CD événement, annonce. BELLINI : Il Pirata (Rebeka, Camarena
 3 cd Prima classic)

IL_PIRATA_MAIN_iTunesCD Ă©vĂ©nement, annonce. BELLINI : Il Pirata (Rebeka, Camarena
 3 cd Prima classic) – Le label PRIMA CLASSIC annonce la parution ce mois ci (24 sept 2021) de son nouvel opĂ©ra Ă©vĂ©nement, le rare Il Pirata de Bellini : drame tragique et Ă©blouissant d’un Bellini encore jeune (26 ans) qui travaillant alors pour la premiĂšre fois avec le poĂšte librettiste Felice Romani, allait ainsi connaĂźtre son premier grand triomphe Ă  la Scala de Milan (1827). Aux cĂŽtĂ©s des troupes du Teatro Massimo de Catania / Catane (Sicile), lieu natal de Bellini, l’affiche de Prima Classic s’annonce prometteuse avec sous la baguette du chef F M Carminati, deux interprĂštes solides Ă  fort tempĂ©rament : Marina Rebeka et Javier Camarena. La soprano chante le rĂŽle d’ImogĂšne, duchesse sacrifiĂ©e qui n’a jamais renoncĂ© Ă  son premier amour pour Gualtiero ; ce dernier est incarnĂ© par le tĂ©nor mexicain Javier Camarena, torche vivante et maĂźtre de la vaillance belcantiste, qui d’ailleurs apparaĂźt en cover, Ă  l’image de son personnage, en roi des pirates 


BELLINI : Il Pirata, 3 cd PRIMA classic – enregistrĂ© Ă  Catane en aoĂ»t et sept 2020 – parution physique : 24 sept 2021 – parution digitale : 19 nov 2021.
Livret bilingue : anglais, italien. Notice : essai du spécialiste de Bellini : Domenico Di Meo. Prochaine critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

COMPTE RENDU, critique opéra. MONTE CARLO, le 8 mars 2020. Bellini : Le Pirate. Sagripanti, Pirozzi
 version de concert

Il Pirata opera monte carlo critique opera classiquenews -thumb-vignette---il-pirata---spectacles-saison-2019-2020---site-opera-de-monte-carloCOMPTE RENDU, critique opĂ©ra. MONTE CARLO, le 8 mars 2020. Bellini : Le Pirate. Sagripanti, Pirozzi
 version de concert. Prince du bel canto le plus stylĂ©, Bellini fait son entrĂ©e au rĂ©pertoire de l’OpĂ©ra monĂ©gasque mais en version concert, sous la direction de Giacomo Sagripanti. On avait encore en tĂȘte l’incarnation sublime d’ImogĂšne en sa priĂšre ardente par la soprano Anna Kassyan, lors du Concours Bellini Ă  Paris 2016 : une prise de rĂŽle qui valut Ă  la diva le Premier prix.
Depuis Ă  La Scala, Sonya Yoncheva en 2018 s’est appropriĂ©e elle aussi le rĂŽle et l’OpĂ©ra de Paris a manquĂ© son rv en dĂ©c 2019 malgrĂ© un cast prometteur (TĂ©zier, Spyres, Radvanovsky) suite aux grĂšves et mouvements sociaux d’une France en Ă©tat Ă©ruptif. Ainsi cette version concertante Ă  Monaco Ă  l’Auditorium Rainier III prend des airs de rattrapage heureux.

DirigĂ© par Giacomo Sagripanti, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dĂ©taille ce qui fait le propre du bel canto orchestral : sa finesse et des changements de tableaux prĂ©cisĂ©ment enchaĂźnĂ©s. Un flux expressif et souple campe le dĂ©cor d’une action amoureuse et passionnelle prĂȘte Ă  exploser


