Funérailles de Marie-ThérÚse à Versailles (1683)

Versailles, Chapelle Royale. Samedi 10 octobre 2015, 20h. Requiem pour Marie-ThĂ©rĂšse. L’annĂ©e du tricentenaire de la mort de Louis XIV, le Centre de musique baroque de Versailles cĂ©lĂšbre aussi la disparition de son Ă©pouse, mariĂ©e en 1660, alors de fastueuses reprĂ©sentations du Xerse du compositeur vĂ©nitien Cavalli, invitĂ© Ă  grands frais et grand train par le Cardinal Mazarin.

marie-therese-autriche-reine-epouse-de-louis-XIV-messeLa Reine Marie-ThĂ©rĂšse dĂ©cĂ©da le 30 juillet 1683 aprĂšs une maladie de quatre jours. Le 10 aoĂ»t suivant, le corps embaumĂ© est inhumĂ© Ă  la Basilique Saint-Denis : « La Musique de la Reyne chantait le De Profundis » rapporte la Gazette. Mais dĂšs le 2 aoĂ»t, on avait chantĂ© un service solennel Ă  la CathĂ©drale Notre-Dame de Paris avec une Pompe funĂšbre conçu par le dĂ©corateur renommĂ© (Ă  juste titre) BĂ©rain. Louis XIV qui n’aimait guĂšre son Ă©pouse, mais qu’il « honorait » chaque nuit (entre deux maĂźtresses ?), Ă©pousa peu aprĂšs la mort de la Reine, et en secret Madame de Maintenon. A propos de la mort de marie-ThĂ©rĂšse, Lous XIV dĂ©clara non sans ironie et cynisme : « VoilĂ  le seul chagrin qu’elle m’ait causĂ© ». Propre au dĂ©corum liĂ© aux personnalitĂ©s royales, les FunĂ©railles sont un thĂ©Ăątre et un rituel spectaculaire. GrĂące Ă  l’abondante documentation conservĂ©e, il est possible de se faire une idĂ©e trĂšs prĂ©cise des FunĂ©railles Ă  Saint-Denis. Le dispositif musical comprenait trois entitĂ©s distinctes avec leur rĂ©pertoire propre qui alternaient en permanence : plain-chant pour les chantres placĂ©s prĂšs du catafalque, messe polyphonique pour les chanteurs de la Musique de la Chapelle (Missa pro defunctis de Charles d’Helfer) et motets Ă  grands chƓur pour les chanteurs et instrumentistes de la Musique de la Chambre (les fameux Dies irĂŠ et De profundis de Jean-Baptiste Lully crĂ©Ă©s pour la circonstance).

Musiques de Charpentier pour les funérailles royales

marie_therese_bdHĂ©las pour les cĂ©rĂ©monies organisĂ©es Ă  Versailles, on ne sait rien. À la vĂ©ritĂ©, on ne sait trop quels compositeurs et MaĂźtres de Chapelle participĂšrent aux nombreuses cĂ©rĂ©monies organisĂ©es Ă  cette occasion, tant Ă  Versailles, Ă  Paris et partout en province. C’est pourquoi la figure de Marc-Antoine Charpentier prend ici un sens et une portĂ©e lĂ©gitime. Le corpus des trois Ɠuvres composĂ©es par Charpentier, est unique en son genre, autant par l’importance historique qu’il revĂȘt que par sa profonde qualitĂ© artistique. En effet, dans les trois Ɠuvres, dans le Luctus Ă©crit pour 3 voix solistes, dans l’impressionnant In obitum qui revĂȘt toutes les caractĂ©ristiques des motets dramatiques et Histoires sacrĂ©es du compositeur, – c’est Ă  dire dans une Ă©criture italienne, sensuelle et raffinĂ©e apprise Ă  Rome auprĂšs de son maĂźtre Carissimi-, dans le De profundis enfin, on retrouve au plus haut degrĂ© d’inspiration, le gĂ©nie de Charpentier, son originalitĂ© inĂ©galĂ©e en matiĂšre de musique sacrĂ©e en cette seconde moitiĂ© du XVIIĂšme siĂšcle. Une telle musique de funĂ©railles, plus somptueuse encore que ne le seront les Funeral Sentences Ă©crites par Purcell pour la Reine Anne bouleverse toujours l’auditeur du XXIĂšme siĂšcle, comme les contemporains de la Reine Marie-ThĂ©rĂšse purent ĂȘtre touchĂ©s voire bouleversĂ©s par le spectacle funĂšbre des FunĂ©railles de la Reine en 1683. Outre sa grande qualitĂ© et son Ă©loquence funĂ©raire d’une gravitĂ© prenante directe, avant celle d’un Rameau par exemple (et qu’Olivier Schneebeli a prĂ©cĂ©demment abordĂ© Ă  l’occasion en 2014, charpentier marc antoinedes 250 ans de la mort de Rameau), la musique de Charpentier jouĂ©e ainsi dans l’Ă©crin le plus sacrĂ© et le plus solennelle du ChĂąteau de Versailles pose clairement la question de la place et de l’estime de sa musique Ă  la Cour de Louis XIV : s’il n’a jamais occupĂ© de fonctions officielles comme Lully, Charpentier fut un tempĂ©rament trĂšs apprĂ©ciĂ© du Roi qui n’a cessĂ© de lui tĂ©moigner un soutien constant pendant le rĂšgne. Jouer Charpentier est donc lĂ©gitime d’autant que sans rĂ©elles sources prĂ©cises ni tĂ©moignages fiables, aucun document n’indique les compositeurs sollicitĂ©s pour la Messe des funĂ©railles de Marie-ThĂ©rĂšse. Au regard de la qualitĂ© et de la justesse de l’Ă©criture de chaque partition, on peut facilement imaginer qu’elles aient pu ĂȘtre Ă©crites Ă  cette occasion.

 

 

 

boutonreservationVersailles, Chapelle Royale
Samedi 10 octobre 2015, 20h.
Musiques pour les funérailles de la Reine Marie-ThérÚse, 1683.

