CD annonce. LANG LANG : Variations Goldberg (2 cd DG)

LANG LANG piano variations goldberg review critique cd classiquenewsCD annonce. LANG LANG : les Goldberg en diptyque. Le pianiste chinois publie cet automne ses propres Variations Goldberg comme un miroir Ă  deux faces : l’enregistrement en studio qui a prolongĂ© le live d’aprĂšs le concert donnĂ© Ă  Saint-Thomas de Leipzig oĂč repose JS Bach (unique prise). Le nouvel album contient les deux tĂ©moignages, « aboutissement d’un voyage long de 20 ans », prĂ©cise la notice de prĂ©sentation. A 38 ans, Lang Lang veut affirmer une nouvelle maturitĂ©, empruntant ainsi les pas de la lĂ©gende canadienne totalement dĂ©diĂ©e au studio et Ă  l’Ɠuvre de JS Bach, Glen Gould. C’est aujourd’hui une immersion rĂ©flĂ©chie, en Ă©cho Ă  ses premiĂšres approches d’une partition que le jeune pianiste de 19 ans jouait de tĂȘte lors d’une masterclass pilotĂ©e par le chef et pianiste Christoph Eschenbach. depuis il a encore approfondi sa connaissance des Goldberg grĂące aux conseils collectĂ©s auprĂšs du regretté Nikolaus Harnoncourt ou rĂ©cemment Andreas Staier. Lang Lang a enregistrĂ© l’Aria prĂ©liminaire puis ses 30 Variations en studio en mars 2020. L’Ɠuvre composĂ©e en 1741 Ă©tait destinĂ© Ă  l’élĂšve de Bach, le jeune claveciniste Gottlieb Goldberg, qui en jouait sur le clavecin, des sĂ©quences dans un ordre non dĂ©fini, pour tromper les insomnies de son patron, l’ambassadeur russe Ă  la Cour de Dresde. 1 cd Deutsche Grammophon, parution annoncĂ©e le 4 sept 2020. Critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS.COM

 

 

 

 

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VIDEO LANG LANG / Variations Goldberg (durée : 5:47)

CONFINEMENT. OPERAS & CONCERTS CHEZ VOUS : les perles du net

OPERAS & CONCERTS CHEZ VOUS. Internet ne cesse de prouver ses bienfaits en ces temps difficiles oĂč confinement et isolement font peser un lourd traitement pour chacun. CLASSIQUENEWS repĂšre pendant l’obligation de rester chez soi, les perles du net et les offres de concerts Ă  ne pas manquer, en particulier les Ă©vĂ©nements en direct. Le festival 1001 Notes a ouvert la voie grĂące Ă  son cycle intitulĂ© « AUX NOTES CITOYENS », un moyen intelligent et crĂ©atif de rester connectĂ© au monde et aux autres. Voici deux initiatives qui mĂ©ritent elles aussi le meilleur accueil : captation de la production de l’ETOILE de CHABRIER, chef d’oeuvre d’impertinence savoureuse, subtile et poĂ©tique, prĂ©sentĂ©e par l’Atelier lyrique de Tourcoing ; et ce soir, samedi 28 mars 2020, dĂšs 20h30 : rĂ©cital LANG LANG (concert enregistrĂ© Ă  la Fondation L Vuitton du 29 octobre 2014 – prĂ©sentĂ© par DG Deutsche Grammophon) :

 

 

 

 

 

A VOIR SUR LE NET

 

 

 

RĂ©cital Lang Lang

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lang-lang-582-piano-recital-concert-classiquenews-critique-582VISIONNEZ dÚs maintenant le récital LANG LANG
https://www.youtube.com/watch?v=7j36IbYG2NE
DurĂ©e : 1h – Programme : Ɠuvres de Mozart, Chopin, Liszt, TchaĂŻkovski

AUTRE vidéo FLV Fondation Louis Vuitton à venir : Classe du violoncelliste Gautier Capuçon : premiÚre, visionnage à partir du dim 29 mars 2020 à 18h30
https://www.youtube.com/watch?v=9oSaP_ueN_0

 

 

 

 

 

 

L’ÉTOILE de CHABRIER par l’Atelier Lyrique de Tourcoing

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DerniĂšre crĂ©ation lyrique par L’ATELIER LYRIQUE de TOURCOING : L’étoile de Chabrier

 