Le trio protagoniste relĂšve les dĂ©fis de la partition mĂȘme sans dĂ©cors. Au contraire, la musique exprime tout des enjeux de l’action et sans contraintes de jeu, les solistes peuvent s’impliquer davantage dans le chant. Ainsi l’Ernesto de Vittorio Prato qui remplace George Petean initialement programmĂ©, ne manque pas de noblesse sombre et autoritaire. Il s’oppose au Gualtiero de Celso Albelo, qui est le rĂŽle-titre : la technique peine, les aigus sont tendus mais le caractĂšre du hĂ©ros prĂȘt au sacrifice total (et final) est bien lĂ , touchant par sa sincĂ©ritĂ© sans fard, parfois Ă  la limite de ses vĂ©ritables possibilitĂ©s ; rĂ©serves compensĂ©es par une articulation rĂ©jouissante.
ImogĂšne ardente elle aussi mais plus flexible, Anna Pirozzi montre qu’elle maĂźtrise le bel canto, en virtuositĂ© et intonation. Son sens de l’équilibre et de la mesure, Ă©vitant la surenchĂšre, incarne une amoureuse dĂ©terminĂ©e, aussi angĂ©lique que sombre et presque folle Ă  la fin : un protype pour la Lucia di Lammermoor de Donizetti (1835) et la fixation de l’hĂ©roĂŻne romantique italienne par excellence. VoilĂ  une premiĂšre Ă  Monte Carlo qui reste une lecture convaincante qui montre combien Le Pirate est un opĂ©ra clĂ© de Bellini, Ă©videmment Ă  rĂ©estimer sur les scĂšnes internationales. A l’OpĂ©ra de Monaco, revient le mĂ©rite de confirmer la haute valeur du drame crĂ©Ă© Ă  Milan en 1827.

COMPTE-RENDU, critique, opéra. MADRID, Teatro Real, 6 déc 2019. BELLINI : Il Pirata. Yoncheva / Camarena. Benini / Sagi

VENDÔME : CONCOURS BELLINI 2017Compte-rendu critique, opĂ©ra. Madrid. Teatro Real, le 6 dĂ©cembre 2019. Vincenzo Bellini : Il Pirata. Sonya Yoncheva, Javier Camarena, George Petean. Maurizio Benini, direction musicale. Emilio Sagi, mise en scĂšne. Et si le Teatro Real de Madrid Ă©tait la premiĂšre scĂšne belcantiste du monde? Quelle autre maison sur la planĂšte peut se targuer de parvenir Ă  monter le terrible Pirata de Bellini avec trois distributions de haut vol? Nous n’avons hĂ©las pu applaudir que la premiĂšre, mais quel plateau ! Le thĂ©Ăątre madrilĂšne ouvre grand ses portes Ă  Javier Camarena pour devenir peu Ă  peu le port d’attache du tĂ©nor mexicain. Plus encore, il offre au chanteur l’occasion d’aborder dans ses murs des rĂŽles importants du rĂ©pertoire romantique italien.

AprĂšs une Lucia historique voilĂ  un an et demi, dans laquelle l’artiste Ă©trennait – et de quelle façon – son premier Edgardo, le voilĂ  de retour avec un autre rĂŽle virtuose et terriblement exigeant : Gualtiero, 
 le Pirate en question.

Yoncheva / Camarena, duo saisissant

 
 

 
il-pirata-madrid-opera-yoncheva-opera-classiquenews-opera-

 
 

 
 

Sans compter, pour profiter de la prĂ©sence du chanteur pour le dĂ©but des rĂ©pĂ©titions, un seul et unique Nemorino, couronnĂ© par une ovation Ă  n’en plus finir aprĂšs “Una furtiva lagrima”, triomphe rĂ©compensĂ© par un bis somptueux.
DĂšs son entrĂ©e, le tĂ©nor subjugue une fois de plus par l’ardeur de ses accents, la dĂ©licatesse de sa ligne de chant aux mille nuances et son aigu rayonnant jusqu’au contre-rĂ©, dĂ©concertant de facilitĂ© comme d’impact. FidĂšle Ă  lui-mĂȘme, le comĂ©dien n’est pas en reste, portant son personnage avec une sincĂ©ritĂ© de tous les instants et partageant pleinement les tourments qui l’agitent. Plus de deux heures durant, on reste suspendus aux lĂšvres de cet interprĂšte d’exception, bouleversant et enthousiasmant de bout en bout, qui confirme, s’il en Ă©tait besoin, sa place au firmament lyrique de notre Ă©poque.