 

Marc-Antoine Charpentier : Luctus de Morte Augustissimae, In obitum augustissimae, De Profundis…

Les Pages et Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
La RĂȘveuse
Benjamin Perrot et Florence Bolton, direction
Olivier Schneebeli, direction

 

 

CMBV, grand reportage vidéo : Atelier vocal sur le récitatif italien et français au 17Úme (Versailles, juillet 2015)

cmbv-atelier-vocal-parole-chantee-venise-a-paris-copyright-classiquenews-2015CMBV, grand reportage vidĂ©o : Atelier vocal sur le rĂ©citatif italien et français au 17Ăšme (Versailles, juillet 2015). En juillet 2015, le CMBV, Centre de musique baroque de Versailles a organisĂ© un atelier de pratique vocale dĂ©diĂ© au rĂ©citatif des opĂ©ras italiens et français du XVIIĂš / Seicento : La parole chantĂ©e de Venise Ă  Paris. A l’Ă©cole de Cavalli et de Lully principalement, les Ă©lĂšves chanteurs, pilotĂ©s par leurs coachs apprennent l’art si complexe du rĂ©citatif, Ă©lĂ©ment essentiel dans la continuitĂ© des opĂ©ras baroque du XVIIĂšme siĂšcle.

 

 

 

cmbv-atelier-vocal-recitatif-la-parole-chantee-de-venise-a-paris-classiquenews-copyright-CLASSIQUENEWS-2015

 

 

 

CMBV-atelier-vocal-recitatif-parole-chantee-paris-venise--copyright-classiquenews Outre les Ă©lĂ©ments techniques prĂ©cis que l’interprĂšte doit maĂźtriser, l’atelier met en relief tout ce que doit l’opĂ©ra français au genre fixĂ© en Italie par Cavalli qu’il exporte Ă  la Cour de France, entre autres Ă  l’Ă©poque du mariage de Louis XIV (Xerse, de Cavalli avec ballets du premier Lulli, 1660). Grand reportage vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS 2015. RĂ©alisation : Philippe Alexandre Pham

 

 

L’Atelier vocal intitulĂ© “La Parole chantĂ©e de Venise Ă  Paris” proposĂ© par le Centre de musique baroque de Versailles est d’autant plus pertinent au vu des nombreuses rĂ©alisations intĂ©ressant actuellement ou prochainement, Lully et Cavalli.

 

 

 

 

 

VIDEO, reportage. Nouvelle Armide de Lully à Innsbruck (août 2015)

Nouvelle production d'Armide de Lully Ă  Innsbruck et PostdamVIDEO, reportage. Nouvelle Armide de Lully Ă  Innsbruck (aoĂ»t 2015). AoĂ»t 2015 : le Festival de musique ancienne et baroque Ă  Innsbruck (Autriche) accueille pour la premiĂšre fois de son histoire, un opĂ©ra français : Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production rĂ©alisĂ©e par le Centre de musique baroque de Versailles dans laquelle participent jeunes instrumentistes sur instruments d’Ă©poque, jeunes chanteurs dont les laurĂ©ats du Concours Cesti 2014. Dans Armide derniĂšre opĂ©ra de Lully, l’interaction de la danse et du drame intĂ©rieur de l’enchanteresse impuissante face Ă  Renaud est exceptionnelle. La partition permet aussi au CMBV Centre de musique baroque de Versailles de diffuser l’opĂ©ra baroque français Ă  l’Ă©tranger, tout en transmettant aux jeunes chanteurs le goĂ»t du thĂ©Ăątre et de la langue baroques. Reportage vidĂ©o : entretiens avec les chanteurs, BenoĂźt Dratwicki, Deda Cristina Colonna (mise en scĂšne), Patrick Cohen-AkĂ©nine (direction musicale). DurĂ©e : 15mn © studio CLASSIQUENEWS.TV – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham. Lire aussi notre prĂ©sentation de la production d’Armide de Lully Ă  Innsbruck (aoĂ»t 2015)

 

 

 

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Rio, Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de dĂ©fendre sous les tropiques, – le maestro impĂ©tueux et articulĂ© a dĂ©jĂ  enregistrĂ© un superbe disque d’extraits d’opĂ©ras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela Ă  Caracas (1 cd Paraty : vrai dĂ©fi d’un Ă©clat Ă©tincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spĂ©cifique sur le Baroque français en AmĂ©rique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque cĂŽtĂ© de l’Atlantique qui s’Ă©tait dĂ©jĂ  illustrĂ©e par un jalon prĂ©cĂ©dent en mars dernier, et dans le mĂȘme lieu avec la crĂ©ation carioca de l’opĂ©ra français nĂ©oclassique Renaud de Sacchini (1782), emblĂšme du goĂ»t lyrique parisien favorisĂ© par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recrĂ©Ă© Ă  Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre oĂč la virtuositĂ© concertante de Mondonville et le gĂ©nie recrĂ©ateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, oĂč Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des PiĂšces pour clavecin en concert (1741).  AprĂšs les PiĂšces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut Ă©crit avant lui, inventant pour chaque piĂšce, un titre aux rĂ©fĂ©rences biographiques (pour certaines secrĂštes aux allusions Ă  dĂ©mĂȘler par les spĂ©cialistes), qui rĂ©capitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mĂ©cĂšnes qui l’ont accompagnĂ© et soutenu pendant ses premiĂšres annĂ©es parisiennes. Le cycle est l’un des favoris dĂ©fendus depuis ses annĂ©es d’apprentissage Ă  Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

