CRITIQUE, opéra. TOULOUSE. Capitole le 2 juillet 2021. R. STRAUSS : ELEKTRA.  R.MERBETH ; V.URMANA ; N.GOERNE ; F. BEERMANN / M.FAU

CRITIQUE, opéra. TOULOUSE. Capitole le 2 juillet 2021. R. STRAUSS : ELEKTRA.  R.MERBETH ; V.URMANA ; N.GOERNE ; F. BEERMANN / M.FAU. Il nous a fallu assister deux fois à ce fabuleux spectacle (2 puis 4 juillet) pour en percevoir la richesse et en rendre compte. Le choc attendu avec cet opéra hors normes a été au rendez-vous. Une saison capitoline sacrifiée (comme partout) porte sa revanche avec une production superlative. Le dispositif scénique est insolite et …génial. La fosse du Capitole ne permet pas d’entasser les musiciens nécessaires à cette partition sans risques sanitaires. L’orchestre a donc été plus confortablement installé en fond de scène, l’occupant plus de la moitié. Un très beau rideau de tulle peint fait séparation. La fosse recouverte permet sur le proscénium des mouvements d’acteurs réduits mais percutants. La scène est encombrée d’une gigantesque statue d’Agamemnon abattue au-dessous du genou. Un souterrain s’ouvrant permet d’évoquer le terrier d’Elektra. A cour et à ardin, les entrées et sorties suggèrent l’extérieur et le palais sans vraie rigueur.  La statue d’Agamemnon envahit l’espace scénique comme le père envahit l’espace mental et affectif d’Elektra.

ELEKTRA Tutta Forza au Capitole !

elektra michel fau apitole merbeth gornerLa fusion musicale et scénique voulue par le tandem si intime Hofmannsthal / Strauss se retrouve parfaitement dans cette production inouïe. La grandeur et la richesse de la scène sont enchâssées dans une direction musicale à la fois retenue au niveau du tempo et très analytique, permettant de déguster toutes les finesses orchestrales de Strauss. Le drame se tend lentement mais avec une puissance orchestrale extraordinaire que le chef allemand arrive à tenir afin de ne pas couvrir les chanteurs. L’Orchestre du Capitole est absolument flamboyant. Placée si habilement, la dimension symphonique est enthousiasmante.
La direction de Franck Beermann retrouve les belles qualités de son Parsifal la saison dernière. Direction dramatique tenue tout du long, grands arcs construits, détails subtils sculptés et un équilibre parfait avec le plateau. La riche orfèvrerie orchestrale de Richard Strauss est scintillante tout du long. Le même scintillement se retrouve sur scène. Je crois peu élégant de détailler les éléments vus sur scène, il le faut pourtant pour rendre à chacun la part de son travail inestimable mais le travail d’ensemble est remarquable pour la cohérence de la vision, car tout se complète.

Rendons à Christian Lacroix, la palme de la brillance. Son goût pour les couleurs est bien connu. Il a dessiné des costumes de toute beauté, si trop beau est possible nous n’en sommes pas loin ! Quelle subtilité dans l’outrance et quel goût dans le choix des matières. Le décor repose sur les créations de Phil Meyer avec cette extraordinaire statue d’Agamemnon et son très beau rideau de fond de scène. Les lumières de Joel Fabing sont magiques et permettent une variété presque infinie de lieux. Jouant sur la transparence du rideau et la franchise des couleurs des costumes, il crée des espaces infinis. La dominante rouge pour Clytemnestre, l’or pour Chrysothémis, le vert pour Oreste, le blanc après les deux meurtres : cela a aussi pour effet de changer les visages très maquillés et qui « prennent » la lumière très fortement. Le jeu des acteurs est emphatique sans être grandiloquent. La noblesse des personnages principaux nous rappelle que nous sommes chez les Atrides tout de même ! Les servantes sont plus caricaturales avec un jeu outré comme si chacune était l’un des membres d’une pieuvre. Groupe mouvant tentaculaire.

Vocalement les servantes ont toutes de fortes voix mais sans unité vocale ni recherche d’harmonie, c’est l’opposé de ce que l’on voit. Elektra sort de terre comme d’une tombe en évoquant Agamemnon. L’effet est puissant. Son costume ne tient pas compte de la tradition, entorse qui est en fait très signifiante. Sa robe pourrait être une robe de mariée avec couronne de fleurs. Cela nous suggère que la vie mentale d’Elektra la domine complètement.  Ce mariage avec son père n’est donc pas interdit mais « raté ». Toute la névrose hystérique est contenue en ce costume…  Cette Elektra ne renonce pas totalement à plaire et n’est pas une souillon.
L’interprétation de Riccarda Merbeth est totalement convaincante : elle est Elektra sur le plan vocal et scénique. La voix est somptueuse, admirablement conduite afin de ne jamais la mettre en danger. Elle terminera la série de cinq représentations avec une voix en totale santé. Et pourtant elle donne généreusement sa voix sur toute la vaste tessiture. Les graves sont magnifiquement timbrés sans effets de poitrinage et les aigus se développent en rayons de soleil progressifs que le geste large du chef encourage. Cette manière magistrale de placer le son puis le développer est remarquable et permet de comprendre l’extraordinaire carrière qui lui permet d’enchainer les rôles les plus terrifiants (Isolde, les trois Brunnhilde et Turandot entre autres). Ce rôle d’Elektra, elle l’a beaucoup chanté, et je ne sais pas si elle dira la même chose mais je trouve qu’entre le confort des arcs tendus par la direction du chef et une certaine élégance du personnage autorisée par la mise en scène, la noblesse du personnage de cette production sied particulièrement à la cantatrice allemande, dont la tenue vocale a tant d’élégance. Dans la mise en scène de Michel Fau, le personnage gagne en complexité. Le travail d’acteur est efficace et renouvelle le rôle. Du coup les relations avec les autres personnages sont également enrichies. Le combat avec sa terrible mère est tout en subtilités. Violetta Urmana est une Clytemnestre pleine de séduction. Vocalement elle est très à l’aise et scéniquement rien que par le costume somptueux, elle est une reine indétrônable. Le face à face est monstrueux à souhait entre la mère et la fille. Chrysotémis est un personnage qui gagne également en complexité. J’ai regretté que vocalement il ait manqué une lumière dans le timbre de Johanna Rusanen  et une petite fragilité qui permettrait d’en faire une sœur seconde par rapport à Elektra. Mais cette manière de se tenir à égalité face à Elektra y compris vocalement donne de la profondeur au drame. Il m’est arrivé de penser qu’il n’est pas fréquent d’avoir sur scène trois Elektra, une titulaire, une qui aurait pu l’être (Violetta Urmana) et une en devenir (Johanna Rusanen ). Car la puissance vocale sur tous les registres des trois cantatrices est équivalente.
L’autre grand rôle, plus attendu qu’entendu mais fondamental pour le drame est Oreste. Pour une prise de rôle Nelson Goerne est royal d’allure et de voix. Le timbre somptueux, le texte est si bien dit qu’il est un Oreste mémorable. Le jeu est retenu, le costume de velours griffé vert est peut-être plus sobre mais au combien élégant. Les gestes sont rares, le personnage attend, et se concentre. La tendresse vis à vis d’Elektra est vraie ainsi esquissée d’un simple geste. Le matricide est sobre avec un beau geste de la mère vers son fils en son dernier instant. Là aussi la manière de traiter le personnage convainc à la noblesse de l’interprète. Valentin Thill  en jeune serviteur est remarquable de clarté de timbre et d’émission agréable. Barnaby Rea en serviteur d’Oreste est d’une belle présence face pourtant à de terribles monstres vocaux. L’Egisthe de Frank van Aken tient son rang en tout et sa mise à mort ressemble à un film qu’Elektra regarde. Comme si cette pièce indispensable mais de deuxième importance dans le délire hystérique d’Elektra ne méritait plus d’importance.

C’est donc avec un spectacle total et sur une réussite exceptionnelle et sans faiblesse que le Capitole gâte son public in fine. Cette Elektra intelligemment revisitée par Michel Fau restera dans les mémoires.

CRITIQUE, opéra. TOULOUSE, Théâtre du Capitole,  les 2  et 4 Juillet 2021 ; Richard STRAUSS :( 1864-1949) : Elektra ; tragédie  en un acte ; Livret  de Hugo von Hofmannsthal ; Création  le 25 janvier 1909 au Semperoper de Dresde ; Michel Fau,  mise en scène ; Hernán Peñuela,  scénographie ; Phil Meyer,  sculpture et peinture ; Christian Lacroix,  costumes ; Joel Fabing,  lumières ; Ricarda Merbeth : Elektra ; Johanna Rusanen : Chrysothémis ; Violeta Urmana : Clytemnestre ; Matthias Goerne :  Oreste ; Frank van Aken : Égisthe ; Sarah Kuffner : La Confidente, la Surveillante ; Svetlana Lifar,  Première Servante ; Grace Durham,  Deuxième Servante ; Yael Raanan-Vandor :  Troisième Servante, La Porteuse de Traîne ; Axelle Fanyo : Quatrième Servante ; Marie-Laure Garnier : Cinquième Servante ; Valentin Thill : Un Jeune Serviteur ; Barnaby Rea,  Le précepteur d’Oreste ; Thierry Vincent : Un vieux Serviteur ; Zena Baker, Mireille Bertrand, Catherine Alcoverro, Judith Paimblanc, Biljana Kova, Stéphanie Barreau : Six servantes ; Orchestre National du Capitole ; ChÅ“ur du Capitole, Alfonso Caiani  direction; Frank Beermann,  direction musicale – Photo : © Mirco Magliocca

VOIR le TEASER VIDEO ici :
https://www.youtube.com/watch?v=cgrQPWujEOY&t=13s

Compte rendu, critique, opéra. SALZBOURG, le 1er août 2020. Strauss : Elektra. Welser- Möst / Warlikowski

Compte rendu, critique, opéra. SALZBOURG, le 1er août 2020. Strauss : Elektra. Welser- Möst / Warlikowski. Toute l’action se déroule au bord d’une piscine ; d’un saunatorium, à l’écart du palais des Atrides. L’eau glacée de la vengeance : Pour Warlikowski, Elektra demeure la proie dépassée, débordée d’un trop plein de haine vengeresse : comment laver la souillure propagée par l’assassinat de son père Agamemnon ; crime commis par sa mère Clytemnestre, aidée de son amant Egiste. Quand Elektra plonge sa main dans l’eau du bassin royal, le désir de pureté doit s’accomplir. Quête radicale, irrépressible, …

