ONLILLE : Jean-Claude Casadesus dirige Brahms et Dvorak

LILLE : JC CASADESUS dirige Brahms et Dvorak. Alchimie musicaleLILLE, JC CASADESSUS / ONL : Alchimie musicale, les 13 et 16 fĂ©v 2020. PremiĂšre sĂ©rie de l’annĂ©e 2020 pour l’Orchestre National de Lille,  sous la direction de son directeur fondateur Jean-Claude Casadesus ; le chef a choisi de mettre en valeur 2 solistes de l’ONLille / Orchestre National de Lille : la violoniste supersoliste Ayako Tanaka et le violoncelliste solo Gregorio Robino dans le Double concerto de Brahms (1887). En programmant ensuite la Symphonie n°9 du « Nouveau Monde » de Dvorak (1893), Jean-Claude Casadesus souligne la filiation entre les deux compositeurs : le cadet Dvorak, admiratif Ă  l’égard de Brahms, plus ĂągĂ© de 8 ans, le considĂ©rait mĂȘme comme un modĂšle absolu. SĂ©journant aux USA dĂšs sept 1892, et pendant sa direction au sein du Conservatoire de New York, Dvorak compose un hymne aux grands espaces amĂ©ricains en une ode flamboyante et intime, crĂ©Ă©e en 1893. dans les faits, et conscient d’écrire une musique nationale, – amĂ©ricaine, Dvorak s’exĂ©cute et s’inspire de Negro spiritual (chant des esclaves) pour la mĂ©lodie du 2Ăš mouvement ; rite dansĂ© amĂ©rindien pour le Scherzo ; mais la langue et la syntaxe demeurent du Dvorak pur jus.

 

 

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La violoniste supersoliste Ayako Tanaka et le violoncelliste solo Gregorio Robino en vedette pour le Double concerto de Brahms (1887)

 

   

 

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Jeudi 13 février 2020, 20hboutonreservation
Dimanche 16 février 2020, 16h
Auditorium du Nouveau SiĂšcle de LILLE

 

 

 

 

Brahms
Double Concerto pour violon et violoncelle en la mineur, op.102
Dvoƙák
Symphonie n°9 en mi mineur B.178 (op.95) « Du Nouveau Monde »

Orchestre National de Lille ONLILLE  /  Direction : Jean-Claude Casadesus‹

Violon : Ayako Tanaka
Violoncelle : Gregorio Robino

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
directement sur le site de l’ONLILLE / Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/alchimie-musicale/

 

 

Tarifs : 5 Ă  55€ – RĂ©servations sur www.onlille.com
et à la Boutique de l’Orchestre, 3 place Mendùs France – LILLE
Renseignements : 03 20 12 82 40
(du lundi au vendredi 10h-18h)

 

   

 

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LES 2 « PLUS » autour des concerts Ă  LILLE  

 
Jeudi 13 fĂ©vrier – 18h45
Prélude « Autour de Brahms »
Par les Ă©tudiants de l’École SupĂ©rieur de Musique et Danse des Hauts-de-France et du Conservatoire de Lille (EntrĂ©e libre dans la limite des places disponibles pour les personnes munies d’un billet du concert)

 

 

En bord de scĂšne
Rencontres avec Jean-Claude Casadesus et les solistes Ayako Tanaka, Gregorio Robino à l’issue des concerts lillois

 

   

 

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Egalement en région Hauts-de-France :

AMIENS, Maison de la Culture
Vendredi 14 février 2020 à 20h

GUÏNES, salle AndrĂ© Flahaut
Samedi 15 février 2020 à 20h

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Double Concerto de Brahms

 

 

BRAHMS HD pour GSTAAD reportage2018L’Opus 102, en la mineur est crĂ©Ă© en oct 1887 Ă  Cologne, sous la direction de Brahms, alors ĂągĂ© de 54 ans. Brahms se souvient Ă©videmment du triple Concerto de Beethoven, et reprend l’usage des deux instruments solistes, d’une absolue rĂȘverie poĂ©tique dans le 2Ăš mouvement de son 2Ăš Concerto pour piano (1881), initiĂ© par un splendide solo de violoncelle
 La partition scelle la rĂ©conciliation entre la violoniste virtuose Joseph Joachim et Brahms, un temps brouillĂ©s pour des vĂ©tilles. C’est la derniĂšre Ɠuvre concertante importante de Brahms. Jospeh Joachim assure alors avec le violoncelliste Robert Haussmann (membre du Quatuor Joachim) la crĂ©ation de 1887. Son architecture trĂšs Ă©laborĂ©e n’écarte pas le brio virtuose des solistes ni le raffinement d’une orchestration que l’on doit dĂ©tailler pour ne pas Ă©paissir la texture.

1. ALLEGRO : la partie du violoncelle est trĂšs largement dĂ©veloppĂ©e mais permet nĂ©anmoins aux deux instruments solistes d’heureux dialogues


2. ANDANTE (rĂ© majeur) : ample, sereine, d’une suavitĂ© millimĂ©trĂ©e (aprĂšs l’entrĂ©e par le cor et les bois), la partition centrale est l’une des plus inspirĂ©es de Brahms

3. VIVACE NON TROPPO : le violoncelle expose, le violon suit, comme dans le premier mouvement. Avant que ne se dĂ©ploie une nouvelle idĂ©e mĂ©lodique et rythmique d’influence tzigane


 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. Gand, Opera Ballet Vlaanderen, le 11 janvier 2019. Dvorak : Rusalka. Giedrė Ć lekytė / Alan Lucien Øyen.

dvorak_antonin3COMPTE-RENDU, opĂ©ra. GAND, OpĂ©ra flamand, le 11 janvier 2019. Dvorak : Rusalka. Giedrė Ć lekytė / Alan Lucien Øyen. Nouveau directeur artistique de l’OpĂ©ra flamand / Opera Ballet Vlaanderen, depuis le dĂ©but de la saison 2019-2020, Jan Vandenhouwe s’est fait connaĂźtre en France comme dramaturge, notamment Ă  l’occasion de son travail avec Anne Teresa de Keersmaeker pour le Cosi fan tutte prĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Paris (voir notre compte-rendu dĂ©taillĂ© en 2017- https://www.classiquenews.com/cosi-fan-tutte-sur-mezzo/). Avec cette nouvelle production de Rusalka (1901), c’est Ă  nouveau Ă  un chorĂ©graphe qu’est confiĂ©e la mission de renouveler notre approche de l’un des plus parfaits chefs d’Ɠuvre du rĂ©pertoire lyrique : en faisant appel au norvĂ©gien Alan Lucien Øyen, artiste en rĂ©sidence au Ballet national Ă  Oslo, Vandenhouwe ne rĂ©ussit malheureusement pas son pari, tant l’imaginaire visuel minimaliste ici Ă  l’oeuvre, rĂ©duit considĂ©rablement les possibilitĂ©s dramatiques offertes par le livret.

Øyen choisit en effet de circonscrire l’action dans un dĂ©cor unique pendant toute la reprĂ©sentation, qui Ă©voque une sorte de monumental double paravent en bois, proche d’une Ă©lĂ©gante sculpture contemporaine. Les interstices laissent entrevoir des jeux d’éclairage intĂ©ressants, dont les couleurs dĂ©voilent alternativement les univers humains et marins, sans toutefois apporter de rĂ©elle valeur ajoutĂ©e Ă  la comprĂ©hension des enjeux. On constate trĂšs vite qu’Øyen manque d’idĂ©es et se contente d’une illustration dĂ©corative, mettant au premier plan les danseurs qui doublent les chanteurs (trop statiques), Ă  la maniĂšre du travail rĂ©alisĂ© par Pina Bausch dans OrphĂ©e et Eurydice Ă  l’OpĂ©ra de Paris (https://www.classiquenews.com/tag/pina-bausch/). LĂ  oĂč Bausch nous avait Ă©merveillĂ© en restant au plus prĂšs des intentions musicales et dramaturgiques de l’ouvrage, Øyen s’enlise dans des mouvements trop rĂ©pĂ©titifs, aux ondulations nerveuses et dĂ©sarticulĂ©es, au centre de gravitĂ© trĂšs bas. Si l’animalitĂ© qui en dĂ©coule peut convenir Ă  l’évocation du merveilleux (ondine et sorciĂšre rĂ©unis), on est beaucoup moins convaincu en revanche sur le travail peu diffĂ©renciĂ© rĂ©alisĂ© avec le Prince et ses courtisans.

 

 

 

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Le plateau vocal rĂ©uni permet de retrouver la Rusalka de Pumeza Matshikiza, entendue rĂ©cemment Ă  Strasbourg (https://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-strasbourg-onr-le-20-oct-2019-dvorak-rusalka-antony-hermus-nicola-raab/). On avoue ne pas comprendre l’enthousiasme du public pour cette chanteuse trĂšs inĂ©gale, au timbre rocailleux, Ă  l’émission souvent trop Ă©troite, hormis lorsque la voix est bien posĂ©e en pleine puissance. Peu Ă  son aise dans les accĂ©lĂ©rations, la Sud-Africaine ne convainc pas non plus au niveau interprĂ©tatif, Ă  l’instar du pĂąle Prince de Kyungho Kim qui semble rĂ©citer son texte. Si le tĂ©nor corĂ©en sĂ©duit par ses phrasĂ©s souples, naturels, bien placĂ©s dans l’aigu, il manque de graves pour convaincre totalement au niveau vocal. On perçoit le mĂȘme dĂ©faut de tessiture chez Goderdzi Janelidze qui donne toutefois Ă  son Ondin des intentions plus franches, Ă  la voix gĂ©nĂ©reuse dans l’éclat. Maria Riccarda Wesseling incarne quant Ă  elle une Jezibaba Ă  la technique propre et sans faille, un rien timide dans les possibilitĂ©s dramatiques de son rĂŽle, tandis que Karen Vermeiren donne Ă  sa Princesse Ă©trangĂšre la soliditĂ© vocale requise. La satisfaction vient davantage des seconds rĂŽles, Ă  l’instar du truculent Daniel Arnaldos (Le garde forestier), Ă  l’expression haute en couleur admirable de justesse, ou des parfaites et homogĂšnes trois nymphes.

Mais c’est peut-ĂȘtre plus encore la direction constamment passionnante de la Lituanienne Giedrė Ć lekytė (nĂ©e en 1989) qui surprend tout du long par son Ă -propos dans la conduite du discours narratif : on aura rarement entendu une telle attention aux nuances, une construction des crescendos aussi criante de naturel, le tout en des tempi vifs, Ă  l’exception notable des pianissimi langoureux. L’étagement des pupitres, comme l’allĂšgement des textures, est un rĂ©gal de subtilitĂ©, mĂȘme si on aurait aimĂ© davantage de noirceur dans les parties dĂ©volues Ă  l’Ondin ou Ă  la sorciĂšre. Cette baguette talentueuse devrait trĂšs vite s’imposer comme l’une des interprĂštes les plus recherchĂ©es de sa gĂ©nĂ©ration. A suivre.

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, opĂ©ra. Gand, OpĂ©ra flamand, le 11 janvier 2019. Dvorak : Rusalka. Pumeza Matshikiza ou Tineke Van Ingelgem (Rusalka), Goderdzi Janelidze (L’Ondin), Maria Riccarda Wesseling (Jezibaba), Kyungho Kim ou Mykhailo Malafii (Le Prince), Karen Vermeiren (La Princesse Ă©trangĂšre), Daniel Arnaldos (Le garde forestier), Justin Hopkins (le chasseur), RaphaĂ«le Green (Le garçon de cuisine), Annelies Van Gramberen (PremiĂšre nymphe), Zofia Hanna (DeuxiĂšme nymphe), RaphaĂ«le Green (TroisiĂšme nymphe), ChƓur de l’OpĂ©ra national de Lorraine, Merion Powell (chef de chƓur), Opera Ballet Vlaanderen, Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen, Giedrė Ć lekytė (direction musicale) / Alan Lucien Øyen (mise en scĂšne et chorĂ©graphie). A l’affiche de l’OpĂ©ra flamand, Ă  Gand, jusqu’au 23 janvier 2020.