Face Ă  lui, il trouve une partenaire de choix avec Sonya Yoncheva qui, si elle ne se bat pas avec les mĂȘmes armes, propose toutefois un portrait fascinant de la belle Imogene, dĂ©chirĂ©e entre son cƓur et sa raison. Leurs duos sont Ă  ce titre Ă©loquents, chacun paraissant entrainer l’autre dans sa propre Ă©motion, pour des moments pleins de communion musicale.
La soprano fait admirer la voluptĂ© de son timbre moirĂ©, dans lequel l’oreille se roule avec dĂ©lice, et qui n’est pas – coĂŻncidence, inspiration ou mimĂ©tisme – sans rappeler parfois des sonoritĂ©s propres Ă  Maria Callas. A d’autres instants, notamment dans les agilitĂ©s, assumĂ©es avec panache, c’est Ă  June Anderson qu’on pense, les couleurs de ces traits Ă©voquant furieusement la cĂ©lĂšbre chanteuse amĂ©ricaine. Ainsi que nous l’Ă©crivions dĂ©jĂ  au sujet de sa Norma londonienne, la tessiture du rĂŽle pousse l’artiste dans ses retranchements, l’aigu devenant de plus en plus tendu et mĂ©tallique, mais c’est paradoxalement cette urgence, ce feu irrĂ©pressible, semblant consumer l’interprĂšte autant que sa voix, qui Ă©meut et trouve son apogĂ©e lors de la magnifique scĂšne finale, oĂč le personnage et la chanteuse se rejoignent, ne formant plus qu’un. La cantilĂšne se dĂ©ploie alors, pudique et poignant murmure, allant crescendo jusqu’Ă  la flamboyante cabalette qui referme l’ouvrage, assumĂ©e avec un aplomb et un mordant impressionnants. La sublime musique de Bellini faisant le reste, c’est tout naturellement que le public salue cette performance par de vibrantes ovations.

 

 

il-pirata-yoncheva-imogene-bellini-opera-critique-classiquenews

 

 

Le duo se fait trio de choc avec le touchant Ernesto de George Petean, le baryton roumain prĂȘtant Ă  l’Ă©poux d’Imogene des sentiments sincĂšres envers sa femme. Plus encore, la rondeur vocale du chanteur correspond idĂ©alement Ă  cette conception, prouvant une fois de plus que cet artiste est Ă  son meilleur dans les rĂŽles auxquels il peut apporter sa tendresse et son humanitĂ© – plutĂŽt que les mĂ©chants archĂ©typaux, pour lesquels il manque parfois de noirceur et de violence -. Avec son Ă©mission haute et claire ainsi que son aigu facile et puissant mais toujours un peu tĂ©norisant, l’artiste parait manquer parfois de force dans les notes infĂ©rieures, mais plie victorieusement son instrument Ă  l’Ă©criture fleurie du rĂŽle, triomphant avec les honneurs des nombreuses vocalises qui parsĂšment sa partie.

Les autres personnages n’Ă©tant qu’esquissĂ©s, on saluera le Goffredo caverneux de Felipe Bou, l’Itulbo dĂ©licat de Marin Yonchev, avec une mention particuliĂšre pour la tendre Adele de Maria Miro, lumineuse et rassurante, vĂ©ritable rayon de soleil au milieu du drame.

Peu de choses Ă  dire sur la mise en scĂšne d’Emilio Sagi, sinon qu’avec ses miroirs encadrant et surplombant le plateau, elle rappelle beaucoup celle de Lucrezia Borgia Ă  Valencia. Toutefois, cette scĂ©nographie prend le parti d’une Ă©lĂ©gance jamais prise en dĂ©faut et laisse la musique faire son Ɠuvre. On retiendra tout de mĂȘme cet incroyable manteau noir dans lequel apparaĂźt Imogene dans la scĂšne finale et dont la traine se prolonge jusqu’aux cintres, avant de s’abattre tel un dais immense sur le cercueil d’Ernesto tuĂ© en duel. Ultime image, de celles qu’on n’oublie pas : la femme ayant perdu Ă  la fois son mari et son amant, qui s’enroule dans cet ocĂ©an de tissu et expire Ă©tendue sur le dos, la tĂȘte penchĂ©e dans la fosse d’orchestre.
Un orchestre en trĂšs belle forme et qui semble aimer servir ce rĂ©pertoire, ainsi que le chƓur, absolument superbe, tout deux galvanisĂ©s par la direction nerveuse et thĂ©Ăątrale de Maurizio Benini. On lui reprochera certes d’avoir coupĂ© certaines reprises et Ă©courtĂ© certaines codas – qui font pourtant partie de l’ADN de cette musique, d’autant plus avec pareils interprĂštes -, mais on saura grĂ© au chef italien d’ĂȘtre extrĂȘmement attentif aux chanteurs et de savoir tirer le meilleur de cette partition, notamment cet hypnotisant solo de cor anglais qui ouvre la scĂšne finale, durant lequel le temps semble s’ĂȘtre arrĂȘtĂ© dans la salle. Une grande soirĂ©e de bel canto donc, qui prouve que ce rĂ©pertoire n’Ă©blouit jamais tant que lorsqu’il est servi par les meilleurs interprĂštes.