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Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout ClĂ©rambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU).  Au programme deux piĂšces aussi rares qu’exceptionnelles : PiĂšces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques, Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716) de ClĂ©rambault. EditĂ©e sĂ©parĂ©ment en 1716, sur un poĂšme d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraĂźtre la muse de l’OpĂ©ra, qui dĂ©crit les ficelles et artifices du thĂ©Ăątre pour exprimer les « caractĂšres lyriques » : la variĂ©tĂ© des airs et des formes dĂ©voile l’intelligence dramatique de ClĂ©rambault : air de triomphe avec trompette, scĂšne pastorale avec musette, Ă©vocation de chasses au son des cors, tempĂȘte, sommeil, ramage d’oiseau, scĂšne infernale
 c’est un catalogue intelligemment combinĂ© soit tous les motifs de l’opĂ©ra français, ici traitĂ©s par un compositeur qui souhaite en dĂ©montrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuositĂ© italianisante et noblesse de la dĂ©clamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, ClĂ©rambault, Mondonville Ă  Rio. GrĂące au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de rĂ©pĂ©titions avec les jeunes instrumentistes brĂ©siliens, sensibilisĂ©s au style baroque français et formĂ©s Ă  la pratique sur instruments d’époque. Un dĂ©fi qui fusionne transmission et pĂ©dagogie auprĂšs des jeunes instrumentistes encore nĂ©ophytes dans l’interprĂ©tation de la musique française du XVIIIĂšme siĂšcle, et aussi expĂ©rience professionnelle grĂące Ă  ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiĂ©s par le Centre de musique baroque de Versailles, dĂ©sormais ouvert Ă  l’international, soucieux depuis quelques annĂ©es de faire rayonner la connaissance et l’interprĂ©tation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, Ă©quipe pĂ©dagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour rĂ©aliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premiĂšres mondiales Ă  Rio. L’Ă©tĂ© 2015 a rĂ©alisĂ© un autre projet du CMBV Ă  Innsbruck en aoĂ»t : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la premiĂšre fois de son histoire, son premier opĂ©ra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scĂšne par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-AkĂ©nine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnĂ©s par le CMBV, dont pour certains, les  laurĂ©ats du Concours Cesti 2014. Reportage vidĂ©o : Armide de Lully Ă  Innsbruck (aoĂ»t 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates Ă  violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
PiĂšces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le VĂ©zinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapopliniùre. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrùte. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Piùces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Piùces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum  » – Allegro « In Domino laudabitur  »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cƓur est prĂ©parĂ©, ĂŽ mon Dieu ;
Mon cƓur est tout prĂ©paré :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon Ăąme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles Ă©coutent ceci, et qu’ils se rĂ©jouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques. Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716)

PrĂ©lude – RĂ©citatif – Air gai – TempĂȘte – RĂ©citatif – Air – Sommeil – PrĂ©lude infernal – RĂ©citatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

RĂ©citatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se dĂ©couvre Ă  vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fĂȘtes galantes ;
Et mille chansons Ă©clatantes
RĂ©veillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légÚre
Vient folùtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de CythĂšre
Leur a donné de ses leçons.

TempĂȘte (fort et marquĂ©)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

RĂ©citatif
Non, les Dieux attendris par nos cris Ă©clatants,
Ramùnent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tît l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrĂȘme ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables SƓurs suivent Pluton lui-mĂȘme.

RĂ©citatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les dĂ©mons changĂ©s sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agrĂ©ables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimùre
Qui satisfait ici vos vƓux ;
Eh ! n’ĂȘtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous sĂ©duise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraütre ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaütre.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)

CD, compte rendu critique. Campra : TancrĂšde, version 1729 (3 cd Alpha, Schneebeli, 2014)

campra-tancrede-cd-alpha-olivier-schneebeli-isabelle-druet-critique-du-cd-CLIC-de-classiquenews-mai-2015CD, compte rendu critique. Campra : TancrĂšde, version 1729. Orchestre Les Temps PrĂ©sents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Travail exceptionnel sur l’articulation du texte, l’un des livrets les plus forts et “viril” du compositeur (signĂ© Antoine Danchet) qui renoue ainsi avec la coupe noble et hĂ©roĂŻque de son aĂźnĂ© et modĂšle Lully (aidĂ© du poĂšte Quinault). Tous les chanteurs excellent dans la projection naturelle et souple du français et Olivier Schneebeli ajoute les inflexions dramatiques et sensuels d’un orchestre destinĂ© Ă  exprimer les passions de l’Ăąme, en particulier la passion naissante des deux guerriers opposĂ©s : le chrĂ©tien TancrĂšde et la Sarrazine Clorinde. Ici l’opĂ©ra français Ă©gale sinon dĂ©passe l’impact expressif du thĂ©Ăątre classique parlĂ© et dĂ©clamĂ© de Racine. S’y glissent et triomphent aussi les divertissements, instants de grĂące qui alliant choeurs, ballets, et sĂ©quences portĂ©s par les seconds rĂŽles, apportent ces dĂ©tentes propices, vĂ©ritables temps de pure poĂ©sie entre des tableaux Ă  l’Ă©pure tragique d’une tension irrĂ©sistible. Saluons dans ce sens les deux dessus au verbe ciselĂ© autant qu’au jeu d’une solide justesse (Anne-Marie Beaudette et en particulier Marie Favier au timbre rond et palpitant). Chacune de leur prestation fait mouche, les divertissements gagnent un surcroĂźt de profondeur. Tout concourt Ă  tisser le lent et inĂ©luctable fil tragique vers la mort de la sublime guerriĂšre, Clorinde.

 

 

 

Olivier Schneebeli réalise un sommet tragique et poétique dans ce TancrÚde de 1702

Tristan et Isolde baroque

 

