CRITIQUE, LIVE STREAMING, concert. LEIPZIG, BACHFest, le 20 juin 2021. BWV 21; Magnificat BWV 243 / Thomasnerchor Leipzig

BACH FEST LEIPZIGCRITIQUE, LIVE STREAMING, concert. LEIPZIG, BACHFest, le 20 juin 2021. BWV 21; Magnificat BWV 243. Dernier concert du Festival BACH de Leipzig 2021, dans la ville mĂȘme et dans le lieu emblĂ©matique de l’activitĂ© de BACH comme directeur musical, l’église Saint-Thomas. Depuis le XVIIIĂš, la maĂźtrise de garçons (Thomanerchor Leipzig) perpĂ©tue l’activitĂ© chorale dont le Cantor Ă  son Ă©poque Ă©tait responsable : divisĂ©s en 3 chƓurs, les garçons encadrent le chef ; Ă  sa droite et Ă  sa gauche, les plus jeunes d’entre eux, se formant, se familiarisant avec l’expĂ©rience du jeu collectif en public ; engagĂ©s, vivants, leur tenue assure toute la valeur de l’approche, dirigĂ©e par l’actuel directeur musical Ă  Saint-Thomas : Gotthold Schwarz (et sa tignasse capillaire digne de 
 Liszt). C’est donc une cĂ©lĂ©bration qui met aussi la transmission et la continuitĂ© au devant de la scĂšne.
PortĂ©s par l’énergie pĂ©tulante de la BWV 21 « Ich hatte viel BekĂŒmmernis / Mon coeur Ă©tait plein d’affliction » composĂ©e le 17 juin 1714 (Weimar) soit pour le 3e dimanche aprĂšs la TrinitĂ©, les jeunes chanteurs dĂ©montrent un plaisir rafraĂźchissant, un chant direct et franc. C’est un temps de rĂ©jouissance oĂč le croyant fusionne avec JĂ©sus en un duo des plus polissĂ©s, davantage conversation Ă©perdue que confrontation compassĂ©e ; en rĂ©alitĂ©, dialogue lumineux et vivant, des plus intimes sur un continuo dansant et Ă©purĂ© (orgue, clavecin, 2 violes) : basse et soprano exaltent cette exaltation assumĂ©e. Bach compose une Ɠuvre festive, de cĂ©lĂ©bration heureuse comme le soulignent aussi les 2 airs du tĂ©nor dont la joie sĂ»re et sereine, rayonne ; comme le dernier choeur surtout l’affirme avec une plĂ©nitude conquĂ©rante presque fracassante.

Pause musicale et protocolaire ensuite, initiĂ©e avec le PrĂ©lude et Fugue BWV 547, grandiose portique qui tutoie les Ă©toiles, le Ciel, jusqu’à Dieu lui-mĂȘme, d’une passionnante Ă©nergie par Ton Koopman au grand orgue de Saint-Thomas. Puis remise de la mĂ©daille de la ville Ă  deux personnalitĂ©s mĂ©ritantes pour service rendus au sein de la Bach Archive (fondĂ©e en 1950) : Dr. Hans-Joachim Schulze et Prof. Dr. Dr. h. c. mult. Christoph Wolff.

 
 

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Annekathrin Laabs (alto), Patrick Grahl (ténor) / DR

 

 