 

   

 

 

________________________________________________________________________________________________

COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. MADRID, Teatro Real, 6 dĂ©c 2019. BELLINI : Il Pirata. Livret de Felice Romani. Avec Imogene : Sonya Yoncheva ; Gualtiero : Javier Camarena ; Ernesto : George Petean ; Goffredo : Felipe Bou ; Adele : Maria Miro ; Itulbo : Marin Yonchev. Choeur du Teatro Real ; Chef de chƓur : AndrĂ©s Maspero. Orchestre du Teatro Real. Direction musicale : Maurizio Benini. Mise en scĂšne : Emilio Sagi ; DĂ©cors : Daniel Bianco ; Costumes : Pepa Ojanguren ; LumiĂšres : Albert Faura. Photos Javier del Real / Teatro real de Madrid, service de presse.  

   

 

COMPTE-RENDU critique, opéra. GENEVE, le 22 fév 2019. BELLINI : Il Pirata. Mantegna, Spyres / Daniele Callegari

vincenzo-bellini-1Compte-rendu critique, opĂ©ra. GenĂšve. Grand ThĂ©Ăątre, le 22 fĂ©vrier 2019. Vincenzo Bellini : Il Pirata. Roberta Mantegna, Michael Spyres, Franco Vassallo. Daniele Callegari, direction musicale. En parallĂšle de la reprise du Ring wagnĂ©rien imaginĂ© par Dieter Dorn, la citĂ© de Calvin retrouve son Grand ThĂ©Ăątre avec une version de concert du Pirata de Bellini, une Ɠuvre qui semble avoir le vent en poupe sur les scĂšnes europĂ©ennes ces derniĂšres annĂ©es. Par notre envoyĂ© spĂ©cial, Narcisso Fiordaliso.