 
 

 
 

Volcan orchestral et lave vocale

Pour son centenaire, Salzbourg réussit sa nouvelle production d’Elektra

 

 

Salzbourg 2020 : Somptueuse Elektra pour le centenaire

 

 

Eau pure contre sang versé. L’idée est juste, mais pourquoi encore et toujours nous infliger un monologue parlé, récité de Clytemnestre avant l’action lyrique ? Le metteur en scène polonais délivre sans pudeur ses propres tourments obsessionnels quitte à rompre le fil musical et tuer l’impact du chant lyrique. Strauss et Hofmannsthal (2 cofondateurs du Festival de Salzbourg en 1922) n’auraient certes pas apprécié cette incursion du théâtre parlé (et surtout hurlé) dans l’opéra, genre total qui se suffit à lui-même. D’autant que le théâtreux ajoute encore et toujours ses images vidéos, censées expliciter les relations (incestueuses ou sadomaso) entre les personnages. Mais la vraie folle ici est bien la mère (Clytemnestre) plutôt que la fille… De même, à la quasi fin de l’action, Warlikowski répète encore, insiste toujours, assène jusqu’à l’écœurement visuel (l’immense giclée de sang quand sont tués Clytemnestre et Egiste puis la nuée de mouches volantes). Il est comme cela : trivial ; et volontiers redondant plagiant la musique qui elle est un volcan d’une force inouïe.

Dans le premier quart d’heure, Elektra est raillée et diabolisée par les suivantes de la cour mycénienne. Sa haine affichée suscite l’ironie cynique des unes, la détestation d’une mère aigre, quand seule sa soeur Chrysotémis admire sa loyauté au père… Puis seule Elektra exprime sa profonde solitude impuissante, l’impossibilité pourtant de laisser le meurtre de son père Agamemnon, impuni. « Agamemnon, père où es-tu? ». La vision du sang versé l’obsède jusqu’à la folie : Ausrine Stundyte habite le personnage avec une clarté qui foudroie, un chant halluciné, âpre et tendu qui prend appui sur les vertiges et crispations d’un orchestre complice qui danse et trépigne, quand la fille enfin victorieuse s’imagine après avoir tué la mère vicieuse et sanguinaire, danser sur la tombe de son père vengé (somptueuse plasticité des Wierner Philharmoniker et direction contrastée, détaillée, ardente de Franz Welser-Möst, lequel confirme ses affinités straussiennes). Plus légère, Chrysotémis (parfaite Asmik Grigorian, plus insouciante, plus légère) parvient à peine à contenir la rage furieuse de sa soeur Electre : elle n’a pas sa force morale ni son courage. Car leur frère Oreste, exilé, se fait attendre… Celui ci trouve dans le baryton Derek Welton, un chant aussi profond et pénétrant, actif et vengeur que sa sœur. C’est lui l’étranger (et pourtant de la maison) qui vengera le crime…

La Clytemnestre, maladive insomniaque, supersitieuse médicalisée, qui cauchemarde (Warlikowski montre tout cela avec un cynisme minutieux) affecte d’être victime… de sa propre fille dont elle fait cette « ortie »rebutante, ingrate et barbare (honnête Tanja A. Baumgartner à la vocalité fauve de louve qui se tortille). La mère, adepte aux rites et aux magies sanglantes, est une charogne qui sait trop la force divine qui habite la juste Electre.
Tissu psychédélique, en tensions et convulsions psychologiques, l’Orchestre fait jaillir la sauvagerie des pulsions de chaque protagoniste, toutes les énergies qui les submergent ; il exprime les obsessions de la fille (le regard du père assassiné) ; son dessein surtout : tuer sa mère ; puis les obsessions de la mère (son rêve / cauchemar en charogne dont la moelle s’épuise : « je ne veux plus rêver »)… son besoin de faire saigner une nouvelle victime pour retrouver le sommeil. Ainsi dans cette version s’affirme comme un roc la claire détermination d’Elektra : elle réfute ce qu’on lui dit (quand Chysotémis annonce la mort d’Oreste, « écrasé par ses propres chevaux ») ; face à sa mère dont elle ne souhaite qu’une chose : sa mort. Et celle de son amant Egiste. Plus radicale face à Chrysotémis qui lui résiste : Elektra n’accepte pas que sa sœur refuse de tuer avec elle, les assassins de leur père : elle maudit Chrysotémis. A travers l’orchestre, l’écriture de Strauss offre l’étendard sonore et sanguinaire de la tragédie grec antique. A coups d’archets nets et précis, d’éclats mordants, le corps instrumental sculpte la matière incandescente

Quand paraît Oreste… surgit la séquence la plus bouleversante : le frère et la soeur se reconnaissent ; deux décalés, solitaires qui s’ignorent d’abord puis comprennent que leur sort est lié… pour venger leur père. L’Orchestre dit alors toute la souffrance qui les submerge et les aimante ( à 1h20) : « Oreste, Oreste, Oreste ! Tout est calme »… fugace accalmie dans un torrent de barbarie familiale. Elektra exprime ce renoncement à sa liberté de femme car le destin de la vengeance doit consumer son être. Très juste et naturel, Derek Welton parfait, dans le texte, submergé par son destin et la tragédie qui le frappe comme sa sœur.

Il y a déjà dans les convulsions voluptueuses de l’Orchestre d’Elektra toute la charge vénéneuse et chaotique de la danse de Salomé à venir. La fin pour Electre est sans ambiguïté : elle est danse de mort et Oreste porte lui aussi le poids de son crime : apeuré et fuyant à la fin du drame, il erre comme un lion solitaire dans la nuit de la salle salzbourgeoise. Vocalement et orchestralement, la production est superbe. Le trio de la fratrie : Elektra, Chrysothémis, Oreste, très convaincant. Voilà qui marque le centenaire du Festival autrichien, sa ténacité estivale malgré la crise sanitaire.

 

  

 
 

 
Photo © SF / Bernd Uhlig / Salzburg Festspiele 2020

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OPERA INTEGRAL EN REPLAY  jusqu’au 30 octobre 2020 sur Arte tv :
https://www.arte.tv/fr/videos/098928-000-A/elektra-de-richard-strauss/

TEASER ELEKTRA Salzbourg 2020
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/elektra#&gid=1&pid=1

 

  

 
 

 

Télé. Sélection opéras, concerts symphoniques, récitals d’août et septembre à décembre 2020

TÉLÉ. Sélection de la rentrée 2020… Classiquenews sélectionne ici les programmes à ne pas manquer sur le petit écran. Opéras, concerts symphoniques, plateaux éclectiques, ou récital. Baroque, Romantique, XXè, contemporain, sans omettre les musiques anciennes… retrouvez ci dessous les programmes incontournables à voir et à écouter dès la rentrée 2020 et bien après…

 

 

Décembre 2020

 

JEUDI 31 DECEMBRE 2020

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17h30
Concert de la Saint-Sylvestre à Berlin.

 

 

 

DIMANCHE 27 DÉCEMBRE 2020

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17h50
Promenade musicale à Versailles
Quatre concerts exceptionnels ont été enregistrés au château de Versailles, sans public, au printemps dernier, avec Patricia Petibon (à l’Opéra royal) ou Alexandre Tharaud (à la Galerie des Glaces). Ces concerts donnent lieu à ce programme qui ressuscite en musique l’âge d’or du Château de Versailles. Une promenade au rythme des plus beaux airs baroques.
Au programme, les Grands Motet de Lully interprétés par Les Epopées sous la direction de Stéphane Fuget ; Alexandre Tharaud dans la Galerie des glaces jouant au piano plusieurs joyaux du Grand Siècle (originellement pour clavecin) : la Marche des Turcs et la Suite en la de Jean-Baptiste Lully, les Sept pièces pour clavier de François Couperin, L’Aimable de Joseph-Nicolas-Pancrace Royer… puis Patricia Petibon invoque des figures féminines magnifiques et tragiques, avec l’ensemble Amarillis (Héloïse Gaillard, direction): airs de Marc-Antoine Charpentier, Jean-Philippe Rameau, Marin Marais, dans l’écrin fin XVIIIè de l’Opéra royal de Versailles.

 

JEUDI 24 DÉCEMBRE 2020

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17h45
Douce nuit – Une chanson pour le monde
Douce nuit » est probablement l’hymne de Noël le plus célèbre de tous les temps. Ce chant de Noël mis en musique par Franz Xaver Gruber en 1818 fête cette année ses 200 ans. Traduit dans le monde entier en 300 langues et dialectes, l’hymne de la Première Guerre mondiale a poussé les troupes allemandes et britanniques à déposer les armes pendant une journée dans les tranchées. Le réalisateur Hannes Michael Schalle revient sur l’histoire de cette chanson et donne la parole aux artistes.

 

 
 

MARDI 22 DÉCEMBRE 2020

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TALE of TALES : le conte des contes
(titre originel : Il racconto dei racconti, 2015)
 

Arte sort le grand jeu pour Noël et diffuse l’adaptation par Matteo Garrone (auteur de laMatteo Garrone raconto tale leggende arte critique classiquenews série Gomorra) du Pentamerone, recueil de contes populaires propre à l’Italie médiévale (XIVè), où la truculence défie la poésie. Rêve, barbarie, cruauté, enchantement… avec leur lot de figures magiques et de monstres hideux, sont les ingrédients de ces 3 contes ainsi associés sous la forme d’un long métrage de 2h14mn. Une Reine se désespère de n’être pas mère ; un souverain tombe amoureux d’une voix ; une princesse peine à se libérer d’un époux violent et tyrannique… C’est une fresque haute en couleurs qui exprime la violence et la folie des passions humaines. Avec Salma Hayek (Reine de Selvascura), Vincent Cassel (roi de Roccaforte), Toby Jones (roi d’Altomonte) – Production 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DIMANCHE 20 DÉCEMBRE 2020

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17h10
Lucia de Lamermoor à la Scala de Milan, remplacée par une soirée de gala
scala milanC’est avec Lucia di Lammermoor de Donizetti  que la Scala de Milan devait inaugurer cette année l’ouverture de sa saison 2020 – 2021, le 7 décembre (jour attendu inaugural de la Saint-Ambroise, patron de Milan). Mais l’épidémie en a décidé autrement : le Teatro Milanais a organisé plutôt une grande soirée lyrique en forme de récital et de célébration chorégraphique. Sont annoncés, sous réserve de modifications de dernière minute, les ténors Jonas Kaufmann et Roberto Alagna, la sublime mezzo Elina Garance… ainsi que les Etoiles et le corps de ballet de la Scala. Durée annoncée : 2h30. En replay sur ARTEconcert jusqu’au 20 mars 2021.