Illustrations :
La cheffe d’orchestre Giedrė Ć lekytė  © Filip Van Roe
Production Opéra des Flandres © Opera Ballet Vlaanderen 2020

 

 

 

LIVRE événement, critique. ANTONIN DVORAK par Isabelle Werck (Bleu Nuit, janv 2020)

dvorak antonin isabelle Werck bleu nuit critique livre classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ANTONIN DVORAK par Isabelle Werck (Bleu Nuit, janv 2020). Avec son aĂźnĂ© Bedrich Smetana, plus engagĂ© sur la question identitaire et culturel tchĂšque, le BohĂ©mien AntonĂ­n DvorĂĄk (1841-1904), formĂ© Ă  Prague, est aussi la figure musicale de l’indĂ©pendance de la TchĂ©quie ; sa carriĂšre se dĂ©veloppe au moment oĂč l’empire austro hongrois s’effrite et doit concĂ©der des libertĂ©s spĂ©cifiques libĂ©rant la singularitĂ© identitaire des nations. 4 ans aprĂšs la mort de Dvorak, l’empire de François Joseph n’existe plus, emportĂ© par la premiĂšre guerre mondiale. Le patriotisme de Dvorak reste modĂ©rĂ©, ses Ɠuvres s’inspirant indirectement du folklore national ; homme de synthĂšse, Dvorak sait atteindre le souffle de l’universel, y compris dans ses piĂšces nĂ©es de sĂ©jours Ă  l’étranger, dont Ă©videmment la Symphonie n°9 du « Nouveau Monde », prolongement de sa tournĂ©e aux USA de 4 ans. L’auteure rĂ©tablit le contexte gĂ©opolitique dans lequel Dvorak a forgĂ© sa propre Ă©criture ; une Ă©criture fĂ©conde comprenant symphonies, musique de chambre, oratorio et musique concertante ; la question des opĂ©ras est traitĂ©e Ă  part car elle est l’objet de ressentiments : Dvorak en a souffert ; dĂ©sireux de percer dans le genre lyrique, il n’aura guĂšre de succĂšs qu’avec Russalka et sa fameuse « chanson Ă  la lune », pure instant de poĂ©sie. MalgrĂ© un destin familial Ă©prouvĂ©, endeuillĂ©, Dvorak s’affirme par sa loyautĂ©, sa droiture; une Ă©criture forte, gĂ©nĂ©reuse, puissante et raffinĂ©e oĂč la notion de folklore est recyclĂ©e avec gĂ©nie et sensibilitĂ©. Aujourd’hui quelques rares chefs ont su comprendre le souffle comme la poĂ©sie de Dvorak, sa grandeur, le raffinement de son style comme la prĂ©sence filigranĂ©e des motifs folkloriques : Michel Tabachnik, Karel Ancerl, Ferenc Fricsay, Leonard Bernstein, Jiri Belohlavek
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dvorak_antonin3Le texte trĂšs bien documentĂ© sur le contexte politique souligne combien la notion d’identitĂ© est profonde et puissante voire inspiratrice dans l’Ɠuvre de Dvorak. Il est nĂ© en BohĂšme (province qui forme avec la Moravie, la TchĂ©quie, oĂč l’on parle le tchĂšque et non le slovaque), oĂč l’allemand est supportĂ© voire dĂ©testĂ© car depuis plus d’un siĂšcle au moment oĂč naĂźt Antonin Dvorak, en 1841, la Moravie et BohĂšme sont sous tutelle de l’Empire autrichien.
Nationaliste, Dvorak l’est viscĂ©ralement en homme attachĂ© Ă  sa terre et Ă  sa culture, – depuis Vysoka, sa demeure adorĂ©e, mais dans une moindre mesure que Smetana, plus militant et farouchement dĂ©fenseur de la langue tchĂšque qui quand il meurt en 1884, fait de facto de Dvorak, le plus grand compositeur « national » tchĂšque. A 43 ans.
Les motifs folkloriques ne sont jamais intĂ©grĂ©s directement mais recyclĂ©s et transformĂ©s, – comme le fait Mahler, nĂ© lui aussi ensuite en TchĂ©quie, en 1860, des landler et valses
selon le principe de la variance identifiĂ© par Adorno : une mĂȘme cellule sur un mĂȘme rythme est constamment transformĂ©e
 Dvorak a fait dĂ©jĂ  de mĂȘme, soucieux de la cohĂ©rence naturelle de son Ă©criture, et directement stimulĂ© par Janacek, fougueux et convaincu pour l’essor d’une musique authentiquement tchĂšque. L’auteure souligne les convictions de l’artiste et du crĂ©ateur, infiniment douĂ© mĂȘme s’il reste autodidacte : sa sincĂ©ritĂ©, sa rectitude et sa loyautĂ© sont indiscutables et se lisent de page en page, d’oeuvres en oeuvres. MĂȘme aux USA, oĂč il est sollicitĂ© pour diriger le Conservatoire de New York Ă  la demande de sa fondatrice la trĂšs opiniĂątre Jeannette Thurber, Dvorak qui accepte contre toute attente, relĂšve le dĂ©fi d’y semer les fondations d’une musique traditionnelle authentiquement « amĂ©ricaine » : sans parti pris, mais ouvert et fraternel, Dvorak s’intĂ©resse aux musiques indigĂšnes, celles amĂ©rindiennes « indiennes », mais aussi africaines car il distingue non sans passion, le gospel et les musiques « nĂšgres » (terme de l’époque). Il dĂ©coule de cette pĂ©riode new yorkaise (Ă  partir de sept 1892), la cĂ©lĂšbrissime Symphonie amĂ©ricaine de Dvorak, aux cĂŽtĂ©s de son Quatuor amĂ©ricain, la Symphonie n°9 « du Nouveau Monde », oĂč se glissent les motifs Ă©cossais, irlandais, scandinaves et donc indiens et africains : c’est un tout autre regard qu’il est possible de porter sur ce chef d’oeuvre crĂ©Ă© triomphalement au Carnegie Hall, en dĂ©cembre 1893.
Un focus est dĂ©diĂ© aussi aux opĂ©ras, chantier tardif et plein de surprises dont beaucoup d’élĂ©ments sont mis en lumiĂšre (Le Jacobin opus 84, La Diable et Katia / Catherine opus 112, surtout Armida
 que le chef d’oeuvre absolu de 1900, Russalka, ne doit pas minorer
) ; idem pour le Dvorak auteur certes d’une sublime musique de chambre, mais aussi compositeur pour l’orchestre avec ses 9 symphonies (donc il y a pas que la derniĂšre 9Ăš), et surtout ses poĂšmes symphoniques oĂč il renoue avec la texture poĂ©tique riche et envoĂ»tante des contes et lĂ©gendes nationaux. Pleine de santĂ© et de lumiĂšre (il est nourri au seul soleil en musique : Mozart!), d’une vivacitĂ© rafraĂźchissante et simple, la musique de Dvorak n’en finit pas de saisir et convaincre. C’est un artisan de la musique d’une irrĂ©sistible inspiration. Le texte d’Isabelle Werck le dĂ©montre de façon indiscutable.

En complĂ©ment, tableau synoptique, catalogue des Ɠuvres, bibilographie, discographie, et webgraphie sĂ©lectives

 

 

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CLIC D'OR macaron 200LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Antonin DVORAK par Isabelle WERCK – Éditeur : BLEU NUIT EDITEUR – Collection / SĂ©rie : horizons ; 75 – Prix de vente au public (TTC) : 20 € – 176 pages ; 20 x 14 cm ; reliĂ© – ISBN 978-2-35884-093-4 – EAN 9782358840934 – parution : janvier 2020.
http://www.bne.fr/page200.html

 

 

 

 

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Approfondir en vidéo : Les opéras méconnus de DVORAK (cités par Isabelle Werck dans son texte)

IntĂ©grale du Jacobin, direction : Bohumir Liska – version enregistrĂ© pour le cinĂ©ma – 1974 (1h52mn)
https://www.youtube.com/watch?v=LjCi-l8s6ag

Distribution

Count Vilem: Eduard Haken
Bohus: Jindrich Jindrak
Adolf: Acted by Rudolf Jedlicka/Sung by Rene Tucek
Julie: Marcela Machotkova
Filip: Karel Berman
Jiri: Miroslav Svejda
Benda: Beno Blachut
Terinka: Daniela Sounova
Lorinka: Ruzena Radova

The orchestra is Prague’s National Theater’s,
Bohumir Liska, direction

et aussi
Le Diable et Catherine – 2013
Production filmĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Prague
https://www.youtube.com/watch?v=gfXPRuyPQXg

Antonín Dvoƙák: The Devil and Kate
Ovčák Jirka – Jaroslav Bƙezina
Káča — Kateƙina JalovcovĂĄ
MĂĄma — Ivana RočkovĂĄ
Čert Marbuel — Luděk Vele
Lucifer — Bohuslav MarĆĄĂ­k
dirigent Jan ChalupeckĂœ
NĂĄrodnĂ­ divadlo v Praze

LIVRE événement, annonce. ANTONIN DVORAK par Isabelle Werck (Bleu Nuit, janv 2020)

dvorak antonin isabelle Werck bleu nuit critique livre classiquenewsLIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. ANTONIN DVORAK par Isabelle Werck (Bleu Nuit, janv 2020). Avec son aĂźnĂ© Bedrich Smetana, plus engagĂ© sur la question identitaire et culturel tchĂšque, le BohĂ©mien AntonĂ­n DvorĂĄk (1841-1904), formĂ© Ă  Prague, est aussi la figure musicale de l’indĂ©pendance de la TchĂ©quie ; sa carriĂšre se dĂ©veloppe au moment oĂč l’empire austro hongrois s’effrite et doit concĂ©der des libertĂ©s spĂ©cifiques libĂ©rant la singularitĂ© identitaire des nations. 4 ans aprĂšs la mort de Dvorak, l’empire de François Joseph n’existe plus, emportĂ© par la premiĂšre guerre mondiale. Le patriotisme de Dvorak reste modĂ©rĂ©, ses Ɠuvres s’inspirant indirectement du folklore national ; homme de synthĂšse, Dvorak sait atteindre le souffle de l’universel, y compris dans ses piĂšces nĂ©es de sĂ©jours Ă  l’étranger, dont Ă©videmment la Symphonie n°9 du « Nouveau Monde », prolongement de sa tournĂ©e aux USA de 4 ans. L’auteure rĂ©tablit le contexte gĂ©opolitique dans lequel Dvorak a forgĂ© sa propre Ă©criture ; une Ă©criture fĂ©conde comprenant symphonies, musique de chambre, oratorio et musique concertante ; la question des opĂ©ras est traitĂ©e Ă  part car elle est l’objet de ressentiments : Dvorak en a souffert ; dĂ©sireux de percer dans le genre lyrique, il n’aura guĂšre de succĂšs qu’avec Russalka et sa fameuse « chanson Ă  la lune », pure instant de poĂ©sie. MalgrĂ© un destin familial Ă©prouvĂ©, endeuillĂ©, Dvorak s’affirme par sa loyautĂ©, sa droiture; une Ă©criture forte, gĂ©nĂ©reuse, puissante et raffinĂ©e oĂč la notion de folklore est recyclĂ©e avec gĂ©nie et sensibilitĂ©. Aujourd’hui quelques rares chefs ont su comprendre le souffle comme la poĂ©sie de Dvorak, sa grandeur, le raffinement de son style comme la prĂ©sence filigranĂ©e des motifs folkloriques : Michel Tabachnik, Karel Ancerl, Ferenc Fricsay, Leonard Bernstein, Jiri Belohlavek
 Prochaine critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.

 

 

 

 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, annonce. Antonin DVORAK par Isabelle WERCK – Éditeur : BLEU NUIT EDITEUR – Collection / SĂ©rie : horizons ; 75 – Prix de vente au public (TTC) : 20 € – 176 pages ; 20 x 14 cm ; reliĂ© – ISBN 978-2-35884-093-4 – EAN 9782358840934 – parution : janvier 2020.
http://www.bne.fr/page200.html

 

 

COMPTE RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat.

dvorak antoninCOMPTE-RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat. Grande Ɠuvre chorale de Dvorak, au mĂȘme titre que son Requiem, ce Stabat Mater n’avait pas Ă©tĂ© donnĂ© Ă  Dijon depuis le passage, en 2015, de Philippe Herreweghe et de son Collegium Vocale, dont on conserve un souvenir mitigĂ©, liĂ© au parti pris du chef : le recueillement, une approche toute intĂ©riorisĂ©e, lisse, d’oĂč Ă©taient amoindries, voire bannies, les indications dynamiques explicites de la partition.  Aujourd’hui, malgrĂ© le retour Ă  la premiĂšre version avec piano, le flamboiement nous renvoie davantage Ă  la vision de Rafael Kubelik. Des dix numĂ©ros du Stabat Mater, sept furent Ă©crits pour soli, chƓur mixte et piano, avant que la disparition brutale d’un, puis de deux autres de ses enfants conduise le compositeur Ă  complĂ©ter la partition (numĂ©ros 5 Ă  7) et Ă  l’orchestrer. Dvorak prend ses distances par rapport Ă  la fonction liturgique de la piĂšce en en modifiant le texte pour mieux traduire sa profonde douleur. Cette version originale, qui ne semble pas avoir Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e du vivant du compositeur, dut attendre 2004 pour ĂȘtre publiĂ©e.

  
   

RafraĂźchissant retour aux sources

 

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Outre son intĂ©rĂȘt documentaire, cette composition originale prĂ©sente l’avantage de contenir l’accompagnement Ă  sa fonction premiĂšre : constituer un Ă©crin propre Ă  valoriser les solistes et le chƓur dans l’expression du texte et de l’émotion qu’il recĂšle. Une grande fresque va se dĂ©rouler au travers des sept numĂ©ros de la partition, tour Ă  tour accablĂ©e, rĂ©signĂ©e, lyrique, chargĂ©e d’espĂ©rance, tendre, puis jubilatoire, avec un spectaculaire Amen.
Chaque numĂ©ro mĂ©riterait un commentaire. Retenons dĂ©jĂ  les nombreuses interventions chorales, chƓur seul, avec des pupitres parfois divisĂ©s, chƓur et quatuor de solistes, chƓur accompagnant la basse. HomogĂšne, Ă©quilibrĂ©, ductile, il se prĂȘte aux contrastes accentuĂ©s comme Ă  la confidence. Les couleurs sont remarquables, particuliĂšrement celles de tĂ©nors, frĂ©quemment exposĂ©s. Le magistral et virtuose Amen final, complexe, est manifestement le point d’aboutissement que voulait le compositeur. La progression du dialogue entre solistes et chƓur nous empoigne, jubilatoire. Des solistes retenons une trĂšs grande soprano, Anna Piroli, familiĂšre du rĂ©pertoire contemporain comme du baroque. Voix puissante et Ă©gale, au souffle long, son duo avec le tĂ©nor, Stefano Ferrari ,« Fac ut portem Christi », est un moment de lyrisme contenu. On souhaiterait Ă©couter davantage cette voix sonore et sĂ©duisante (il se voit privĂ© de son air « fac me vere » (n°6), ajoutĂ© ensuite par le compositeur). La belle basse, Jonas Yagure, nous vaut un fort remarquable dialogue avec le chƓur (« Fac, ut ardeat cor meum »). L’andante maestoso de l’alto est pris trop allant par cette derniĂšre, dont les graves manquent de consistance. Pour autant, le quatuor est toujours Ă©quilibrĂ©, seul ou lors de ses interventions avec le chƓur.