Pirate flamboyant

C’est avec un plaisir non dissimulĂ© qu’on pĂ©nĂštre dans les murs rutilants du bĂątiment sis Place de Neuve, tout en gardant nĂ©anmoins une pensĂ©e Ă©mue pour l’OpĂ©ra des Nations et son intimitĂ© aussi boisĂ©e que chaleureuse.
L’un des Ă©vĂšnements de ce concert rĂ©sidait dans le couple formĂ© par Marina Rebeka et Michael Spyres, abordant tous deux pour la premiĂšre fois cet opus bellinien.
La soprano lettone ayant malheureusement dĂ©clarĂ© forfait une semaine plus tĂŽt, la maison genevoise a appelĂ© Ă  la rescousse la jeune italienne Roberta Mantegna, dĂ©jĂ  Imogene Ă  la Scala de Milan voilĂ  quelques mois, en alternance avec Sonya Yoncheva. Forte de ses 30 ans Ă  peine, la chanteuse transalpine se jette avec panache dans la bataille, faisant admirer la beautĂ© de son timbre ambrĂ© et la gĂ©nĂ©rositĂ© de son instrument, vĂ©ritable soprano dramatique d’agilitĂ© en devenir, ainsi que sa dĂ©licate musicalitĂ©. Chantant par cƓur, elle peut ainsi pleinement incarner son personnage, rendant profondĂ©ment sensible la dĂ©chirure de la femme entre devoir et amour. La voix, dĂ©jĂ  d’une belle maturitĂ©, augure du meilleur pour l’avenir, mais avoue par instants sa jeunesse dans un aigu et une agilitĂ© paraissant devoir encore gagner en souplesse et en libertĂ©. Aussi, on souhaite Ă  cette magnifique artiste la sagesse et la prudence de ne pas se prĂ©cipiter trop tĂŽt vers des rĂŽles trop lourds, la beautĂ© des moyens en valent vraiment la peine. Sauvant littĂ©ralement la reprĂ©sentation, elle est saluĂ©e comme il se doit par une salle conquise, les spectateurs lui offrant une vibrante ovation.
A ses cĂŽtĂ©s, Michael Spyres accroche avec Gualtiero un de ses plus beaux rĂŽles Ă  son rĂ©pertoire. En effet, la tessiture plutĂŽt aigue du rĂŽle paraĂźt obliger le tĂ©nor amĂ©ricain Ă  ne jamais appuyer Ă  outrance le mĂ©dium et Ă  chanter haut et clair, pour un rĂ©sultat splendide. Si l’écriture redoutable de son air d’entrĂ©e laisse entendre quelques suraigus un peu contraints, la seconde partie le montre Ă  son meilleur, cantabile splendide, archet Ă  la corde, Ă©mission mixte, souple et libĂ©rĂ©e. Plus encore, le chanteur se montre profondĂ©ment sincĂšre et Ă©mouvant dans son amour pour la femme perdue, touchant le public en plein cƓur.
Croquant avec gourmandise son personnage de mĂ©chant qu’on adore dĂ©tester, Franco Vassallo fait claironner joyeusement sa voix brillante et ronde de baryton, dĂ©ployant fiĂšrement des aigus vainqueurs et pliant avec succĂšs son instrument Ă  l’écriture parfois fleurie du rĂŽle.
Face Ă  ce tiercĂ© gagnant, les seconds rĂŽles ne sont pas en reste, Roberto Scandiuzzi se rĂ©vĂ©lant mĂȘme un luxe en Goffredo, tandis que la belle Alexandra Dobos-Rodriguez et le fier Kim Hun tirent le meilleur des interventions d’Adele et Itulbo.
FidĂšle Ă  lui-mĂȘme, le chƓur maison impressionne par son homogĂ©nĂ©itĂ© et sa puissance.
A la tĂȘte d’un Orchestra Filarmonica Marchigiana en grande forme et parfaitement rompu Ă  ce rĂ©pertoire particulier autant qu’exigeant, Daniele Callegari dirige la soirĂ©e de main de maĂźtre, en vĂ©ritable maestro concertatore. Une soirĂ©e enthousiasmante, une bien belle façon de renouer avec le Grand ThĂ©Ăątre enfin rendu Ă  son public.

________________________________________________________________________________________________

GenĂšve. Grand ThĂ©Ăątre, 22 fĂ©vrier 2019. Vincenzo Bellini : Il Pirata. Livret de Felice Romani. Avec Imogene : Roberta Mantegna ; Gualtiero : Michael Spyres ; Ernesto : Franco Vassallo ; Goffredo : Roberto Scandiuzzi ; Adele : Alexandra Dobos-Rodriguez ; Itulbo : Kim Hun. ChƓur du Grand ThĂ©Ăątre de GenĂšve ; Chef de chƓur : Alan Woodbridge. Orchestra Filarmonica Marchigiana. Direction musicale : Daniele Callegari

CD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano.  ANNA BOLENA ( 1 cd Prima classic, juillet 2018)

REBEKA marina soprano bel canto cd critique review cd par classiquenewsCD, critique. SPIRITO. MARINA REBEKA, soprano (1 cd Prima classic, juillet 2018)… Extase tragique et mort inĂ©luctable
 : toutes les hĂ©roĂŻnes incarnĂ©es par Marina Rebeka sont des Ăąmes sacrificielles
. vouĂ©es Ă  l’amour, Ă  la mort. Le programme est ambitieux, enchaĂźnant quelques unes des hĂ©roĂŻnes les plus exigeantes vocalement : Norma Ă©videmment la source bellinienne (lignes claires, harmonies onctueuses de la voix ciselĂ©e, enivrante et implorante, et pourtant Ăąpre et mordante) ; ImogĂšne dans Il Pirata, – d’une totale sĂ©duction par sa dignitĂ© et son intensitĂ©, sa sincĂ©ritĂ© et sa violence rentrĂ©e ; surtout les souveraines de Donizetti : Maria Stuarda (belle coloration tragique), Anna Bolena (que la diva chante Ă  Bordeaux en novembre 2018, au moment oĂč sort le prĂ©sent album). Aucun doute, le cd souligne l’émergence d’une voix solide, au caractĂšre riche qui le naisse pas indiffĂ©rent. Les aigus sont aussi clairs et tranchants, comme Ă  vif, que le medium et la couleur du timbre, large et singuliĂšre.