 

 

01h25
Daniel Hope, violon
hope daniel for seasons cd deutsche grammophon cd reviex cd critique classiquenewsUn concert à domicile avec Daniel Hope, Max Richter et Joy Denalane. Pendant le confinement du printemps dernier, Daniel Hope invitait des artistes et des amis chez lui pour des concerts spontanés. Grâce à la musique, il voulait apporter sa propre contribution durant cette période de “crise”. Il y a eu ainsi 34 concerts « Hope@home ». Dans l’ultime programme, Daniel Hope interprète la première mondiale d’une réduction pour piano de VIVALDI “Recomposed” avec son fidèle pianiste, Christoph Isaraël, mais aussi avec le compositeur britannique Max Richter, depuis Oxford, une performance à l’origine de cette version “revisitée” des Quatre saisons de Vivaldi. Avec Joy Denalane, ils interprètent également une nouvelle version de la chanson de Richter “This Bitter Earth / On the Nature of Daylight” – chantée à l’origine par Dinah Washington – tirée du film “Shutter Island” de Martin Scorsece. La harpiste Jane Berthe complète le parcours musical.

 

 

 

 

 

SAMEDI 19 DÉCEMBRE 2020

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cygnes-lac-noureev-classiquenews-Le-Lac-des-Cygnes_corps-de-ballet13h. TCHAIKOVSKY : Le lac des cygnes (Kiev, juin 2019). Le ballet de l’Opéra national d’Ukraine réalise une version fiévreuse et techniquement maîtrisée du chef d’oeuvre de Piotr Illiytch, conçue en 1986 par Valery Kovtun,inspiré de Marius Petipa. En forêt, le prince Siegfried rencontre la belle Odette qui chaque soir, se transforme en cygne blanc. S’il l’épouse, l’envoûtement dont elle victime, jeté par le sorcier Rothbart, sera rompu, et Odette redeviendra femme. C’est compter sans l’esprit haineux et manipulateur du sorcier qui engendre sa propre créature noire, Odile, le cygne d’ébène, jumeau du cygne blanc, et prêt à prendre sa place pour mieux perdre les deux amants, Siegfried et Odette. Il appartient à la même ballerine d’incarner Odette / Odile, deux faces opposées d’un même idéal féminin. Vers lequel tendra Siegfried ? Saura-t-il démêler les rets toxiques tendus par Rothbart, instance jalouse et maléfique ?

 

 

 

 

 

DIMANCHE 13 DÉCEMBRE 2020

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18h55
Concerto per l’Italia Riccardo Chailly, Maxim Vengerov. Pour son traditionnel concert donné sur le parvis du Dôme de Milan, l’Orchestre de la Scala invite un soliste de renommée mondiale : le violoniste Maxim Vengerov. Le soliste russe à la virtuosité diabolique interprète le Concerto pour violon de Mendelssohn. Au programme aussi : ouvertures et extraits symphoniques tirés d’opéras de Rossini, Bellini, Puccini et Verdi.

 

 

23h
SONYA YONCHEVA et ROBERTO ALAGNA
chantent LOHENGRIN de Wagner
WAGNER : le Ring Jordan sur France MusiqueLohengrin prometteur présenté par le Staatsoper Unter den Linden de Berlin, pour clore une année 2020 plus que difficile pour le monde du spectacle. A l’affiche de l’opéra phare de Wagner, le ténor français Roberto Alagna dans le rôle-titre (prise de rôle wagnérienne) et la soprano au chant velouté et soyeux, Sonya Yoncheva dans celui d’Elsa. Pour sa première à Berlin, le catalan Calixto Bieito signe la mise en scène, dans le décalage et le délire halluciné.

 

 

 

 

 

DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2020

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17h
Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
LIEGE. Jérusalem de Giuseppe Verdi aus der Oper Zürich – Mêlant intrigues politiques et tragédies familiales dans la Gênes du XIVe siècle, Simon Boccanegra, l’un des opéras les moins connus de Giuseppe Verdi, connait depuis quelques années une petite renaissance. Sur la scène de l’Opéra de Zurich, Fabio Luisi dirige l’excellent baryton allemand Christian Gerhaher dans le rôle-titre. Pour réaliser cette production et maintenir un certain lien avec l’audience, les circonstances sanitaires ont imposé une organisation inédite, en dissociant de plus d’un kilomètre les solistes et le public de l’orchestre et du chÅ“ur.

 

 

00h30
Beethoven intime
Documentaire
BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1A l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, voici le portrait intime du compositeur réalisé à partir de ses nombreux écrits. Sa correspondance, riche de plus de 2000 lettres, ainsi que ses Carnets intimes et ses Cahiers de conversation (qui lui ont permis de communiquer avec le monde extérieur malgré sa surdité) précisent le profil intime et inattendu du compositeur. Ils témoignent d’une vie de passion où le grandiose côtoie le tragique mais où toujours l’emporte la force créatrice de celui à qui on doit quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la musique : 9 symphonies parmi les plus révolutionnaires, l’opéra Fidelio (manifeste libertaire contre toutes les tyrannies), la Missa Solemnis, le Concerto pour piano l’Empereur, le concerto pour violo, le triple Concerto pour violon, violoncelle et piano…

Ainsi sont évoqués, son époque (1770-1827), son histoire familiale, ses amours, sa conception novatrice de l’Art, sa relation avec les autres artistes (Haydn, Bach, Goethe ou Schiller), son humanisme. Mais aussi son combat contre la surdité. Concerts, répétitions live, archives… La musique de Beethoven, très présente, constitue l’autre fil narratif du film. Pour raconter ses symphonies et ses sonates pour piano (qu’il considère comme « le journal intime du compositeur ») le film a comme principal intervenant le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim. A ses côtés, le jeune quatuor Ebène, qui a joué l’intégrale des quatuors à cordes de Beethoven à travers le monde, évoque l’homme comme le compositeur et dit la portée universelle d’une œuvre unique. En outre, le graphiste Olivier Patté a imaginé un univers à la fois narratif et poétique, pour illustrer les écrits de Beethoven et en révéler toute la richesse et la sensibilité.
Film documentaire : Beethoven intime. Auteures : Anna Sigalevitch et Priscilla Pizzato Réalisatrice : Priscilla Pizzato – Coproduction : ARTE France et Redstone (2020 – 53’) Avec la participation de Daniel Barenboïm et du Quatuor Ebène

 

 

01h25
Concerto pour violon de Beethoven
Avec F.P. Zimmermann
Présentation et commentaire par Arte : « Dans ce Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven, l’orchestre se montre vif et pétillant sous la direction de Daniele Gatti. Sans conteste, le son propre au Concertgebouw, qui s’est façonné auparavant avec Bernard Haitink, Riccardo Chailly et Mariss Jansons, ne s’est pas altéré. C’est dans le dernier mouvement que l’ensemble s’est montré le plus convaincant. L’introduction amène la montée brillante et allègre des cordes qui reprennent le thème ».
Réalisation : Ferenc Soeteman Production : RCO, Avrotros & UNITEL (2017- 43mn) – Royal Concertgebouw Orchestra, Concertgebouw d’Amstermdam.

 

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’Opéra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui détestait Wagner, c’est peut-être là son seul défaut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand même un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse Eugénie Fiocre interprète du ballet la Source, récemment remis à l’honneur de l’Opéra Garnier. Degas fréquente assidument l’Opéra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tête, arabesques des bras, des jambes, détail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au départ : que des attitudes… et des êtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre présentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre à 18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre à 18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – Réalisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème édition du « Pärnu Music Festival, » créé par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviétique, la famille Järvi s’était réfugiée aux États-Unis et s’est depuis éparpillée dans le monde entier. Le festival, créé par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicité musicale. Maarika, la sÅ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, présente comme flûtiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. Dirigée par Paavo, l’Å“uvre a été composée par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprété par le violoncelliste norvégien Truls Mork.

 

 

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Dimanche 27 septembre à 18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles étaient les deux divas les plus célèbres de leur époque, la presse les a dépeintes à tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction réductrice qu’affectionnent les médias toujours à la pointe de caricatures extrêmistes propres à surprendre et saisir. Dans la réalité les deux divas n’eurent jamais à rivaliser car leur répertoire était différent, incarnant des héroïnes totalement opposées, chacune selon le tempérament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnées, à l’expressivité âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse éthérée portée par un timbre claire et lumineux, « céleste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privée, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considérée comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle différence ? Cette opposition entre les deux artistes était-elle bien réelle ? Entre Milan, Paris et New York, éléments de réponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondé ? LIRE aussi notre présentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

ARTE. Dimanche 4 octobre 2020
18h20, Concert de Prague avec Daniel Hope “Prague Sounds again”, le concert célèbre le retour de la musique à Prague dans un cadre magnifique : une scène flottante sur la Moldau, sous le Théâtre national, entre l’île Slovansky et le pont de la Légion, avec en toile de fond le château de Prague. Le violoniste britannique qui a étudié sous la direction du légendaire Yehudi Menuhin, interprète l’Å“uvre emblématique de Max Richter “Vivaldi Recomposed”, une ré-imagination des Quatre Saisons, avec l’Orchestre de l’Epoque. Au programme aussi la première mondiale de la “Moldau” de Smetana, recomposée par Floex et Tom Hodge ; “September Song” de Kurt Weill (arrangement de Paul Bateman) ; “Humoresque” d’Anton Dvorak.

