CRITIQUE, concert. ROQUE D’ANTHERON, le 12 août 2022. Récital Marie-Ange NGUCI, piano. RACHMANINOV, SCRIABINE, PROKOFIEV.

CRITIQUE, concert. ROQUE D’ANTHERON, le 12 aoĂ»t 2022. RĂ©cital Marie-Ange NGUCI, piano. RACHMANINOV, SCRIABINE, PROKOFIEV. Depuis 2020 le Festival International de La Roque d’AnthĂ©ron a expĂ©rimentĂ© des concerts le matin Ă  11h. Le soleil se levant sur le grand amphithéâtre ne permettait pas au public venu en nombre d’être Ă  son aise. Et en cet Ă©tĂ© de canicule cela aurait Ă©tĂ© tout Ă  fait impossible. L’auditorium Marcel Pagnol dans les hauteurs de La Roque, Ă  la place de l’ancienne piscine (regrets ?), est un lieu idĂ©al. Frais et confortable le public Ă©tait nombreux pour le rĂ©cital de la pianiste albano-française Marie-Ange Nguci (prononcer Gucci). Cette toute jeune femme hyper douĂ©e et très diplĂ´mĂ©e fera parler d’elle, c’est certain. Nous l’avions dĂ©couverte bouleversĂ©e et bouleversante, il y a quelques jours, lors de la soirĂ©e d’hommage Ă  Nicholas Angelich / soirĂ©e spĂ©ciale “Les amis de Nicholas”, 10 aoĂ»t 2022.

 

 

Magnifique récital de Marie-Ange NGUCI

 

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Admise dans sa classe à 13 ans, elle a bénéficié de son enseignement une année. Visiblement elle en a beaucoup appris. Comme lui, elle fait avant tout de la musique en se servant de son instrument, le piano, cherchant toute la musique cachée jusque dans la virtuosité la plus folle. Comme lui elle a un toucher capable de légèreté elfique. Son récital d’œuvres rares et belles est somptueux. Avec une maîtrise technique absolue, elle interprète chaque pièce avec une délicatesse inouïe, cherchant tout de la construction de l’œuvre afin de la rendre limpide.
Car si les Variations d’après Chopin de Rachmaninov gardent du thème choisi une certaine séduction, on ne peut pas dire que la Sonate de Scriabine ou celle de Prokofiev sont des œuvres faciles pour le public. Rachmaninov sonne avec des couleurs qui peuvent être éclatantes mais surtout les clairs-obscurs sont délicieusement mis en valeur. Quelles beautés dans la variété de la palette sonore de son piano !
La 5ème sonate de Scriabine est redoutablement complexe. Marie-Ange Nguci nous la rend limpide. Elle sait en tirer toute la musique cachée sous les méandres de tonalités fugaces, les rythmes variés. Quel staccato, quel toucher délicat, quelle puissance. La richesse de son toucher est vertigineuse.
Dans la Sonate n°6 de Prokofiev, la pianiste rajoute la noirceur, la méchanceté et la cruauté de la guerre comme le sarcasme propre à la musique de Prokofiev. Mais là également la musique règne et jusqu’à la toute dernière goutte, la musique de ces pages vertigineuses est débusquée par cette interprète incroyablement perspicace.
Marie- Ange Nguci a 24 ans. Elle est une musicienne accomplie, son jeu est d’une richesse incroyable. Nous la suivrons et vous entendrez parler d’elle, c’est certain, Marie-Ange Nguci voici un nom à retenir !

 

 

 

 

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CRITIQUE, concert. ROQUE D’ANTHÉRON, le 12 août 2022. Auditorium Centre Marcel Pagnol. Récital Marie-Ange NGUCI, piano. Serge Rachmaninov (1873-1943) : Variations sur un thème de Chopin Op.22 ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Sonate n° 5 en fa dièse majeur Op.53 ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate n°6 en la majeur Op.82.  Photo : © Valentine Chauvin
 

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Autre critiques, concerts de Marie-Ange Nguci :

LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction : https://www.classiquenews.com/concert-live-streaming-critique-lille-sam-17-avril-2021-orchestre-national-de-lille-mozart-concerto-pour-piano-n21-marie-ange-nguci-piano-david-reiland-direction/

 

 

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LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022. Dim 12 juin 2022, 16h : Marie-Ange Nguci, piano (Chopin, 6è de Prokofiev, Saint-Saëns…)
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2022-critique-concerts-du-12-juin-2022-ma-nguci-o-latry/

 

 

 

 

 

 

LILLE PIANOS FESTIVAL 2022. Le 11 juin 2022, Mozart, De Falla. Nguci, Jáuregui / Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, direction.