CLIC_macaron_2014Le couple noir et jaloux : Argant / Herminie exalte de pulsations haineuses et pourtant d’une sincĂ©ritĂ© magicienne (Alain Buet et Chantal Santon) : leurs personnages surtout celui d’Herminie s’expose sans Ă©paisseur, avec la mĂȘme finesse prosodique au dĂ©but du III. Pour les rĂŽles de Clorinde et de TancrĂšde, les deux protagonistes Isabelle Druet et BenoĂźt Arnould ont la jeunesse, la justesse et la sincĂ©ritĂ© de deux timbres admirablement engagĂ©s. On se dĂ©lecte dans leurs oppositions, confrontations successives, le point d’orgue de leur union pudique admirablement exprimĂ©e sur la scĂšne demeurant le duo d’une Ă©conomie souveraine et d’une grande poĂ©sie du IV (” Gloire inhumaine, hĂ©las ! que tu troubles nos coeurs ” : sommet de la lyre tragique vĂ©cue par les deux 2 coeurs blessĂ©s).
Une rĂ©serve cependant pour la tenue vocale du baryton : s’il a le timbre idĂ©alement sombre et virile, sa ligne vocale manque parfois de justesse comme de simplicitĂ©.
L’acte IV, celui de la haine active (sous le feu d’Herminie et du mage IsmĂ©nor) est aussi surtout celui de la confession amoureuse quand (scĂšne 6), Clorinde avoue son amour pour lui Ă  TancrĂšde. Quand au V, la gloire toute acquise Ă  TancrĂšde est le sujet de sa profonde douleur car il y perd Clorinde qui s’Ă©puise et meurt dans ses bras en un duo tristanesque d’un lugubre digne qui est un autre absolu poĂ©tique.
clorinde isabelle druet tancredeC’est fidĂšle Ă  la poĂ©sie sombre et lugubre du Tasse que Danchet et Campra brossent un portrait noir des amours guerriers : la pompe victorieuse, la gloire qui jaillit et Ă©tincelle sur l’armure de TancrĂšde sombre immĂ©diatement dans le gouffre de la douleur quand le ChrĂ©tien dĂ©couvre son aimĂ©e Clorinde, touchĂ©e au coeur expirante. La noblesse, le raffinement, la suavitĂ© mesurĂ©e et allusive des divertissements, le chant perpĂ©tuellement soucieux de son intelligibilitĂ© font toute la qualitĂ© de cet enregistrement pris sur le vif Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, les 6 et 7 mai 2014. VOIR. Les camĂ©ras de classiquenews Ă©taient fort heureusement prĂ©sentes lors de la performance : visionner notre reportage vidĂ©o TancrĂšde de Campra, recrĂ©ation de la version de 1729.
Voici au disque le meilleur enregistrement de la collection ChĂąteau de Versailles. CLIC de classiquenews de mai 2015.

CD, compte rendu critique. Campra : TancrÚde, version 1729. Orchestre Les Temps Présents & les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Avec Benoßt Arnould, TancrÚde. Isabelle Druet, Clorinde. Chantal Santon, Hermoinie. Alain Buet, Argant. Eric Martin-Bonnet, Isménor. erwin Aros, Anne-Marie Beaudette et Marie Favier (seconds rÎles divers). 3 cd Alpha baroque Outhere music 2h46mn. Référence : 3 760014 199585

Reportage vidĂ©o : L’Inde Galante par les collĂ©giens de Trappes et les Pages du CMBV (fĂ©vrier 2015)

visuel-_-inde-galante-cmbv-trappes-et-Versailles-Rameau-classiquenews-le-quatuor-de-solistes-les-pages-de-la-Maitrise-du-cmbv-10-fevrier-2015-compte-rendu-critique-inde-galante-de-RameauL’Inde Galante d’aprĂšs Rameau (fĂ©vrier 2015). Rencontre pĂ©dagogique. A l’initiative du Cmbv, Centre de musique Baroque de Versailles, les collĂ©giens de Trappes et les Pages du Centre de musique baroque de Versailles travaillent ensemble pour un spectacle inspirĂ© des Indes Galantes de Rameau : L’Inde Galante. RĂ©pĂ©titions et sĂ©ances de travail Ă  Trappes (cours de danse, de dĂ©clamation et de chant) puis reprĂ©sentation Ă  Trappes (La Merise) et Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles (les 10 puis 12 fĂ©vrier 2015), la performance Ă©tonne et convainc en rĂ©ussissant la rencontre entre jeunes de la mĂȘme gĂ©nĂ©ration mais  d’univers diffĂ©rents. La transmission, l’apprentissage du collectif autour d’une Ɠuvre baroque majeure Ă  laquelle sont associĂ©s des textes des LumiĂšres (maximes de l’AbbĂ© Raynal) percutants par leur engagement humaniste font tout l’intĂ©rĂȘt de cette production atypique, aux vertus pĂ©dagogiques et culturelles multiples.  Edifiant. Reportage vidĂ©o de 22 mn © studio CLASSIQUENEWS.com 2015

Reportage vidéo : Le Temple de la Gloire de Rameau et Voltaire, 1745. Recréation

RameauVIDEO, reportage. Le Temple de la Gloire de Rameau et Voltaire, 1745. RecrĂ©ation. Temps fort de l’annĂ©e Rameau 2014, la recrĂ©ation par le CMBV (Centre de musique baroque de Versailles), du Temple de la Gloire tĂ©moigne de la collaboration entre Rameau et Voltaire en 1745. C’est l’annĂ©e des prodiges pour le compositeur : PlatĂ©e, La Princesse de Navarre et donc Le Temple de la Gloire : universel, gĂ©nie imaginatif, Rameau imagine dans le ballet hĂ©roĂŻque, trois opĂ©ras en un. Bacchanale pour la premiĂšre entrĂ©e (BĂ©lus), bacchanale pour la seconde entrĂ©e (Bacchus), tragĂ©die pour la troisiĂšme entrĂ©e (Trajan). MĂȘme le Prologue est l’un des plus raffinĂ©s et aboutis, suscitant dans le personnage de l’Envie trĂ©pignant aux abords du Temple, l’un des personnages graves et tragiques, accompagnĂ© par les bassons, parmi les plus saisissants conçus par Rameau. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM © 2015

Reportage vidéo. Rameau : Zaïs (1748), recréation par le CMBV (novembre 2014)

rameau 2014 logo 2014VIDEO. RecrĂ©ation : ZaĂŻs (1748) de Rameau Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles. Temps fort de l’annĂ©e Rameau 2014, le 18 novembre 2014, Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, le CMBV prĂ©sente la recrĂ©ation de la Pastorale hĂ©roĂŻque ZAĂŻS, ouvrage merveilleux inspirĂ© par les idĂ©es des LumiĂšres. C’est en vĂ©ritĂ© la tĂ©nacitĂ© de ZĂ©lidie, trĂšs Ă©prouvĂ©e par son amant ZaĂŻs soupçonneux, qui triomphe ici malgrĂ© les Ă©preuves et les tromperies qu’elle doit subir. Pour la soprano Marie Fel et la haute contre JĂ©lyotte, – deux chanteurs d’exception, Rameau Ă©crit deux rĂŽles d’une grĂące et d’un charme irrĂ©sistibles. RecrĂ©ation Ă©vĂ©nement. Reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.TV 2015