Sur une sĂ©lection des textes de Saint-Luc, le Magnificat est en soi une totalitĂ© agissante, une cathĂ©drale sonore Ă  l’équilibre remarquable tant chacun de ses volets, comme les parties d’un retable idĂ©al, diffuse une diversitĂ© caractĂ©risĂ©e pour entre autres ses 5 solistes requis: airs pour soprano I et II, pour basse, pour tĂ©nor ; duo alto et tĂ©nor ; trio pour les 2 sopranos et l’alto (« Suscepit Israel » avec hautbois)
 Bach y cisĂšle chaque acte vocal comme une priĂšre individuelle, aux cĂŽtĂ©s de sa puissante Ă©criture contrapuntique dont la fugue finale Ă  5 parties (avant le Gloria Patri de conclusion) offre une ampleur Ă©poustouflante. ChantĂ© en latin (et non pas en allemand), le cycle diffuse une sĂ©rĂ©nitĂ© communicative, une joie rayonnante qui porte trompettes et choeurs angĂ©lique dĂšs le dĂ©but oĂč rient aussi la dĂ©licate touche des 2 hautbois et des 2 traversos. Typique de Johann Sebastian, la succession des airs des deux sopranos : le premier resplendit d’une joie inflexible ; le second (sop 1) est plus grave, sombre, exprimant les doutes du croyant (en conversation avec le hautbois). Deux faces de la dĂ©votion oĂč surgit le choeur survoltĂ© qui vient comme interrompre l’air 2, par une urgence gĂ©niale (« Omnes generationes »).
La gravitĂ© sort de l’ombre dans le sublime duo alto / tĂ©nor (« Et misericordia ejus a progenie in progenies timentibus eum » / Son amour s’étend d’ñge en Ăąge
) rĂ©vĂ©lant la source de misĂ©ricorde de JĂ©sus. Le choeur Ă©tincelant (avec trompettes) « Fecit potentiam » affirme la puissance divine avec un sens tonitruant ; dramatique, agitĂ©, l’air pour tĂ©nor dĂ©coche lui aussi ses flĂšches ardentes, celle d’un dieu juste et Ă©galitaire qui foudroie les injustices (« DepĂłsuit potĂ©ntes de sĂ©de, et exaltĂĄvit hĂșmiles » / Il renverse les puissants de leurs trĂŽnes, il Ă©lĂšve les humbles) ; rĂ©jouissante alto dans l’air qui suit « EsuriĂ©ntes implĂ©vit bĂłnis et dĂ­vites dimĂ­sit inĂĄnes » / Il comble de biens les affamĂ©s, renvoie les riches les mains vides-, qui sait articuler le texte avec d’autant plus de souple intelligibilitĂ© que les deux traversos qui l’accompagnent, dessinent le plus aimable des cheminement dans la certitude.
Le trio des 3 voix fĂ©minines (« SuscĂ©pit IsraĂ«l pĂșerum sĂșum, recordĂĄtus misericĂłrdiĂŠ sĂșÊ » / li relĂšve IsraĂ«l, son serviteur ; il se souvient de sa misĂ©ricorde) est un acte d’amour, dont la grandeur est restituĂ©e dans le choeur fuguĂ© Ă  5 voix (Sicut locutus ), puis transcendĂ© par le vertigineux Gloria final, parfaitement dansant et rĂ©jouissant dĂšs la section « Sicut Ă©rat in princĂ­pio  », qui est la reprise de l’introduction. Ce dernier concert s’inscrit dans la joie et l’engagement. Vite le rendez-vous est pris pour 2022 !

  

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CRITIQUE, LIVE STREAMING, concert. LEIPZIG, BACHFest, le 20 juin 2021. BWV 21; Magnificat BWV 243

J. S. Bach: Ich hatte viel BekĂŒmmernis, BWV 21 ‱
J. S. Bach: PrÀludium und Fuge C-Dur, BWV 547
J. S. Bach: Magnificat D-Dur, BWV 243
Thomasorganist : Ullrich Böhme, Catalina Bertucci (soprano), Susanne Krumbiegel (mezzo soprano), Annekathrin Laabs (alto), Patrick Grahl (tenor), Henryk Böhm (bass)
Thomanerchor Leipzig,
SĂ€chsisches Barockorchester
Thomaskantor : Gotthold Schwarz, direction.

 

 

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 Gotthold Schwarz et le Thomasnerchor (DR)

 

 

 

CD Ă©vĂ©nement critique. ARVO PÄRT : STABAT MATER (1 cd GDC – Gloriae Dei Cantores, OrlĂ©ans 2018-2019)

ARVO-PART-Stabat-Mater-cd-naxos-review-critique-classiquenews gloriae dei cantores-opera-cd-review-cd-critiques-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement critique. ARVO PÄRT : STABAT MATER (1 cd GDC – Gloriae Dei Cantores, OrlĂ©ans 2018-2019). Le Choeur GloriĂŠ Dei Cantores aborde plusieurs partitions chorales du compositeur estonien Arvo PĂ€rt (nĂ© en 1935). Le cycle des 6 piĂšces compose une sorte d’anthologie des partitions sacrĂ©es parmi les plus touchantes et accessibles de PĂ€rt. ChantĂ©es par le chƓur amĂ©ricain (basĂ© Ă  OrlĂ©ans, Massachussets) GloriĂŠ Dei Cantores, les Ɠuvres gagnent une sincĂ©ritĂ© immĂ©diate, incarnĂ©es par un collectif qui en exprime Ă©lans, aspirations, sens des textes, passionnants contrastes, voire vertiges spirituels.

En ouverture, Peace upon You, Jerusalem est un chant de grùce pour Jerusalem, entonné avec nuance par le choeur de femmes. On y perçoit nettement cette ferveur rayonnante de PÀrt, tissée de larmes et de joie, de compassion surtout.