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ARTE. Dimanche 11 octobre 2020
18h55, CONCERT MOZART A PARIS, dans les jardins de l’hôtel Sully avec l’Orchestre de chambre de Paris, Lars Vogt, piano et direction  / Magali Mosnier, flûte ; Valéria Kafelnikov, harpe. Enregistré le 11 juillet 2020 à Paris. Programme : Concerto pour flûte et harpe, Concerto pour piano N° 9 K 271 (Jeune homme) ; Danse Allemane (12′) (German Dances K 536) de Wolfgang Amadeus MOZART.
Pour son premier concert à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris cet été 2020, Lars Vogt dirige “Mozart à Paris” en plein air et en public dans la magnifique cour de l’Hôtel de Sully. Après un travail en profondeur mené pendant cinq ans avec Douglas Boyd, l’Orchestre de chambre de Paris accueille son nouveau directeur musical, le chef et pianiste de renommée internationale Lars Vogt qui vient renforcer une démarche artistique originale et un positionnement résolument chambriste. Plus de quarante ans après sa création, l’Orchestre de chambre de Paris est considéré comme un orchestre de chambre de référence en Europe. Les instrumentistes qui en composent le noyau incarnent une nouvelle génération de musiciens français devenant ainsi l’orchestre permanent le plus jeune d’ÃŽle-de-France et le premier orchestre français réellement paritaire. Acteur musical engagé dans la cité, il développe une démarche citoyenne s’adressant à tous les publics, y compris ceux en situation de précarité ou d’exclusion. Les récentes créations musicales conçues avec des bénéficiaires de centres d’hébergement d’urgence ou des résidents d’Ehpad de Paris ou des personnes détenues du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin en sont d’éloquentes illustrations.

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01h25
Rêve de Hongrie – Barbara Hannigan. Concert enregistré le 23 et 25 janvier 2019 à l’Auditorium de Radio France. Programme : Béla Bartók : Rhapsodie pour violon et orchestre n° 1 ; György Ligeti : Concerto romanesc ; György Kurtág : Hét Dal pour soprano et cymbalum « Zur Erinnerung an einen Winterabend », pour soprano, cymbalum et violon ; enfin, pièce majeure : Béla Bartók, Le Mandarin merveilleux, suite.
Barbara Hannigan n’est pas une cheffe d’orchestre comme les autres. Chanteuse, chef d’orchestre, elle offre une autre image de la musique dite « classique ». Artiste polyvalente et talentueuse, elle a choisi de mettre son prestige au service des répertoires les plus exigeants. Pour ce nouveau concert avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, elle met le cap sur la musique hongroise du 20ème siècle, dans un programme en plusieurs parties qui fait se télescoper son aura de chanteuse et ses dons de chef d’orchestre. Elle nous propose un voyage par étapes, dans les partitions de Bartók puis de Ligeti , et deux pages pour soprano et cymbalum de György Kurtág qui nous plonge dans la poésie de l’âme magyare. Il y a un mystère Hannigan – chanteuse reconnue, cheffe d’orchestre recherchée, elle privilégie chemins de traverse et prises de risques.

 

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Dim 18 octobre 2020
01h50 Turandot de Giacomo Puccini au Au Teatro del Liceu
Op̩ra en 3 actes compos̩ par Giacomo Puccini. Livret : Giuseppe Adami, Renato Simoni, Franco Alfano. Direction musicale : Josep Pons (2020 Р1h58).
Avec Irène Theorin : Turandot
Chris Merritt : Altoum
Alexander Vinogradov : Timur
Jorge de León: Calaf
Ermonela Jaho : Liù
Toni Marsol : Ping
Francisco Vas : Pang
Mikeldi Atxalandabaso : Pong
Michael Borth : un mandarin
José Luis Casanova Prince de Perse (voix)

Cette nouvelle production de l’opéra Turandot orchestrée par le Gran Teatre del Liceu est un clin d’oeil à sa propre histoire et à son renouveau. 20 ans auparavant, c’est avec l’opéra de Puccini que reprenaient les représentations après le grand incendie qui a ravagé le théâtre en 1994.

La mise en scène et la scénographie profite de l’imaginaire visuel et poétique de l’artiste vidéaste espagnol Franc Aleu. Il transpose l’oeuvre dans un futur très personnel où le video mapping et la 3D sont omniprésents. Tout est lumière, tout est vie dans une Chine où règnent la mort et la vengeance.

 

 

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MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsARTE, dim 2 août 2020, 17h : Cosi fan tutte en direct de Salzbourg. Christof Loy, mise en scène. Joana Mallwitz, direction. Le festival autrichien né en 1922 maintient son édition malgré la crise sanitaire actuelle et affiche le dernier des opéras de la trilogie Mozart / Da Ponte : Cosi fan tutte, chef d’oeuvre révélé à Salzbourg justement dans les années 1920 par l’un des fondateurs du Festival, Richard Strauss. Ce Cosi est l’un des temps forts de Sazlbourg 2020 avec l’ELEKTRA du même Strauss par le provocateur déjanté délirant Warlikowski. Subtilité, nostalgie, cynisme… l’opéra de Mozart est aussi intitulée l’école des amants. Chacun pris dans le labyrinthe des cœurs, éprouve la cruauté des serments trahis, l’insouciance et la légèreté du désir… Au final qui aime qui ? Et pour combien de temps ? Un être semble tirer les ficelles, celui par lequel le pari initial a défier la constance des amants, Don Alfonso… à la fois vieux sage désabusé, et généreux mentor prêt à guider les épris trop naifs. En complicité, la servante avisée des deux jeunes napolitaines, victimes piégées de la farce, Despina assiste Alfonso dans son œuvre éducative. PRODUCTION A SUIVRE ET A VISIONNER sur le site d’ARTE ici :
https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

A l’été 2020, Salzbourg présente cette nouvelle production (6 représentations du 2 au 18 août 2020) avec deux chanteuses françaises, les mezzo soprano Lea Desandre (Despina) et Elsa Dreisig (Fiordiligi). Malgré leur jeune âge, auront-elle la fibre mozartienne ? Avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, Bogdan Volkov (Ferrando, ténor), André Schuen (Guglielmo), Johannes Martin Kränzle (Don Alfonso), Marianne Crebassa (Dorabella)… Avant le direct à 16h, documentaire : « le grand théâtre du monde / Salzbourg et son festival ». Toutes les infos sur le site du Festival de Salzbourg / Festpielhaus Sazlburg 2020
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/cosi-fan-tutte

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APPROFONDIR

LIRE notre compte rendu et notre dossier COSI FAN TUTTE (à l’Opéra de Tours – octobre 2019) Pour Wolfgang, le propos devient « la scuola degli amanti / l’école des amants, avec pour devise générique « Cosi fan tutte » : elles font toutes pareil (autrement dit, toutes les femmes sont infidèles)…. COSI FAN TUTTE, Salzbourg 2020 en REPLAY jusqu’au 31 oct 2020

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-tours-opera-le-4-oct-2019-mozart-cosi-fan-tutte-boudeville-feix-b-pionnier-g-bouillon/

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salzbourg vignette festivalARTE, dim 9 août 2020, 18h55. Karajan à Salzbourg en 1960. Premièrekarajan-box-warner-classics-maestro-chef-1948---1989-coffret-cd-review-cd-cd-critique du Chevalier à la rose / Der RosenKavalier dans une distribution de rêve, dans un Grand Palais des festival alors flambant neuf… Production légendaire filmée en 36 mn, d’une qualité photographique visionnaire. Avec Elisabeth Schwarzkopf (La Maréchale), Anneliese Rothenberger (Sophie), Otto Efelmann (Ochs). Documentaire 2020, 2h45mn. EN REPLAY jusq’7 sept 2020

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Dimanche 30 août 2020, 17h50
Salzbourg 2020, MAHLER : Symphonie n°6
Andris Nelson dirige ici le Wiener Philharmoniker dans la 6è symphonie « tragique » de Gustav Mahler, notre préférée, la plus personnelle et les plus intimes du compositeur et chef Gustav Mahler, qui fut directeur de l’Opéra de Vienne au début du XXè. En replay sur ARTE.TV jusqu’au 27 nov 2020.
Suite de l'odyssée MAHLER par l'Orchestre National de LilleCréée en 1906 à Essen sous la direction du compositeur, la Symphonie n° 6 en la mineur dite “Tragique” figure parmi ses Å“uvres les plus émouvantes. Si sa forme semble classique, son spectre expressif, lui, est impressionnant : imitation de sonnailles, cuivres furieux, coups de marteaux fatidiques – symboles d’un destin implacable – rythment une partition fiévreuse qui raconte le destin du héros, éprouvé, saisi par la force du destin. Si les autres symphonies de Mahler nous parlent de Rédemption (Symphonie n°2, « Résurrection » ; Symphonie des Mille n°8 exprimant la grâce…) la 6è ne laisse pas de nous laisser déconcerté par l’interrogation profonde qu’y formule le compositeur. L’homme confronté à sa destinée (maudite) peut-il être sauvé ?

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Dimanche 6 septembre à 18h, Arte
REQUIEM DE VERDI AU DÔME DE MILAN
Vague verdienne en juin 2014À l’occasion de sa réouverture, la Scala de Milan affiche le Requiem de Verdi, partition qui mêle sacré et opéra tant ici la force du choeur et le chant des quatre solistes égalent l’intensité dramatique de l’opéra. Le chef d’orchestre Riccardo Chailly, et les solistes Tamara Wilson, Elina Garanca, Francesco Meli et Ildar Abdrazakov rendent ainsi hommage aux victimes du coronavirus dans une région durement frappé par la pandémie depuis sa diffusion dès février 2020. Enregistré le 4 septembre 2020 à Milan.