LILLE PIANOS FESTIVAL 2022. Le 11 juin 2022, Mozart, De Falla. Nguci, Jáuregui / Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, direction   -   Après le concert d’ouverture dirigé par Alexandre Bloch, auquel nous n’avons pu hélas assister, voici le second grand concert symphonique du Festival Lillois. D’emblée dans le n°21 de 1785, Marie-Ange Nguci s’empare de la grâce mozartienne avec un investissement très personnel, sans maniérisme aucun, en un geste droit, franc, caressant. Sa nature la porte vers l’intériorité et les chants indicibles. Ainsi, l’Allegro maestoso, son allure de marche à pas feutrés expose le jeu pianistique tout en insouciance heureuse, d’autant plus souple et lumineuse que la fusion entre orchestre et soliste est totale. L’Andante déploie son climat de plénitude suspendue, de chant tendre et enivré, celui d’un nocturne paradisiaque. Dans le Finale (allegro vivace assai), la soliste galvanisée par le cadre orchestral, précis et clair sous la baguette de JC Casadesus, ajoute cette touche bien calibrée d’espièglerie savoureuse.

 

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Avant de quitter la scène, Marie-Ange Nguci offre un splendide bis qui dĂ©voile l’éloquence athlĂ©tique de sa main gauche, uniquement sollicitĂ©e. Impressionnante gageure technique. Le public lillois suit la maturation et l’essor d’un nouveau talent du clavier : ampleur et goĂ»t du risque animent la silhouette Ă©lĂ©gante de celle que Classiquenews avait dĂ©jĂ  distinguĂ©e lors du prĂ©cĂ©dent festival lillois intĂ©gralement diffusĂ© sur internet : c’était le 17 avril 2021. Et dĂ©jĂ  le 21ème de Mozart (Lire notre critique ici : https://www.classiquenews.com/concert-live-streaming-critique-lille-sam-17-avril-2021-orchestre-national-de-lille-mozart-concerto-pour-piano-n21-marie-ange-nguci-piano-david-reiland-direction/ )

En seconde partie de programme, nouvelle interprète, la pianiste catalane Judith Jáuregui dans les flamboiements crépusculaires d’une partition atypique de Manuel De Falla : « Nuits dans les jardins d’Espagne ».

 

 

 

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En dépît de leur forme tripartite, les 3 « nocturnes » formant les Nuits d’Espagne (1915) n’ont rien à voir avec la forme traditionnelle du concerto classique : comme une guitare amoureuse (riche en trilles et arpèges), les doigts de Judith Jáuregui caressent le clavier et délivrent les fameuses « impressions » amplifiées par le velours d’un orchestre somptueux (tissant de fait comme un cocon d’ondes capiteuses et évocatrices surtout dans les 2 premiers épisodes) ; à Paris, De Falla se montre proche d’Iberia de Debussy et aussi des Variations d’après Paganini de Rachmaninov, la forme libre, presque fantasque et l’univers de rêverie imprévisible rappelant pour beaucoup le développement en rhapsodie. La pianiste évoque l’imagerie exotique de cette contemplation envisagée ici comme une déambulation féerique : le Generalife, ou résidences d’été des rois maures, puis la Dansa lejana affirment leur caractère enchanté, avec dans le second mouvement, l’éclat particulier des bois (baguette fine, caressante et détaillée de Jean-Claude Casadesus). Les « jardins cordouans » conclusifs, (rondo à refrain) accorde un relief spécifique à l’orchestre, à la fois onirique et rutilant, comme un Watteau de nuit, à la façon d’une fête de nuit (versaillaise) dont cependant les effets de « zambras » gitanes rappellent la couleur ibérique, comme le chant du piano solo, introduit par les cors somptueux, cite un motif clairement andalou. Tout est évocation, suggestion, d’une volupté heureuse et dansante, puis murmure évanescent que referme un ultime spasme orchestral.