La rĂ©sonance grave et doloriste de L’AbbĂ© Agathon (2004 – 2008, 15 mn) s’appuie dĂšs son ouverture sur les cordes puissantes, sĂ©pulcrales ; la sĂ©quence Ă©voque la vie et les Ă©preuves endurĂ©es par l’AbbĂ© Agathon, ermite du IVĂš, sur un rythme de marche oĂč dialoguent le chƓur de femmes et la voix de baryton (texte en français) ; le cheminement, dessinant un parcours spirituel, atteint un niveau mĂ©taphorique supĂ©rieur, tout en agissant de façon dramatique Ă  la façon d’un mini oratorio. La soprano qui sort du chƓur, incarnant le lĂ©preux (l’ange dĂ©guisĂ©) perce le tissu sonore comme une apparition / rĂ©vĂ©lation, – l’agent du drame et de la rĂ©vĂ©lation finale ; il exprime le caractĂšre miraculeux de l’épisode, soulignant ainsi son dĂ©nouement le plus expressif
 le choeur de femmes Ă©voque chaque Ă©pisode majeur dans la vie du vieillard ainsi Ă©prouvĂ© : Agathon croise le chemin du lĂ©preux, le porte Ă  la ville, lui achĂšte un gĂąteau, et autant d’objets qu’il souhaite, puis le reconduit oĂč ils s’étaient rencontrĂ©s. Musique de dĂ©nuement aussi et d’une grande force poĂ©tique proportionnellement allusive Ă  mesure que l’écriture se dĂ©cante (staccato des cordes, pas de vents ni de bois
) ; l’espoir se rĂ©alise dans la rencontre avec l’autre, dans ce que nous lui donnons, dans ce qu’il nous permet de connaĂźtre dans cet Ă©change sincĂšre. Agathon s’est enrichi en se dĂ©pouillant pour le lĂ©preux. La partition est pensĂ©e comme une miniature essentielle, d’une Ă©conomie formelle particuliĂšrement efficace.

Le Salve Regina (plus de 11 mn) est pour le choeur mixte, recueilli, inscrit trĂšs haut dans les sphĂšres (comme l’indique le chant continu de l’orgue en second plan). Le ton de la ferveur qui s’y dĂ©ploie, est celui d’une sĂ©rĂ©nitĂ© confiante, assumĂ©e. La piĂšce a Ă©tĂ© Ă©crite pour la CathĂ©drale d’Essen (1500 ans de la fondation de l’Abbaye d’Essen, 2002) et suit un parcours harmonique d’une rare subtilitĂ© entonnĂ© par les quatre parties du chƓur qui semblent dialoguer entre elles, marquant lĂ  aussi les Ă©tapes d’un parcours spirituel oĂč l’expĂ©rience collective en partage est le don le plus manifeste.

Magnificat (1989) : le chƓur recueille l’émotion qui submerge Marie Ă  l’Annonce de sa future maternitĂ© ; elle est l’élue de Dieu, la plus admirable entre toutes les femmes. Les voix a cappella sont aux cĂŽtĂ©s de la Vierge, compassionnelles et attendries, puissantes et conquĂ©rantes Ă  la fois. C’est une force qui surgit et submerge, nĂ©e du mystĂšre, qui s’efface (« Magnificat anima mea Dominus ») comme l’on referme un livre des Merveilles.

La partition du Nunc Dimitis datĂ© de 2001, est la plus planante, expression chorale de la priĂšre de Simeon : « l’espace, le lieu, le silence »  PĂ€rt y concentre tous les Ă©lĂ©ments d’une conscience aiguĂ«, la vision qu’a Simeon du Temple, en une lente intensification de la ligne vocale soutenue par tout le chƓur, des ultra aigus aux graves les plus sĂ©pulcraux. PĂ€rt Ă©largit le spectre sonore en gĂ©omĂštre d’une foi inĂ©branlable et croissante; comme inextinguible.

Le Stabat Mater est l’Ɠuvre maĂźtresse du programme ; elle prend Ă  tĂ©moin l’auditeur en vagues sombre et amĂšres, d’une affliction totale – expression du dĂ©nuement le plus absolu (vagues descendantes par les cordes seules) oĂč la pudeur et l’expression allĂ©gĂ©e pĂšsent de tout leur poids ; le chƓur, les instrumentistes savent en faire jaillir la puissante priĂšre, vraie dĂ©ploration pour la MĂšre affligĂ©e face au Fils sacrifiĂ©, suppliciĂ© sur la croix. La partition de 25 mn (plus courte ici que certaines autres versions) concilie Ă  la fois intimisme de la ferveur intĂ©rieure et expressivitĂ© plus dramatique, avec cette couleur de l’affliction non rĂ©ellement acceptĂ©e grĂące Ă  la vibration des cordes. Ainsi la musique opĂšre ce qu’elle sait spĂ©cifiquement rĂ©aliser : une extension progressive du spectre temporel et sonore qui dit l’infini de la souffrance ; et dans le mĂȘme temps, une mĂ©tamorphose directe et sincĂšre, de la profonde tristesse Ă  la joie de la RĂ©demption. Des tĂ©nĂšbres Ă  la LumiĂšre. Arvo PĂ€rt, en passeur Ă©clairĂ©, Ă©crit pas Ă  pas, mesure aprĂšs mesure, cette transfiguration progressive, inĂ©luctable, qui contient le message christique dans la promesse du Salut. Tout sacrifice n’est pas vain, semble-t-il nous dire. Car il mĂšne toujours plus prĂšs vers la LumiĂšre. Ainsi le final qui s’accomplit en un murmure croissant, comme un dernier Ă©blouissement (aigu des cordes), expression d’un sommet immatĂ©riel, de pleine conscience.