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Dimanche 6 septembre à minuit (00h), Arte
Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau – Moments choisis de l’opéra ballet – Réalisation : François-René Martin Mise en scène : Clément Cogitore Chorégraphie : Bintou Dembélé Musique : Jean-Philippe Rameau Une coproduction : ARTE France / Opéra national de Paris / Telmondis / Mezzo (2019 – 1h51) Spectacle enregistré à L’Opéra national de Paris – Opéra Bastille en 2019 – EN REPLAY jusqu’ 31 août 2021

rameau dossier jean philippe dossier classiquenewsL’opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau est revisité par Clément Cogitore, jeune plasticien qui signe là sa première et souvent maladroite mise en scène lyrique, privilégiant évidemment la danse au détriment de l’unité opératique, en coopération avec la danseuse chorégraphe Bintou Dembélé, danseuse de Hip-hop. Une danse urbaine parfois entraînante, mais mal fusionnée avec le chant comme l’action lyrique. Certes il s’agit d’un opéra ballet mais le traitement hip hop paraît souvent téléguidé, plaqué sans fusion réelle avec le terreau lyrique. La greffe n’a pas prise. La confusion règne souvent sur les planches. Enregistrée à l’Opéra de Paris en 2019, cette production souhaitée par l’ex directeur S Lissner, est ici proposée sous forme de « Moments choisis »; rythmée par les Å“uvres originales de deux street artistes. LIRE aussi notre compte rendu critique des Indes Galantes de Rameau par C Cogitore

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Vendredi 11 Septembre à 21h05
Mahler-symphonie-n8-des-mille-orange-choregies-juillet-2019-critique-concert-critique-opera-classiquenewsFRANCE 3 en direct du Théâtre Antique d’Orange. Musiques en fête – La rentrée en musique  -  Dans un contexte sanitaire si singulier, France Télévisions tenait à offrir au public une soirée musicale inédite avec des artistes en live, tous au rendez-vous pour célébrer la musique et permettre au plus grand nombre de s’évader le temps d’un concert. Présentée par Cyril Féraud et Judith Chaine, cette 10e édition réunit pour une rentrée musicale vivante, la troupe de chanteurs de Musiques en fête et les musiciens qui interpréteront les plus grands airs d’opéra, d’opérette, de comédies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises, dirigés par Luciano Acocella et Didier Benetti.

Airs d’opéras de Verdi, Donizetti ou Bellini se mêlent à des airs cultes comme “Oh happy day !”, “Calling you”, “La Mélodie du bonheur”, ces incontournables interprétés en direct sur France 3 et en simultané sur France Musique, au cÅ“ur du célèbre théâtre antique d’Orange. Avec Florian Sempey, Thomas Bettinger, Claudio Capeo, Sara Blanch Freixes, Jérôme Boutillier, Alexandre Duhamel, Julien Dran, Julie Fuchs, Thomas Bettinger, Mélodie Louledjian, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Marina Viotti, Florian Laconi, Amélie Robins, Béatrice Uria-Monzon, Marc Laho, Jeanne Gérard, Anandha Seethaneen, Jean Teitgen…

Avec l’Orchestre national de Montpellier Occitanie
Le Chœur de l’Opéra de Monte Carlo, Chef de chœur : Stefano Visconti
La Maîtrise des Bouches-du-Rhône
Les élèves des classes CHAM du collège de Vaison la Romaine
Chorégraphies de Stéphane Jarny

Enfin, après leur prestation remarquée lors de l’édition 2019, les jeunes talents de Pop the Opera, réunissant une centaine de collégiens et de lycéens issus d’établissements scolaires de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, vont réinterpréter des extraits de chansons cultes. LIRE aussi notre présentation complète avec le programme précis dans notre sélection RADIO de septembre / Programme diffusé en direct sur France Musique

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’Opéra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui détestait Wagner, c’est peut-être là son seul défaut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand même un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse Eugénie Fiocre interprète du ballet la Source, récemment remis à l’honneur de l’Opéra Garnier. Degas fréquente assidument l’Opéra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tête, arabesques des bras, des jambes, détail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au départ : que des attitudes… et des êtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre présentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre à 18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre à 18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – Réalisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème édition du « Pärnu Music Festival, » créé par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviétique, la famille Järvi s’était réfugiée aux États-Unis et s’est depuis éparpillée dans le monde entier. Le festival, créé par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicité musicale. Maarika, la sÅ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, présente comme flûtiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. Dirigée par Paavo, l’Å“uvre a été composée par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprété par le violoncelliste norvégien Truls Mork.

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Dimanche 27 septembre à 18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles étaient les deux divas les plus célèbres de leur époque, la presse les a dépeintes à tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction réductrice qu’affectionnent les médias toujours à la pointe de caricatures extrêmistes propres à surprendre et saisir. Dans la réalité les deux divas n’eurent jamais à rivaliser car leur répertoire était différent, incarnant des héroïnes totalement opposées, chacune selon le tempérament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnées, à l’expressivité âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse éthérée portée par un timbre claire et lumineux, « céleste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privée, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considérée comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle différence ? Cette opposition entre les deux artistes était-elle bien réelle ? Entre Milan, Paris et New York, éléments de réponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondé ? LIRE aussi notre présentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

 

Salzbourg 2020 : la nouvelle ELEKTRA de TA Baumgartner

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56FRANCE MUSIQUE, 12 août 2020, 20h. STRAUSS : ELEKTRA. Pour son édition des 100 ans, le Festival de Salzbourg maintient ses productions cet été malgré la pandémie de la civid 19. Le Festival autrichien affiche l’un des sommets lyriques du début du siècle, porté par le génie orchestral de Richard Strauss. Elektra (1909) incarne la manière expressionniste néoclassique d’un Strauss maître de l’écriture lyrique et orchestrale. Rôle incandescent, voix hurlante embrasée proche de la rupture et du cri primal, Electre est animée par une fureur vengeresse … la fille ne peut accepter que sa mère ait assassiner le géniteur pour accueillir dans sa couche son nouvel amant. A quel titre Electre s’érige en juge de sa propre mère ? Certes le meurtre du père doit être vengé. Seul son frère Oreste saura apaiser son insondable douleur (en prenant sa défense et en l’aidant à réaliser son projet).
Elektra est l’un des rôles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’écriture du chant, du fait surtout de la présence scénique du personnage quasiment toujours en scène. Il n’y a guère que lorsque sa mère paraît, criminelle irresponsable, Klytemnestre, que sa fille éreintée, possédée, rentre dans le silence (pour mieux rugir ensuite).
Pas d’équivalent à ce profil de jeune femme détruite et impuissante dont la fureur humiliée se déverse dans un chant éruptif et animal jamais écouté, écrit, déployé auparavant… dans le rôle titre, la soprano doit s’emparer du personnage avec une intensité féline, organique, animale, faire face à l’horreur : voir sa mère triomphante avec son amant meurtrier ; hurler son désespoir solitaire ; puis exulter quand elle retrouve Oreste, le seul qui pourra l’aider à vaincre son impuissance, venger le père et retrouver un semblant d’équilibre psychique… Car Electre exprime les tourments d’une âme entière, incandescente et intranquille qui contraste de fait avec l’insouciance désimpliquée de sa soeur, la légère Chrysotemis…
On se souvient de la production aixoise miraculeuse dans la mise en scène de Patrice Chéreau, où aux côtés de la wagnérienne Nina Stemme, l’immense Waltraud Meier reprend le rôle de la mère fauve, hallucinée (Klytemnestre), cependant que Adrianne Pieczonka et le baryton basse Eric Owen, incarnent les personnages non sans profondeur et d’une humanité bouleversante, de Crysotémis et d’Oreste).

« …Ainsi la terrible légende des Atrides peut se déployer en un théâtre de sang et de terreur sublime sur la scène du Metropolitan. La vision essentiellement théâtrale de Chéreau, son travail sur le profil de chaque silhouette, en restituant la place du théâtre sur la scène lyrique, bascule l’opéra de Strauss vers une arène haletante, à la tension irrésistible. Au centre de cette furieuse imprécation féminine, les retrouvailles de la soeur et du frère : Elektra / Oreste, sont un sommet de vérité, un rencontre bouleversante…. » LIRE aussi notre focus sur l’ELEKTRA mémorable version Chéreau : http://www.classiquenews.com/cinema-lelektra-de-chereau-en-direct-du-met/

 
 

FRANCE MUSIQUE, 12 août 2020, 20h. STRAUSS : ELEKTRA, Festival de Salzbourg 2020, captation du 1er août 2020 – Felsenreitschule.
Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Franz Welser-Möst
Richard STRAUSS : Elektra
Tragedy in one act, Op. 58 (1909)
Libretto by Hugo von Hofmannsthal after Sophocles’ tragedy

Conductor / direction musicale : Franz Welser-Möst
Director / Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Avec / Cast: Tanja Ariane Baumgartner, Ausrine Stundyte, Asmik Grigorian, Michael Laurenz, Derek Welton, Tilmann Rönnebeck, Verity Wingate, Valeriia Savinskaia, Matthäus Schmidlechner, Jens Larsen, Sonja Å arić, Bonita Hyman, Katie Coventry, Deniz Uzun, Sinéad Campbell-Wallace, Natalia Tanasii – Opera Chorus, Vienna Philharmonic – + d’infos sur le site du Festival de Salzbourg 2020 :
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/tickets/programme?season=134

 
 

VISIONNER ELEKTRA Salzbourg 2020 en REPLAY sur ARTE concert, jusqu’au 30 octobre 2020. A suivre notre avis critique ici : …

 

 

Cinéma. L’Elektra de Chéreau en direct du Met

Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice ChéreauCinéma. Strauss : ELEKTRA, le 30 avril 2016, 18h45. En direct du Metropolitan opera New York, samedi 30 avril 2016,1845h. Rôle incandescent, voix hurlante embrasée proche de la rupture et du cri primal, animée par une fureur vengeresse … que seul son frère Oreste saura apaiser (en prenant sa défense et l’aidant à réaliser son projet), Elektra est l’un des rôles pour soprano les plus ambitieux, du fait de l’écriture du chant, du fait a surtout de la présence scénique du personnage quasiment toujours en scène (comme Suzanna dans les Noces de Figaro de Mozart ou à présent depuis la création mondiale réalisée à Nantes le 19 avirl dernier, Maria Republica dans l’opéra éponyme signé François Paris, d’après Agostin-Gomez Arcos). Il n’y a guère que lorsque sa mère paraît, criminelle irresponsable, Klytemnestre, que sa fille éreintée, possédée, rentre dans le silence (pour mieux rugir ensuite).
Pas d’équivalent à ce profil de jeune femme détruite et impuissante dont la fureur humiliée se déverse dans un chant éruptif et animal jamais écouté, écrit, déployé auparavant… Nina Stemme s’empare du personnage avec une intensité féline, organique, animale, dans la mise en scène – mythique-, de Patrice Chéreau, laquelle fait ses débuts attendus à New York. Aux côtés de la wagnérienne Nina Stemme, l’immense Waltraud Meier reprend le rôle de la mère fauve, hallucinée (Klytemnestre), cepedant que Adrianne Pieczonka et le baryton basse Eric Owen, incarnent les personnages non sans profondeur et d’une humanité bouleversante, Crysotémis et Oreste). Ainsi la terrible légende des Atrides peut se déployer en un théâtre de sang et de terreur sublime sur la scène du Metropolitan. La vision essentiellement théâtrale de Chéreau, son travail sur le profil de chaque silhouette, en restituant la place du théâtre sur la scène lyrique, bascule l’opéra de Strauss vers une arène haletante, à la tension irrésistible. Au centre de cette furieuse imprécation féminine, les retrouvailles de la soeur et du frère : Elektra / Oreste, sont un sommet de vérité, un rencontre bouleversante.