Chef, instrumentistes, solistes sont unis en un même élan, accordés au même souffle ; l’orchestration éblouissante et les harmonies délicates indiquent une parenté ravélienne, hautement « impressionniste » à laquelle le jeu de la soliste,tout en rondeur et crépitements, rétablit aussi la fluidité aérienne, énoncée comme une improvisation naturellement accordée à l’orchestre.
On savoure l’essor de cet enchantement impressionniste avec d’autant plus de plaisir que cohĂ©rence assumĂ©e de la programmation ou non, ce « premier impressionnisme » allait ĂŞtre davantage creusĂ© lors du concert de clĂ´ture, dans la houle non moins enchanteresse des timbres d’époque de l’Orchestre Les Siècles, le lendemain soir, mĂŞme lieu mĂŞme heure, dans les 3 volets symphoniques de La Mer de Debussy. Photos : Ugo Ponte / ON LILLE – Orchestre National de Lille

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022. Dim 12 juin 2022, 11h puis 16h : L’Apprenti (pas) sorcier / Marie-Ange Nguci, piano.

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022. Dim 12 juin 2022, 11h puis 16h : L’Apprenti (pas) sorcier / Marie-Ange Nguci, piano   –   Fidèle Ă  son offre très grand public, l’Orchestre National de Lille soigne tous les publics, dont les familles et les jeunes oreilles. Le spectacle proposĂ© en famille auprès des jeunes mĂ©lomanes est emblĂ©matique d’une formule qui fonctionne. Ce dimanche 12 juin, Ă  11h, dans le vaste Auditorium du Nouveau Siècle, les enfants accompagnĂ©s de leurs gĂ©niteurs ne savent pas encore qu’ils vont participer, mains levĂ©es, chorĂ©graphies Ă  l’appui Ă  une « battle » les opposant Ă  leurs parents : de quoi prendre leur revanche contre l’ordinaire domestique.

 

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« L’apprenti sorcier [le jeu pas sorcier] » permet une immersion interactive et participative dans la partition de Paul Dukas. On reste toujours Ă©tonnĂ© par la crĂ©ativitĂ© des auteurs pour concevoir des spectacles de sensibilisation Ă  destination du jeune public et de leur parents (ici Sybille Wilson, texte et mise en scène). L’entrain de Maureen Dor (en animatrice, juge et guide), la vitalitĂ© des 6 instrumentistes (ensemble Kheops), pour certains dĂ©tachĂ©s de l’Orchestre National de Lille, … rĂ©alisent une performance qui est une excellente porte d’entrĂ©e pour dĂ©couvrir ou rĂ© estimer l’Ĺ“uvre de Dukas, sommet de la crĂ©ation française dan l’art de construire un drame en musique
Les jeunes oreilles sont invitĂ©es Ă  reconnaĂ®tre et mimer (en tempo svp) les thèmes de l’Apprenti, du Sorcier, du balai, de l’eau… Chacun apprend Ă  identifier chaque timbre et aussi ce qui est exprimĂ© et qui fait sens dans les combinaisons des instruments : flĂ»te et violon, violoncelle et harpe, l’agile clarinettiste, le piano non moins complice…

Une chorĂ©graphie de bras et de jambes, impliquĂ©es, engagĂ©es dans le dĂ©roulĂ© de la joute, accompagne les temps forts de l’action musicale. On sort conquis par un spectacle de moins d’une heure ; format parfait pour sensibiliser les enfants Ă  la magie du classique, au difficile jeu de l’Ă©coute car il reste difficile de capter sur la durĂ©e la concentration et l’attention des jeunes. Pari rĂ©ussi, idĂ©alement rĂ©alisĂ© sur la scène du Nouveau Siècle. Photo Jeune public @Ugo Ponte / ON LILLE Lille Piano(s) Festival 2022.