ETOILE CHABRIER tourcoing opera critique fev 2020 ambroisine bre kossenko le duo Lazuli laoula opera critique le duo amour chabrier Simon-Gosselin-2-15-ConvertImageEn fĂ©vrier 2020, l’Atelier Lyrique de Tourcoing a crĂ©Ă© l’opĂ©ra L’ÉTOILE de Chabrier. Voir la vidĂ©o qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e au cours des derniĂšres rĂ©pĂ©titions, avec les moyens de l’ATELIER LYRIQUE. Offrir au plus grand nombre l’accĂšs Ă  ce spectacle poĂ©tique, loufoque et drĂŽle qui a ravi quelques 1500 spectateurs reste l’objectif de l’institution lyrique Ă  Tourcoing. Sous la direction du flĂ»tiste et chef d’orchestre Alexis Kossenko, les instrumentistes de la Grand Ecurie et la Chambre du Roy prolongent l’esprit d’ouverture et de dĂ©frichement inculquĂ© et cultivĂ© par leur fondateur Jean-Claude Malgoire dont l’engagement continue d’ĂȘtre moteur.

 

VOIR la production complĂšte sur le site web www.atelierlyriquedetourcoing.fr ou notre page Facebook :

 

ACTE I
https://www.youtube.com/watch?v=RWbKTm5lBVY

 

ACTE II
https://www.youtube.com/watch?v=b2fAhi3g29k&t=699s

 

ACTE III
https://www.youtube.com/watch?v=n7E7IK2mA98&t=515s

 

 

 

 

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REPORTAGE VIDEO L’ETOILE de Chabrier

Classiquenews Ă©tait aussi prĂ©sent lors de la prĂ©paration de la nouvelle production Ă  Tourcoing. VOIR ici notre reportage exclusif dĂ©diĂ© Ă  la singularitĂ© d’un ouvrage lyrique français romantique au dĂ©lire poĂ©tique inouĂŻ – entretiens avec les interprĂštes, extraits du spectacle

https://www.youtube.com/watch?v=vkJh9FjgyII
http://www.classiquenews.com/reportage-letoile-de-chabrier-par-latelier-lyrique-de-tourcoing-fev-2020/

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »  sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

 

 

 

Voir aussi le reportage sur VIMEO :
https://www.youtube.com/watch?v=vkJh9FjgyII

Pendant le confinement savourez nos sĂ©lections “Perles du net” by © classiquenews.com

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COMPTE-RENDU, critique concert. PARIS, Philharmonie, le 24 fev 2020. Lang Lang, Eschenbach

COMPTE-RENDU CRITIQUE CONCERT ORCHESTRE DE PARIS, direction Christoph ESCHENBACH, LANG LANG, piano, PHILHARMONIE DE PARIS, Paris, 24 fĂ©vrier 2020. Wagner, Beethoven. On pouvait s’y attendre, La salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris a fait le plein de public le 24 fĂ©vrier dernier, pour la venue trĂšs attendue du pianiste Lang Lang, dont la popularitĂ© est restĂ©e intacte malgrĂ© une absence prolongĂ©e de la scĂšne parisienne. Le pianiste s’est produit avec l’Orchestre de Paris et le chef qui l’a dĂ©couvert et qui l’accompagne dĂ©sormais au disque, Christoph Eschenbach. Wagner et Beethoven Ă©taient au programme.

Eschenbach-Christoph-13Pour commencer, une ouverture, celle de TannhĂ€user de Richard Wagner. Christoph Eschenbach arrive d’un pas alerte, le poids des ans de ce nouvel octogĂ©naire ne semblant pas le concerner. La battue prĂ©cise, ce qu’il faut d’expressivitĂ© dans le geste, sans en rajouter, il habille de majestĂ© ces pages qui figurent parmi  les plus grandioses du compositeur allemand. L’Orchestre de Paris entre de bonnes mains, renvoie Ă  sa direction sans Ă©quivoque, une lecture claire du dĂ©roulement narratif, voire Ă©pique, sur lequel l’Ɠuvre est bĂątie, et une nettetĂ© sonore dans une Ă©chelle de couleurs et de nuances expressives captivantes. Les cuivres imposent dĂšs leur entrĂ©e leur prĂ©sence d’une mĂȘme voix, relayĂ©s par l’excellent pupitre des bois, qui entonne le chant des pĂšlerins dans un Ă©mouvant pianissimo, solennel et fervent. Eschenbach porte l’orchestre dans des phrasĂ©s amples et un crescendo soutenu, faisant culminer l’Ɠuvre dans son hymne gigantesque, moins par l’effet de masse sonore que par la densitĂ© expressive. Rien de compact, mais un relief et une fascinante transparence des contrastes!

