumastisme d’un scandale inĂ©vitĂ© et le profond dĂ©sarroi d’un homme terrassĂ© par une effroyable vĂ©ritĂ©.
Au centre de l’action, EugĂšne OnĂ©guine recueille ainsi la terrifiante crise solitaire d’un homme en Ă©chec, dans l’obligation de faire face Ă  lui-mĂȘme et de rĂ©soudre, tout au moins trouver l’apaisement de son ĂȘtre le plus intime. L’opĂ©ra, marquĂ© par ce trauma, et la nĂ©cessitĂ© du refoulement, est achevĂ© pendant un voyage en Italie. TchaĂŻkovski, ĂągĂ© de 37 ans, suit le portrait que donne Pouchkine des trois personnages principaux: Tatiana, OnĂ©guine et Lenski. Trois solitudes, celles de cƓurs dĂ©chirĂ©s, empĂȘchĂ©s, dĂ©calĂ©s
 Tatiana s’ouvre Ă  l’amour que lui refuse OnĂ©guine quand Lenski en un duel imbĂ©cile disparaĂźt le premier. Histoire d’une passion malheureuse, tragique jamais dite et vĂ©cue pour elle-mĂȘme, OnĂ©guine peint le dĂ©sarroi des ĂȘtres impuissants, blessĂ©s, incapables, dĂ©calĂ©s. Les seuls registres qui leur sont propres, sont le remord, l’oubli et l’amertume. Cynique et fier, OnĂ©guine cache en lui-mĂȘme une blessure, la plaie bĂ©ante d’une Ăąme Ă©corchĂ©e. C’est pourquoi, il ne semble pas connaĂźtre de sĂ©rĂ©nitĂ© mais un tourment continu.
Jamais extĂ©rieur ni exhibitionniste, encore moins descriptif, TchaĂŻkovski reste proche de l’esprit de Pouchkine. L’opĂ©ra est l’une des oeuvres les plus intimes jamais Ă©crites. La musique exprime l’intĂ©rioritĂ© des ĂȘtres dont le chant masque le tourment venimeux qui empoisonne leur esprit. MalgrĂ© les critiques Ă©mises lors de sa crĂ©ation, en dĂ©pit des dĂ©tracteurs qui trouvaient l’oeuvre “non scĂ©nique” et peu reprĂ©sentable, en raison justement de son caractĂšre psychologique, EugĂšne OnĂ©guine s’est imposĂ© sur toutes les scĂšnes tant son expressionnisme intĂ©rieur incarne un Ăąge d’or du romantisme russe. L’opĂ©ra est crĂ©Ă© Ă  Moscou, le 29 mars 1879 par les Ă©lĂšves du CollĂšge ImpĂ©rial de musique, puis repris Ă  l’OpĂ©ra ImpĂ©rial (ThĂ©Ăątre du BolchoĂŻ), le 23 janvier 1881
 quelques jours avant que ne soit crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique, Les contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach (le 10 fĂ©vrier 1881).

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EUGENE ONEGUINE, de P.I. Tchaikovsky Ă  l’OpĂ©ra de BaviĂšre, Munich
Les 2,5,9,13 mai puis 26 et 29 juillet 2015

Dan Ettinger, direction musicale
Krzysztof Warlikowski, mise en scĂšne

Heike Grötzinger, Madame Larine
Kristine Opolais, Tatiana
Alisa Kolosova, Olga
Elena Zilio, Filipjewna
Michael Nagy, EugĂšne Oneguine
Alexey Dolgov, Lenski
GĂŒnther Groissböck, Prince GrĂ©mine / Zaretzki
Alexander Kaimbacher, Monsieur Triquet

Le metteur en scĂšne Krzysztof Warlikowski  aborde la comĂ©die amĂšre et tragique de TchaĂŻkovsky : le metteur en scĂšne provocateur et dĂ©lirant transpose l’action russe aux Etats Unis dans les annĂ©es 70 : les Ăąmes dĂ©calĂ©es, dĂ©sespĂ©rĂ©es d’EugĂšne et de Tatiana, pattes d’Eph et rouflaquettes, sans omettre les bonnes lunettes rondes profilĂ©es or exposent leur spleen malĂ©fique, finalement respectueusement au fatalisme noir de Pouchkine. Production crĂ©Ă©e au Bayrische Staatsoper en 2007. LIRE la page EugĂšne OnĂ©guine sur le site de l’OpĂ©ra de Munich