La direction d’Anass Ismat, privĂ© ponctuellement de l’usage du bras droit, est un modĂšle de sobriĂ©tĂ©, de prĂ©cision et d’efficacitĂ©. Qu’il dirige deux motets de Bruckner en introduction (Locus iste, et Ave Maria) ou ce monumental Stabat Mater, il communique une Ă©nergie singuliĂšre Ă  ses interprĂštes et rejoint les plus grands chefs de chƓur contemporains dans le fini, la conduite des phrasĂ©s et des progressions, illustrĂ©s magistralement.
Seul (petit) regret : outre une grossiĂšre erreur (l’indication des dix mouvements de Dvorak, au lieu des sept de la version retenue), le programme de salle pĂȘche une fois de plus par son indigence : le texte chantĂ© (modifiĂ© par le compositeur) et sa traduction, ignorĂ©s de la majeure partie du public, sont passĂ©s sous silence.

   

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COMPTE-RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat.Illustration : © Albert Dacheux Dijon 2019.

   

Compte rendu, opĂ©ra. PARIS, le 29 janv 2019. Dvorak : Rusalka. KF Vogt, Mattila,  Nylund…MĂ€lkki / Carsen

dvorak antoninCompte rendu, opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra Garnier, le 29 janvier 2019. Dvorak : Rusalka. Klaus Florian Vogt, Karita Mattila, Camilla Nylund… Choeurs et Orchestre de l’OpĂ©ra. Susanna MĂ€lkki, direction. Robert Carsen, mise en scĂšne. Le Dvorak lyrique de retour Ă  l’OpĂ©ra avec la reprise de la production de Robert Carsen du conte Rusalka, d’aprĂšs la mythique crĂ©ature aquatique des cultures grecques et nordiques. La direction musicale du drame moderne et fantastique est assurĂ©e par la cheffe Susanna MĂ€lkki, et une distribution de qualitĂ© mais quelque peu inĂ©gale en cette premiĂšre d’hiver.

 

 

 

Rusalka : la magie de l’eau glacĂ©e

 

L’histoire de la nymphe d’eau douce, immortelle mais sans Ăąme, qui rĂȘve de devenir humaine pour connaĂźtre l’amour, souffrir, mourir et
 renaĂźtre (!) est inspirĂ©e principalement de l’Ondine de La Motte-FouquĂ© et de la Petite SirĂšne d’Andersen. CrĂ©Ă© au dĂ©but du 20e siĂšcle, l’Ɠuvre peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme l’apothĂ©ose des talents multiples du compositeur tchĂšque. Il ajoute Ă  sa fougue rythmique, un lyrisme Ă©nergique. Il utilise tous ses moyens stylistiques pour caractĂ©riser les deux mondes opposĂ©s : celui des crĂ©atures fantastiques, dĂ©pourvues d’ñme, mais non de compassion; celui des ĂȘtres douĂ©s d’ñmes mais aux Ă©motions instables. Un heureux mĂ©lange de formes classiques redevables au Mozart lyrique et proches des audaces lisztiennes et wagneriennes. Parfois il utilise des procĂ©dĂ©s impressionnistes, et parfois il anticipe l’expressionnisme lyrique.

UNE FROIDEUR LYRIQUE QUI PEINE A SE CHAUFFER
 Les nymphes de bois qui ouvrent l’Ɠuvre sont un dĂ©licieux trio parfois Ă©mouvant parfois piquant, interprĂ©tĂ© par Andrea Soare, Emanuela Pascu et Elodie MĂ©chain. Leur prestation au dernier acte relĂšve et de Mozart et de Wagner sous forme de danse traditionnelle. La Rusalka de la soprano finnoise Camilla Nylund prend un certain temps Ă  prendre ses aises. Son archicĂ©lĂšbre air Ă  la lune du premier acte dĂ©chire les coeurs de l’auditoire par une interprĂ©tation bouleversante d’humanitĂ© et de tendresse. C’est dans le finale de l’opĂ©ra surtout, lors du duo d’amour et de mort qui clĂŽt l’ouvrage, qu’elle saisit l’audience par la force de son expression musicale. Son partenaire le tĂ©nor Klaus Florian Vogt prend Ă©galement un certain temps Ă  se chauffer. A la fin du premier acte, il conquit avec son air de chasse, qui est aussi la rencontre avec Rusalka devenue humaine. La prestation est instable et perfectible : il paraĂźt un peu tendu, voire coincĂ© sur scĂšne. Il semble avoir des difficultĂ©s avec des notes ; est parfois en dĂ©calage, mais il essaie de dĂ©tendre sa voix dans les limites du possible, et sa performance brille toujours par la beautĂ© lumineuse et incomparable du timbre comme la maĂźtrise de la ligne de chant. Le duo final est l’apothĂ©ose de sa performance.
La Princesse Ă©trangĂšre de Karita Mattila est dĂ©licieuse et mĂ©prisante au deuxiĂšme acte, sans doute l’une des performances les plus intĂ©ressantes et Ă©quilibrĂ©es de la soirĂ©e. La sorciĂšre de la mezzo-soprano Michelle DeYoung est un cas non dĂ©pourvu d’intĂ©rĂȘt. ThĂ©Ăątralement superbe au cours des trois actes, nous trouvons que c’est surtout au dernier qu’elle dĂ©ploie pleinement ses qualitĂ©s musicales. Remarquons le duo comique et folklorique chantĂ© avec brio et candeur par Tomasz Kumiega en Garde Forestier et Jeanne Ireland en garçon de cuisine, 
peureux, superstitieux, drolatiques Ă  souhait. La performance de Thomas Johannes Mayer en Esprit du Lac a Ă©tĂ© dĂ©chirante, par la beautĂ© du texte et du leitmotiv associĂ©, mais comme beaucoup d’autres interprĂštes Ă  cette premiĂšre, son chant s’est souvent vu noyĂ© par l’orchestre.

LES VOIX SONT COUVERTES PAR L’ORCHESTRE
 L’orchestre de la maison sous la baguette fiĂ©vreuse de Susanna MĂ€lkki est conscient des timbres et des couleurs. L’instrumentation de Dvorak offre de nombreuses occasions aux vents de rayonner, et nous n’avons pas manquĂ© de les entendre et de les apprĂ©cier. La prĂ©cision des cordes Ă©galement est tout Ă  fait mĂ©ritoire. Or, la question fondamentale de l’équilibre entre fosse et orchestre, notamment dans l’immensitĂ© de l’OpĂ©ra Bastille, paraĂźt peu ou mal traitĂ©e par la chef. La question s’amĂ©liore au cours des actes, et nous pouvons bien entendre et l’orchestre et les chanteurs au dernier. Un bon effort.
Sinon que dire de la mise en scĂšne Ă©lĂ©gante, raffinĂ©e et si musicale de Robert Carsen ? Jeune de 17 ans, elle conserve ses qualitĂ©s dues Ă  un travail de lumiĂšres exquis (signĂ© Peter van Praet et Carsen lui-mĂȘme), qui captive visuellement l’auditoire. Le dispositif scĂ©nique est une boĂźte oĂč un jeu de symĂ©tries opĂšre en permanence, comme le jeu des doublures des chanteurs par des acteurs. D’une grande poĂ©sie, la transposition sage du canadien ne choque personne, malgrĂ© un numĂ©ro de danse sensuelle au deuxiĂšme acte qui reprĂ©sente la consommation de l’infidĂ©litĂ© du Prince, ou encore l’instabilitĂ© et la frivolitĂ© violente des hommes. Si le jeu d’acteur est prĂ©cis, de nombreux dĂ©calages sont prĂ©sents dans l’exĂ©cution et la rĂ©alisation de la production. Une premiĂšre d’hiver qui se chauffe progressivement
 pour un rĂ©sultat final qui enchante.

 

 

 

A voir Ă  l’OpĂ©ra Bastille encore les 1er, 4, 7, 10 et 13 fĂ©vrier 2019. Incontournable.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLEANS : Ă  la ConquĂȘte de l’Ouest

orleans-orchestre-symphonique-concert-conquete-ouest-marius-stieghorst-annonce-critique-concert-par-classiquenews-infos-actualites-musique-classique-concerts-operas-festivalsORLÉANS, 9 et 10 fĂ©v 2019 : A la conquĂȘte de l’Ouest. Grand concert symphonique Ă  OrlĂ©ans sous la direction du directeur musical de l’Orchestre Symphonique, Marius Stieghorst. Le programme affiche le cap vers le grand ouest, Ă©clectique, Ă©nergisant mais surtout cohĂ©rent. Tout d’abord, mosaĂŻque d’écritures et de sensibilitĂ©s diverses inspirĂ©es par l’horizon amĂ©ricain, de Ives Ă  Gershwin, de Schulhoff Ă  Stravinsky
 autant de mises en bouches qui exigent une forte caractĂ©risation instrumentale, pour le plat de consistance, sommet de l’inspiration amĂ©ricaine de Dvorak : la Symphonie n°9 du Nouveau Monde.

 
 
 

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SAMEDI 9 FÉVRIER 2019 à 20h30boutonreservation
DIMANCHE 10 FÉVRIER 2019 à 16h00
ThĂ©Ăątre d’ORLEANS
SALLE TOUCHARD

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Marius STIEGHORST, direction
Saxophoniste soliste : Vincent DAVID

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PrĂ©sentation du concert  
 
 
« À LA CONQUÊTE DE L’OUEST »

CHARLES IVES – The Unanswered Question (La Question sans rĂ©ponse)
Conçue en 1908, rĂ©visĂ©e entre 1930 et 1935, The Unanswered Question suit le travail et les interrogations de Charles Ives concernant la relation des hommes au cosmos. A l’immensitĂ© de l’Univers, en son mystĂšre impĂ©nĂ©trable, Ives inscrit la question du sens de la vie humaine : pourquoi l’ĂȘtre et le nĂ©ant ? Que vaut et oĂč va la destinĂ©e humaine ?

 
 
 

GEORGE GERSHWIN – Lullaby
Originellement pour quatuor Ă  cordes, Lullaby connaĂźt un nouveau souffle dans sa version pour orchestre Ă  cordes. En orchestrateur des mieux inspirĂ©s, Gershwin sait calibrer l’ivresse irrĂ©pressible du blues naissant, occurrence spĂ©cifiquement amĂ©ricaine, selon la subtilitĂ© et l’art de la suggestion propres aux impressionnistes français, Ravel et Debussy qu’il admire particuliĂšrement.

 
 
 

ERWIN SCHULHOFF – Hot-Sonate, pour saxophone alto et orchestre
Schulhoff affirme un tempĂ©rament trĂšs original et personnel dans l’utilisation entre autres du saxophone alto, instrument soliste concertant qui semble imposer face Ă  l’orchestre, le chant dĂ©terminant du jazz, autant dans l’autoritĂ© des rythmes, la sĂ©duction des harmonies, que des effets singuliers produits par la technique propre Ă  l’instrument ainsi mis en avant (glissandi, 
) / VINCENT DAVID, saxophoniste soliste.

 
 
 

IGOR STRAVINSKY – Circus Polka
Ce pourrait ĂȘtre le portrait d’un Ă©lĂ©phant, potache, burlesque, plus caricatural que compatissant pour l’animal : Ă  la demande du chorĂ©graphe George Balanchine pour un numĂ©ro d’élĂ©phants du cirque Barnum, Circus Polka est Ă©laborĂ©e pendant le seconde guerre mondiale en 1942. C’est une page musicale conçue Ă  des fins expressives essentiellement sur un ton caustique, facĂ©tieux dont les pointes sarcastiques sont rĂ©servĂ©es au trio dĂ©lurĂ©, dĂ©jantĂ© en diable : clarinette, cor et trombone.

 
 
   
 
 

ANTON DVORAK – Symphonie n°9 en mi mineur, op.95, B178, dite « Du Nouveau Monde » ComposĂ©e en 1893, crĂ©e le 15 dĂ©cembre de la mĂȘme annĂ©e au Carnegie Hall de New York par l’Orchestre philharmonique de New York sous la direction d’Anton Seidl, la 9Ăš Symphonie de Dvorak tĂ©moigne de l’enthousiasme de Dvorak pendant son sĂ©jour aux States.

 
 
 

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RESERVATIONS / INFORMATIONS PRATIQUES
‱ Lieu : Salle Touchard – ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans
‱ Tarifs : Cat.1 : 28/25€ ; Cat. 2 : 25/23/13€
RĂ©servations : ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans : 02 38 62 75 30, du mardi au samedi de 13h Ă  19h, Ă  partir de 14h ou
sur le site HelloAsso :
https://www.helloasso.com/associations/orleans-concerts
‱ Site Web : www.orchestre-orleans.com

 
 
 

stieghorst marius portrait maestro copyright tonje thoresen classiquenews

 

Portrait du maestro et directeur musical de l’OSO, Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans : MARIUS STIEGHORST (© T. Thoresen)

 
 
 

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak

LILLE, ONL. Les 8, 9 nov 2018 : JC Casadesus dirige Rimsky, Dvorak. FiĂšvre russe Ă  Lille pour un programme exaltant et ambitieux intitulĂ© « MILLE ET UNE NUITS », en rĂ©fĂ©rence au conte oriental qu’a mis en musique l’excellent Rimsky-Korsakov (Sheherazade).

casadesus_jean_claude_portrait_290Pour sa premiĂšre sĂ©rie de la saison 2018-2019, le chef fondateur de l’ONL Orchestre National de Lille invite le jeune soliste français Victor Julien-LaferriĂšre dans le Concerto pour violoncelle de DVORAK; Victor Julien-LaferriĂšre, a Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©compensĂ© de la Victoire de la musique classique de l’annĂ©e. Il a aussi remportĂ© le Concours Reine Elisabeth 2017.