LANG LANG ET CHRISTOPH ESCHENBACH FONT RESPLENDIR BEETHOVEN

Contraste on ne peut plus fort avec le concerto n°2 opus 19 en si bĂ©mol majeur de Beethoven, si mozartien sous les doigts de Lang Lang! L’orchestre s’est allĂ©gĂ©: des cuivres ne sont restĂ©s que deux des cors et les percussions se sont effacĂ©es. A la gĂ©nĂ©rositĂ© de l’introduction orchestrale, le pianiste rĂ©pond dans les toutes premiĂšres mesures non sans une pointe de prĂ©ciositĂ© qui laisse craindre une surenchĂšre. On redoute l’agacement. Il n’en sera rien: prenant un plaisir non feint, Lang Lang coule son jeu dans une esthĂ©tique de raffinement, de phrases subtilement ourlĂ©es, et d’expressivitĂ© de bon goĂ»t, sans verser dans le sentimentalisme. L’excĂšs est dans la foison d’idĂ©es musicales, mais se laisse savourer sans saturation. Toucher lĂ©ger et dĂ©licat, son clair et lumineux, Lang Lang est dans la sĂ©duction, mais par sa crĂ©ativitĂ© permanente et son intelligence musicale. Et c’est un bonheur de s’y laisser prendre! Il se plait Ă  rehausser le parfum viennois de ce concerto qui fut en fait le premier Ă©bauchĂ© par Beethoven, et cela fonctionne admirablement. Quelle cadence! Il en fait un scherzo, s’en amuse, y ajoute ici un brin romantique ; lĂ , un trait d’humour. Tout cela dans un esprit de lĂ©gĂšretĂ© qui fait tant de bien! Sur le piano magnifiquement rĂ©glĂ©, (on imagine qu’il y a Ă©tĂ© particuliĂšrement attentif) il dessine les longues lignes de l’adagio dans le fond des touches, ou de ses bras dans l’espace lorsque l’orchestre joue seul, semblant vouloir ne pas interrompre la continuitĂ© du chant. Mais ces gestes au demeurant superfĂ©tatoires ne gĂȘnent en rien l’écoute, tant l’artiste est dans la musique. Dans le troisiĂšme mouvement, menĂ© avec une bonne humeur communicative, si Lang Lang exagĂšre les accents, notamment dans les syncopes, c’est dans un esprit de jeu et de partage avec son public, et s’il n’est pas avare de ces petits effets, il les prodigue sans vanitĂ© aucune. Il en dĂ©coule quelque chose de frais et de positif, qui fait du concert un moment salutaire et enthousiasmant. Il honorera les nombreux rappels avec en bis une « Fileuse » de Mendelssohn, lĂ©gĂšre et volubile Ă  souhait, sans un regard sur son clavier, ses yeux  radieux dans les yeux de son public au comble de la joie.

Dans la seconde partie, Christoph Eschenbach dirige la Symphonie n° 7 opus 92 en la majeur de Beethoven, avec la mĂȘme prĂ©cision dont il a fait preuve auparavant chez Wagner. Inflexible prĂ©cision rythmique qui ne l’empĂȘche pas nĂ©anmoins d’ouvrir de larges perspectives sonores dans le premier mouvement, dans une progression dynamique du plus bel effet jusqu’à la coda. L’allegretto bouleverse par le lyrisme des violoncelles, sur la marche implacable de l’ostinato, tenu de main ferme par le chef. Le troisiĂšme mouvement ponctuĂ© par les timbales possĂšde une Ă©nergie, une lumiĂšre qui Ă  elles seules rĂ©sument les propos de Wagner sur cette symphonie (« insolence bĂ©nie de la joie, qui nous emporte avec une puissance de bacchanale  »). L’énergie ne fait pas dĂ©faut non plus dans le formidable mouvement ascensionnel au bout du Finale – Allegro con brio. Cette interprĂ©tation d’un Ă©clat magnifique fait mouche auprĂšs du public. L’Orchestre de Paris et Christoph Eschenbach chaudement applaudis boucleront le concert avec une autre ouverture, donnant en bis, pour le plus grand plaisir des auditeurs les plus motivĂ©s, celle des CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e.