Le Ring de Wagner Ă  Munich

wagner-ring-tetralogie-582-612Munich. Wagner : Le Ring. Du 20 fĂ©vrier au 29 mars 2015. Le Bayerisches Staatsoper de Munich, dans la capitale bavaroise affiche l’intĂ©gralitĂ© de la TĂ©tralogie wagnĂ©rienne dans la rĂ©alisation du duo Kirill Petrenko chef d’orchestre) et Andreas Kriegenburg (rĂ©gie, mise en scĂšne). Dans l’ordre, L’or du Rhin pour le prĂ©lude, puis les 3 journĂ©es : La Walkyrie, Siegfried enfin Le CrĂ©puscule des dieux.  Soit 13 soirĂ©es wagnĂ©riennes. le cycle peut ĂȘtre Ă©coutĂ© dans la quasi continuitĂ© les 22,23,26 et 29 mars 2015. Production dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©e en 2012.

Wagner 2014 : Le Ring nouveau de BayreuthLa TĂ©tralogie raconte sur le registre Ă©pique et universel l’accomplissement de la barbarie et de l’indignitĂ© humaine sur le monde et les hommes. L’ĂȘtre intelligent et faux bĂątisseur (Wotan) construit sa propre perte en imposant ses rĂšgles : manipulation, vol, tyrannie, impĂ©rialisme. Avide et vĂ©nal, le Dieu des dieux se montre parfaitement indigne de son prestige. Pour dĂ©rober l’autoritĂ© qu’il prĂ©tend dĂ©tenir, il a perdu un oeil et s’est taillĂ© une lance dans le bois du hĂȘtre primordial… Ici le pouvoir rend fou et l’amour de l’or, totalement inhumain. Dans L’or du Rhin, l’or pur du fleuve garant de l’Ă©quilibre naturel est dĂ©robĂ© par Alberich, Ă  son tour dĂ©possĂ©dĂ© par… Wotan lequel pour Ă©difier son palais du Walhalla, trompe abusivement les GĂ©ants. A la fin du Prologue, Wotan et sa clique divine monte au sommet : image de l’orgueil dĂ©mesurĂ©, leur ascension annonce dĂ©jĂ  leur chute.
Dans La Walkyrie paraĂźt l’amour, celui du couple Siegmund et Sieglinde, les parents du hĂ©ros Ă  venir : Siegfried. Ils sont tous les deux sacrifiĂ©s sur l’autel du cynisme de Wotan : mais sa propre fillle, la Walkyrie BrĂŒnnhilde ose braver l’ordre du pĂšre. Sieglinde pourra enfanter le hĂ©ros Ă  naĂźtre, mais elle perdra son statut et deviendra simple mortelle, protĂ©gĂ©e par un rideau de feu.
Siegfried raconte l’enfance du hĂ©ros attendu. Comment Alberich son tuteur lui cache sa nature exceptionnelle et mourra sous la lame de son Ă©pĂ©e. Le hĂ©ros qui ne connaĂźt pas la peur, assassine le dragon : il peut rejoindre la Walkyrie sur son rocher pour l’Ă©pouser…
Dans le CrĂ©puscule des dieux, la prophĂ©tie s’accomplit et Wotan doit cĂ©der la place Ă  Siegfried. Pourtant, ce dernier trop naĂŻf et manipulable se laisse berner par le clan de Gibishungen : il trahit BrĂŒnnhilde, et meurt honteusement Ă  la suite d’un complot : sa mort puis l’ample monologue de BrĂŒnnhilde annonçant une Ăšre nouvelle sont les deux temps forts d’une partition parmi les plus rĂ©ussies de tout le cycle.