LIRE aussi notre critique développée du DVD ELEKTRA (Aix en Provence 2013) – Elektra : Evelyn Herlitzius – Klytämnestra : Waltraud Meier
Chrysothemis : Adrianne Pieczonka – Orest : Mikhail Petrenko… Essa Pekka Salonen, direction.

EXTRAIT de la critique du dvd, en 2013 : L’espace scénique et ses décors (monumentaux/intimes) reste étouffant et ne laisse aucune issue à ce drame tragique familial. Chacun des protagonistes, chacun des figurants exprime idéalement cette fragilité inquiète, ce déséquilibre inhérent à tout être humain. Le doute, l’effroi, la panique intérieure font partie des cartes habituelles de Chéreau (une marque qu’il partage avec les réalisations de la chorégraphes Pina Bausch) : l’homme de théâtre aura tout apporté pour la vérité de l’opéra, ciselant le moindre détail du jeu de chaque acteur. Dans la fosse, disposant d’un orchestre qui n’est pas le mieux chantant, Salonen sculpte la matière musicale avec une épure tranchante, un sens souvent jubilatoire de l’acuité expressionniste. Volcan qui éructe ou dragon qui souffle et respire avant l’attaque et le brasier, l’orchestre se met au diapason de cette vision scénographie à jamais historique. On regrette d’autant plus Chéreau à l’opéra qu’aucun jeune scénographe après lui, parmi les nouveaux noms, ne semblent partager un tel sens du théâtre… (Benjamin Ballifh)

+ D’INFOS sur le site du Metropolitan Opera de New York, page dédiée ELEKTRA

CD. Richard Strauss : Elektra (Evelyn Herlitzius, Thielemann, 2014)

CLIC D'OR macaron 200elektra strauss thielemann herlitzius papeCD, critique. Richard Strauss : Elektra (Evelyn Herlitzius, Thielemann, 2014). Enregistrée à la Philharmonie de Berlin, en janvier 2014, voici la nouvelle réalisation éditée par Deutsche Grammophon pour fêter l’année Richard Strauss. Soulignons des noms déjà remarqués dans cette distribution dresdoise qui compte avec celle aixoise de Chéreau (juillet 2013) : l’Elektra embrasée d’Evelyn Hertzilius et le mezzo sombre, halluciné de Waltraud Meier dans le duo fille / mère, duo axial si capital dans le dévoilement de chaque personnalité féminines, opposée, affrontée ; ici sans le support visuel du dvd et la fulgurante mise en scène du Français, les voix paraissent un rien “atténuées” : criarde, parfois laide mais si investie et expressionniste pour la première : – avec le recul, totalement engagée, prête à prendre tous les risques, et mieux convaincante en seconde partie à partir de sa confrontation finale avec sa sÅ“ur Chrysotémis puis surtout avec son frère Oreste, revenu en associé de sa sÅ“ur pour leur acte vengeur : Evelyn Herlitzius nous rappelle un Luana de Vol, même implication au delà de la vocalité, d’une même humanité brûlée, capable enfin comme peu de nous rappeler combien l’opéra straussien est d’abord du théâtre, une formidable opportunité de caractérisation qui passe autant par le corps que le voix ; à ses côtés, petite et usée, parfois sans soutien Waltraud Meier (malgré un sens du texte digne du théâtre : verbe entâché de sang et de culpabilité de cette peur animale qui fait de l’immense Waltraud une Kundry et une Atride, ici, passionnante à écouter) ne peut masquer une voix qui a beaucoup perdu).

 

 

 

Passionnante Evelyn Herlitzius

 

Herlitzius evelynHeureusement l’Oreste de René Pape est somptueux de noblesse mâle et droite : un loup tenu dans l’ombre prêt à porter le coup de la vengeance sous la chauffe de sa sÅ“ur exténuée, irradiante. En Chrysotémis, Anne Schwanewilms straussienne méritante pourtant dans le rôle entre autres de la Maréchale du Chevalier à la rose). reste terne et sans l’angélisme ivre du personnage (son rapport avec Elektra hurlante qui profère à sa sÅ“ur pétrifiée sa malédiction est hélas sans éclat : la voix de Chrysotémis n’est pas assez caractérisée et contrastée avec Elektra). Dommage.

L’orchestre quant à lui en dépit de sa robe somptueuse, de sa sonorité rayonnante et si naturelle (historiquement) pour Strauss,  – avec des détails jouissifs, … patine, fait du surplace. Il étonne par son dramatisme statique : la faute en incombe à Christian Thielemann, trop épais, trop riche et voluptueux : pas assez tranchant, fluide et théâtral (tout le final est d’une pompe monolithique assez assommante). La direction de Salonen pour la production aixoise était d’une toute autre fulgurance. Quant à Karajan, il savait insuffler l’éclair et la foudre qui manquent tellement ici. Mais tout n’est pas à écarter : les retrouvailles d’Elektra avec son frère est un grand moment, le meilleur assurément, car les voix sont ici superbement habitées et Herlitzius profite en son réalisme embrasé, du métal fraternel d’un René Pape de grande classe. Le baryton basse trouve exactement les couleurs sombres et lugubres, se faisant d’abord passé pour mort, et finalement au nom révélé d’Elektra, confesse son identité princière et se répand en compassion avant le fameux air en monologue, le plus bouleversant de l’opéra – où la bête se fait humaine et aimante : C’est ici que Evelyn Herlitzius confirme que son incarnation est bien celle de toute sa carrière..; et que l’orchestre se montre rien que narratif, sans gouffres amères, sans lyrisme exsangue, sans troubles ni vertiges éperdus. L’enregistrement vaut par ce déséquilibre, mais il reste intéressant voire captivant grâce aux deux chanteurs, le frère et la sÅ“ur. Pape, viril cynique, monstre tendre ; Herlitzius, incandescente, irrésistible même en ses faiblesses vocales…  CLIC de classiquenews pour eux deux.

Richard Strauss:  Elektra. Evelyn Herlitzius (Elektra), Anne Schwanewilms (Chrysotemis), Waltraud Meier (Clytemnestre), Rene Pape (Oreste), Staatskapelle Dresden. Christian Thielemann, direction. 2cd Deutsche Grammophon 002890479 3387.

Télé. Arte : Richard Strauss, un génie controversé, le 11 juin à 21h

richard-strauss-102~_v-image360h_-ec2d8b4e42b653689c14a85ba776647dd3c70c56Arte : Richard Strauss, un génie controversé, le 11 juin à 21h. Arte diffuse ce portrait docu de Richard Strauss en «  génie controversée »…. pour les 150 ans de la naissance du plus grand compositeur bavarois, né en 1864. Le regard est forcément sélectif : sont évoqués poèmes symphoniques (Don Juan, Don Quichotte…) : un terreau expérimental et purement instrumental, mené jusqu’aux ultimes années du XIXème finissant… grâce auquel Strauss se forge sa propre identité musicale, bientôt appliquée à l’opéra. En prince de l’instrumentation, le compositeur qui a pu bénéficier d’un foyer familial propice à sa maturation artistique, affirme alors un tempérament unique sur le plan des audaces harmoniques, de la construction dramatique… Evidemment sur le registre lyrique sont mentionnés, le Chevalier à la rose, créé triomphalement à Dresde – foyer des créations straussiennes par excellence, en 1911 : toute l’Europe cultivée se pressa lors pour applaudir à ce miracle musical qui renoue avec la grâce et le raffinement mozartiens (de fait, le rôle d’Octavian est un personnage travesti comme celui de Cherubin dans les Noces de Figaro, principe classique par excellence et avant l’époque des Lumières, tant de fois utilisé à l’âge baroque de Vivaldi à Haendel)…
Aux côtés de la carrière du compositeur d’opéras (Elektra, Salomé également créées à Dresde en 1905 puis 1908 sont évoquées), le parcours du chef d’orchestre est précisément jalonné : Meiningen où Hans van Bulow l’appelle à ses côtés, puis Weimar (1889) où il rencontre Brahms, Wagner et surtout la soprano Pauline de Ahna qui deviendra son épouse… Weimar synthétise alors sa double renommée : compositeur adulé de Don Juan, chef célébré dans Tristan une Isolde de Wagner, compositeur qu’il adore tout en prenant distance avec sa conception messianique de la musique.
Le docu souligne combien Strauss fut au début du siècle, le tenant de la modernité lyrique, auteur d’une musique furieuse, spectaculaire et raffinée à la fois, faisant de Dresde, ce lieu d’expérimentation, véritable laboratoire des avancées et renouvellements lyriques avec Elektra et Salomé… Dommage que les grandes oeuvres orchestrales ne sont pas évoquées ni même citées : La Femme sans ombre, Hélène égyptienne, puis les opéras crépusculaires et nostalgiques Capriccio, Daphné ou l’Amour de Danaé…

strauss mosaique richard straussUn génie empêtré dans la honte… Le chapitre que l’on attend concerne la collusion honteuse de Strauss avec le régime nazi : une complaisance qui dure 12 années et qui n’est pas à son honneur ni à son avantage. Aux jeux Olympiques de Berlin en 1936, Strauss, président de la chambre de musique du Reich compose l’hymne olympique, il est le compositeur le plus célèbre en Allemagne depuis les années 1920… Hitler et Gobbels utilisent et instrumentalisent à des fins de propagande sa célébrité honorable, d’autant que l’humanisme lettré et classique de Strauss n’a jamais été militant ni engagé. Son éducation le conduit à se soumettre et servir le pouvoir : comme il l’a fait auprès de l’Empereur François Joseph, puis Guillaume II, enfin Hitler. Cet aveuglement reste déconcertant, d’autant que dans lettres et conversations rapportées, Strauss exprime clairement sa distance d’un régime dont il annonce très vite la fin attendue. En 1944, il fait une visite au camp de musiciens de Theresienstadt pour y faire libérer la grand mère de sa belle fille : Strauss avait la naïveté de croire que son crédit et son statut suffiraient à obtenir cette libération sans la résistance des tortionnaires… Evidemment, personne n’est libéré. Voilà qui en dit long sur cet aveuglement de la honte. En 1949, le chef hongrois juif Solti soutient sa totale dénazification et l’accueille triomphalement dan la ville de ses anciens succès : Dresde. Tout un symbole. Avec les Quatre derniers lieder (qui sont en vérité 5 à présent), – hymne flamboyant et mélancolique, Strauss semble faire amande honorable, prier pour son rachat et en même temps exprimer un adieu qui est renoncement au monde.
Le témoignages des artistes : Thomas Hampson (qui chante Mandryka dans Arabella à Salzbourg 2014 aux côtés de René Fleming), la mezzo Brigitte Fassbaender (interprète légendaire de Octavian… qui témoigne son harcèlement des fans que sa prise de rôle à suscité à Munich en 1979), le chef Christian Thielemann …