FidĂšle Ă  ses convictions et sa culture musicale, PĂ€rt synthĂ©tise ici musique orthodoxe, chant de la Renaissance, expressionnisme du style « Tintinnabuli » oĂč saisissent l’importance du silence, la clartĂ©, l’équilibre, la consonance. Familier de l’écriture chorale de PĂ€rt, entre autres pour l’avoir chantĂ© et prĂ©sentĂ© en tournĂ©e, entre autres Ă  OrlĂ©ans au Massachusset, les chanteurs de l’ensemble Gloriae Dei Cantores exposent avec franchise la ferveur qui porte tout l’édifice choral. Le Stabat Mater touche et captive par son expressivitĂ© directe, sa grĂące qui s’accomplit pas Ă  pas, en particulier dans les derniĂšres mesures. Il semble agir par cercles et spirales
 comme une rĂ©itĂ©ration continue. CommandĂ©e par The Alban Berg Foundation (centenaire de la naissance de Berg, 2010), la partition oppose comme une confrontation impossible et pourtant structurelle, la peine et la consolation.
CLIC D'OR macaron 200PĂ€rt y fait surgir l’incandescence de l’illumination de l’ombre et du silence avec un nettetĂ© tranchante (caractĂšre du style « Tintinnabuli », d’aprĂšs la clochette de l’orgue portatif mĂ©diĂ©val, comme l’attestent aussi ses Ɠuvres emblĂ©matiques tels, Cantus, Ă  la mĂ©moire de Benjamin Britten, Fratres, Tabula Rasa, When Bach Bienen gezĂŒchtet hĂ€tte, Pari Intervallo, Arbos, 
 ). Simple, subtile, accessible, pure, la musique jaillit progressivement des profondeurs,
 d’oĂč cette densitĂ© exceptionnelle qui confĂšre Ă  ce qui pourrait sonner lĂ©ger et planant, une sincĂ©ritĂ© souterraine qui est la marque de l’expĂ©rience spirituelle intime. Avec le temps, comme plus ancrĂ© dans une ferveur assumĂ©e et lumineuse, PĂ€rt dĂ©veloppe son Ă©criture pour le sacrĂ© et les voix, surtout chorales. C’est un questionnement perpĂ©tuel, une foi intarissable et toujours tendue qui ne cesse d’interpeler. Les interprĂštes du programme en offrent une lecture juste, investie, souvent bouleversante.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. ARVO PÄRT : Choral works (Stabat Mater, L’AbbĂ© Agathon, Nunc Dimitis
) GloriĂŠ Dei Cantores / Richard K. Pugsley, direction (1 cd DGC records, 2018 – 2019).

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1 – Peace upon You, Jerusalem
2 – L’abbĂ© Agathon
3 – Salve Regina
4 – Magnificat
5 – Nunc dimitis
6 – Stabat Mater

Durée totale : 1h09mn

HYBRID SACD RELEASE

RECORDING ENGINEERS: Brad Michel, Dan Pfeiffer
RECORDED: September 2018, May & September 2019
at The Church of the Transfiguration, Orleans
MA UPC: 709887006524
USA & Canada: CD65
Naxos Global Logistics: PARCD65
Retail price: $19.99

 

 

 

Visiter le site de l’ensemble Gloriae dei Cantores : https://gdcrecordings.com/

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VIDEO

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CD, compte rendu critique : Antoine-Esprit Blanchard : Magnificat Ă  la Chapelle royale. Les Passions. Jean-Marc Andrieu (1 cd Ligia Digital)