Compte rendu, opĂ©ra. Trappes, La Merise, le 10 fĂ©vrier 2015. L’Inde Galante d’aprĂšs les Indes Galantes de Rameau. CollĂ©giens de Trappes, Pages et instrumentistes du Centre de musique baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction. Michel Verschaeve, mise en scĂšne. Françoise Deniau, chorĂ©graphie.

visuel-_-inde-galante-cmbv-trappes-et-Versailles-Rameau-classiquenews-le-quatuor-de-solistes-les-pages-de-la-Maitrise-du-cmbv-10-fevrier-2015-compte-rendu-critique-inde-galante-de-RameauSpectacle pĂ©dagogique et humaniste. L’Ă©ducation et la musique forment-t-elle la jeunesse ? A quoi prĂ©cisĂ©ment, et de quelle maniĂšre ? A cette question, aux enjeux si brĂ»lants depuis la terrible actualitĂ© française de janvier 2015, rĂ©pond le CMBV dont l’engagement pour la rĂ©surrection des grandes machines lyriques et chorĂ©graphiques de la monarchie triomphante s’intĂ©resse aussi comme en un pendant imprĂ©vu Ă  des actions d’un autre type : toute l’Ă©quipe artistique et les jeunes chanteurs du CMBV savent ici impliquer plusieurs classes de collĂ©giens Ă  Trappes (CollĂšges Youri Gagarine, Gustave Courbet, Le Village) et les initier Ă  l’esthĂ©tique baroque, Ă  la dĂ©licate machinerie d’un spectacle qui mĂȘle selon les codes du XVIIIĂš : chant, dĂ©clamation, danse : certains dansent, chantent dans les choeurs, dĂ©clament surtout de savoureux textes intĂ©grĂ©s entre les scĂšnes de l’opĂ©ra ballet de Rameau choisi pour l’occasion. SupplĂ©ment d’Ăąme Ă  une scĂšne lyrique et chorĂ©graphique des plus raffinĂ©es (1736), les producteurs ajoutent aussi la dĂ©lectation de pensĂ©es choisies signĂ©es de l’AbbĂ© Raynal, auteur en 1781 de L’Histoire philosophique et politique des Ă©tablissements et du commerce des europĂ©ens dans les deux Indes… vaste recension qui malgrĂ© le dĂ©roulĂ© de son titre, concentre une vision Ă©tonnamment fraternel et humaniste vis Ă  vis de l’IndigĂšne. Un manifeste pour la paix entre les peuples qui a aussi sensibilisĂ© les jeunes interprĂštes aux enjeux du vivre ensemble.

C’est un travail spĂ©cifique qui fait travailler les jeunes Pages de la MaĂźtrise avec les collĂ©giens des trois Ă©tablissements de Trappes (78). Choc culturel, expĂ©rience pĂ©dagogique, rencontre surtout entre des milieux et des univers si diffĂ©rents qui cependant apprennent Ă  se connaĂźtre, Ă  partager, puis s’accomplir dans la rĂ©alisation d’un formidable spectacle dont la finesse et l’intelligence transforment aussi la partition retenue : la derniĂšre entrĂ©e des Indes Galantes de Rameau : les Sauvages, ajoutĂ© lors de la reprise de l’opĂ©ra-ballet en 1736,  un an seulement aprĂšs sa crĂ©ation.

L’Ă©quipe artistique rĂ©unit des pointures du genre et des disciplines rĂ©unies : Françoise Deniau pour la chorĂ©graphie, Michel Verschaeve pour la mise en scĂšne et Olivier Schneebeli, chef permanent dont les qualitĂ©s de pĂ©dagogue font merveille dans ce type de travail. La valeur du projet tient Ă  la confrontation directe et franche des univers en prĂ©sence : les jeunes pages du CMBV, vĂ©ritables professionnels de la musique, nourris d’Ă©loquence et de gestuelle baroques, de souci du texte comme de musicalitĂ© du chant ; et les collĂ©giens trappistes, dont l’ordinaire demeure bien Ă©loignĂ© de l’esthĂ©tisme monarchique comme de la dĂ©clamation des idĂ©es philosophiques du XVIIIĂš. Pourtant les jeunes rĂ©alisent ici une production convaincante oĂč Michel Verschaeve a opportunĂ©ment intĂ©grĂ© plusieurs  textes de Raynal, au regard gĂ©nĂ©reux et plein d’humanitĂ© pour les Indiens d’AmĂ©riques. L’action des Indes Galantes souvent mĂ©sestimĂ©e rĂ©vĂšle a contrario des prĂ©jugĂ©s sur la soit disant faiblesse poĂ©tique et littĂ©raire des opĂ©ras ramistes, la modernitĂ© et la pertinence de Rameau et de son librettiste : ici s’affirme dĂ©jĂ  avant le thĂšme du bon sauvage de Rousseau,  un humanisme fraternel et admiratif, respectueux et tendre mĂȘme vis Ă  vis des “Sauvages” : autour de la belle indigĂšne Zima s’affairent les colons europĂ©ens, Alvar et Damon. ConvoitĂ©e, courtisĂ©e, Zima choisit finalement pour Ă©lu de son coeur son semblable Adario : Rameau rĂ©alise en une vĂ©ritable apothĂ©ose (la fameuse danse du calumet de la paix), la cĂ©lĂ©bration de l’amour sincĂšre : les Indiens d’AmĂ©rique affirmant ainsi une leçon de vertu amoureuse aux plus tendres Ă©lans. La vision est d’une incroyable intelligence : les Indiens n’y sont pas vus comme une race infĂ©rieure mais au contraire comme un peuple admirable en tout point, vision positive et fraternelle partagĂ©e par Raynal dans ses textes.