 

 

 

 

 

 

16h : RĂ©cital de Marie-Ange Nguci, piano
L’événement suivant (16h) est le récital de la pianiste Marie-Ange Ngucci (24 ans), sur la même scène du Nouveau Siècle, jeune et belle sensibilité déjà suivie et écoutée en avril 2021, entre autres, à l’occasion d’un concert en live streaming, sous la direction de David Reiland (LIRE ici notre critique du concert MOZART, Live streaming, ON LILLE / MA Nguci, sam 17 avril 2021 :
http://www.classiquenews.com/concert-live-streaming-critique-lille-sam-17-avril-2021-orchestre-national-de-lille-mozart-concerto-pour-piano-n21-marie-ange-nguci-piano-david-reiland-direction/.

NGUCI marie angeSon Chopin (Rondo en Mi bĂ©mol Majeur op.16) entre rĂŞve et fureur, souligne la capacitĂ© d’écoute intĂ©rieure de l’interprète ; une constante sensibilitĂ© Ă  rĂ©vĂ©ler les champs sous-jacents de la partition, en une extase coloratoure souvent Ă©perdue, toujours caressĂ©e, d’une grande Ă©lĂ©gance pudique   -   A contrario, le Prokofiev (Sonate n°6 en La Majeur) cultive les saillies et contrastes, âpres et syncopĂ©s dont le climat d’inquiĂ©tude Ă©trange, sur le fil, inspire un jeu interrogatif, droit, tendu, parfois grave. La digitalitĂ© versatile rĂ©sonne alors comme une machine au bord du dĂ©règlement, avant que le 3ème mouvement (nocturne plus apaisĂ©) questionne mais tout en tendresse, la tension accumulĂ©e depuis le dĂ©but. Comme une rĂŞverie fragile, suspendue dont l’enchantement est d’une volubilite dĂ©lirante. Le feu pianistique assume l’épanchement parfois virulent, comme un sortilège qui s’accomplit. Le dernier mouvement, pur scherzo, affirme une suractivitĂ© rythmique faussement insouciante, rien que nerveuse et intranquille. Ses 3 notes rĂ©pĂ©tĂ©es, furtives, ciselĂ©es comme un Ă©noncĂ© sec ouvrent sur l’une des courses poursuites dont Prokofiev a seul le secret, entre angoisse, terreur, sidĂ©ration, et ce que n’oublie pas d’ajouter Marie Ange Nguci : hallucination cauchemardesque… La vision et la technique fusionnent pour exprimer la richesse d’une kalĂ©idoscope sonore passionnant.

Enfin, Les Cloches de Las Palmas et la Toccata de Saint-Saëns ((extraits des 6 Études op.111) rappellent l’acuité et l’originalité du génie de celui qui fut aussi un immense pianiste et un voyageur insatiable. Le Globe-trotteur brosse en traits lyriques, plein de panache, un paysage lumineux. Le jeu de la pianiste convainc par sa virtuosité scintillante et picturale ; sa vision aérée, puissamment architecturée qui soigne aussi crescendos passionnés et pianissimi suggestifs. L’approche se libère davantage encore dans le 2ème mouvement, qui ne manque ni de swing ni de caractère ; il se réalise dans une virtuosité brillante et souple, à l’éloquence ductile et chantante auquel l’énergie de la pianiste apporte aussi une étonnante tension échevelée presque parodique… double, triple nuance qui révèle peu à peu une maturité qui se précise. La présence, le charisme sans chichi sont d’autant mieux appréciés que Marie-Ange Nguci remplace ainsi le récital « Echoes of Life » par Alica Sara Ott, initialement annoncée mais qui a dû renoncer car souffrante. Portrait de Marie-Ange Nguci de face © Caroline Doutre.

CRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022, prĂ©sentation, Ă©dito

lille-pianos-festival-2022-classiquenews-concerts-VIGNETTECRITIQUE. LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 – les 11 et 12 juin 2022. C’est une Ă©dition Ă  la fois diverse et flamboyante qui s’est dĂ©roulĂ©e le week end dernier (au soir du vendredi 10, puis les samedi 11 et dimanche 12 juin 2022). DĂ©sormais inscrit chaque annĂ©e, dans l’agenda lillois de juin, LILLE PIANO(S) FESTIVAL porte bien son nom : cĂ©lĂ©brer la magie du piano tout en Ă©largissant au maximum ses champs artistiques ; ce sont tous les claviers qui sont sollicitĂ©s et proposĂ©s au grand public (clavecin, orgue, accordĂ©on…) et dans tous les genres y compris l’électro, le rap, le jazz ; mĂŞme la danse Ă©tait conviĂ©e Ă  La Convention Publique, nouveau partenaire, Ă©toffant une palette de lieux ainsi investis, partout dans Lille : Conservatoire, CathĂ©drale Notre-Dame de la Treille, Gare saint-Sauveur, Temple, et Ă©videmment l’Auditorium du Nouveau Siècle, centre nĂ©vralgique de toutes les initiatives et rĂ©sidence de l’Orchestre National de Lille, concepteur de l’évĂ©nement : en son sein, se sont dĂ©ployĂ©s les tempĂ©raments les plus divers et affirmĂ© des sĂ©quences Ă  prĂ©sent mĂ©morables.
Le Festival lillois cultive ainsi l’ouverture, l’accessibilité, la curiosité ; c’est un laboratoire de la sensibilité où le festivalier peut être surpris, enrichit son rapport à la musique grâce à la diversité des formats et des dispositifs artistiques qui lui sont accessibles ; c’est une ruche foisonnante qui propose de multiples événements ; un régal pour les amateurs et les connaisseurs. Une plateforme ouverte, certainement visionnaire dans sa capacité à se renouveler et à surprendre. Chacun y explore ou retrouve des interprètes et des répertoires habilement croisées, dont la richesse étonne à chaque édition.

 

 

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Éclectisme et excellence

 

 

TEMPS FORTS 2022 : Benjamin Grosvenor, Bertrand Chamayou et Les Siècles. Parmi les temps forts de cette édition 2022, distinguons parmi une offre pléthorique de tempéraments et de caractères… le récital du britannique Benjamin Grosvenor (samedi 12 juin) : presque trentenaire, le formidable acrobate a confirmé sa géniale spécificité ; haute technicité, intelligence dramatique, hypersensibilité expressive. Un nouvelle étoile du clavier à n’en pas douter. Et dans un programme aussi remarquablement contrasté, redoutable qu’équilibré.
Belle prestation également du 1er Prix au Concours Reine Elisabeth 2021, Jonathan Fournel (Brahms : Sonate n°3) ; puis Marie-Ange Nguci et Judith Jauregui jouant avec les instrumentistes du National de Lille sous la direction de leur fondateur Jean-Claude Casadesus. Ajoutons, enfin deux autres programmes plus que convaincants (dim 12 juin): le récital d’Olivier Latry sur l’orgue de ND de la Treille, grand moment de lévitation mystique (JS Bach, Franck, Vierne, Messiaen,…) et apothéose annoncée ayant tenu ses promesses, le concert de clôture défendu par Bertrand Chamayou jouant un Pleyel historique début XXè et l’Orchestre Les Siècles, invité cette année dont les couleurs et les associations de timbres, ciselées, électrisées par leur chef, François-Xavier Roth, ont dépoussiéré et régénéré Franck puis Debussy (La Mer) : un miracle symphonique comme on en vit rarement au cours d’une saison musicale. Ce concert reste notre coup de coeur (avec le récital du désormais incontournable Benjamin Grosvenor).

 

 

 

 

NOS CRITIQUES. Retrouvez ci après, les compte rendus spécifiques à chaque programme auquel nous avons assisté. Critiques à venir ici … :

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 :

 

 

CONCERTS du samedi 11 juin 2022
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Lille, Nouveau Siècle / Récital de Benjamin GROSVENOR : Franck, Albéniz, Ravel.

Lille, Nouveau Siècle / Concert symphonique : MOZART (Concerto n°21), De FALLA (Nuits dans les jardins d’Espagne) – Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, Marie Ange NguciJudith Jáuregui.