Soirée Richard Strauss sur Arte

première partie de programme

arte_logo_2013Concert à Dresde pour les 150 ans : Christian Thielemann dirige au Semperoper de Dresde, la Staatskapelle de Dresde dans un cycle comprenant des extraits symphoniques et lyriques : Elektra, Le Chevalier à la rose, Feuersnot et surtout perles orchestrales néobaroques : l’ouverture de Hélène l’Égyptienne et en particulier le final de Daphné qui narre musicalement la métamorphose de la nymphe aimée d’Apollon en laurier, selon la légende féerique et fantastique léguée par Ovide entre autres.

seconde partie de programme

arte_logo_2013La Femme sans ombre de Richard StraussDocumentaire de Reinhold Jaretszky : portrait de Richard Strauss en” génie controversé”. Bilan sur sa carrière pendant le régime hitlérien : Strauss compositeur germanique vivant incontournable ne fut-il qu’instrumentalisé par les nazis ou chercha-t-il sciemment à pactiser avec le diable pour recueillir privilèges et statuts officiels? Sa complicité avérée alors avec le chef Clemens Krauss lui aussi complaisant vis à vis du régime hitlérien ajoute au trouble… Nommé président de la Chambre de musique du Reich dès 1933, adoubé par Hitler, auteur d’hymnes de pure obéissance (comme celui pour les Jeux Olympiques de 1936), Strauss même s’il démissionna de sa charge présidentielle, prit parti pour son librettiste juif, Zweig, au moment de la création de La Femme silencieuse en 1935 (sous la direction de Karl Böhm)… Le documentaire offre un large spectre d’analyse, soulignant combien le génie de l’artiste fut grand, mais plus douteuses ses errances politiques et culturelles… A chacun de se faire son propre jugement. L’immense stature du compositeur dans la première moitié du XXè s’affirme elle de façon indiscutable.

 

Arte. Mercredi 11 juin 2014,20h50. Soirée Richard Strauss : concert et docu.

DVD. Richard Strauss : Elektra (Meier, Salonen, Chéreau, 2013)

ELEKTRA chereau straussDVD. Richard Strauss : Elektra (Chéreau, 2013). La production aixoise de 2013 s’impose à nous après le décès de Patrice Chéreau : le document édité aujourd’hui en dvd prend valeur de testament artistique d’un metteur en scène qui avant cette Elektra légendaire avait de la même façon révolutionné en 1976 avec Boulez, la perception du Ring de Wagner à Bayreuth (de surcroît pour le centenaire du festival lyrique wagnérien). On retrouve ici le réalisateur Stéphane Metge qui avait déjà réussit la captation du sublime et noir opéra de Janacek : De la maison des morts, autre accomplissement de Chéreau à Aix.
Chéreau s’immerge dans la psyché des êtres, aucun n’est vraiment coupable ou littéralement conformes à ce que l’on attend de lui, ni totalement blanc ni fatalement noir : l’homme de théâtre bannit les frontières habituelles, gomme les manichéismes caricaturaux, façonnant de Clytemnestre, le visage d’une mère faible, détruite elle aussi par le poids du crime qu’elle a commandité (Waltraud Meier articulée, théâtrale, diseuse légendaire qui avait déjà chanté le rôle chez Nikolaus Lehnoff à Salzbourg en 2010) ; sa fille, corps suant, souffrant, sensuel : Evelyn Herlitzius incarne idéalement ce théâtre lyrique physique avant d’être vocal, dramatique avent d’être lyrique qui est la marque même de Chéreau à l’opéra. A elles deux, le spectacle vaut bien des palmes. Moins évidente la Chrysothémis d’Adrianne Pieczonka qui reste épaisse et moins soucieuse du verbe que ses partenaires. Les hommes sont eux aussi accablés, victimes, noirs.

chereau aix elektra meierL’espace scénique et ses décors (monumentaux/intimes) reste étouffant et ne laisse aucune issue à ce drame tragique de famille. Chacun des protagonistes, chacun des figurants exprime idéalement cette fragilité inquiète, ce déséquilibre inhérent à tout être humain. Le doute, l’effroi, la panique intérieure font partie des cartes habituelles de Chéreau (une marque qu’il partage avec les réalisations de la chorégraphes Pina Bausch) : l’homme de théâtre aura tout apporté pour la vérité de l’opéra, ciselant le moindre détail du jeu de chaque acteur. Dans la fosse, disposant d’un orchestre qui n’est pas le mieux chantant, Salonen sculpte la matière musicale avec une épure tranchante, un sens souvent jubilatoire de l’acuité expressionniste. Volcan qui éructe ou dragon qui souffle et respire avant l’attaque et le brasier, l’orchestre se met au diapason de cette vision scénographie à jamais historique. On regrette d’autant plus Chéreau à l’opéra qu’aucun jeune scénographe après lui, parmi les nouveaux noms, ne semblent partager un tel sens fulgurant, incandescent du théâtre. DVD événement, forcément CLIC de classiquenews.com.

CLIC D'OR macaron 200Richard Strauss : Elektra, opéra en un acte. 
Livret d’Hugo von Hofmannsthal d’après Electre de Sophocle
Elektra : Evelyn Herlitzius
Klytämnestra : Waltraud Meier
Chrysothemis : Adrianne Pieczonka
Orest : Mikhail Petrenko
Orchestre de Paris
Direction musicale : Esa-Pekka Salonen
Mise en scène : Patrice Chéreau

Réalisation: Stéphane Metge
Bonus: Interview de Patrice Chéreau
Dur̩e: 1h50 min + 23 min (docu, entretiens) РImage: Couleur, 16/9, NTSC. Audio: PCM Stereo, Dolby Digital 5.1
Sous-titres: FR / ANGL / ALL / ITAL / ESP
Zones: Toutes zones – 1 disque(s) – Date de sortie: 20-05-2014

L’incandescente Elektra de Chéreau sur Arte

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme. Sans a priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

 

 Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice Chéreau

 

 

Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sœur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique. En lire +, lire notre critique du spectacle Elektra de Strauss par Chéreau (Aix 2013)

 

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

 

 

L’incandescente Elektra de Chéreau sur Arte

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme. Sans a priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

 

 Télé, Arte. La fulgurante ELEKTRA de Patrice Chéreau

 

 

Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sœur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique. En lire +, lire notre critique du spectacle Elektra de Strauss par Chéreau (Aix 2013)

 

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

 

 

Strauss : l’Elektra de Patrice Chéreau (Aix 2013)

Télé,  Arte. Strauss : Elektra par Chéreau. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. Patrice Chéreau nous laisse une vision personnelle et très engagée de la mise en scène à l’opéra. Il reste l’un des plus récents réformateurs du théâtre lyrique. Dans cette production du troisième opéra de Richard Strauss (et son premier ouvrage avec l’immense poète Hugo van Hofmannsthal), Chéreau travaille le corps de ses interprètes comme s’il s’agissait d’une facette de l’âme.  Dans une arène dépouillée qui laisse tout voir du mouvement des figures sur la scène, l’action tragique aux accents expressionnistes hystériques se dévoile retrouvant la noblesse épurée et la grandeur austère des drames d’Eschyle et de Sophocle. Sans à priori le metteur en scène redéfinit les enjeux psychologiques de chacun des protagonistes, en fouillant en particulier le livret parvenu, en interrogeant chaque mot du texte d’Hofmannsthal.

 

elektra,M116011Patrice Chéreau laisse avec Elektra (créé en 1909),  son ultime scénographie à l’opéra,  l’une de ses réalisations les plus abouties.  Fille tiraillée entre le désir de vengeance de celui qui lui a donné l’amour -son père Agamemnon-, et la volonté de tuer celle qui ne lui a rien donné,  sa mère Clytemnestre (qui a tué le père), la pauvre fille crie son impuissante volonté, elle hurle sa douleur solitaire (car sa sÅ“ur Chrysostémis elle veut tourner la page et vivre), c’est d’abord une victime blessée,  une ombre errante en quête d’identité;  en s’appuyant sur les intentions de Strauss et de son librettiste, Chéreau brosse un nouveau portrait d’Elektra en éclairant sa relation avec la mère… Interprète familière et qui connaît idéalement le rôle de Clytemnestre, la mezzo incandescente Waltraud Meier répond magnifiquement au travail de Chéreau. .. c’est aussi aux côtés de la fille,  la figure ambiguë et bouleversante de la mère qui frappe immédiatement.
Créée à l’été 2013 (festival d’Aix en Provence juillet 2013), la production d’Elektra que diffuse Arte montre combien Chereau décédé en octobre 2013, plaçait l’humain au centre de son travail avec un sens de l’économie et du rythme sans équivalent (sauf peut être Pina Baush, celle du Sacre du printemps….). Même ivresse fulgurante, même fascination pour le chant du corps embrasé dont la danse/transe relaie la vocalité de la musique quand cette dernière ne suffit plus. Production événement d’autant plus opportune pour l’année 2014 du 150 ème anniversaire de Strass et aussi comme hommage à l’apport de Patrice Chereau à la scène lyrique.