 

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Pages et collĂ©giens dĂ©fendent la libertĂ© et l’esprit fraternel

L’Inde Galante ou Rameau revisitĂ©

 

 

Parmi le quatuor vocal assurĂ© par les Pages du CMBV, distinguons le charme et l’aisance scĂ©nique de la jeune soprano ChimĂšne Smith dans le rĂŽle virtuose et redoutable de Zima (RĂ©gnez, Plaisirs et jeux, combinĂ© aux trompettes brillantes, fait retentir le triomphe simple des amants magnifiques) : elle a le port gracieux sans prĂ©ciositĂ©, et le naturel d’un chant qui sait s’attendrir. Ses partenaires masculins affirment des tempĂ©raments vocaux naturellement caractĂ©risĂ©s : le Damon, vrai soprano flĂ»tĂ© de ClĂ©ment Peaucelle, et l’Alvar, Ă  la diction la plus parfaite de Karl-LoĂŻs de Lastic Saint-Jal, au chant puissant, sĂ»r, affĂ»tĂ©.
A leurs cĂŽtĂ©s, les collĂ©giens en tee-shirts colorĂ©s (jaune, bleu, rouge) apprennent l’Ă©lĂ©gance des pas chorĂ©graphiĂ©s, les dĂ©fis de la synchronicitĂ©, la finesse et la grĂące d’une partition flamboyante et Ă©tourdissante par son raffinement et sa complexitĂ©. C’est aussi jusqu’aux deux reprĂ©sentations publiques programmĂ©es Ă  La Merise de Trappes puis Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles, les 10 et 12 fĂ©vrier 2015, un apprentissage de la discipline et du jeu collectif sans lesquels la magie du spectacle ne se rĂ©alise pas. Actualisation inĂ©vitable, les trappistes rĂ©alisent une version hip hop de la Chaconne finale dont les accents soulignent lĂ  encore combien la rythmique de Rameau nous paraĂźt toujours aussi proche et familiĂšre.
Rien de plus vivant que ce Baroque lĂ , de plus stimulant que ce Rameau revisitĂ© par un collectif d’enfants, associĂ©s imprĂ©vus d’une entreprise aux enjeux salutaires. Que garderons les trappistes comme les Pages plus habituĂ©s Ă  l’exercice de la scĂšne ? Des sons, des rencontres, la magie de la scĂšne et surtout grĂące aux textes combinĂ©s (qui ont Ă©tĂ© on l’imagine, sources de dĂ©bats Ă  l’Ă©cole entre enfants et professeurs), l’expĂ©rience du respect et de l’Ă©coute de l’autre, l’estime des autres, le goĂ»t de la paix partagĂ©e : des valeurs clĂ©s Ă  prĂ©server coĂ»te que coĂ»te.  En prolongement de son anniversaire 2014, Rameau ne pouvait trouver transposition pĂ©dagogique aussi rĂ©ussie.

 

 

Compte rendu, opĂ©ra. L’Inde Galante d’aprĂšs Les Indes Galantes de Rameau, 1736. ElĂšves des collĂšges de Trappes (Gagarine, Courbet). Pages et instrumentistes du CMBV. Olivier Schneebeli, direction. Michel Vershaeve, mis en scĂšne. François Deniau / Marc Barret, chorĂ©graphie.

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

Les Indes Galantes de Rameau pour et par les jeunes

Trappes, La Merise. Rameau : L’Inde Galante, les Sauvages. Le 10 fĂ©vrier 2015, 19h30.  LycĂ©ens, Pages de la MaĂźtrise du CMBV. L’Inde dansante :quand le baroque suscite un projet de jumelage pour les jeunes
 Le CMBV rĂ©alise une nouvelle production comprenant la 4Ăšme entrĂ©e des Indes Galantes de Rameau, Les Sauvages en associant les Pages de la MaĂźtrise du Centre de musique baroque de Versailles et plusieurs classes des lycĂ©es de Trappes.  Une expĂ©rience collective qui transmet l’écoute, le partage, la rencontre comme valeurs premiĂšres.

cmbv-rameau-2015-les-indes-galantes,-l'inde-dansante-Trappe-Versailles-opera-olivier-schneebeli-582Dans un bosquet d’une forĂȘt de l’AmĂ©rique, une belle Sauvage, Zima (soprano), fille d’un chef puissant et redoutĂ© est courisĂ©e par les officiers europĂ©ens, le français Damon (haute-contre) et l’espagnol Don Alvar (baryton). Un temps dĂ©paysĂ©e par tant de courtoisies exotiques, la Sauvagesse prĂ©fĂšre l’un de ses semblables le guerrier Adario (baryton). Rameau dĂ©peint l’amour imprĂ©vu et aussi la guerre qui se conclue par la pacification des nations affrontĂ©es (fameuse danse du calumet de la paix). A l’époque, Les Indiens d’AmĂ©rique Ă©taient rĂ©putĂ©s dansant nus et fumant de longs calumets, d’aprĂšs les chroniques des voyageurs ou les gravures de Bernard (CĂ©rĂ©monies et coutumes religieuses, 1723), ou de Lafitau (MƓurs des Sauvages AmĂ©ricains (1724). Le compositeur rĂ©utilise la piĂšce fameuse de son recueil de piĂšces pour le clavecin, Les Sauvages publiĂ©e en 1728 d’aprĂšs la danse de vrais indiens de Louisiane danseurs, qu’il avait pu voir au ThĂ©Ăątre Italien en 1725.

Les Sauvages est la quatriĂšme EntrĂ©e de son opĂ©ra ballet les Indes Galantes, entrĂ©e ajoutĂ©e pour la reprise de l’ouvrage en 1736 (un an aprĂšs sa crĂ©ation en 1735). C’est l’occasion d’utiliser de brillantes trompettes, des airs d’agilitĂ© d’esprit italien : ainsi l’air de Zima « RĂ©gnez plaisirs et jeux » oĂč s’associent trompettes, timbales et flĂ»tes. Comme plus tard (1745) dans Le Temple de la gloire et l’acte de Bacchus (bacchanale sensuelle), Rameau alterne en particulier dans la Chaconne finale des Sauvages, accents guerriers et pastoraux, nerf et suavitĂ©, caractĂšre et douceur. L’air des Sauvages publiĂ© en 1728 innerve toute la danse collective Ă  l’ouverture et dans le rondeau final. La mĂ©lodie gĂ©niale comme l’est FrĂšre Jacques (attribuĂ© depuis 2014 Ă  Rameau donc), sera repris immĂ©diatement par nombre de compositeurs de Suites orchestrales ou d’opĂ©ras (Corette, Tapray, Guignon, Dalayrac
), la piĂšce traverse mĂȘme l’Atlantique pour rejoindre les cĂŽtes des Antilles Françaises, sur l’üle de Dominique : un tĂ©moin d’époque rend compte du jeu d’un claveciniste trĂšs versĂ© dans l’art de Rameau.