blanchard-magnificat-chapelle-royale-les-passions-jean-marc-andrieu-critique-review-cd-classiquenews-compte-rendu-critique-concert-cdCD, compte rendu critique : Antoine-Esprit Blanchard : Magnificat Ă  la Chapelle royale. Les Passions. Jean-Marc Andrieu (1 cd Ligia Digital). Voici un trĂšs bon document qui reste une sĂ©rieuse rĂ©alisation au service d’une Ă©vidente rĂ©vĂ©lation. Blanchard, maĂźtre mĂ©connu Ă  la Chapelle royale de Versailles sort dĂ©finitivement de l’oubli. Bon choix ardent, expressif, au mĂ©dium riche et cuivrĂ© : le baryton (basse-taille selon la nomenclature baroque française) Alain Buet que l’on connaĂźt depuis des annĂ©es par son engagement musical toujours probe, efficace (bientĂŽt un excellent cd ClĂ©rambault avec de solides partenaires Cyril Auvity et Jean-François Piolino Ă  paraĂźtre chez Paraty le 21 octobre 2016) assume ici avec panache chacun de ses airs plein d’allant et de certitude dĂ©clamatoire (Et exultavit, Suscepit IsraĂ«l
du Magnificat, 1741), et surtout le fabuleux rĂ©cit dramatique digne de l’opĂ©ra, vĂ©ritable vent de tempĂȘte de Mare vidit et fugit de l’excellent Motet, de loin le plus convaincant des trois de ce programme : In exit IsraĂ«l (1749) : 
 quand les eaux de la Mer Rouge se sĂ©parent pour faire passage au peuple en fuite
 D’ailleurs la noblesse recueillie du Quid est tibi mare (pour dessus et choeur) offre l’autre versant de l’épisode : dignitĂ©, majestĂ© et tendre recueillement hĂ©ritĂ©s des premiers Motets versaillais de Lully Ă  De Lalande. D’emblĂ©e, toute la science portĂ©e vers l’opĂ©ra et la virtuositĂ© italienne caractĂ©rise ici la main de Antoine-Esprit Blanchard, compositeur Ă  la Cour de Versailles sous Louis XV, parfait Ă©pigone de Rameau pour son instinct dramatique, de Mondonville en particulier car comme ce dernier, les 3 Motets ici recrĂ©Ă©s attestent avec Ă©clat le succĂšs du Concert Spirituel des annĂ©es 1740, effets et contrastes volontiers exacerbĂ©s (cf le choeur tremblĂ© A facie Domini du mĂȘme Motet dont la tenue dramatique rappelle Ă©videmment le choeur des trembleurs d’Atys de Lully).

Toute la grammaire du Grand SiĂšcle, revivifiĂ© au XVIIIĂš sous les ors de la Chapelle de Louis XIV, s’expose ici sous la plume d’un maĂźtre riche en expertise dans un genre trĂšs prisĂ© par l’audience parisienne, mais colorĂ© par une verve dansante « provençale » proche de son confrĂšre Campra (cf. allant pĂ©tillant du second Non nobis Domine, surtout la conclusion du dernier choeur du De Profondis de 1740 – jouĂ© ensuite pour les funĂ©railles de la Reine en 1768-, lequel malgrĂ© son sujet de dĂ©ploration et d’invitation ultime Ă  la paix bienheureuse, semble hĂ©siter constamment entre marche et danse allĂšgre, en particulier Ă©clatante pour le Lux perpetua, d’une lumiĂšre scintillante et volontaire). Ce tempĂ©rament joyeux et mĂȘme vainqueur se manifeste aussi dans l’ouverture d’In Exitu Israel (avec ses piccolos conquĂ©rants et dĂ©claratifs).
Le programme par sa valeur musicale et la facilitĂ© indiscutable de l’écriture justifie amplement cet enregistrement : l’engagement des Passions reste mĂ©ritant, et le geste plein de panache du chef Jean-Marc Andrieu sait emporter son collectif dans la vitalitĂ© requise, l’expression d’une foi thĂ©Ăątrale et hautement dramatique. Dommage cependant que certains solistes accusent des limites parfois difficiles Ă  Ă©couter (justesse alĂ©atoire, usures, aigus tirĂ©s et voilĂ©s
 en particulier du cĂŽtĂ© du haute-contre). Le chƓur se bonifie en cours de concert (atteignant une cohĂ©rence renforcĂ©e et une prĂ©cision fervente dans le second Non Nobis Domine dĂ©jĂ  citĂ©).
Non obstant ces faiblesses, l’enregistrement se rĂ©vĂšle passionnant, rĂ©vĂ©lant le style sĂ©duisant, flamboyant d’Antoine-Esprit Blanchard (1696-1770), documentant dĂ©sormais la suite des Rameau et Mondonville dans le genre du Grand Motet français, partition fervente, surtout spectaculaire et dramatique, plus proche de l’opĂ©ra que de l’église. Reste que Blanchard aprĂšs avoir occupĂ© des fonctions Ă  responsabilitĂ© Ă  Besançon, Rouen, est nommĂ© aprĂšs la mort de Campra en 1744, et Ă  la succession de ce dernier, MaĂźtre des Pages de la Chambre, puis MaĂźtres des Pages de la Chapelle en 1748, aprĂšs la mort de Madin. Blanchard devait ensuite diriger avec Gauzargues, la Chapelle royale de Versailles aprĂšs sa rĂ©organisation en 1761
 Saluons cet oubli rĂ©parĂ© grĂące Ă  la dĂ©termination des Passions et de leur chef, Jean-Marc Andrieu… Toulousains impliquĂ©s, parfaits ambassadeurs de cette verve propre aux compositeurs provençaux.