Au bout du compte, on sera venu pour Lang Lang, mais l’on aura entendu deux Ă©minents musiciens – plus un orchestre que ni l’un ni l’autre n’auront Ă©clipsĂ©. De quoi ĂȘtre comblĂ©!

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COMPTE-RENDU CRITIQUE CONCERT ORCHESTRE DE PARIS, direction Christoph ESCHENBACH, LANG LANG, piano, PHILHARMONIE DE PARIS, Paris, 24 février 2020. Wagner, Beethoven.

 

DVD, compte rendu critique. Lang Lang, live in Versailles. Chopin, Tchaikovsky. Scherzos, Les Saisons. Lang Lang, piano – 1 dvd Sony classical, juin 2015

lang lang dvd live in versailles chopin tchaikovski tchaikovsky review critique dvd cd dvd livres classiquenews compte rendu presentation dvd live in versailles lang lang classiquenews decembre 2015Versailles, juin 2015. Lang Lang, le roi chinois du piano offre un concert de prestige dans le temple de la monarchie française : Versailles. Un lieu luxueux et Ă©litiste que l’interprĂšte qui aime collectionner les dĂ©fis comme une nouvelle performance, avait Ă  cƓur d’épingler dans son dĂ©jĂ  riche palmarĂšs. La rĂ©alisation visuelle tient quand mĂȘme Ă  une certaine autocĂ©lĂ©bration grandiloquente, avec par la diversitĂ© des plans focus sur les mains, sur la gestuelle plus que thĂ©ĂątralisĂ©e du pianiste au renom planĂ©taire, sur la recherche d’un cadrage parfois alambiquĂ©e et de façon surprenante souvent dĂ©centrĂ© (?)
 une tentation pour une succession hystĂ©risĂ©e de cadres, d’effets, d’accents spectaculaires
 pas sĂ»r que Chopin, poĂšte de l’éloquence secrĂšte et de l’intime mystĂ©rieux aurait validĂ© une telle conception. Et dĂšs le premier Scherzo de Chopin, le rĂ©alisateur insĂšre dans le concert des vues des jardins (ce qui aurait mieux valu pour les Saisons de Tchaikovsky).

1. CHOPIN dĂ©clamatoire (environ 40 mn). Pourtant, musicalement, malgrĂ© ses attitudes et expressions exacerbĂ©es, Lang Lang dont on sait le naturel pour le surjet et un pathos pas toujours de bon goĂ»t, surprend dĂšs le Scherzo n°1, aprĂšs un feu pĂ©taradant oĂč il cherche ses limites et pose les jalons du concert, dans une immersion plus intĂ©rieure oĂč coule une rĂ©elle bĂ©atitude plus nuancĂ©e. Un rĂȘve jaillit soudainement sous les ors et le dĂ©corum de la Galerie des Glaces du palais de Versailles. Jouer Chopin Ă  Versailles relĂšve d’un dĂ©fi : produisant un esthĂ©tisme viscĂ©ralement opposĂ© (grandeur du Grand SiĂšcle mĂȘme s’il est raffinĂ© ; intimitĂ© introspective d’une musique fabuleuse qui se suffit Ă  elle-mĂȘme). Mais le phĂ©nomĂšne Lang Lang se rĂ©alise lĂ  encore : occupant l’espace. IrrĂ©sistiblement. A grand renforts de mouvement de la tĂȘte et du cou, le pianiste semble concentrer toute la charge Ă©motionnelle et le raffinement esthĂ©tique du lieu historique : il en transmet ensuite et rĂ©percute le feu sacrĂ© dans un jeu trĂ©pidant et vif souvent dĂ©monstratif. Mais qui fait les dĂ©lices du rĂ©alisateur de ce film Ă©crit comme un clip grandiloquent.
D’autant que les amateurs du baroque Français profitent aussi de la rĂ©alisation pour revisiter au moment du concert, les lieux sublimes de la monarchie française. TorchĂšres dorĂ©es, sculptures antiques dans la galerie, plafond de Lebrun
 la riche machine dĂ©corative et politique souhaitĂ©e par Louis XIV acclimatĂ© Ă  la ciselure et aux crĂ©pitements du mieux romantiques des compositeurs-pianistes. Le choc ne manque pas de sel.