AprĂšs la Ritournelle d’entrĂ©e, Rameau imagine d’abord la confrontation entre Alvar et Damon, colons aux AmĂ©riques, rivaux en amour.

Puis paraĂźt les Indiens : Adario amoureux qui fusionne bientĂŽt avec la belle et convoitĂ©e par tous, Zima. Les deux indigĂšnes inspirĂ©s par l’amour se jurent fidĂ©litĂ©.

Ensuite, la Danse du grand calumet de la Paix est portĂ©e par les Indiens et le couple d’amoureux Zima et Adario ; puis c’est la danse qui conclue l’ouvrage indien : menuet des Françaises en Amazones, air de ZIma victorieuse : « RĂ©gnez plaisirs et jeux », enfin Chaconne finale.

Partition dĂ©bordante de sensualitĂ© et d’italianisme, Les Sauvages sont l’objet d’un travail spĂ©cifique entre les Pages de la MaĂźtrise du Centre de Musique Baroque de Versailles et plusieurs lycĂ©ens de Trappes. Chant, dĂ©clamation, danse et jeu scĂ©nique sont les Ă©tapes d’un jeu collectif oĂč les jeunes professionnels rencontrent les jeunes publics autour du gĂ©nie musical de Rameau. La vivacitĂ© dansante de l’opĂ©ra ballet fascine toujours autant depuis le XVIIIĂšme siĂšcle. Une Ă©quipe chevronnĂ©e de professionnels (Olivier Schneebeli, direction musicale ; Françoise Deniau, chorĂ©graphie ; Michel Verschaeve, mise en scĂšne) encadrent les jeunes apprentis. Sous leurs auspices, certains pourraient mĂȘme se dĂ©passer portĂ© par la magie du thĂ©Ăątre baroque.

 

 

 

 

boutonreservationSoirée les Indes Galantes au Théùtre La Merise de Trappesmardi 10 février 2015, 19h30

Direction Musicale : Olivier Schneebeli
Direction des ChƓurs: Sarah Boissou (collùge Youri Gagarine), Marjolaine Martel (collùge Le Village) et Marie-Pascale Perillon (collùge Gustave Courbet),
Mise en scĂšne : Michel Verschaeve
Chorégraphie : Françoise Deniau
RĂ©gie : Thierry Carreau

Solistes et choristes : Pages du CMBV
Choristes : ElĂšves des collĂšges Youri Gagarine, Le Village et Gustave Courbet de Trappes.
Instrumentistes : ElÚves du CRR de Versailles et du CRD de la Vallée de Chevreuse.
Danseurs et comédiens : ElÚves de Lycée Plaine de Neauphle (à confirmer)
RĂ©gisseurs : stagiaires Ecole de la deuxiĂšme chance (ZA-Trappes-Elancourt).

Infos et réservations

Théùtre La Merise à Trappes

01 30 13 98 51  tarif unique : 5 euros.

Spectacle repris le 12 fĂ©vrier 2015 Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles

CD. M-A. Charpentier: Judith (Schneebeli, 2012)

CD. M.-A. Charpentier: Judith, le massacre des innocents (1 cd K617)

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Charpentier: Judith, Massacre des Innocents (Schneebeli, 2012). Pour qui a assistĂ© au concert originel dans la Chapelle royale de Versailles, dĂ©but octobre 2012, sait que cet enregistrement rend compte d’une partie du programme qui aux cĂŽtĂ©s de Judith et du Massacre des Innocents (le sommet Ă©motionnel de la soirĂ©e) comprenait aussi le remarquable Jugement dernier et son Ă©vocation spectaculaire de la violence divine contre sa crĂ©ation… Nonobstant voici les deux versants convaincants d’un inoubliable tĂ©moignage Ă  Versailles, portĂ© par les troupes conduites par Olivier Schneebeli : Chantres et Pages de la MaĂźtrise du Centre de musique baroque de Versailles dont le label K617 a rendu pas Ă  pas les avancĂ©es musicales et interprĂ©tatives sur la durĂ©e (lire notre critique du coffret Musiques sacrĂ©es Ă  Versailles, Ă©ditĂ© par K617 et qui en fĂ©vrier 2013 obtient le Prix de l’AcadĂ©mie Charles Cros).

Incandescence théùtrale de Charpentier

Il existe peu de chƓurs d’enfants aussi investis, chantant et jouant l’action thĂ©Ăątrale avec un goĂ»t aussi accompli. Tout le mĂ©rite en revient au chef, directeur musical de la phalange choral: qu’il s’agisse des gardes ivres de sang, excitĂ©s par la barbarie infanticide d’HĂ©rode (impeccable Arnaud Richard), du chƓur bouleversant des mĂšres endeuillĂ©es (d’abord chantĂ© par le trio fĂ©minin, puis repris par les deux sopranos masculins auquel se joint l’excellent chantre Paul Figuier), l’intense et brĂ»lant thĂ©Ăątre de Charpentier se dĂ©voile ici dans toute son urgence, sa concision, sa forme resserrĂ©e, Ă  laquelle les interprĂštes restituent non sans justesse la tendresse, la sincĂ©ritĂ©, l’ĂąpretĂ© expressive. Le voici ce Charpentier qui nous passionne, plus ardent et efficace que toutes les tragĂ©dies lyriques de Lully. Aussi bouleversant que son maĂźtre Ă  Rome, Carissimi soi-mĂȘme. Le Massacre des Innocents H411 souligne le travail de la MaĂźtrise, une phalange qui outre le souci de restitution des partitions historiques sait surtout exalter la lyre dramatique, la vitalitĂ© thĂ©Ăątrale des Ɠuvres, en servant l’arĂȘte vive du verbe incantatoire et suggestif: Ă  l’engagement des chanteurs, rĂ©pond aussi la cohĂ©rence de la sonoritĂ© globale dont on en soulignera jamais assez la richesse des couleurs grĂące Ă  l’Ă©quilibre des timbres associĂ©s: voix de femmes, des enfants et des hommes. Issu de la formation du CMBV, l’Angelus d’Erwin Aros convainc en particulier par la fluiditĂ© de son chant et son scrupule linguistique.