3Ăš album de la diva Marina Rebeka : “Spirito”


BEL CANTO INCARNÉ

D’emblĂ©e, outre, la facilitĂ© Ă  incarner un personnage et lui offrir une somptueuse Ă©toffe Ă©motionnelle, sans appui ni excĂšs (belle vertus dans la mesure), s’affirme la tension hĂ©roĂŻque du recitativo ; la maĂźtrise des intervalles ; le relief et la puissance saine des aigus mĂ©talliques, francs. Ils expriment le tempĂ©rament tragique, exacerbĂ© du personnage d’Anna Bolena par exemple, dans chaque situation. Avec le choeur et un orchestre d’une rare intelligence climatique, la cantatrice incarne idĂ©alement cette Ăąme sacrificielle, blessĂ©e de l’ex Ă©pouse d’Henri VIII, destinĂ©e Ă  mourir : elle meurt certes mais elle reste digne (sa fille Elisabeth rĂšgnera ensuite).
TrĂšs belle nature, puissante et expressive, racĂ©e, de la soprano capable d’un medium riche, ample, charnel, de type callasien, « Al Dolce guidami » est d’essence bellinienne, suspendue, aĂ©rienne, d’une langueur Ă©perdue qui est Ă©noncĂ©e avec beaucoup d’élĂ©gance comme de caractĂšre. Sans duretĂ© ni dĂ©monstration. Mais pudeur, Ă©lĂ©gance, tension.
DĂ©termination, d’une hĂ©roĂŻne tragique qui se rebiffe et affronte crĂąnement son destin, avec un spinto plus large qui doit couvrir le choeur et l’orchestre : « Coppia iniqua » impose clairement son medium ample et presque caverneux (« cessate »). La fin de la reine dĂ©capitĂ©e surgit en sa derniĂšre vocalitĂ  Ă©corchĂ©e, hallucinĂ©e, blessĂ©e, impuissante mais dĂ©terminĂ©e (avec des sauts et intervales en effet, dont le dernier aigu, signe du sacrifice ultime, est bien nĂ©gociĂ©).

En français La Vestale de Spontini, impose une ligne souple et large elle aussi mais toujours claire. PriĂšre funĂšbre (« Ô des infortunĂ©s ») ; puis « Toi que j’implore », sur le mĂȘme registre imploratif fait valoir son medium de plus en plus Ă©largi aux couleurs trĂšs riches ;
La diction n’est pas parfaite (les consommes et diphtongues sont lissĂ©es et les consommes souvent sont absentes), mais la ligne vocale est claire et trĂšs intense. Et l’abattage, les couleurs et les accents se ressaisissent dans les deux derniers airs (« Sur cet autel / Impitoyables dieux » ) oĂč la chanteuse en actrice consommĂ©e, sait construire l’épaisseur de son personnage qui a l’étoffe des protagonistes de Berlioz et de Beethoven. VoilĂ  qui laisse envisager une passionnante Didon dans Les Troyens du Français par exemple. De toute Ă©vidence ce miel expressif, ardent, solide, architecturĂ© impose plus qu’un chant
 un tempĂ©rament dramatique Ă©vident et des moyens trĂšs convaincants.

CLIC D'OR macaron 200Saluons au diapason de ce bel canto, racĂ© et Ă©lĂ©gant, ardent et trĂšs incarnĂ©, mais sans effets dĂ©bordants, la tenue de l’orchestre, Ă  la fois vif, dĂ©taillĂ©, remarquablement articulĂ©, qui sait soigner la caractĂ©risation de chaque sĂ©quence dramatique. Offrant ainsi un tapis Ă©quilibrĂ© et confortable au chant souverain de la diva si expressive.

——————————————————————————————————————————————————

CD, critique. MARINA REBEKA : « SPIRITO » : airs d’opĂ©ras de Bellini, Donizetti, Spontini. Orchestra and Chorus of Teatro Massimo di Palermo, Jader Bignamini, direction (1 cd Prima classics) – parution annoncĂ©e : le 9 novembre 2018. CD Ă©lu « CLIC » de CLASSIQUENEWS, novembre 2018.