 

 

 

CD, compte-rendu critique. d’Antoine-Esprit Blanchart (1696-1770) : Trois Grands Motets. Magnificat (1741), De Profundis (1740), In exit Israel (1749). Anne MagouĂ«t, dessus – François.Nicolas Geslot, haute-contre – Bruno Boterf, taille – Alain Buet, basse-taille. Les ElĂ©ments. Les Passions. Jean-Marc Andrieu, direction (1 cd Ligia Digital, enregistrement rĂ©alisĂ© en juillet 2016 au Festival Radio France et Montpellier.

 

 

 

Magnificat d’Arvo PĂ€rt

ARVO PART Composerlogo_france_musique_DETOUREMagnificat d’Arvo PĂ€rt. France Musique, dimanche 11 octobre 2015, 14h. La tribune des critiques de disques. Le Magnificat est une Ɠuvre pour chƓur mixte Ă©crite par Arvo PĂ€rt en 1989. D’une durĂ©e de 7 mn environ, il s’agit d’une ample priĂšre Ă  la Vierge, dans le style dĂ©sormais emblĂ©matique de son auteur, “tintinabuli”, resserrĂ©, dense, tendant vers cette unitĂ© dont il a la nostalgie depuis ses dĂ©buts de compositeur. La structure est celle d’une sĂ©rie de rĂ©pons entre couplets et tutti. FidĂšle Ă  l’inspiration de PĂ€rt, le caractĂšre est baignĂ© de tendre mĂ©ditation, de tension de plus en plus ardente, dessinant une arche ascensionnelle qui fait jaillir dans sa sĂ©quence finale la lumiĂšre en un murmure Ă©nigmatique. Étoffe dense tissĂ©e comme un mĂ©tal parfois Ăąpre oĂč dialoguent en sĂ©quences alternĂ©es voix masculines nobles, sombres et profondes, et voix fĂ©minines aiguĂ«s jusqu’Ă  la conclusion Ă©noncĂ©e non pas comme une rĂ©solution sereine mais l’affirmation inquiĂšte du mystĂšre le plus inaccessible. Le caractĂšre de la piĂšce fluctue entre imploration, rĂ©signation, mais toujours  compassion pour la Vierge de douleur Ă  laquelle la foule fervente semble offrir un chant de plus en plus intĂ©rieur et intime cherchant l’enfouissement du recueillement le plus sensible. Le dernier accord en forme de murmure affirme cette vĂ©ritĂ© de la pudeur : le mystĂšre demeure dans l’ombre. En rien tapageur ni dĂ©monstratif, le Magnificat d’Arvo PĂ€rt propre aux annĂ©es 1989 est bien l’une de ses oeuvres chorales parmi les plus sincĂšres et justes ; forme resserrĂ©e et concentrĂ©e, elle a l’Ă©quilibre et le rayonnement diffus des icĂŽnes moins le mouvement dansant et ascensionnel d’un retable baroque.

CD. Magnificat. Vivaldi, Bach. Jordi Savall (1 cd / 1 dvd Alia Vox).

magnificat-jordi-savall-vivaldi-bach-alia-vox-cd-clic-de-classiquenewsCD. Magnificat. Vivaldi, Bach. Jordi Savall (1 cd / 1 dvd Alia Vox). Alia Vox offre un montage spĂ©cifique pour les fĂȘtes de NoĂ«l 2014, associant les Magnificat de Vivaldi puis de Bach, en les faisant prĂ©cĂ©dĂ©e chacun de Concerti, prĂ©ambules profanes qui fonctionnent cependant Ă  merveille, comme les portiques d’une ferveur Ă©panouie Ă  suivre, d’une Ă©vidente profondeur exaltĂ©e. Au volet Vivaldi, le Concerto pour 2 violons RV578 enregistrĂ© en 2003 Ă  Cardona prĂ©cĂšde donc le Magnificat enregistrĂ© en live Ă  la Chapelle royale de Versailles dix annĂ©es aprĂšs, en juin 2013. Puis le Magnificat de Bach captĂ© Ă  la mĂȘme date Ă  Versailles est introduit par le Concert pour clavecin en RĂ© mineur BWV 1052, enregistrĂ© quant Ă  lui quelques semaines plus tard en juillet 2013 Ă  Fontfroide.