Le Concerto pour violoncelle op.104 de Dvoƙák est l’un des piliers du rĂ©pertoire du violoncelle ; comme la Symphonie du Nouveau Monde, le Concerto remonte Ă  l’annĂ©e 1894 quand Dvorak dirigeait le Conservatoire de New-York. Que la tonalitĂ© affirmĂ©e de si mineur ait Ă©tĂ© inspirĂ©e par le son des chutes du 
 Niagara, ou pas, il ne manque pas de souffle et de grandeur dans un Concerto qui place clairement le violoncelle au centre d’un drame passionnĂ©, Ă  la mesure de dĂ©flagrations aquatiques amples et suggestives. Dvorak Ă©crit une piĂšce majeure qui ne cite pas ou trĂšs peu le nouveau continent, mais plutĂŽt sa terre natale (mouvement lent, et finale du dernier) : rien ne rĂ©siste Ă  l’appel de la BohĂšme originelle.

7 annĂ©es auparavant, Rimsky-Korsakov dĂ©montre une inspiration Ă©blouissante dans sa mise en musique de la lĂ©gende orientale, « les Mille et une Nuits », source littĂ©raire et onirique puissante, Ă  la mode en Russie au cours du XIXe siĂšcle. Que rehausse encore le gĂ©nie du compositeur russe, comme orchestrateur : de fait, son Ă©criture partage cet orientalisme fiĂšvreux et trĂšs colorĂ©, avec le peintre français GĂ©rĂŽme, inventeur de l’orientalisme pictural, et qui Ă©blouit spĂ©cifiquement par son sens d’un chromatisme d’une sensualitĂ© irrĂ©sistible.

REPORT D’UNE MISE A MORT PROGRAMMÉ
 Rimski-Korsakov explicite lui-mĂȘme le programme de son poĂšme symphonique ainsi : « Le sultan Shahriar, persuadĂ© de la perfidie et de l’infidĂ©litĂ© des femmes, jura de faire mettre Ă  mort chacune de ses Ă©pouses aprĂšs la premiĂšre nuit. Mais la sultane ShĂ©hĂ©razade rĂ©ussit Ă  sauver sa vie en le captivant par des histoires qu’elle lui raconta pendant mille et une nuits. Pris par la curiositĂ©, le sultan remettait de jour en jour l’exĂ©cution de son Ă©pouse et finit par y renoncer dĂ©finitivement. ShĂ©hĂ©razade lui conta bien des merveilles, en citant les vers des poĂštes et les textes des chansons, et en imbriquant les histoires les unes dans les autres.» Comme son hĂ©roĂŻne multiplie les Ă©pisodes et enrichit sa narrations de milles rebondissements imprĂ©vus, Rimsky, qui orchestre simultanĂ©ment l’opĂ©ra « Le Prince Igor » de son compatriote Borodine, s’ingĂ©nie Ă  dĂ©velopper 1001 nuances et couleurs instrumentales, osant des combinaisons de timbres, des mĂ©langes Ă  foison. S’il cite de façon rĂ©pĂ©titive, un mĂȘme motif, Rimsky s’écarte du principe du leitmotiv wagnĂ©rien, car jamais un mĂȘme air n’est attachĂ© Ă  la mĂȘme idĂ©e : de fait, le mĂȘme motif mĂ©lodique Ă©voque tour Ă  tour, le sultan magnifique, l’ocĂ©an sur lequel navigue le marin Sindbad
 rien n’est figĂ©, tout se mĂ©tamorphose
 comme l’écriture de Rimsky qui atteint un raffinement proche des futurs impressionnistes. Dans cette houle mouvante et enivrĂ©e, perce le violon solo sublime de ShĂ©hĂ©razade qui lui incarne toujours la figure de la princesse au gĂ©nie poĂ©tique et narratif central.

LAFERRIERE violoncelleVictor Julien-Laferriere © Lyodoh KanekoAGENDA : ne manquer aussi le 9 novembre 2018, 12h30

A noter que le violoncelliste aura sa « carte blanche » Ă  Lille, Ă  l’Auditorium le vend 9 nov 2018, 12h30. Au programme de ce rĂ©cital de la mi journĂ©e : JS BACH (Suite pour violoncelle n°1) et KODALY (Sonate pour violoncelle seul).

LILLE, Auditorium le Nouveau SiĂšcle
Les 8 et 9 novembre 2018
Jean-Claude CASADESUS (chef fondateur) dirige l’ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE dans  DVORAK et RIMSKY-KORSAKOV
RESERVEZ VOTRE PLACE ICI

DVORAK : Symphonie n°8 Tchékoslovaque

‹FRANCE MUSIQUE. Jeudi 18 octobre 2018, 20h. Direct. DVORAK : Symphonie n°8 « Tcheskoslovaque». Emmanuel Krivine / ONF. Maison de la Radio, Auditorium / Moussorgski, Rachmaninov, DvorĂĄk / Lugansky, ONF, Krivine – Concert donnĂ© en direct de l’Auditorium de la Maison de la Radio Ă  Paris.
dvorak antonin8Ăšme Symphonie de DVORAK. La Symphonie n°8 est composĂ©e en 1889 en BohĂšme, pour l’intĂ©gration de Dvorak au sein de l’AcadĂ©mie des Arts de BohĂšme. Elle est dĂ©dicacĂ©e Ă  l’Empreur François Joseph. Le compositeur dirige lui-mĂȘme la premiĂšre Ă  Prague le 2 fĂ©vrier 1890. Voici l’une des rares symphonies, la plus courte aussi (environ 35 mn) lumineuse et joyeuse qui s’appuie en majoritĂ© sur les motifs et thĂšmes du folklore populaire bohĂ©mien que Dvorak dĂ©veloppe sans limite, avec des changements constants de rythmes, ce qui rend la texture et son Ă©noncĂ©, proches d’une improvisation. EnjouĂ©e voire enivrĂ©, toute la symphonie (sauf la valse parfois mĂ©lancolique du 3Ăš mouvement) appelle Ă  la libĂ©ration de l’énergie et comme le rappelle le chef Kubelik dans une rĂ©pĂ©tition demeurĂ©e cĂ©lĂšbre, en BohĂšme, la trompette ne cĂ©lĂšbre pas la bataille mais la danse
 Parmi les instruments mis en avant, le piccolo et le cor anglais cisĂšle une orchestration parmi les plus pastorales de Dvorak (le cor anglais rĂ©alisant le chant de l’oiseau dans la rĂ©exposition du thĂšme dans le premier mouvement).

Les quatre mouvements sont :

I Allegro con brio
II Adagio
III Allegretto grazioso — Molto vivace
IV Allegro ma non troppo

Orchestre National de France / Direction : Emmanuel Krivine

Programme

Modest Petrovitch Moussorgski
La Khovanchtchina, ouverture

Serge Rachmaninov
Concerto pour piano et orchestre n°2 en do mineur op. 18
Moderato
Adagio sostenuto
Allegro scherzando
NikolaĂŻ Lugansky, piano

Antonin Dvorak
Symphonie n°8 en sol Majeur op. 88 B.163 “Tchecoslovaque”
Allegro con brio – Un poco meno mosso – Poco meno mosso
Adagio – Poco piĂč animato
Allegretto grazioso – Molto vivace
Finale : Allegro ma non troppo

Stabat Mater de Dvorak

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, Dvorak : Stabat mater. Le 24 juin 2015, 20h. Dvorak atteint une rare vĂ©ritĂ© dans ce Stabat mater qui est malheureusement dans sa propre vie, le Requiem de ses propres enfants disparus tragiquemen t; dans le cas d’une partition si investie (autobiographique), la musique transcende la peine et la souffrance exprimĂ©e ; elle apporte dĂ©livrance voire libĂ©ration. Dvorak mĂȘle ici la noble tendresse d’un Schumann, la profondeur d’un Bruckner, la vĂ©ritĂ© dĂ©sarmante de Brahms.‹RĂ©vĂ©lĂ©e dĂšs 1880 puis surtout Ă  Londres (Albert Hall) en mars 1883, la cantate sur un texte latin enchante et transporte littĂ©ralement le public britannique: Dvorak immĂ©diatement fĂȘtĂ©, est donc invitĂ© Ă  diriger son oeuvre l’annĂ©e suivante en mars 1884 pour un tournĂ©e
 triomphale : de fait la partition reste la plus populaire du compositeur en terre anglaise.
MarquĂ© par la mort de leurs 3 jeunes enfants (sur les neuf de la famille Dvorak) entre 1875 et 1877, le compositeur ne trouve la paix intĂ©rieure que dans le travail et le secours de la religion. Ainsi s’éteignent Josefa, Ruzena (d’un empoisonnement au phosphore, alors familier dans les foyers car utilisĂ© pour la fabrication des allumettes!), puis Otokar, de la variole, le jour de l’anniversaire de son pĂšre (8 septembre 1877).
Organiste actif dĂšs 1874 Ă  Saint-Adalbert de Prague, Dvorak se passionne pour le texte de Jacopo di Todi sur les souffrances de la MĂšre face au spectacle du Fils sacrifiĂ©.‹Herreweghe nous laisse Ă©couter l’humanitĂ© intense des accents qui en font une oeuvre surtout profane (ce qui choquait tant le pieux Hanslick), mais aussi il Ă©claire cette ĂąpretĂ© mordante du style dans laquelle le compositeur a entendu l’appel Ă  la rĂ©forme liturgique et casser le moule traditionnel palestrinien prĂŽnĂ©e par la confrĂ©rie religieuse qu’il frĂ©quentait alors Ă  Prague.

Stabat profane
Dvorak-portrait-grand-format-classiquenews-juin-2015-stabat-mater-de-dvorak-dossier-critique-presentationLe message si humble voire souvent austĂšre, jusqu’à la contrition la plus tĂ©nue, comme repliĂ©e, qui s’exprime par le choeur initial puis le quatuor vocal (tĂ©nor, soprano, basse, mezzo), convoque le sentiment des vanitĂ©s terrestres : grandeur inaccessible et impĂ©nĂ©trable du divin, fragilitĂ© et souffrance de la condition humaine. DĂšs le mouvement premier, ample de 17 mn, la musique exprime la profonde et grave priĂšre des humanitĂ©s dĂ©munies, impuissantes. C’est l’acte d’une ferveur dĂ©truite, saisie par un deuil quasi insoutenable.‹Le sublime quatuor vocal qui suit (Quis est homo, qui non fleret) suit la mĂȘme simplicitĂ© naturelle, ce recueillement qui Ă©carte toute enflure, toute thĂ©ĂątralitĂ© pathĂ©tique Ă©noncĂ©e dĂšs l’intervention de la soprano, au chant si magnifiquement mesurĂ©e.
Contre l’avis du critique souvent mensonger et toujours abusivement partisan (en tout cas antiwagnĂ©rien), Hanslick, les admirateurs de Dvorak ont immĂ©diatement constatĂ© la sincĂ©ritĂ© du compositeur et la grande vĂ©ritĂ© de son oeuvre ; chacun dĂ©fend l’humilitĂ© dĂ©sarmante de la priĂšre solistique ou collective, non pas outrageusement sensuelle comme le pensait l’ignoble Hanslick, mais sincĂšre et tendre. C’est d’ailleurs du cĂŽtĂ© des croyants, de l’assemblĂ©e populaire et individuelle que nous saisissons la ferveur gĂ©nĂ©reuse de l’ouvrage ; les interprĂštes ont bien raison de soulignĂ© ce chambrisme Ă©tal, sublimement partagĂ© par le choeur et les solistes.

Antonin Dvorak : ‹Stabat Mater op 58
France Musique, le 24 juin 2015, 20h. Inva Mula, Soprano. ‹Sara Mingardo, Contralto. ‹Maximilian Schmitt, TĂ©nor‹. Robert Gleadow, Baryton-basse.  ‹Choeur Accentus ‹. Orchestre de Chambre de Paris .‹Laurence Equilbey, direction. Concert donnĂ© le 6 juin 2015 Ă  la grande Salle de la Philharmonie 1 Ă  Paris.

Dvorak : Russalka Ă  l’OpĂ©ra Bastille

dvorak antoninParis, OpĂ©ra Bastille. Russalka de Dvorak (1901)… 3>26 avril 2015. Sommet de l’opĂ©ra tchĂšque, et Ă  ce titre manifeste le plus Ă©clatant d’une conscience nationale et culturelle tchĂšque, la fable fĂ©erique composĂ©e par Dvorak, Russalka est bien connue grĂące entre autres Ă  l’un de ses tableaux d’une irrĂ©sistible magie : l’invocation Ă  la lune (acte I, oĂč l’hĂ©roĂŻne avoue son dessein mortel Ă  l’astre ami). L’avant dernier opĂ©ra de Dvorak, composĂ© en 1900, crĂ©Ă© en 1901, est quasi contemporain de Jenufa (1903), d’un Janacek, davantage inscrit dans une modernitĂ© qui ne cache plus son visage.