——————————————————————————————————————————————————

VOIR la VIDEO Marina Rebeka Spirito
https://musique.orange.fr/videos/all/marina-rebeka-spirito-the-making-of-the-album-VID0000002GNso.html

Suivez l’actu de la soprano MARINA REBEKA sur twitter : https://twitter.com/marinarebeka

En LIRE plus sur le site de la soprano MARINA REBEKA :
https://marinarebeka.com/2018/10/05/marina-rebeka-releases-new-solo-album-spirito/

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation d’ANNA BOLENA Ă  l’affiche de l’OpĂ©ra de Bordeaux en novembre 2018 : Ă  venir

——————————————————————————————————————————————————

RĂ©cital Anna Kassian, soprano Ă  la Garenne Colombes (92)

kassian annaLa Garenne Colombes (92) : RĂ©cital Anna Kassian, le 17 octobre 2014, 20h. RĂ©cital Ă©vĂ©nement ce 17 octobre au ThĂ©Ăątre nouveau de La Garenne dans les Hauts de Seine : la jeune diva rĂ©vĂ©lĂ©e lors du dernier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini offre un programme belcantiste dans la lignĂ©e de son air hallucinĂ©, saisissant d’ImogĂšne extrait du Pirate de Bellini, et qui lui a valu en 2013, le Premier Prix du Concours Bellini Ă  l’unanimitĂ©. Elle vient d’incarner HĂ©lĂšne des VĂȘpres Siciliennes de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Nice sous la direction de Marco Guidarini et chante Despina du Cosi Ă  paraĂźtre chez Sony Classical sous la direction de Teodor Currentzis. Voix veloutĂ©e et diction claire et incarnĂ©e, la jeune diva a tout d’une grande tragĂ©dienne bellinienne : le pathĂ©tique et la dignitĂ©, le style et l’émotivitĂ©, la finesse et la musicalitĂ©. La soprano convainc par son chant habitĂ©, son souci du verbe et de la situation dramatique, la finesse veloutĂ© du timbre et une prĂ©sence qui frappe immĂ©diatement. RĂ©cital Ă©vĂ©nement. VOIR LA VIDEO : ImogĂšne chantĂ©e par Anna Kassian (Concours Bellini, octobre 2013).

 

Bellini_vincenzo_belliniLe concert prĂ©lude Ă  la prochaine Ă©dition (4Ăšme) du Concours International de Bel Canto Vincenzo Bellini qui a lieu au ThĂ©Ăątre de la Garenne Colombes les 30 et 31 octobre 2014. Douze candidats ont Ă©tĂ© scrupuleusement sĂ©lectionnĂ©s par le maestro Marco Guidarini, avant d’ĂȘtre les 30 et 31 octobre prochains soumis Ă  l’évaluation du un jury placĂ© sous la prĂ©sidence d’Alain Lanceron (Warner Music Group). AprĂšs Pretty Yende (2010), Anna Kassian (2013), quel(le) sera la(e) prochain(e) laurĂ©at(e) du Concours Bellini 2014 ? RĂ©ponse le 31 octobre au terme de la finale.

+ d’Infos sur le site de La Garenne Colombes

 

 

RĂ©cital Anna Kassian, soprano (Premier Prix Concours Bellini 2013),
le 17 octobre, 20h

Réservation sur le site de la FNAC ou au Théùtre 01 72 42 45 85
Théùtre de La Garenne Colombes : 22, avenue de Verdun
TĂ©l.: 01 72 42 45 74

 

Bellini
Malinconi, ninfa gentile
Vanne, o rosa fortunata
Almen se non poss’io
Ma rendi pur contento

Donizetti
ScĂšne finale de Lucrezia Borgia

Rossini
Bel raggio lusinghier
SĂ©miramis, cavatine

—-

Donizetti
Il Barcaiolo
La corrispondenza amorosa

Rossini
Adieux Ă  la vie
Le Barbier de SĂ©ville : Air de Rosine
Una voca poco fa

Bellini
Il Pirata, scùne finale d’Imogùne

 

4Ăšme Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini
Théùtre de La Garenne Colombes
Demi-finale 30 octobre 2014 Ă  19h
Finale 31 octobre 2014 Ă  20h.

MusicArte Productions site : www.concoursinternationaldebelcantovincenzobelllini.com

 

 

kassian-anna-imogene-bellini-2013

 

 

VOIR LA VIDEO : ImogÚne chantée par Anna Kassian (Concours Bellini, octobre 2013).