Lille, Nouveau Siècle / Récital de Vanessa Wagner : Debussy, création des 7 Préludes / Preludios d’Alex Nante, compositeur en résidence à l’Orchestre National de Lille

 

 

CONCERTS du dimanche 12 juin 2022
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Lille, Nouveau Siècle / Spectacle Jeune Public, d’après L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas / RĂ©cital de Marie-Ange Nguci : Chopin, Prokofiev, Saint-SaĂ«ns

Notre-Dame de la Treille : récital d’Olivier Latry, orgue. JS BACH, Franck, Vierne, Messiaen

Lille, Nouveau Siècle / concert de clĂ´ture : Franck (Les Djinns, Variations Symphoniques), Debussy (La Mer) – Bertrand Chamayou, Les Siècles, FX Roth.

 

 

 

 

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DIFFUSION

Ce 21 juin 2022 en soirée la chaîne de radio locale France Bleu Nord diffuse le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann).
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Rentrée 2022 :
L’audito 2.0, la chaîne youtube de l’ON LILLE, Orchestre national de Lille diffuse cet automne le concert du jazzman Isfar Arabski et Judith Jauregui avec le quatuor Gerhardt. Dates et annonces à venir sur classiquenews

Mezzo diffuse cet automne également les 2 concerts précédemment cités et aussi le concert d’ouverture du Lille Piano(s) Festival 2022 : Orchestre national de Lille et Alexandre Bloch avec Francesco Piemontesi (Concert pour piano de Robert Schumann, The messenger de Silvestrov).

 

 

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Crédits photos : ON LILLE Orchestre national de Lille / © Ugo Ponte

 

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CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. Concert en live streaming au format raisonnable, un seul Concerto pour piano… mais quelle œuvre : du pur Mozart ; grave et tendre, c’est à dire bouleversant, capable de faire imploser l’esthétique galante par une intelligence versatile qui multiplie les champs de vision et les climats émotionnels les plus contrastés. Ce n°21 est certainement le moins conforme des Concertos de Wolfgang. Relevant les défis multiples d’une œuvre inclassable et complexe, déjà pleinement romantique (pourtant datée de février 1785), l’Orchestre National de Lille invite deux tempéraments accomplis, ambassadeurs inspirés de la psyché mozartienne : le chef David Reiland et la jeune soliste Marie-Ange Nguci, déjà sollicitée en juin dernier au Lille Piano(s) Festival 2020. Cette seconde présence, en dialogue avec les instrumentistes lillois sonnent comme la confirmation de la révélation éprouvée en 2020.

Entre grâce et majesté, profondeur et brio, Mozart conçoit une tragédie inscrite au cœur, tempête intérieure dans laquelle le chant ténu, cristallin, précis et intense de la pianiste tente de se reconstruire au diapason d’une résistance maintenue malgré la passion éruptive de ce mouvement panique initial. Toute la finesse de la pianiste éclaire ce mariage ineffable entre lucidité, tendresse, mélancolie et gouffre d’angoisse. Autant d’exaltation et de peine éperdue préfigure les éclairs des 3 dernières symphonies (à partir de 1788).
Entre sensibilité voire abandon, élégance et profonde voire grave tendresse, Marie-Ange Nguci masquée, éblouit par un jeu vif argent, viscéralement ancré dans la langueur, la conscience, un legato qui répare et console. La vibration intérieure se déploie ici dans les variations du premier mouvement dont la jeune pianiste fait un aria riche en crépitements et nuances, alliant passion et pudeur. Aucun doute, l’interprète éclaire ce romantisme à l’œuvre chez Mozart, d’autant que le chef David Reiland redouble de précision et de souplesse, en fin mozartien qu’il est (cf compte rendu du concert Mozart / Ravel, Arsenal de Metz, nov 2019).