 

 

2013 : Magnificat de Vivaldi et Jean-SĂ©bastien Bach

2 Magnificat embrasés par Savall

CLIC D'OR macaron 200AprĂšs la thĂ©ĂątralitĂ© mordante (un rien hachĂ©e et parfois sĂšche) du RV 578 vivaldien (de 1725), le Magnificat rayonne par sa somptueuse rondeur collective, idĂ©alement rĂ©verbĂ©rĂ©e sous la voĂ»te versaillaise. Le sens des contrastes, la voluptĂ© active des solistes, l’accent et l’allant de l’orchestre plus assurĂ©, plus mĂ»r savent plus nettement emporter les effectifs vocaux que dans la prise de 2004, dans le mĂȘme lieu (album spĂ©cifique : Marc-Antoine Charpentier Ă  la Chapelle royale de Versailles). Savall trouve mĂȘme des couleurs plus convaincantes dans le mystĂšre resplendissant d’Et Misericordia… (plage 6). le Fecit potentia qui suit, fait valoir la coupe frĂ©nĂ©tique et trĂšs opĂ©ratique du chƓur, ses accents projetĂ©s (dispersit), d’une Ă©nergie pourtant mesurĂ©e. Autant de fermetĂ© partagĂ©e par tous les pupitres qui affirment non sans justesse, l’Ă©loquente certitude de Vivaldi sur le plan sacrĂ©.

L’art des transitions est total passant du final exclamatif et presque guerrier du Magnificat vivaldien Ă  la coupe tragique et enivrĂ©e du Concert pour clavecin en rĂ© mineur BWV 1052. vĂ©ritable partition aux flammes enivrantes dont Pierre HantaĂŻ sait exprimer les crĂ©pitements denses et dramatiques.
ExaltĂ©, percutant, prĂ©cis, d’une parfaite ivresse, le dĂ©but du Magnificat de Bach est irrĂ©sistible, totalement enivrant d’autant plus mĂ©ritant pour une prise live : les airs solistes sont de la mĂȘme grĂące inspirĂ©e ; c’est Ă©videmment une lecture irrĂ©sistible. Ă  classer parmi les meilleures bandes live de Savall Ă  Versailles. Le duo pour 2 voix (haute-contre et tĂ©nor), Et misericordia est d’une sĂ©duction tendre superlative, d’une juvĂ©nilitĂ© ardente (le sommet du Magnificat). MĂȘme coupe dramatique et fervente du Deposuit  potentes (plage 24) ; idem dans Esurientes implevit… qui suit (plage 25) : doublĂ© aux flĂ»tes en duo, Damien Guillon affirme un sens superlatif du texte (aciditĂ© prĂ©cise et ronde du timbre). MĂȘme souffle avec trompettes percutantes superbement mesurĂ©es (et des voix chorales parfaitement dĂ©tachĂ©es) pour le Gloria Patri final. Rien Ă  dire Ă  cette cĂ©lĂ©bration totalement rĂ©ussie et qui mĂ©rite amplement d’ĂȘtre fixĂ©e par le disque et le dvd.

SAVALL_savall_jordi-savall-724x464ExaltĂ©, rythmique mais inspirĂ© chez Vivaldi ; tragique et d’une fiĂšvre prĂ©cise alternant l’exclamation doxologique et la ferveur attendrie des sĂ©quences de solistes, Jordi Savalll Ă©merveille dans ce recueil dĂ©diĂ© aux Magnificat des deux baroques. Le geste voluptueux mais mesurĂ©, la grĂące collective font tout le prix de ce programme que le dvd complĂ©mentaire, renforce encore par la sĂ©duction de l’image.

 

 

Magnificat. Jordi Savall. Vivaldi et JS Bach : Concerti et Magnificat. La Capella Reial de Catlunya, Le concert des nations. Pierre Hantaï, clavecin. Jordi Savall, direction. Enregistrements de juin 2013 (Magnificat de Bach et Vivaldi), 2003 et 2013 pour le Concerti de Vivaldi, de Jean-Sébastien Bach. 1 cd + 1 dvd Alia Vox AVSA 9909D. Parution : décembre 2014.

 

 

DVD. Magnificat (Heinz Spoerli, 2011)

DVD. Heinz Spoerli : Magnificat (Zurich, 2011). 1 dvd Belair classiques …OpĂ©ra de Zurich, 2011: le ballet de jeunes danseurs dirigĂ©s et souvent magnifiĂ©s par leur maĂźtre Ă  danser et chorĂ©graphe attitrĂ©, Hans Spoerli aborde l’aspiration spirituelle de Jean-SĂ©bastien Bach Ă  travers un nouveau ballet centrĂ© sur le Magnificat prĂ©cĂ©dĂ© de plusieurs piĂšces isolĂ©es, airs de cantates ou purs instrumentaux… Au gĂ©nie du mouvement de Spoerli revient dĂ©jĂ  une rĂ©alisation antĂ©rieure absolument sublime : Cello suites d’aprĂšs les Suites pour violoncelle de Bach. Ici mĂȘme exaltante signature, mĂȘme style accompli : Ă©loge des corps aĂ©riens et d’une souple Ă©lĂ©gance, vitalitĂ© souvent partagĂ©e d’un danseur l’autre, d’un couple Ă  l’autre, sous les dispositifs lumineux particuliĂšrement soignĂ©s.