L’amour se rĂ©alise dans les eaux de mort
MĂȘme romantique, Russalka attend 2002 pour entrer au rĂ©pertoire de l’OpĂ©ra de Paris ! En comparaison, Russalka qui baigne dans le folklore traditionnel (alors qu’au dĂ©part Dvorak adapte une lĂ©gende venue de l’Europe occidentale, empruntĂ©e Ă  La petite sirĂšne, Ă  l’Ondine de La Motte-FouquĂ© et la Cloche engloutie de Hauptmann-, rĂ©inventant aussi d’une certaine façon le fonds des lĂ©gendes nationales), serait-il le dernier opĂ©ra romantique signĂ© Dvorak ? WagnĂ©rien, le compositeur sait aussi s’inspirer de la vibration dĂ©licate impressionniste qui confĂšre Ă  son orchestration un parfum et des allures toutes debussystes. La liquiditĂ© de la partition se rapproche de la fine texture ocĂ©ane de PellĂ©as. De son ambiguitĂ© aussi : Ă  la fois miroitante et fascinante jusqu’à l’hypnose, mais aussi absorbante et mystĂ©rieuse, celle qui engloutit pour anĂ©antir. Dvorak le cartĂ©sien solide s’engage dans le surnaturel fantastique et glissant de Russalka, lĂ©gende des eaux inquiĂ©tantes. Avec l’échec de Russalka, Ăąme amoureuse qui n’empĂȘche pas la catastrophe malgrĂ© sa sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante, s’écroule aussi tout un monde. Les eaux de Russalka portent en elle la mort d’un cycle Ă  l’agonie. Cette couleur mortifĂšre est l’une des rares exploration de Dvorak dans le monde lĂ©tal des eaux fatales.
Le librettiste parnassien Jaroslav Kvapil fournit Ă  Dvorak la matiĂšre littĂ©raire du mythe. Aux cĂŽtĂ©s de l’ondine trahie, se prĂ©cise surtout l’esprit du lac, ĂȘtre habitant des eaux, qui aime collectionner les Ăąmes des noyĂ©s qu’il prĂ©cipite dans l’abime liquide : Ă  la fin de l’action, les deux amants s’enfonceront dans l’encre de son royaume souverain.

Dvorak a prĂ©cĂ©demment traitĂ© musicalement la figure de cet ĂȘtre Ă  la fois malĂ©fique et fraternel (poĂšme symphonique intitulĂ© : Vodnik, c’est Ă  dire l’ondin). Dans Russalka, l’ondin ĂągĂ© est une sorte de pĂšre affectueux et rĂ©confortant pour la pauvre nymphe des eaux. Face Ă  celle qui veut ĂȘtre mortelle pour aimer, ĂȘtre aimĂ©e (et surtout ĂȘtre trahie), le vieux philosophe ne peut rien empĂȘcher.

waterhouse ondine russalka dvorakVoilĂ  donc notre ondine prĂȘte Ă  prendre corps et Ăąme mortels, mais pour rĂ©ussir pleinement sa mutation, elle doit se faire aimer d’un mortel, d’un amour total. Or avant de gagner cet amour, la crĂ©ature transitoire ne peut parler qu’aprĂšs l’énoncĂ© du serment dĂ©finitif : celui par lequel l’homme sĂ©duit dĂ©clare sa flamme totale. Mais quand les amants se retrouvent, le prince bien qu’attirĂ© trouve Ă©trange ce corps froid et liquide qui ne parle pas. Il prend peur face Ă  cette cĂ©lĂ©bration du lac dont les eaux noires et profondes le menacent d’engloutissement. Ainsi l’acte III brosse le portrait d’une Russalka abandonnĂ©e perdue, au plus sombre des sentiments : une immersion dans les eaux de la mort qui Ă©gale lĂ  encore le Wagner de Tristan (magie vaporeuse et irrĂ©elle de l’acte II avec le duo fameux de Tristan et Isolde). Et quand le prince se dĂ©tourne d’elle pour une belle Ă©trangĂšre, Russalka semble perdue entre le monde terrestre et aquatique. C’est alors que le prince se baigne Ă  nouveau dans les eaux de leur rencontre et l’embrasse malgrĂ© sa peur primordiale : les deux ĂȘtres qui s’étaient condamnĂ©s sans le savoir, se retrouvent enfin : ils s’abĂźment dans les profondeurs d’un espace inconnu. Et leur amour fusionel s’inscrit dans l’Ă©ternitĂ© de la mort.

boutonreservationRussalka à Paris, Opéra Bastille
Les 3,7,10,13,16,18,23,26 avril 2015
Jakub Hrusa, direction
Robert Carsen, mise en scĂšne
Avec Olga Guryakova (Russalka), Khachatur Badalyan (Le Prince), Alisa Kolosova (la Princesse Ă©trangĂšre), Dimitry Ivashchenko (L’esprit du lac), Larissa Diadkova (Jezibaba)…
ChƓur et orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris

Illustration : Waterhouse, Hylas et les Nymphes, 1896 (DR)

Jean-Yves Ossonce dirige la 7Ăšme Symphonie de Dvorak

ossonce jean yves osrct symphonique toursTours, Grand ThĂ©Ăątre. Dvorak : Symphonie n°7. J.-Y. Ossonce, les 24,25 janvier 2015. Suite de la saison symphonique de l’OpĂ©ra de Tours sous la baguette du chef et directeur des lieux : Jean-Yves Ossonce. Puissante, brucknĂ©rienne par ses cuivres impressionnants entre autres, mais aussi (surtout) Brahmsienne et wagnĂ©rienne soit d’un germanisme assumĂ©, la “grande Symphonie” en rĂ© mineur opus 70,  est crĂ©Ă©e Ă  Londres sous la direction de Dvorak en avril 1885. Membre d’honneur de la Royal Philharmonic Society de Londres, Dvorak devait ainsi honorer une commande passĂ©e par l’institution musicale londonienne : par ses couleurs tendres (bois) et sa palpitation atmosphĂ©rique, convoquant les grandes frissons de la nature, qui plonge aussi dans une introspection plus personnelle (cors combinĂ©s souvent aux cordes), Dvorak entend Ă©galer son ami Brahms dont la 3Ăšme Symphonie venait alors d’ĂȘtre crĂ©Ă©e. Dvorak trĂšs inspirĂ© ajoute aussi des rĂ©fĂ©rences wagnĂ©riennes manifestes dans le second mouvement d’une tendresse voluptueuse et mĂȘme amoureuse (Poco Adagio).

 

 

 

 

Maturité du Dvorak londonien

Egaler Brahms, assimiler Bruckner et Wagner…

 

dvorak antoninAu germanisme brahmso-wagnĂ©rien du 2Ăšme mouvement, Dvorak impose dans le 3Ăšme mouvement, un rythme et une mĂ©lodie envoĂ»tante (combinaison basson / cordes) rĂ©solument tchĂšques (annonciatrice d’ailleurs de sa sublime 8Ăšme, noble et intĂ©rieure Ă  la fois) ; c’est un Scherzo-vivace que beaucoup de chefs s’obstinent Ă  aborder sans le caractĂšre rythmique nonchalant mais caractĂ©risĂ© voulu par l’auteur. Le dernier mouvement (Allegro) aussi majestueux et impĂ©tueux que le premier (Allegro maestoso) fait rugir l’intensitĂ© rhapsodique, de caractĂšre tzigane de l’Ă©criture : c’est un nouvel Ă©pisode qui frappe par la prĂ©cision de son orchestration et surtout le souffle de son Ă©criture ; il rĂ©clame un orchestre Ă©toffĂ© mais d’une transparence colorĂ©e et finement caractĂ©risĂ©e : le germanisme brahmsien et wagnĂ©rien comme la sensibilitĂ© tchĂšque des mĂ©lodies, et cette vitalitĂ© rythmique propre Ă  Dvorak doivent ici trouver un juste Ă©quilibre. MaĂźtre de la grande forme, Dvorak conclue le cycle dans un tierce picarde, emblĂšme d’un optimisme souverain et majestueux (noblesse des cors de la fin).

 

 

 

Programme de l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours

La 7Ăšme Symphonie de Dvorak est couplĂ©e avec le Concerto en sol majeur pour piano de Maurice Ravel (Vanessa Wagner, piano) et La FĂȘte polonaise extraite du Roi malgrĂ© lui de Chabrier. Les 24 janvier Ă  20h et 25 janvier 2015 Ă  16h.

RĂ©server votre place sur le site de l’OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

 

 

 

 

Prochains grands rvs de la saison symphonique Ă  l’OpĂ©ra de Tours :

 

Jeux d’enfants opus 22 de Georges Bizet puis Symphonie concertante pour violoncelle (Xavier Phillips, violoncelle) et extraits de RomĂ©o et Juliette de Prokofiev, les 21 et 22 mars 2015.

 

Concet n°1 pour violon de Prokofiev (Alexandra Soumm, violon) et Symphonie n°2 de Robert Schumann (Ariane Matiakh, direction), les 18 et 19 avril 2015

Anna Kassian chante Rusalka Ă  l’OpĂ©ra de Rome

dvorak antoninRome, OpĂ©ra. Anna Kassian, Rusalka, les 12 et 14 dĂ©cembre 2014. Rusalka, opĂ©ra en trois actes reste l’un des plus connus du rĂ©pertoire lyrique tchĂšque : il met en scĂšne le monde poĂ©tique et symbolique, fantastique et surnaturel du milieu aquatique et des sortilĂšges. DĂšs sa crĂ©ation en 1901 au ThĂ©Ăątre National de Prague (l’annĂ©e de la crĂ©ation de Tosca de Puccini), AntonĂ­n Dvoƙák constate l’immense succĂšs de son ouvrage. Rusalka, aux cĂŽtĂ©s d’Ondine ou de la Petite SirĂšne d’Andersen, est une nymphe des eaux. InspirĂ© par le monde des esprits, Dvorak nourrit une Ă©criture orchestrale extrĂȘmement raffinĂ©e qui rĂ©utilise le principe du leitmotiv wagnĂ©rien, emprunte aussi au lied et Ă  l’aria en une langue continue. La mĂ©lodie la plus connue en est le Chant Ă  la lune de Rusalka (I), priĂšre et aspiration ardente de la nymphe dĂ©sireuse de prendre apparence humaine pour ĂȘtre aimĂ© d’un prince qu’elle a rencontrĂ© et qui se baigne dans le lac
 celui ci sera-t-il digne de l’amour qu’il a suscitĂ©. En traitant le thĂšme de l’amour absolu, de la femme sacrifiĂ©e et des forces mystĂ©rieuses de la nature, Dvorak signe surtout un opĂ©ra Ă©levĂ© au rang de mythe symboliste, fantastique, essentiellement onirique. Ici la tendresse Ă©perdue de Rusalka attriste son pĂšre Vodnik, roi du lac mais suscite la terrible machination de la sorciĂšre Jezibaba qui exploite jusqu’à sa mort, la crĂ©dulitĂ© de la nymphe, trop optimiste quant Ă  la loyautĂ© des hommes
 la derniĂšre image est l’une des plus belles du thĂ©Ăątre lyrique : le prince qui avait trahi Rusalka revient au bord du lac et se laisse inanimĂ© entrainer dans les profondeurs dans les bras de la nymphe


 

 

 

anna-kassian-chante-imogene-bellini-2013

 

 

 

CouronnĂ©e au  Concours Bellini 2013, la soprano Anna Kassian qui a participĂ© aussi dans l’enregistrement de Cosi fan tutte de Mozart dirigĂ© par Teodor Currentzis (Despina piquante et touchante) incarne la nymphe amoureuse Rusalka sur la scĂšne de l’OpĂ©ra de Rome sous la direction de Eivind Gulberg Jensen, les 12 et 14 dĂ©cembre prochains. Une prise de rĂŽle Ă  suivre absolument. Rusalka de Dvorak Ă  l’OpĂ©ra de Rome du 27 novembre au 14 dĂ©cembre 2014 (8 reprĂ©sentations).

VISITER la distribution sur le site de l’OpĂ©ra de Rome

 

 

 

VOIR notre reportage vidéo LE CONCOURS international de Bel canto Vincenzo Bellini 2013 avec Anna Kassian, soprano (Premier Prix 2013) 

 

 

 

Saintes, Abbatiale. Concert Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30.

ONPL-400x266Saintes, Abbatiale. Concert Sibelius, Dvorak. Tedi Papavrami, le 12 octobre 2014, 15h30. Saintes : nouvelle expĂ©rience symphonique ? Peu Ă  peu, au fil d’une programmation musicale qui investit le lieu tout au long de l’annĂ©e, l’Abbatiale de l’Abbaye aux Dames Ă  Saintes confirme son rayonnement comme place symphonique : la voĂ»te sacrĂ©e se fait temple de l’expĂ©rience orchestrale ; quand il ne s’agit pas des formations sur instruments d’Ă©poque (Symphonies des LumiĂšres, Orchestre des Champs ElysĂ©es…), la CitĂ© musicale accueille aussi des orchestres reconnus pour leur approche approfondie du rĂ©pertoire. En tĂ©moigne ce nouveau rv dimanche 12 octobre 2014 Ă  15h30, dĂ©diĂ© Ă  Smetana, Sibelius et Dvorak, intitulĂ© “Symphonie Slave”, bien que Sibelius incarne tel un pur joyau nordique, la vitalitĂ© de l’Ă©criture finnoise en matiĂšre de symphonisme ardent, original, irrĂ©sistible : son Concerto pour violon, chef d’oeuvre du genre par son introspection expressive et sa puretĂ© d’inspiration (qui confine Ă  l’Ă©pure) est ici dĂ©fendu par l’excellent violoniste Tedi Papavrami. Il est accompagnĂ© par l’Orchestre national des Pays de la Loire qui fait sa premiĂšre entrĂ©e sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames.