Lang Lang sous les ors de Versailles


RĂ©serve
: le pianiste comme emportĂ© par son feu typiquement oriental, voire kitch, n’écarte pas une certaine duretĂ©. Ni une prĂ©cipitation qui dans le lieu, sonne artificiel.
Le Scherzo n°2 brille par ce crĂ©pitement dur, mordant, une exacerbation qui n’évite pas d’ĂȘtre parfois outrĂ©e ; il est vrai que le lieu ne favorise pas le repli, ni la pudeur comme l’immersion dans l’introspection. Lang Lang dĂ©clame dans une partition qui alterne Ă©panchement sincĂšres et chant tragique ; la technicitĂ© est flamboyante mais dĂ©borde de la pudeur rentrĂ©e inscrite dans le morceau. C’est un Chopin plus brillant et finalement mondain que vraiment intĂ©rieur (tendance nettement explicite dans le Scherzo 3 oĂč le jaillissement des notes aigĂŒes en cascades sont plus crĂ©pitements dĂ©terminĂ©s que ruissellements magiciens). Le Scherzo n°4 qui exige certes une technique hallucinante, pĂȘche par ce manque d’intĂ©rioritĂ© et de mystĂšre qui sont profondĂ©ment inscrits dans la partition chopinienne; les contrastes pourtant saisissants des dynamiques d’une partition Ă  l’autre, sont jouĂ©s sans plus de profondeur ; tout cela manque d’écoute intĂ©rieure. Tout est projetĂ© dans un jeu dĂ©clamatoire, certes articulĂ© mais trop affirmĂ© dans la lumiĂšre; c’est dans la succession des tableaux de ce Scherzo final que le pianiste et son jeu se rĂ©vĂšlent totalement, et de façon caricaturale. Les fans apprĂ©cieront sans mesure ; les autres, songeant Ă  Argerich, Pires resteront Ă©trangers Ă  un concert martelĂ© comme un Ă©vĂ©nement (aprĂšs celui de Bartoli) mais qui en concevant pour le Chopin, une scĂšne mondaine (comme celle de son rival d’alors, Liszt, coeur d’une hystĂ©risation collective) demeure a contrario de l’esprit du piano chopinien.

lang lang versailles piano live in versailles piano review compte rendu critique dvd classiquenews decembre 20152. TCHAIKOVSKI plus sincĂšre et naturel voire intĂ©rieur. S’il n’est pas pour nous un Chopinien mĂ©morable, Lang Lang se montre d’une cohĂ©rence autre et d’une conviction plus naturelle dans les 12 sĂ©quences (12 mois) des Saisons opus 37a, soit 12 PiĂšces caractĂ©ristiques de Piotr Illyitch. Le pianiste creuse le prĂ©texte climatologique et saisonnier pour percer et exprimer la fine saveur intĂ©rieure de chaque piĂšce en particulier la rĂȘverie suspendue de la barcarolle pour le mois de juin (plage VI), d’une secrĂšte et trĂšs intime tendresse. Infiniment moins exigeantes en matiĂšre de scintillement dynamique et de nuances millimĂ©trĂ©es, les 12 tableaux formant saisons permettent au pianiste de dĂ©voiler un tempĂ©rament plus libre, moins contraint, d‘une souplesse organique plus sincĂšre. CaractĂšre martial comme une armĂ©e qui s’organise pour la chasse de septembre (plage IX) ; puis chant automnal d’octobre plus recueilli et presque religieux (tendresse fraternelle en Ă©cho au VI, et d’une nostalgie pleine d’amertume et de regrets, de blessures intimes Ă  peine masquĂ©es, selon une combinaison si emblĂ©matique de Tchaikovski), la lĂ©gĂšretĂ© presque insouciante du dernier Ă©pisode (NoĂ«l pour dĂ©cembre, un ton bienvenu au moment oĂč le dvd sort en France) affirment une virtuositĂ© plus mesurĂ©e, certes moins exigeante, mais l’intonation est juste et globalement mieux canalisĂ©e. Le charme du lieu opĂšre, la personnalitĂ© (indiscutable) du pianiste s’imposent d’eux-mĂȘmes. Pour le Tchaikovski et la beautĂ© du lieu de tournage, le dvd composera le plus beau des cadeaux de votre NoĂ«l 2015.
Effet de marketing pour un chĂąteau qui souhaite toujours ĂȘtre Ă  la page de l’évĂ©nement musical et de la scĂšne poeple, Lang Lang est dĂ©clarĂ© « ambassadeur » du chĂąteau de Versailles ; il donnera un grand concert dans le bosquet de la Salle de Bal, au cƓur des Jardins Royaux, le mardi 5 juillet 2016 (dans le cadre de Versailles Festival). DVD, Lang Lang,  »Live in Versailles” (Chopin, TchaĂŻkovsky) 1 dvd Sony classical. Parution le 18 dĂ©cembre 2015 chez Sony classical. Live enregistrĂ© dans la galerie des Glaces du chĂąteau le 22 juin 2015.