La Tétralogie wagnérienne à Munich
Der Ring des Nibelungen

agenda
L’or du Rhin,  Das Rheingold
Les 20,27 février puis 11 et 22 mars 2015

La Walkyrie, Die WalkĂŒre
Les 28 février puis 6,14,23 mars 2015

Siegfried
Les 8,16,26 mars 2015

GötterdÀmmerung
Les 20 et 29 mars 2015

Illustrations : Odin par Arthur Rackham, Richard Wagner (DR)

Nouvel Idomeneo de Mozart Ă  Lyon

mozart_portraitLyon, OpĂ©ra. Mozart : Idomeneo. 23 janvier>6 fĂ©vrier 2015. Que valent les dynasties et les ambitions politiques si les rois sous la contrainte (ou l’Ă©preuve) divine, n’hĂ©sitent pas Ă  sacrifier leur propre fils ? IdomĂ©nĂ©e est sauvĂ© par Neptune qui en Ă©change exige un sacrifice : la premiĂšre personne que le miraculĂ© croisera lors de son retour en CrĂȘte sera donc immolĂ©e. Pas de chance, le roi sauvĂ© rencontre son fils Idamante. Horreur d’un dieu cruel, laideur aussi d’un roi trop faible, barbarie d’un destin tragique ; car le courage paie toujours et la jeune princesse troyenne Ilia, amoureuse de surcroĂźt du jeune prince (d’une sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante et pure au II), dĂ©clare ĂȘtre prĂȘte au III pour se sacrifier Ă  la place du fils. Tant d’innocence hardie est rĂ©compensĂ©e par le dieu des mers : IdomenĂ©e est dĂ©chu et le nouveau roi, Idamante Ă©pousera Ilia. Neptune voulait-il Ă©prouver le roi rĂšgnant et dĂ©celer sa faiblesse ? Le jeter Ă  terre pour placer sur le trĂŽne un sang plus noble? MĂȘme s’il profite Ă  terme de la volontĂ© divine, ce n’est pourtant pas Idamante son fils qui exprime le mieux l’intensitĂ© du courage mais plutĂŽt sa fiancĂ©e, la jeune princesse Ilia au soprano ardent, amoureux, irrĂ©sistible. C’est elle qui ose dĂ©fier les dieux au moment oĂč le pĂšre allait sacrifier son fils…

 

 

 

 


Carnaval de 1781 : Mozart Ă  Munich

seria maritime

 

 

Les femmes prennent un relief particulier chez Mozart ; autant la douceur tendre mais dĂ©terminĂ©e d’Ilia Ă©blouit par sa candeur lumineuse, autant sa contrepartie, Electre (Elettra), – souvenir des magiciennes noires et jalouses de l’opĂ©ra baroque terrifie par d’amples imprĂ©cations. AprĂšs le meurtre de sa mĂšre Clytemnestre par son frĂšre Oreste (qui fait tout le sel de l’opĂ©ra de Richard Strauss), Electre se refugie en CrĂȘte. DĂ©vorĂ©e par la haine de sa mĂšre, la princesse tombe cependant amoureuse – vainement- du prince Idamante… :  d’ailleurs l’opĂ©ra s’achĂšve sur le jaillissement impressionnant de la haine d’une manipulatrice dĂ©faite (malheureuse rivale d’Ilia) dont le parti a perdu. Sa figure hideuse, submergĂ©e par la folie (comme MĂ©dĂ©e ou Armide sur son char) contraste avec l’humanitĂ© crĂ©toise rĂ©conciliĂ©e Ă  la fin du drame.
Outre la palette flamboyante des caractĂšres, Mozart ĂągĂ© de 25 ans (!), renouvelle le genre seria (aprĂšs Mitridate de 1770, Lucio Silla de 1772 et avant Titus Ă©crit Ă  la fin de sa vie en 1791) en intĂ©grant, comme une vĂ©ritable synthĂšse, des Ă©lĂ©ments français  (le chƓur est trĂšs prĂ©sent), germaniques dans la conduite d’un orchestre Ă©tonnamment expressif, traducteur de la force des Ă©lĂ©ments marins dans un opĂ©ra qui se dĂ©roule au cƓur de la MĂ©diterranĂ©e. A ce titre, l’ouvrage atteint un souffle symphonique captivant en particulier dans l’enchaĂźnement des Ă©pisodes du II et du III (marche, chƓurs accompagnĂ©s, ballet final). L’intelligence de l’Ă©criture psychologique de chaque protagoniste (superbe quatuor du III), la construction dramatique et musicale fait valoir dĂ©jĂ  Ă  Munich en 1781, une maturitĂ© lyrique Ă©poustouflante. D’autant que contraint d’accepter les directives du librettiste l’AbbĂ© Varesco (qui s’inspire du livret de Danchet pour l’ouvrage de Campra en 1712), soumis aux caprices des solistes plutĂŽt exigeants et changeants, le jeune Mozart n’avait pas la main libre pendant la rĂ©alisation de l’opĂ©ra : sa correspondance avec son pĂšre, trĂšs riche et documentĂ©e, laisse un aperçu fouillĂ© des nombreuses modifications auxquelles dut se soumettre Wolfgang pour plaire aux uns et aux autres…
Mais 5 ans aprÚs son premier triomphe munichois (la Finta Giardiniera, offrant déjà une trÚs fine analyse des passions humaines), Mozart surdoué suscite le contentement de son patron, le Prince Electeur Karl-Teodor de BaviÚre, au moment du Carnaval 1781.