L’ouverture de La FiancĂ©e vendue de Smetana est un vrai dĂ©fi pour l’interprĂšte ; on se souvient avec quel souci de l’expressivitĂ© raffinĂ©e et trĂ©pidante, un Karel Ancerl ou un Carlos Kleiber dirigeaient ce morceau symphonique aussi riche que tout un opĂ©ra, dĂ©voilant chacun des trĂ©sors d’invention suggestive. CrĂ©Ă© en mai 1886 Ă  Prague, l’opĂ©ra confirme le tempĂ©rament lyrique de l’auteur ; annonçant l’esprit lĂ©ger d’une comĂ©die irrĂ©sistible, l’ouverture, dĂ©veloppĂ©e dans l’esprit d’une vĂ©ritable kermesse tchĂšque, redouble de nervositĂ© villageoise, fourmille en accents et surenchĂšre rythmique qui en font un morceau de choix pour tout orchestre. Ce n’est pas un lever de rideau mais bien un poĂšme symphonique d’une profondeur inouĂŻe, rĂ©clamant de tous les musiciens, une maĂźtrise absolue des dynamiques comme de la vitalitĂ© rythmique. Nerf, Ă©lĂ©gance et profondeur : le cocktail requis n’est pas Ă©vident ; il rĂ©vĂšle de toute Ă©vidence les qualitĂ©s (ou les limites) de toute formation…

Le Concerto pour violon de Sibelius
Sibelius_portraitEn rĂ© majeur, le Concerto pour violon de Jean Sibelius est assurĂ©ment son oeuvre phare. Etant devenu l’un des sommets de l’écriture violonistique, retenu par les plus grands concertistes, il s’est imposĂ© naturellement auprĂšs du public. L’opus 46 en rĂ© majeur fut composĂ© en 1903 et, aprĂšs rĂ©vision, crĂ©Ă© sous la direction de Richard Strauss en 1905 Ă  Berlin. L’oeuvre est contemporaine de l’installation du compositeur dans la villa “AĂŻnola”, Ă  Jarvenpaa, en pleine forĂȘt, Ă  30km d’Helsinki. FidĂšle Ă  son Ă©crtiure et son inspiration de plus en plus exigeante, Sibeliu s’y laisse pĂ©nĂ©trĂ© par le mystĂšre de la Nature, sublimĂ© en une rĂ©flexion perpĂ©tuelle sur la forme. Longtemps minimisĂ© en raison d’une apparente et “creuse” rigueur, le Concerto s’imposa nĂ©anmoins en raison des difficultĂ©s techniques qu’il exige du soliste. Mais en plus de sa virtuositĂ© exigente, le Concert de Sibelius demande tout autant, concentration, intĂ©rioritĂ©, Ă©conomie, justesse de la ligne musicale. Autant de qualitĂ©s qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©es grĂące Ă  la lecture des plus grands violonistes dont il est devenu le cheval de bataille. D’une incontestable inspiration lyrique nĂ©o-romantique, la partition dĂ©veloppe une forme libre, rhapsodique, mĂȘme si elle respecte la traditionnelle tripartition classique en trois mouvements: allegro moderato, adagio di molto, finale. MĂȘme si l’inspiration naturelle, panthĂ©iste, du compositeur s’exprime avec clartĂ©, en particulier d’aprĂšs le motif naturel des forĂȘts de sa Finlande natale, les souvenirs enrichissent aussi une imagination personnelle et intime. A ce titre, le deuxiĂšme mouvement pourrait convoquer les impressions mĂ©diterranĂ©ennes vĂ©cues pendant son sĂ©jour en Italie. A la sublime sensation du motif forestier, Sibelius ajoute la chaleur parfois brĂ»lante du clair soleil mĂ©diterranĂ©en.

Dvorak : Symphonie n°7
En rĂ© mineur comme la 4Ăšme, mais d’un tout autre format, – d’oĂč son appellation de “grande symphonie en rĂ©”, la 7Ăšme de Dvorak est le fruit d’une promesse du compositeur faite Ă  la Royal Philharmonic Society de Londres au moment oĂč il en avait Ă©tĂ© nommĂ© membre d’honneur. Ecrite en 4 mois Ă  partir de dĂ©cembre 1884, la 7Ăšme affirme le gĂ©nie du symphoniste alors trĂšs influencĂ© par Wagner et par son ami Brahms dont la 3Ăšme Symphonie venait d’ĂȘtre triomphalement crĂ©Ă©e. C’est Hans von Bulow qui en assura l’interprĂ©tation la plus convaincante, enthousiasmant Dvorak au comble de la satisfaction : il Ă©crit sur le manuscrit un hommage sensible Ă  l’adresse du chef d’orchestre : “Gloire! Tu as donnĂ© vie Ă  cette Ɠuvre”. De fait avant la fameuse 8ĂšĂče Nouveau Monde”, la 7Ăšme impose l’ampleur et la maturitĂ© du gĂ©nie symphonique de Dvorak en particulier dans la succession des deux premiers mouvements.

dvorak antoninDĂšs l’Allegro maestoso d’ouverture, l’auditeur y retrouve tout ce qui fonde l’intense expressivitĂ© de l’Ă©criture dvorakienne : lugubre et profonde introduction (qui valut Ă  l’auteur plusieurs rĂ©Ă©critures) puis fougue irrĂ©sistible : la vitalitĂ© de Dvorak s’exprime aussi par une Ă©tonnante et saisissante fluiditĂ© entre les mĂ©lodies exposĂ©es dont celle introduite par flĂ»tes et clarinettes, citation Ă  peine voilĂ©e de Brahms (Concerto pour piano n°2). Le 2Ăš mouvement (Poco Adagio) est le sommet de la partition par son Ă©lĂ©vation spirituelle (choral d’ouverture exposĂ© par les bois), son recueillement et ses langueurs suggestives trĂšs proches cette fois de l’esprit tristanesque dĂ©fendu par Wagner. Dvorak mĂȘle trĂšs habilement rĂ©fĂ©rences brahmsiennes et wagnĂ©riennes.

Saintes, Abbatiale
dimanche 12 octobre 2014, 15h30

Bedrich Smetana‹ : Ouverture de La fiancĂ©e vendue
Jean Sibelius : ‹Concerto pour violon
Anton Dvoƙak : ‹Symphonie n°7

Tedi Papavrami, violon (Stradivarius Le Reynier)
Orchestre national des Pays de la Loire
Vassilis Christopoulos, direction

Tarifs : de 8 à 32 €
Durée du concert : 1h15

Informations et achat en ligne

 

saintes clocher

CD. Dvorak : Symphonies et concertos (Jiri Belohlavek, 2012-2013, Decca)

dvorak jiri belohlavek symphonies conertos complete integrale decca 8 cdCD. Dvorak : Symphonies et concertos (Jiri Belohlavek, 2012-2013, Decca). NĂ© Ă  Prague en 1946, Jiri Berohlavek fut assistant de Celibidache (1968) et se distingua lors des Concours des jeunes chef tchĂšques (1970) puis Herbert von Karajan (1971). Il devient directeur musical du Prague Symphony orchestra (1977) puis en 1990, directeur musical de la Philharmonie TchĂšque. En 1994, il fonde la Prague Philharmonia et rĂ©alise ses nombreux engagements comme chef invitĂ© en particulier au sein de l’Orchestre symphonique de la BBC (en particulier pour les Prom’s, 2006-2012). Chef lyrique (Russalka de Dvorak rĂ©cemment dirigĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Vienne en 2014), Belohlavek sait marquer les esprit par son sens de l’architecture, la grande fluiditĂ© de son geste et des tempi volontiers ralentis, avec un sens dĂ©lectable de la sonoritĂ©, Ă  la fois vive, expressive, trĂšs dĂ©taillĂ©e, toujours opulente et gĂ©nĂ©reuse. Ses phrasĂ©s originaux rĂ©vĂšle une imagination fertile au service de l’activitĂ© instrumentale oĂč jaillit l’Ă©clat des bois et des cordes.
Le coffret Decca rĂ©unit un cycle d’enregistrements rĂ©alisĂ©s entre 2012 et 2013, tĂ©moin de la derniĂšre maniĂšre du chef lyrique et symphonique, familier depuis toujours des compositeurs tchĂšques dont Ă©videmment Dvorak, mais aussi Janacek. Les caractĂšres de sa vision Ă©quilibrĂ©e, parfois carrĂ©e et solennelle, mais riche en dĂ©tails et articulation se manifestent surtout dans les Symphonies  opus 88 et opus 95 soit les n°8 de 1889 et n°9 (du Nouveau Monde) : la direction sait ciseler de façon trĂšs vivante les motifs Ă©crits, dĂ©taillant, rendant perceptibles d’infimes dĂ©tails de timbre, le tout dans un cadre parfaitement structurĂ©, – les dĂ©tracteurs diront un rien emplombĂ© parfois, trop attĂ©nuĂ©, d’une retenue qui confine Ă  une distanciation dĂ©sengagĂ©e. C’est Ă©carter l’indiscutable sensibilitĂ© du maestro dans la rĂ©solution des dialogues des pupitres des bois particuliĂšrement, le chant toujours trĂšs investi et de façon organique des seules cordes, la caractĂ©risation rythmique (grazioso de la 8 ; clartĂ© et vivacitĂ© du furiant en phrases dĂ©calĂ©es du Scherzo de la n°6), l’Ă©lĂ©gante personnalitĂ© de ses carrures chorĂ©graphiques qui affirment le tempĂ©rament dansant de ses finals (allegro ma non troppo de la mĂȘme 8 : oĂč rayonne aussi l’Ă©loquence gĂ©nĂ©reuse des cuivres).

Dvorakien de grande classe

La 9Ăšme en son dĂ©but brumeux, volontiers nostalgique fait valoir les mĂȘmes qualitĂ©s : relief instrumental et retenue introspective qui contraste avec l’appel des cuivres d’une Ă©vidente majestĂ© : autant de vagues alternĂ©es et opposĂ©es agencĂ©es en un bain palpitant oĂč s’impose surtout, essentiellement le chant des bois, la danse des cordes, la majestĂ© des cuivres, la solennitĂ© d’un cadre idĂ©alement structurĂ©. Jiri Belohlavek fait tout entendre avec une grande Ă©lĂ©gance de ton, un naturel organique qui en reliant tous les Ă©pisodes assure la grande cohĂ©rence de l’ensemble. Le largo dĂ©veloppe la priĂšre du hautbois sur une extension optimale du tapis des cordes et des bois… L’activitĂ© des instruments et la clartĂ© des plans sonores enrichissent comme peu la noblesse de l’Ă©pisode axial (le plus dĂ©veloppĂ© de la symphonie, soit plus de 12 mn), oĂč Belohlavek fait couler un pur climat d’enchantement – osons dire Parsifalien. La sensibilitĂ© pudique et intĂ©rieur du maestro praguois est saisissante ici. MĂȘme galop de grande classe (articulation et clartĂ© des dialogues de timbres : cordes / cuivres – puis cordes / harmonie dominĂ© par la flĂ»te) dans l’excellent et trĂ©pidant Scherzo. Toute la science millimĂ©trĂ©e du maestro se dĂ©ploie dans l’ample portique de l’Allegro finale, d’une exaltation superlative, gorgĂ© de saine clartĂ© et aussi d’ampleur sereine, de leurs diverses et profondes, humainement investie qui laisse envisager de multiples clĂ©s d’approche et de comprĂ©hension : cette richesse sonore, respectueuse pourtant du flux organique qu’il rend toujours trĂšs clair, porte dĂ©finitivement la marque du chef : attentif, hypersensible, mesurĂ©, clairvoyant, d’une suractivitĂ© Ă  l’Ă©quilibre souverain. A chaque mesure reste perceptible la pensĂ©e et la vision qui les soustend. L’approche est scrupuleuse autant que personnelle : voilĂ  qui rend chaque symphonie et les deux -plus connues et spĂ©cifiquement ambitieuses- littĂ©ralement passionnantes.

On ne peut que constater la maturitĂ© du chef et sa largeur de vue dans un cycle symphonique portĂ© avec passion, scrupule, amour. Le cycle symphonique dans son ensemble est magistralement rĂ©tabli : deux premiĂšres symphonies composĂ©e Ă  24 ans (1865) sous influence schumannienn entre autres, avec quelques couleurs empruntĂ©es Ă  Janacek et Richard Strauss (n°2). Le wagnĂ©risme assumĂ© de la n°3 (1873) avec citation Ă  peine masquĂ© de son opĂ©ra favori d’alors, TannhĂ€user est parfaitement compris. Le chef porte tout autant les n°5, surtout la complexitĂ© dansante de la 6Ăš, composĂ©e en 1880 (hommage Ă  son soutien principal Ă  Vienne Brahms dont il cite la 2Ăšme Symphonie au dĂ©but du Finale), sans omettre l’Ă©loquence sombre et grave de la 7Ăšme Ă©crite en 1885 pour la SociĂ©tĂ© Philharmonique de Londres.

belohlavek-jiri-dvorak-czech-philharmonic-home-cd-350-539Le coffret complĂšte le legs symphonique de Dvorak, soulignant la grande imagination sur le plan des timbres et des couleurs, portĂ©s par une orchestration Ă  la fois coulante, (organique) et riche en dĂ©tails (finement caractĂ©risĂ©e sous la direction affĂ»tĂ©e du chef) : Concerto pour piano Ă©crit en 1876 (contemporain de l’inauguration du premier Ring Ă  Bayreuth, mais surtout dans l’Ă©criture de l’oeuvre de Dvorak de sa 5Ăš Symphonie, du Stabat Mater (miroir des tragĂ©dies intimes, celles du pĂšre endeuillĂ©) ; Concerto pour violon de 1879 (au lyrisme tchĂšque nettement explicitĂ©) dĂ©diĂ© Ă  l’ami de Brahms, le violoniste Joseph Joachim (quoique celui ci refusa toujours de jouer une Ɠuvre trop moderne). Le Concerto pour violoncelle remonte Ă  la derniĂšre annĂ©e du sĂ©jour amĂ©ricain (Ă©crit Ă  l’hiver 1894-1895). CrĂ©Ă© en 1896, Dvorak l’enrichit de thĂšme chĂ©ri par sa belle sƓur Josefina (dont il avait Ă©tĂ© amoureux quelques trente ans auparavant), mĂ©lodie tendre en guise de priĂšre pour un rĂ©tablissement espĂ©rĂ© qui ne se rĂ©alisera pas : l’aimĂ©e malade s’Ă©teint quand Dvorak rejoint sa chĂšre aurĂ©olĂ©e de gloire amĂ©ricaine : l’ĂąpretĂ© parfois trop appuyĂ©e, moins chantante qu’expressive mais d’une ariditĂ© brĂ»lĂ©e de la soliste (ici, Alisa Weilerstein) n’empĂȘche pas la direction fine et ciselĂ©e de Jiri Belohlavek qui prend ce plaisir Ă©lĂ©gantissime Ă  dĂ©tailler et colorer chaque climat du Concerto, l’un des mieux aboutis sur le plan des couleurs et du caractĂšre. L’apport pour Dvorak est somptueux : servi par l’un de ses interprĂštes rĂ©cents les plus personnels, inspirĂ©s, d’une fertile intelligence, d’une imagination juste et remarquablement investie.