 

 

 

La magie mozartienne par l’Orchestre national de Lille

Entre juvénilité et tendresse, gravité et fureur,
Marie-Ange Nguci éblouit dans le Concerto n°20 de Mozart

 

 

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Le mouvement central (noté « ROMANCE »), l’un des plus bouleversants de la littérature mozartienne (usé jusqu’à l’abus par les cinéastes de tout poil) déploie l’ivresse d’un clavier qui s’adoucit en dialogue avec les bois, mais sait mordre et rugir porté par l’accent des cordes ; sur le tapis des cordes bondissantes, murmurées, la pianiste s’accorde des instants suspendus, magiciens ; sa gravitas sobre, son sens de l’urgence (en sol mineur comme l’agitation de la symph 40 de juillet 1788), sa gestion des silences indiquent une maturité déjà entière.
Le FINALE (Rondo) irradie d’éclairs dramatiques et de fureur romantique grâce à l’acuité et la vivacité précise que sait susciter la direction du chef dont on soupçonne une attention particulière au raffinement des timbres, à leur équilibre, à la vivacité de leur subtil mélange, conçu par un Mozart, aussi gourmet que gourmand (jeu de la flûte, des hautbois, des bassons, en dialogue avec le piano enivré, extatique, comme en état de transe émerveillée et toujours attendrie)…
Le fini sonore et cette éloquence électrique rapprochent soudainement le Concerto n°21 du Mozart des planches lyriques, celui de Don Giovanni à venir (1787) comme de Cosi.
La dernière variation affirme l’absolu de la plénitude comme de la solitude d’un piano tendre et crépitant au jeu naturel et coulant, qui au contact des bois complices galope enfin dans les champs élyséens ; magie de la suprême légèreté, virtuose et précise, mesurée et souple, celle d’un enfance qui a jailli, lumineuse insouciance, sans entraves ni contraintes, après de sombres pressentiments, de terribles effondrements.

LILLE PIANOS fESTIVAL 2020 : l'événement digital en direct sur YOUTUBESuperbe récital qui confirme le talent volubile, profond, de Marie-Ange Nguci : ce 2è concert avec l’Orchestre National de Lille confirme le premier (en solo), lors du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020) : la jeune artiste éloignée des montreurs d’agilité creuse, a pour elle, un feu intérieur qu’elle tirera bénéfice à cultiver dans cette tension et cette simplicité ; un tempérament musicien qu’il faut désormais suivre absolument.

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CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. REVOIR le concert en REPLAY sur le chaĂ®ne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, ICI

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LIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND

NGUCI-Marie-ange-piano-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille-streaming-liveLIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND. Programme Ă©vĂ©nement ce samedi grâce Ă  la complicitĂ© de l’Orchestre National de Lille et du chef (actuel directeur musical de l’Orchestre national de Metz), David Reiland : l’Auditorium du Nouveau Siècle affiche en direct samedi Ă  partir de 20h, l’un des concertos les plus Ă©blouissants de Mozart, son n°20 : frappĂ© du sceau de l’urgence, de la gravitĂ©, de la profondeur et de l’élĂ©gance… mozartienne. Il faut un toucher de velours qui sait aussi mordre pour exprimer l’écriture Ă  la fois tendre et tragique du compositeur. En fĂ©vrier 1785, Wolfgang est l’auteur le plus en vue de Vienne, capable d’un prodige alliant tendresse ineffable et grandeur sombre ; Haydn s’inclinera alors devant la partition et dĂ©clare Ă  Leopold, le père de Mozart : « votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». Le raffinement de l’orchestration, la partie jamais « bavarde » ou strictement virtuose du piano, la volubilitĂ© des atmosphères, contrastĂ©es qui se succèdent avec naturel et mĂŞme vertige, indiquent la maturitĂ© de Wolfgang qui choisit la mĂŞme tonalitĂ© que l’ouverture du futur opĂ©ra « Don Giovanni » dès le dĂ©but du Concerto. Un souffle intensĂ©ment dramatique saisit immĂ©diatement l’auditeur (Allegro). Le point d’accomplissement de la partition demeure le mouvement central ou « Romance » , ample prière suspendue, touchĂ©e par la grâce d’une inspiration qui regarde au delĂ  du rĂ©el, qui exprime au delĂ  de tout sentiment terrestre. Le Rondo final laisse se libĂ©rer l’invention parfois tumultueuse d’un esprit Ă  vif : Mozart exprime tous les sentiments humains en un drame aussi intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Il s’émancipe de la frivolitĂ© du style galant pour atteindre une profondeur nouvelle, prĂ©-romantique. La fin semble d’une allĂ©gresse insouciante jusqu’au dernier accord, singulier qui interroge (rĂ©/do dièse) : ainsi est la facĂ©tie mozartienne, trouble, ambivalente, multiple voire insondable Ă  l’égal du choix du rĂ© mineur pour ce rondo Ă©tourdissant, bouleversant. Une richesse allusive qui suscite l’interrogation. Est ce la raison pour laquelle le n°20 fut apprĂ©ciĂ© et jouĂ© par Beethoven (qui Ă©crivit mĂŞme sa propre cadence), inaugurant une passion que partageront (Ă  juste titre) Brahms, Clara Schumann, Busoni… ?