Télé,  Arte. Dimanche 16 mars 2014, 23h25. 

Avec Clytemnestre (Waltraud Meier), Chrysotémis (Adrianne Pieczonka), Elektra (Evelyn Herlitzius)… Mise en scène : Patrice Chéreau. Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Enregistré en juillet 2013 au festival d’Aix en Provence.

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Ce que nous en pensons …..On sait en voyant un spectacle de Chéreau combien le corps, les gestes millimétrés, le jeu des mouvements et des regards et la face expressive des chanteurs acteurs seront mis en avant. De fait, cette Elektra aixoise n’échappe à cette règle. L’homme de théâtre fait de chaque opéra investi et questionnés selon sa grille, d’abord une performance théâtrale et… physique.

Au début, ces laveuses, balais et seaux d’eau (pour enlever les traces des crimes ensanglantés qui y ont été commis?), le dialogue hystérique et exclusivement féminin entre les partisanes de la princesse Elektra et ses dénonciatrices… installent un climat d’abattoir, de terreur, de conspiration à la fois malsaine et animale. Le choix de la grande niche monumentale – vide et néant en miroir de la solitude de la princesse -, mais aussi ombre mouvante avec le soleil qui se déplace comme sur un cadran solaire est magnifique dans son épure austère et antique. Il rappelle aussi que tout se passe ici en une journée.

C’est d’ailleurs le seul insigne de l’Antiquité grecque ici abordée par Strauss et son librettiste Hofmannsthal. C’est peu dire que le travail du scénographe s’est concentré surtout sur la relation entre Elektra et sa mère Clytemnestre : une mère détruite elle aussi, dévorée par ses rêves de terreur et ses nuits sans sommeil. Apeurée, inquiète, mais aussi hallucinée par la nécessité d’un nouveau sacrifice, Waltraud Meier fait une performance saisissante. Plus encore captivante, Elektra elle-même dont Chéreau transmet au delà des cris et des hurlements félins, la blessure secrète d’une âme jeune sevrée trop tôt, en manque d’amour et de tendresse, endeuillée par la mort de son père assassiné qui lui avait tout donné… bouleversante humanité.

Lire aussi notre dossier sur le personnage d’Elektra, figure féminine fascinante de l’opéra de Richard Strauss, aux côtés de Salomé, Daphné, Hélène …

Illustration : P.Victor Artcomart 2014

 

Compte-rendu : Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence, le 10 juillet 2013. Strauss, Elektra. Evelyn Herlitzius, Waltraud Meier, Adrianne Pieczonka… Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Patrice Chéreau, mise en scène.

Elektra Aix ChéreauC’était le grand événement de cette saison 2013 du festival d’Aix-en-Provence (dernière représentation le 13 juillet dernier).
Une superproduction (en partenariat avec la Scala, le Met, le Liceu, les opéras de Berlin et Helsinki) dont laffiche faisait déjà saliver. Le résultat s’est révélé encore supérieur aux attentes, extraordinaire à tous points de vue et bouleversant de la première à la dernière seconde.

 

 

Intelligence et profondeur

 

Tout dans la mise en scène de Patrice Chéreau, depuis la scénographie jusqu’à la direction d’acteurs, met en valeur le drame implacable qui se déroule sous nos yeux. Il offre une lecture plus psychologique qu’ « expressionniste », sans diminuer la force du drame, et surtout avec une lintelligence et la sensibilité qui ont fait sa renommée. Si le décor aux tons gris reste fidèle aux descriptions d’une cour intérieure de palais grec, le fond de la scène est entièrement occupé par une alcôve vide que l’on imagine accueillant autrefois une statue du roi Agamemnon. Cette absence devient aussi omniprésente pour le public que pour Elektra, qui vit recluse comme une mendiante en attendant que son père soit vengé.

La chanteuse Evelyn Herlitzius se fond à merveille dans ce rôle de femme blessée, sans jamais verser dans l’hystérie caricaturale. Elle possède une rare palette d’expressions qui la rend beaucoup plus cohérente et fouillée.
D’un strict point de vue vocal, le timbre n’est pas très joli, le vibrato envahissant et les attaques parfois fausses. Mais peut-être est-ce le prix à payer pour offrir au public un tel impact en salle et une telle expressivité. Seule une voix aussi large peut passer l’immense orchestre straussien avec aisance, profitant dune projection proprement hallucinante. Sans doute les retransmissions gommeront-elles cette dimension spectaculaire pour faire ressortir les défauts techniques.

L’art de l’équivoque

La grande inventivité de cette production est également la lecture donnée par Chéreau du personnage de Klytämnestra et de sa relation avec sa fille. Traditionnellement, la reine régicide à Mycènes est interprétée de manière outrancière, si ce n’est expressionniste, se réfugiant dans une vaine cruauté pour expier son crime. Ici, le metteur en scène exploite l’ambiguïté de leurs rapports, oscillant entre l’aversion et une complicité presque tendre : ainsi Elektra enlace affectueusement sa mère avant de l’inviter à se trancher la gorge. Waltraud Meier, une grande habituée du rôle, achève par ses talents d’actrice de rendre le personnage plus humain et plus sensible, si bien que lon se prend pour elle dune étrange empathie.

Elektra entretient également une relation très ambiguë avec avec sa soeur Chrysothemis, à qui Adrianne Pieczonka prête sa voix ample et fruitée. Si son interprétation est plus discrète, la mise en scène exploite de façon intéressante le trouble incestueux qui saisit les deux soeurs, notamment dans leur second duo. Mikhail Petrenko incarne avec sa voix sombre et sa haute stature un bel Oreste, mais scéniquement presque maladroit.

Une performance unique

Chez Strauss, le personnage principal est souvent détenu par l’orchestre. Esa Pekka-Salonen, à la tête de lOrchestre de Paris, tient la gageure. Rarement l’on aura entendu la partition servie aussi admirablement : à l’art de la précision et des détails orchestraux s’ajoute une gestion magistrale du flux orchestral. Les crescendos sont gérés à la perfection, et finissent par éclater avec une force implacable qui vous laisse rivé à votre siège. L’Orchestre de Paris, généralement quelque peu routinier, s’enflamme à Aix sous la baguette du chef finlandais et déborde littéralement d’énergie, transfiguré.
Au-delà de l’incroyable degré technique, de la qualité de chacun des éléments qui composent ce spectacle, – chanteurs, orchestre, mise en scène -, la véritable et rare cohérence de l’ensemble est à saluer. Une performance qui fera date, à n’en pas douter.

Aix-en-Provence. Grand Théâtre de Provence, le 10 juillet 2013. Richard Strauss, Elektra. Tragédie en un acte dHugo von Hofmannsthal, créée à Dresde en 1909. Avec : Evelyn Herlitzius, Elektra ; Waltraud Meier, Klytämnestra ; Adrianne Pieczonka, Chrysothemis ; Mikhail Petrenko, Orest ; Tom Randle, Aegisth. Coro Gulbenkian ; Orchestre de Paris. Esa-Pekka Salonen, direction. Patrice Chéreau, mise en scène.

Elektra de Richard Strauss

elektra_opera_bastille_2013Paris, Opéra Bastille, jusqu’au 1er décembre 2013. Strauss : Elektra   …   La pièce de Wilde, Elektra cimente l’une des collaborations les plus fructueuses à l’opéra, après celle de Mozart et Da Ponte ou avant eux, Monteverdu et Busenello, Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal : ils se rencontrent pour produire d’après la pièce de théâtre de Oscar Wilde, un opéra efficace, fulgurant, sauvage, dès 1906.
Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme flambe une dernière fois dans cette tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Dans Elektra, les forces de la psyché sont à l’oeuvre : comment une fille peut-elle rompre le lien à la mère ? C’est à dire achever de réaliser sa vengeance sur celle qui a fait assassiner son père pour en épouser un autre… Ivre d’impuissance, éprouvant à son comble le sentiment de l’injustice, l’hystérique ne parvient pas à surmonter l’horreur d’un drame familial. Et tout est là, dans les rugissements fauves d’un orchestre apocalyptique qui pourtant expriment l’insoutenable folie d’une seule âme éprouvée. Un orchestre océan, miroir d’une solitude apeurée… Avec Elektra, Richard Strauss démontre qu’il est désormais possible de composer un opéra après Wagner.

Richard Strauss (1864-1949)
Elektra, 1909
LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
TRAGÉDIE EN UN ACTE, OP. 58 (1909)

Robert Carsen, mise en scène

Paris, Opéra Bastille, du 27 octobre au 1er décembre 2013.

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Elektra de Richard Strauss

elektra_opera_bastille_2013Elekra de Strauss … Paris, Opéra Bastille, jusqu’au 1er décembre 2013  …   La pièce de Wilde, Elektra cimente l’une des collaborations les plus fructueuses à l’opéra, après celle de Mozart et Da Ponte ou avant eux, Monteverdu et Busenello, Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal : ils se rencontrent pour produire d’après la pièce de théâtre de Oscar Wilde, un opéra efficace, fulgurant, sauvage, dès 1906.
Orchestre gigantesque, voix poussées dans leurs derniers retranchements, le post-wagnérisme flambe une dernière fois dans cette tragédie en un acte d’une violence et d’une noirceur inouïes. Dans Elektra, les forces de la psyché sont à l’oeuvre : comment une fille peut-elle rompre le lien à la mère ? C’est à dire achever de réaliser sa vengeance sur celle qui a fait assassiner son père pour en épouser un autre… Ivre d’impuissance, éprouvant à son comble le sentiment de l’injustice, l’hystérique ne parvient pas à surmonter l’horreur d’un drame familial. Et tout est là, dans les rugissements fauves d’un orchestre apocalyptique qui pourtant expriment l’insoutenable folie d’une seule âme éprouvée. Un orchestre océan, miroir d’une solitude apeurée… Avec Elektra, Richard Strauss démontre qu’il est désormais possible de composer un opéra après Wagner.

Richard Strauss (1864-1949)
Elektra, 1909
LIVRET DE HUGO VON HOFMANNSTHAL
TRAGÉDIE EN UN ACTE, OP. 58 (1909)

Robert Carsen, mise en scène

Paris, Opéra Bastille, du 27 octobre au 1er décembre 2013.

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