Antonin Dvorak (1841-1904) : Intégrale des Symphonies et des Concertos. Alisa Weilerstein (violoncelle), Frank Peter Zimmermann (violon), Garrick Ohlsson (piano).  Cezch Philharmonic. Jiri Belohlavek, direction (6 cd Decca 2012-2013).

Jiri Belohlavek © K.Ridley

Stabat Mater de Dvorak

dvorak antoninlogo_francemusiqueFrance Musique, le 13 juin 2014, 20h : Stabat Mater de Dvorak. A 36 ans, Anton Dvorak, nĂ© en 1841, compose son Stabat Mater dans des circonstances personnelles tragiques. L’oeuvre qui dure prĂšs d’une heure trente, est liĂ©e Ă  une sĂ©rie de deuils familiaux. La partition est Ă©crite au moment du dĂ©cĂšs de sa fille, Josepha, en 1876. Mais le pĂšre allait ĂȘtre Ă  nouveau frappĂ© par le destin quand survint Ă  quelques mois d’intervalles, le dĂ©cĂšs de sa seconde fille, Ruzena, lors d’un accident domestique, puis celui de son fils, Potakar, victime de la variole. L’ouvrage qui est une rĂ©flexion sur la mort (en cela proche des Kindertotenlieder de Mahler, plus tardif, cycle composĂ© entre 1901 et 1904), permet au compositeur d’exprimer l’intensitĂ© insupportable de la perte, celle des enfants ; puis l’horreur et le renoncement, depuis son dĂ©but dĂ©sespĂ©rĂ© jusqu’à la sublimation atteinte par le dĂ©veloppement cathartique et spirituel de l’ample mĂ©ditation. Dvorak aborde l’ensemble du texte sacrĂ© de Jacopo di Todi, moine ombrien du XIV Ăšme siĂšcle.

 

 

 

Requiem des enfants morts

 

La partition est conçue pour choeur mixte, pouvant compter jusqu’à 100 exĂ©cutants, quatre solistes et orchestre symphonique. Elle date de l’époque oĂč Dvorak cĂŽtoie Brahms, lequel a crĂ©Ă© Ă  la mĂȘme Ă©poque (mars 1877) son Requiem Allemand. Brahms n’a jamais cachĂ© son admiration pour son confrĂšre TchĂšque dont il avait souhaitĂ© la prĂ©sence Ă  Vienne. L’oeuvre qui sera jouĂ©e en mars 1884 au Royal Albert Hall, puis en septembre 1884, lors du Festival de Worcester Ă  Londres (couplĂ©e avec la Symphonie n°6, sous la direction de l’auteur) contribua dans une large part Ă  la reconnaissance du compositeur, Ă  l’échelle europĂ©enne.

Dvorak : Stabat Mater

en direct de la Basilique Saint-Denis

Angela Denoke, soprano

Varduhi Abrahamyan, mezzo

Steve Davislim, ténor

Alexander Vinogradov, basse

ChƓur Philharmonique de Prague

Philharmonique de Radio France

Jakub Hrusa, direction

Russalka de Dvorak (1901)

logo_francemusiqueFrance Musique, samedi 8 mars 2014, 19h. Russalka de Dvorak. Sommet de l’opĂ©ra tchĂšque, et Ă  ce titre manifeste le plus Ă©clatant d’une conscience nationale et culturelle tchĂšque, la fable fĂ©erique composĂ©e par Dvorak, Russalka est bien connue grĂące entre autres Ă  l’un de ses tableaux d’une irrĂ©sistible magie : l’invocation Ă  la lune (acte I, oĂč l’hĂ©roĂŻne avoue son dessein mortel Ă  l’astre ami). L’avant dernier opĂ©ra de Dvorak, composĂ© en 1900, crĂ©Ă© en 1901, est quasi contemporain de Jenufa (1903) d’un Janacek, davantage inscrit dans une modernitĂ© qui ne cache plus son visage. 

L’amour se rĂ©alise dans les eaux de mort

Waterhouse ondine russalka Une_na_ade_ou_Hylas_avec_une_nymphe_par_John_William_Waterhouse_1893MĂȘme romantique, Russalka attend 2002 pour entrer au rĂ©pertoire de l’OpĂ©ra de Paris ! En comparaison, Russalka qui baigne dans le folklore traditionnel (alors qu’au dĂ©part Dvorak adapte une lĂ©gende venue de l’Europe occidentale, empruntĂ©e Ă  La petite sirĂšne, Ă  l’Ondine de La Motte-FouquĂ© et la Cloche engloutie de Hauptmann-, rĂ©inventant aussi d’une certaine façon le fonds des lĂ©gendes nationales, serait-il le dernier opĂ©ra romantique signĂ© Dvorak ? WagnĂ©rien, le compositeur sait aussi s’inspirer de la vibration dĂ©licate impressionniste qui confĂšre Ă  son orchestration un parfum et des allures toutes debussystes. La liquiditĂ© de la partition se rapproche de la fine texture ocĂ©ane de PellĂ©as. De son ambiguitĂ© aussi : Ă  la fois miroitante et fascinante jusqu’à l’hypnose, mais aussi absorbante et mystĂ©rieuse, celle qui engloutit pour anĂ©antir. Dvorak le cartĂ©sien solide s’engage dans le surnaturel fantastique et glissant de Russalka, lĂ©gende des eaux inquiĂ©tantes. Avec l’échec de Russalka, Ăąme amoureuse qui n’empĂȘche pas la catastrophe malgrĂ© sa sincĂ©ritĂ© dĂ©sarmante, s’écroule aussi tout un monde. Les eaux de Russalka portent en elle la mort d’un cycle Ă  l’agonie. Cette couleur mortifĂšre est l’une des rares exploration de Dvorak dans le monde lĂ©tal des eaux fatales.

Le librettiste parnassien Jaroslav Kvapil fournit Ă  Dvorak la matiĂšre littĂ©raire du mythe. Aux cĂŽtĂ©s de l’ondine trahie, se prĂ©cise surtout l’esprit du lac, ĂȘtre habitant des eaux, qui aime collectionner les Ăąmes des noyĂ©s qu’il prĂ©cipite dans l’abime liquide : Ă  la fin de l’action, les deux amants s’enfonceront dans l’encre de son royaume souverain. Dvorak a prĂ©cĂ©demment traitĂ© musicalement la figure de cet ĂȘtre Ă  la fois malĂ©fique et fraternel (poĂšme symphonique intitulĂ© : Vodnik c’est Ă  dire l’ondin). Dans Russalka, l’ondin ĂągĂ© est une sorte de pĂšre affectueux et rĂ©confortant pour la pauvre nymphe des eaux. Face Ă  celle qui veut ĂȘtre mortelle pour aimer, ĂȘtre aimĂ©e (et surtout ĂȘtre trahie), le vieux philosophe ne peut rien empĂȘcher.

VoilĂ  donc notre ondine prĂȘte Ă  prendre corps et Ăąme mortels, mais pour rĂ©ussir pleinement sa mutation, elle doit se faire aimer d’un mortel, d’un amour total. Or avant de gagner cet amour, la crĂ©ature transitoire ne peut parler qu’aprĂšs l’énoncĂ© du serment dĂ©finitif : celui par lequel l’homme sĂ©duit dĂ©clare sa flamme totale. Mais quand les amants se retrouvent, le prince bien qu’attirĂ© trouve Ă©trange ce corps froid et liquide qui ne parle pas. Il prend peur face Ă  cette cĂ©lĂ©bration du lac dont les eaux noires et profondes le menacent d’engloutissement. Ainsi l’acte III brosse le portrait d’une Russalka abandonnĂ©e perdue, au plus sombre des sentiments : une immersion dans les eaux de la mort qui Ă©gale lĂ  encore le Wagner de Tristan. Et quand le prince se dĂ©tourne d’elle pour une belle Ă©trangĂšre, Russalka semble perdue entre le monde terrestre et aquatique. C’est alors que le prince se baigne Ă  nouveau dans les eaux de leur rencontre et l’embrasse malgrĂ© sa peur primordiale : les deux ĂȘtres qui s’étaient condamnĂ©s sans le savoir, se retrouvent et s’abiment dans les profondeurs d’un espace inconnu.

waterhouse ondine russalka dvorak

OpĂ©ra en 3 actes de AntonĂ­n Dvoƙák (1841-1904).
Sur un livret en tchĂšque de Jaroslav Kvapil.
Créé le 31 mars 1901 à Prague, Tchécoslovaquie.

Renée Fleming, Rusalka
Emily Magee, la princesse Ă©trangĂšre
Dolora Zajick, la sorciĂšre JeĆŸibaba
Piotr Beczala, le prince
John Relyea, VodnĂ­k, l’esprit du lac

Choeur et Orchestre du Metropolitan Opera
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction

logo_francemusiqueFrance Musique, samedi 8 mars 2014, 19h. Russalka de Dvorak.

Tours, Grand Théùtre. Concert Saint-Saëns, Franck, OSRCT. 15, 16 février 2014

franck_cesar_orgue_symphonie_reTours, Grand ThĂ©Ăątre. Concert Franck, Saint-SaĂ«ns… les 15 et 16 fĂ©vrier 2014. L’OSRCT (l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours) offre un bain symphonique et concertant, associant Franck, Saint-SaĂ«ns et Dvorak. Franck fut un des professeurs de Magnard, dont l’OpĂ©ra de Tours programme dĂ©but avril BĂ©rĂ©nice. ImprĂ©gnĂ© de mysticisme, dans la lignĂ©e de la musique religieuse de Liszt, l’intermĂšde de son oratorio RĂ©demption se fait rare dans les programmations, et c’est dommage. Le deuxiĂšme Concerto pour piano de Saint-SaĂ«ns est une merveille d’Ă©criture, de pyrotechnie pianistique et de clartĂ© dans l’Ă©locution musicale : l’autre face de cette Ă©cole française sera dĂ©fendue par Carole Carniel. DĂ©jĂ  invitĂ©e pour PĂ©trouchka, la pianiste pianiste est une des animatrices de la vie musicale rĂ©gionale, en particulier au sein de l’Atelier Musical de Touraine. DirigĂ© par Claude Schnitzler,fidĂšle chef invitĂ© Ă  Tours, le programme se conclut par une des symphonies rarement jouĂ©es de Dvorak, pleine des Ă©chos de sa terre natale et portĂ©e par une Ă©criture Ă©clectique oĂč s’affirment les germaniques, de Brahms Ă  Wagner…

Interlude RĂ©demption
Programme allĂ©chant car il inscrit une oeuvre trĂšs rare et pourtant Ă©blouissante signĂ© CĂ©sar Franck. RĂ©demption est un interlude symphonique de moins de 15 mn Ă  l’origine conçu comme un oratorio pour mezzo seule dans un version de 1873 qui cependant ne suscita aucun enthousiasme. L’oeuvre augmentĂ©e d’un choeur dans une seconde version suscitera enfin un tonnerre d’applaudissements, mais Franck Ă©tait mort avant de vivre son succĂšs; Il y est question du salut de l’humanitĂ© sauvĂ© par un Ă©lan fraternel (ce mĂȘme sentiment qui inspire le dernier mouvement de la 9Ăš de Beethoven). Aujourd’hui le texte de l’oratorio trop manifestement emphatique, est dĂ©laissĂ©… pour l’interlude purement orchestral qui en a Ă©tĂ© extrait : datĂ© de 1873, la matiĂšre de l’interlude d’un wagnĂ©risme rĂ©assimilĂ©, superbement original, annonce l’Ă©criture de la Symphonie en rĂ©, sommet symphonique beaucoup plus tardif (1889).

La Symphonie n°5 en fa majeur, op.76 de Dvorak est crĂ©Ă© Ă  Prague en mars 1879 affirme une puissance d’inspiration en particulier dans son ultime mouvement qui annonce la grande rĂ©ussite de la Symphonie new yorkaise du Nouveau Monde n°8, crĂ©Ă© au Carnegie Hall en dĂ©cembre 1893. Dans l’Andante rĂšgne la douce et mĂ©lancolique rĂȘverie slave (doumka) ; dans le dernier mouvement (allegro molto), Dvorak semble prĂ©parer le rayonnement d’une joie pleine et irrĂ©sistible d’autant plus expressive et saisissante que lui prĂ©cĂšde un balancement imprĂ©visible entre ivresse, exaltation et angoisse aux racines certainement autobiographiques. La Symphonie profite de la rencontre Ă  Vienne avec Brahms dĂšs 1873, lequel l’inspire musicalement et l’aide concrĂštement Ă  Ă©diter ses oeuvres… C’est un pĂ©riode dĂ©cisive pour le compositeur nĂ© en BohĂȘme qui peu Ă  peu gagne une stature europĂ©enne. Plus composite que celle de Smetana, l’Ă©criture de Dvorak profite de son ouverture vers les auteurs germaniques : il fixe d’emblĂ©e le cadre et les enjeux de la symphonie tchĂšque, tout en cultivant la trĂšs forte spĂ©cificitĂ© slave et hongroise en rapport avec ses origines. De retour dans en TchĂ©koslovaquie, Dvorak accentue et colore encore davantage son Ă©criture symphonique avec Russalka de 1900, clair manifeste d’une Ăąme musicienne qui a la nostalgie Ă©merveillĂ©e de sa propre culture.