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La jeune pianiste française Marie-Ange Nguci retrouve ainsi LILLE dont elle était la révélation du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL (juin 2020) : on se souvient qu’en plein confinement de la culture, dans la stricte observation des mesures sanitaires, l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE proposait alors un festival 100% digital dont CLASSIQUENEWS a rendu compte des programmes principaux :
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020/

Aux côtés de Jonathan Biss (direct depuis Philadelphie), Jean-François Zygel (improvisant d’après Beethoven), David Kadouch dans un formidable concert de clôture, Marie-Ange Nguci affirmait son tempérament lunaire et cristallin dans un programme personnel (Bach / Busoni), Beethoven, Ravel, Scriabine.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020« Fulgurant, mordant et d’une étonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci écoute la matière, fait surgir des élans murmurés d’une poétique étrange, liquide, suspendue, auxquels répondent des déflagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival émotionnel permanent, contrôlé, scintillant… », écrivions-nous lors du LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020. LIRE ici nos comptes rendus du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 :
http://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020-ledition-100-digitale/

Ambassadrice des la profondeur mozartienne, l’interprète devrait dévoiler toute la palette de sa déjà riche sensibilité, d’autant plus sous la baguette d’un chef lui aussi mozartien jusqu’au bout des ongles, l’excellent David Reiland.

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VOIR le concert MOZART : Concerto pour piano n°20ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-AUDITO-2.00-concert-digital-en-direct-depuis-l-auditorium-du-nouveau-siecle-lille-annonce-critique-concert-classiquenews
Marie Ange NGUCI, piano
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
David Reiland, direction
https://www.youtube.com/watch?v=WPvxff5nKEg&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

LIRE le programme de salle ici :
https://bit.ly/MozartConcertoONL​

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RETROUVER les concerts digitaux de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
sur la chaîne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / «  AUDITO 2.0 », la salle de concert numérique de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :
https://bit.ly/2INlAIg

RETROUVER LA PROCHAINE PROGRAMMATION du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2021
ici : www.lillepianosfestival.fr

 

 

 

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©dition digitale pionnière sur YOUTUBE

lille-pianos-festival-digital-en-direct-sur-youtube-classiquenewsLILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 : l’Ă©vĂ©nement tout digital du mois de juin 2020 (12, 13, 14 juin 2020). L’Orchestre National de Lille offre en accès direct sur youtube tous les concerts de l’Ă©dition 2020 ; une Ă©dition placĂ©e sous le signe du talent et de Beethoven. Suivez ici en direct, les concerts du LILLE PIANO(S) FESTIVAL : Alexandre Kantorox, Marie-Ange Nguci, David Kadouch, … l’improvisateur et pĂ©dagogue Jean-François Zygel qui nous parle de Ludwig Beethoven, dont le Festival joue, 250 ème anniversaire de la naissance oblige en 2020, l’intĂ©grale des Sonates pour violoncelle et piano(Jonas Vitaud, Victor Julien-Laferrière), le 3è Concerto pour piano et orchestre, avec l’Orchestre National de Lille sous la direction d’Alexandre BLOCH (version inĂ©dite pour orchestre de cordes)… DIRECT Ă©vĂ©nement sur YOUTUBE ici / chaine Youtube de l’ON LILLE Orchestre National de Lille

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Et tous les replays de l’Orchestre National de Lille : FĂŞte de la musique (21 juin 2020), programmes pour les petits et les familles, Que se passe-t-il dans la tĂŞte du chef d’orchestre ?, les feuilletons pĂ©dagogiques, la tournĂ©e de l’ONL en Angleterre…

 

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