Eloge de la ligne

BAC089Sans atteindre au miracle de leur ballet antĂ©rieur, Magnificat pĂątit esentiellement de la direction musicale dure et martiale de Minkowski dans la fosse qui confond tension martiale et expression. Que ce Bach sonne rugueux et rien que tendu… quand les corps Ă  contrario sur le plateau dessinent en arabesques dĂ©liĂ©es dĂ©licates un hymne d’une tendresse souvent confondante. Car le signe distinctif de Spoerli demeure ce souci de la silhouette, corps totalement dĂ©ployĂ© dont les enchevĂȘtrements d’un corps Ă  l’autre semblent recomposer l’art de la ligne florentine, la fameuse serpentine utilisĂ©e par Michel-Ange, qui intĂšgre le sujet dans l’espace et dans le mĂȘme temps le fait tournoyer dans les 3 dimensions. Le chorĂ©graphe s’appuie sur le collectif juvĂ©nile de plus de 40 danseurs sur scĂšne, en particulier sur le trio (2 hommes, 1 femme) qui revient rĂ©guliĂšrement.
Tout au long du trop court Magnificat (Ă  peine 30 mn), on note l’action Ă©voquĂ©e Ă  travers le placement au centre des planches de scĂšne, de blocs scindant symboliquement l’espace en deux places dĂ©limitĂ©es (lieux affrontĂ©s des communautĂ©s religieuses qui s’ignorent et se mĂ©prisent car l’intolĂ©rance et le fanatisme sont aussi Ă©voquĂ©s dans le ballet)… c’est d’ailleurs le monticule des mĂȘmes blocs situĂ©s Ă  jardin en fin d’action qui s’effondre sous la montĂ©e d’un humanitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sans conflits… beau message.
Parmi les quelques heureuses trouvailles qui s’enchaĂźnent saluons en particulier le pas de deux sur la barcarolle d’Et misericordia pour tĂ©nor et alto: la pure poĂ©sie des mouvements Ă©crits pour un couple de danseurs (homme et femme) souligne au delĂ  du texte religieux, cet indĂ©finissable abstraction musicale d’oĂč jaillit la force d’un sens purement chorĂ©graphique : l’invention de Spoerli atteint son meilleur, utilisant le vocabulaire classique (figure tournante sur une pointe pour la danseuse) avec toujours, signe du chorĂ©graphe, ce souci de la ligne dĂ©ployĂ©e. Nous retenons aussi l’Esurientes pour alto et flĂ»tes obligĂ©es oĂč un superbe trio de danseuses (d’une grĂące fluide inouĂŻe) est rejoint par la danseuse soliste… nouvel instant de grĂące ineffable sur les mots pourtant rĂ©volutionnaires du texte sacrĂ© : quand les riches seront dĂ©possĂ©dĂ©s et les pauvres, rassasiĂ©s … (!).Ajouter en fond de scĂšne, la projection d’un ciel avec ses nuages en Ă©volution accĂ©lĂ©rĂ©e, fait toujours son effet : une ivresse visuelle adaptĂ©e Ă  l’exaltation irrĂ©pressible du Gloria, vĂ©ritable jaillissement de plĂ©nitude collective et doxologique avec l’Ă©clat si particulier des trompettes percutants et cinglantes.
Dommage en effet que dans la fosse l’orchestre sur instruments d’Ă©poque de l’OpĂ©ra de Zurich, La Scintilla, ailleurs partenaire flamboyant de Cecilia Bartoli, n’offre aucun Ă©clat sous la direction mĂ©canique et sans finesse de Marc Minkowski. MĂȘme dĂ©ception pour les solos vocaux massacrĂ©s par une voix dĂ©finitivement usĂ©e et des aigus Ă  la limite de l’inaudible (airs des cantates qui prĂ©cĂšdent le Magnificat). Heureusement ce qui se passe sur scĂšne est d’une toute autre tenue : c’est un nouvel accomplissement dans l’Ă©criture du trĂšs inspirĂ© Heinz Spoerli.
Magnificat. ChorĂ©graphie de Heinz Spoerli. Musiques de Johann Sebastian Bach (1685-1750). Ballet de Zurich (Zurich Ballet). Danseurs solistes : Galina Mikhaylova, Sarah-Jane Brodbeck, Juliette Brunner, Samantha Mednick, She Yun kim, Melanie Borel, Vahe Martirosyan, Filipe Portugal, Arman Grigoryan, Olaf Kollmannsperger. Orchestra La Scintilla. Marc Minkowski, direction. EnregistrĂ© en fĂ©vrier 2012 Ă  l’OpĂ©ra de Zurich. 1 dvd Bel Air classiques BAC089