CĂ©sar Franck
RĂ©demption, interlude symphonique

Camille Saint-Saëns
Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur, op.22

AntonĂ­n DvorĂĄk
Symphonie n°5 en fa majeur, op.76

Carole Carniel, piano
Claude Schnitzler, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 15 fĂ©vrier 2014 – 20h
Dimanche 16 fĂ©vrier 2014 – 17h

conférences autour du concert
Samedi 15 fĂ©vrier Ă  19h00 – Dimanche 16 fĂ©vrier Ă  16h00
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Concert Franck, Saint-SaĂ«ns, Dvorak Ă  l’OpĂ©ra de Tours

franck_cesar_orgue_symphonie_reTours, Grand ThĂ©Ăątre. Concert Franck, Saint-SaĂ«ns… les 15 et 16 fĂ©vrier 2014. L’OSRCT (l’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours) offre un bain symphonique et concertant, associant Franck, Saint-SaĂ«ns et Dvorak. Franck fut un des professeurs de Magnard, dont l’OpĂ©ra de Tours programme dĂ©but avril BĂ©rĂ©nice. ImprĂ©gnĂ© de mysticisme, dans la lignĂ©e de la musique religieuse de Liszt, l’intermĂšde de son oratorio RĂ©demption se fait rare dans les programmations, et c’est dommage. Le deuxiĂšme Concerto pour piano de Saint-SaĂ«ns est une merveille d’Ă©criture, de pyrotechnie pianistique et de clartĂ© dans l’Ă©locution musicale : l’autre face de cette Ă©cole française sera dĂ©fendue par Carole Carniel. DĂ©jĂ  invitĂ©e pour PĂ©trouchka, la pianiste pianiste est une des animatrices de la vie musicale rĂ©gionale, en particulier au sein de l’Atelier Musical de Touraine. DirigĂ© par Claude Schnitzler,fidĂšle chef invitĂ© Ă  Tours, le programme se conclut par une des symphonies rarement jouĂ©es de Dvorak, pleine des Ă©chos de sa terre natale et portĂ©e par une Ă©criture Ă©clectique oĂč s’affirment les germaniques, de Brahms Ă  Wagner…

Interlude RĂ©demption
Programme allĂ©chant car il inscrit une oeuvre trĂšs rare et pourtant Ă©blouissante signĂ© CĂ©sar Franck. RĂ©demption est un interlude symphonique de moins de 15 mn Ă  l’origine conçu comme un oratorio pour mezzo seule dans un version de 1873 qui cependant ne suscita aucun enthousiasme. L’oeuvre augmentĂ©e d’un choeur dans une seconde version suscitera enfin un tonnerre d’applaudissements, mais Franck Ă©tait mort avant de vivre son succĂšs; Il y est question du salut de l’humanitĂ© sauvĂ© par un Ă©lan fraternel (ce mĂȘme sentiment qui inspire le dernier mouvement de la 9Ăš de Beethoven). Aujourd’hui le texte de l’oratorio trop manifestement emphatique, est dĂ©laissĂ©… pour l’interlude purement orchestral qui en a Ă©tĂ© extrait : datĂ© de 1873, la matiĂšre de l’interlude d’un wagnĂ©risme rĂ©assimilĂ©, superbement original, annonce l’Ă©criture de la Symphonie en rĂ©, sommet symphonique beaucoup plus tardif (1889).

La Symphonie n°5 en fa majeur, op.76 de Dvorak est crĂ©Ă© Ă  Prague en mars 1879 affirme une puissance d’inspiration en particulier dans son ultime mouvement qui annonce la grande rĂ©ussite de la Symphonie new yorkaise du Nouveau Monde n°8, crĂ©Ă© au Carnegie Hall en dĂ©cembre 1893. Dans l’Andante rĂšgne la douce et mĂ©lancolique rĂȘverie slave (doumka) ; dans le dernier mouvement (allegro molto), Dvorak semble prĂ©parer le rayonnement d’une joie pleine et irrĂ©sistible d’autant plus expressive et saisissante que lui prĂ©cĂšde un balancement imprĂ©visible entre ivresse, exaltation et angoisse aux racines certainement autobiographiques. La Symphonie profite de la rencontre Ă  Vienne avec Brahms dĂšs 1873, lequel l’inspire musicalement et l’aide concrĂštement Ă  Ă©diter ses oeuvres… C’est un pĂ©riode dĂ©cisive pour le compositeur nĂ© en BohĂȘme qui peu Ă  peu gagne une stature europĂ©enne. Plus composite que celle de Smetana, l’Ă©criture de Dvorak profite de son ouverture vers les auteurs germaniques : il fixe d’emblĂ©e le cadre et les enjeux de la symphonie tchĂšque, tout en cultivant la trĂšs forte spĂ©cificitĂ© slave et hongroise en rapport avec ses origines. De retour dans en TchĂ©koslovaquie, Dvorak accentue et colore encore davantage son Ă©criture symphonique avec Russalka de 1900, clair manifeste d’une Ăąme musicienne qui a la nostalgie Ă©merveillĂ©e de sa propre culture.

CĂ©sar Franck
RĂ©demption, interlude symphonique

Camille Saint-Saëns
Concerto n°2 pour piano et orchestre en sol mineur, op.22

AntonĂ­n DvorĂĄk
Symphonie n°5 en fa majeur, op.76

Carole Carniel, piano
Claude Schnitzler, direction
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours

Samedi 15 fĂ©vrier 2014 – 20h
Dimanche 16 fĂ©vrier 2014 – 17h

conférences autour du concert
Samedi 15 fĂ©vrier Ă  19h00 – Dimanche 16 fĂ©vrier Ă  16h00
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

CD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017)

dvorak-requiem-biblical-songs-belohlavek-hrusa-martinik-prague-choir-cd-review-classiquenews-critique-classiquenews-deccaCD, critique. DVORAK : Requiem, Chants Bibliques, Te Deum (Hrusa, Belohlavek, 1 cd DECCA 2017) – Le coffret Ă©ditĂ© par Decca, rassemble les Ɠuvres sacrĂ©es du compositeur tchĂšque Dvorak, qui restent liĂ©es Ă  son aventure inouĂŻe auprĂšs des audiences anglo saxonnes : Requiem (Londres), Te Deum (New York). AprĂšs le triomphe du Stabat Mater (1876), particuliĂšrement applaudi par le public londonien Ă  partir de 1883 (Royal Albert Hall), Dvorak rĂ©pond Ă  la demande de son Ă©diteur anglais, Alfred Littleton, et compose une Ɠuvre plus ambitieuse encore, un Requiem (trĂšs parsifalien en son ouverture chorale et symphonique)
 mais avec une ampleur brucknĂ©rienne et une ĂąpretĂ© sincĂšre qui relĂšve de la culture folklorique et populaire de Dvorak. Ainsi avec force publicitĂ©, Dvorak prĂ©sente au festival de Birmingham le 9 oct 1891 son Requiem : l’alliance des parties intimes (solistes) et graves (collectives et chorales) scelle la rĂ©ussite de la partition et son excellente rĂ©ception par le public. Y rayonne en particulier la voix de la soprano qui entonne avec ferveur et sobriĂ©tĂ© la priĂšre « Requiem Aeternam »  L’ambition orchestrale du compositeur se dĂ©voile dans le saisissant Dies Irae : riche en dĂ©flagrations mesurĂ©es, d’une puissance originale indiscutable, trĂšs dramatique et tout autant recueillis, tendus mais jamais secs. Toujours y perce la douleur directe, franche des fervents qui implorent le salut pour ceux qui sont partis

Le Requiem est Ă©crit alors que depuis juin 1891, Dvorak a reçu la proposition de diriger le Conservatoire de New York : ce qu’il accepte Ă  partir d’oct 1892 et pendant deux annĂ©es scolaires.

Le Te Deum est crĂ©Ă© au Carnegie Hall de New York (21 oct 1891), un mois aprĂšs son arrivĂ©e aux States : on y sent l’ambition de rĂ©gĂ©nĂ©rer localement l’essor de la musique indigĂšne, « amĂ©ricaine », entre autres parce que le concert devait cĂ©lĂ©brer le 400Ăš anniversaire de la dĂ©couverte de l’AmĂ©rique par Colomb. Une entente conjointe entre Dvorak et les AmĂ©ricains allait se concrĂ©tiser idĂ©alement lors de la crĂ©ation triomphale elle aussi de sa Symphonie du Nouveau Monde (mĂȘme lieu, dĂ©c 1893).
L’aventure amĂ©ricaine de Dvorak devait ĂȘtre fauchĂ©e par la crise Ă©conomique et la ruine du Conservatoire dĂ©sormais dans l’impossibilitĂ© d’honorer le moindre paiement dĂšs dĂ©c 1893.
De BohĂšme, Dvorak apprend alors la mort de son pĂšre : il compose les fameux Chants bibliques pour basse et piano. A Prague, en 1896, Dvorak crĂ©e dans le premier concert de la Philharmonie TchĂšque rĂ©cemment constituĂ©e, les 5 premiers Chants orchestrĂ©s. Ici, le chef Jiri Belohlavek joue les 10 Chants, – aux 5 autographes de Dvorak, se joignent les 5 derniers dans l’orchestration tardive de Burghauser et Hanus (1960).

Mort rĂ©cemment en 2017, Jiri Belohlavek nous laisse ici son dernier enregistrement : le cycle intĂ©gral orchestral des 10 Chants Bibliques gagnent une profondeur Ă  la fois sombre voire lugubre, d’une justesse de ton et dans un Ă©quilibre voix / parure orchestrale, trĂšs sĂ©duisants. Jiri Belohlavek traite la texture symphonique telle une scintillante tapisserie orchestrale qui accordĂ©e Ă  la tendresse de la basse Jan MartinĂ­k opĂšre et rĂ©alise la douceur sousjacente Ă  chacune des 10 sĂ©quences.
En « complĂ©ment », l’opus 89 – le Requiem destinĂ© au public britannique du festival de Birmingham est idĂ©alement rĂ©alisĂ© par le chef Jakub Hrusa, qui souligne la sincĂ©ritĂ© de la ferveur du Dvorak quinquagĂ©naire, trĂšs inspirĂ© par l’ombre de la mort, lui-mĂȘme frappĂ© en de multiples occurrences par le deuil.
Le Requiem a la force et la franchise en effet de celui de Verdi dont il se rapproche par son caractĂšre direct, profondĂ©ment humain ; la version qu’en donne Jakub Hrusa sĂ©duit immĂ©diatement par son implication totale, la cohĂ©rence du plateau de soliste (dont les excellents Ailyn PĂ©rez et Michael Spyres), le feu du chƓur qui font jaillir la profonde et viscĂ©rale priĂšre, voire exhortation au repos.

CLIC_macaron_20dec13MĂȘme alliance rĂ©solue entre les vagues spectaculaires et l’intimitĂ© de priĂšres trĂšs individualisĂ©es dans le Te Deum opus 103, toutes les Ɠuvres Ă©tant jouĂ©es par le Czech Philharmonic, phalange des plus lĂ©gitimes et dont l’histoire est intimement liĂ©e Ă  celle de Dvorak. Le Te Deum est vraie cĂ©lĂ©bration collective, telle une chevauchĂ©e chevaleresque gorgĂ©e de saine Ă©nergie qui ne manque pas non plus de noblesse fervente (Rex Tremendae portĂ© par la vaillance du baryton Svatopluk Sem) ni de gaietĂ© pastorale et rustique, grĂące Ă  l’engagement du chƓur qui sonne idiomatique dans le rĂ©pertoire. CLIC de CLASSIQUENEWS du printemps 2020.

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CD, critique. DVORAK : Chants Bibliques (opus 99, fĂ©v 2017 – Jiri Belohlavek) / Requiem opus 89 (sept 2017), Te Deum opus 103 (dĂ©c 2018) Jakub Hrusa / Czech Philharmonic / Prague Philharmonic Choir – 2 cd DECCA – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars et avril 2020.

Autres critiques DVORAK, musique sacrée sur CLASSIQUENEWS :

dvorak stabat mater jiri belohlavek decca cd spyres kulman park cd review critique cd classiquenews CLIC de classiquenews decca cd review Titelive_0028948315109_D_0028948315109CD, compte rendu critique. DVORAK : STABAT MATER (Belohlavek, Prague mars 2016, 1 cd Decca). Etrangement la Philharmonie TchĂšque / Czech Philharmonic sonne dĂ©mesurĂ©e dans une prise de son Ă  la rĂ©verbĂ©ration couvrante qui tant Ă  diluer et Ă  noyer le dĂ©tail des timbres, comme le relief des parties : orchestre, solistes, choeur (Prague Philharmonic Choir). Heureusement, la direction tendre du chef Jiri Belohlavek (rĂ©cemment dĂ©cĂ©dĂ© : il s’est Ă©teint le 31 mai 2017) Ă©vite d’écraser et d’épaissir, malgrĂ© l’importance des effectifs et le traitement sonore plutĂŽt rond et indistinct. C’est presque un contresens pour une partition qui plonge dans l’affliction la plus dĂ©chirante, celle d’un pĂšre (Dvorak) encore saisi par la perte de ses enfants Josefa en septembre 1875, puis ses ainĂ©es : Ruzenka et Ottokar. En LIRE plus