 

 

boutonreservationOpéra de Lyon
Les 23,25,27,29,31 janvier, 2,4,6 février 2015
GĂ©rard Korsten, direction
Martin Kusej, mise en scĂšne
Odinius, Aldrich, Galitskaya, Brimberg, Behr, Jakobsk
Nouvelle production
Pas sĂ»r que la mise en scĂšne de Kusej rĂ©tablisse la poĂ©sie Ă©motionnelle comme le souffle mĂ©diterranĂ©en de l’orchestre. Mais la musique d’une grande finesse mĂ©rite le dĂ©placement.

 

 

La Force du destin de Verdi sur Arte, ce soir. 22h20

arte_logo_2013tezier kaufmannARTE, ce soir, 22h20. Verdi: La force du destin en direct de Munich. La distribution promet vocalement un grand moment : Jonas Kaufmann, Anja Harteros et Ludovic TĂ©zier dans les rĂŽles respectifs des amants maudits fugitifs (Alvaro et Leonoara) et de celui qui les pourchasse, Carlo, le frĂšre de Leonora. On peut certes ĂȘtre sceptique quant Ă  la complexitĂ© du livret d’aprĂšs le roman alambiquĂ© de GuttierĂšs. Mais Le traitement musical que dĂ©veloppe Verdi sĂšme la tempĂȘte et des vertiges irrĂ©sistibles dans le cƓur des protagonistes. CrĂ©Ă© fin 2013 Pour l’annĂ©e Verdi, cette production mise en scĂšne Ă  l’OpĂ©ra de Munich par Martin Kusej accumule les dĂ©calages et les relectures provocantes qui n’aident en rien la lisibilitĂ© de l’action passablement compliquĂ©e. N’empĂȘche, l’engagement de Jonas Kaufmann qui se dĂ©die depuis plusieurs annĂ©es pour Verdi (aprĂšs avoir incarnĂ© Wagner de façon remarquable : Lohengrin, Parsifal
) Ă©lĂšve le niveau du spectacle
  RĂ©alisĂ© par Thomas Grimm (Allemagne, 150mn)… En lire + 

 

Verdi : La Forza del Destino
En direct de l’OpĂ©ra de Munich. Arte, ce soir Ă  partir de 22h25.

 

Avec Anja Harteros, Vitalij Kowaljow, Ludovic Tézier, Jonas Kaufmann, Nadia Krasteva, Renato Girolami, Heike Grötzinger, Christian Rieger, Francesco Petrozzi, Rafal Pawnuk
Costumes : Heidi Hackl
ChƓur : Chor der Bayerischen Staatsoper
Orchestre : Bayerisches Staatsorchester. Asher Fisch, direction.
Metteur en scÚne : Martin Kusej