DVD, compte rendu critique. Lang Lang, live in Versailles. Chopin, Tchaikovsky. Scherzos, Les Saisons. Lang Lang, piano – 1 dvd Sony classical.

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Scherzo n°1 ; n°2 ; n°3 ; n°4 ; Lang Lang : piano.

Compte rendu, rĂ©cital du pianiste Lang Lang Ă  Toulouse. Le Pianiste d‘origine chinoise Lang Lang est un artiste trĂšs particulier qui attire au concert  un public tout Ă  fait inhabituel. Ce rĂ©cital de piano Ă©tait complet depuis longtemps et il ne restait plus une place libre dans la Halle-aux-Grains ce soir. Le succĂšs considĂ©rable qu’il rencontre partout et la sympathie que cet artiste fait naĂźtre chez le public sont inouĂŻs. Son air de jeunesse sorti Ă  peine de l‘enfance , son Ă©nergie dĂ©cuplĂ©e dans les moments de virtuositĂ© en font un enfant prodige Ă©ternel.

 

 

 

LANG LANG ovationné à Toulouse

 

lang-lang-piano-recital-concert-review-critique-compte-rendu-piano-lang-langLa rapiditĂ© des traits subjugue et le sucre de ses mouvements lents rĂ©gale. Pourtant Ă  lâ€˜Ă©coute plus attentive son interprĂ©tation des saisons de TchaĂŻkovski manque de lignes, de couleurs, de nuances. Son Bach est clair, lisse et brillant dans l‘ouverture du Concerto Italien en fa majeur. Mais la guimauve de l‘Andante peut lasser les palais dĂ©licats. Le presto final est parfait de vie et dâ€˜Ă©nergie communicative. Dans Chopin, il nous manque la science de la construction que d’aucun savent y mettre. Certes les quatre Scherzi sont virtuoses et mettent mieux en valeur les extraordinaires capacitĂ©s du pianiste! Ainsi l’éblouissement dans les traits furieux est Ă  son comble. Pourtant dans leur pĂąleur les parties lentes sont comme juxtaposĂ©es sans lien avec ce qui prĂ©cĂšde ou ce qui suit. Il se dĂ©gage une absence de structure, une non mise en valeur de la construction dans ces 4 Scherzi pourtant si complexes. Ce pianiste Ă  la jeunesse si insolente pourra-t- il, sans perdre une importante partie de son charme, rentrer dans un Ăąge plus mĂ»r ?  Ce concert ne permet pas de le croire encore. Mais Lang Lang n‘a que trente ans et n’a pas encore trouvĂ© son rĂ©pertoire dâ€˜Ă©lection. Les bis gĂ©nĂ©reusement offerts prolongent un intense contact avec le public, mais son sens de la danse ne se dĂ©ploie pas plus dans le tango qu’il ne s’était invitĂ© chez Bach.
Le plaisir de ce piano intense, franc et sans complexitĂ© est rĂ©confortant dans une Ă©poque si sombre. Nous avons besoin de croire que la jeunesse existera toujours avec insolence et lĂ©gĂšretĂ©. Et Lang Lang a cette jeunesse Ă©ternelle sous ses doigts et rassemble un public variĂ© et plus jeune que d‘habitude. Son public, ravi, lui a fait une vĂ©ritable ovation Ă  Toulouse ce  soir.

Compte-rendu concert. Toulouse : La Halle-aux-grains ; le 10 novembre 2015. Piotr Illich Tchaïkovski (1840-1893) : Les Saisons, op.37a ; Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concerto Italien, en fa majeur BWV 971 ; Frédéric Chopin (1810-1849) : Scherzo n°1 ; n°2 ; n°3 ; n°4 ; Lang Lang : piano.