En cela il incarne le versant masculin de sa consƓur Dagmar Saskova, elle aussi formĂ©e par les Ă©quipes du CMBV Ă  l’Ă©loquence et Ă  la rhĂ©torique baroque: sa Judith a la noblesse des martyrs mais aussi la tendre sincĂ©ritĂ© des ĂȘtres traversĂ©s par un pur mysticisme. Son Domine Deus reste irrĂ©sistible par ses brĂ»lures d’une puretĂ© incandescente. Entre rĂ©alisme individuelle et idĂ©alisme et grĂące d’une fervente guerriĂšre de Dieu, son verbe superbement articulĂ© fait honneur au Centre dont elle est la meilleure ambassadrice. Son art trĂšs abouti des nuances Ă©claire vocalement le peintre caravagesque français choisi pour illustrer le cd: Valentin de Boulogne dont on ne sait s’il faut admirer le plus pour sa Judith triomphante, la suavitĂ© de la palette chromatique ou la sĂ©duction ineffable du type humain…

L’aplomb des solistes, la richesse active et hautement dramatique du chƓur, la direction toute en Ă©lĂ©gance et expressivitĂ© d’Olivier Schneebeli rĂ©alisent ici l’un des meilleurs accomplissements discographiques du CMBV. Un nouveau jalon qui tĂ©moigne avec de sĂ©rieux arguments du niveau atteint par la MaĂźtrise dirigĂ©e par Olivier Schneebeli. Magistral.

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704): Judith ou BĂ©thulie libĂ©rĂ©e – Le Massacre des innocents. Pages & Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles. Olivier Schneebeli, direction.

Judith sive Bethulia liberata H391‹(Judith ou BĂ©thulie libĂ©rĂ©e)

Dagmar SaskovĂĄ, Judith

‹Erwin Aros, historicus
ex Israel I‹et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis, historici ex filiis Israel,‹duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Jean-François Novelli, Ozias,‹historicus ex Israel II,‹et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,‹duo exploratores ex Assyriis, chorus ex Israel
Arnaud Richard, Holofernes,‹historicus ex Assyriis, historicus ex filiis IsraĂ«l,‹et soliste in tres duces Assyrii, tres viri Israelitae, historici ex Assyriis,‹historici ex filiis Israel, chorus ex Israel
Marie Favier, (Chantre), ancilla
Jozsef Gal, (Chantre), soliste in historici ex filiis Israel
‹Hugo Vincent, (Page), soliste in chorus ex Israel

Caedes Sanctorum Innocentium H411‹(Le Massacre des Innocents)
Solistes
Erwin Aros, Angelus

soliste in tres ex choro fidelium
‹Jean-François Novelli, Historicus
‹soliste in tres ex choro fidelium
Arnaud Richard, Herodes
soliste in tres ex choro fidelium
Dagmar SaskovĂĄ, MylĂšne Bourbeau (Chantre), Marie Favier (Chantre), chorus matrum A
‹Paul Figuier (Chantre), Alix de la Motte de Broöns et Hugo Vincent (Pages), chorus matrum B
Les Pages, les Chantres & les Symphonistes du Centre de musique baroque de Versailles
Les Pages
Henri Baguenier Desormeaux, Lucie Camps, Calixte Desjobert, Martin Dosseur,‹AdĂšle Huber, Antoine Khairallah, Mathilde Lonjon, Romain Mairesse, Samuel Menant,‹Alix de la Motte de Broöns, Guilhem Perrier, Claire Renard, ChimĂšne Smith,‹Gauthier de Touzalin, Jean Vercherin, Hugo Vincent
Les Chantres
MylĂšne Bourbeau, Marie Favier, Marine Lafdal-Franc, Caroline Villain, dessus‹Paul-Antoine BĂ©nos, Paul Figuier,‹Atsushi Murakami, Florian Ranc, contre-tĂ©nors et hautes-contre‹Martin Candela, JĂłzsef GĂĄl, BenoĂźt-Joseph Meier, tailles‹Fabien AubĂ©, Pierre Beller, Renaud Bres, Vlad Crosman,‹François Renou, Roland Ten Weges, basses tailles et basses
Les Symphonistes
Benjamin ChĂ©nier, violon 1‹LĂ©onor de Recondo, violon 2‹Pierre Boragno, flĂ»te 1‹Jean-Pierre Nicolas, flĂ»te 2‹Krzysztof Lewandowski, basson‹Sylvia Abramowicz, viole de gambe‹Eric Bellocq, thĂ©orbe‹Fabien Armengaud, orgue positif et clavecin
Olivier Schneebeli, direction

Centre de musique baroque de Versailles

Histoires sacrées de Marc-Antoine Charpentier I à la Chapelle royale

temps fort de la saison musicale 2012

MaĂźtrise (Pages & Chantres), Olivier Schneebeli


Premier volet sur trois d’un cycle Marc Antoine Charpentier Ă  La Chapelle royale de Versailles : Olivier Schneebeli dirige les forces vives du CMBV (les Pages, les Chantres, les Symphonistes) dans 3 oratorios ou histoires sacrĂ©es du grand rival de Lully Ă  l’Ă©poque de Louis XIV : Le Jugement dernier, Judith et Le Massacre des Innocents. PrĂ©sentation du chƓur historique souhaitĂ© par Louis XIV, travail de la maĂźtrise crĂ©Ă©e par le Centre de musique baroque de Versailles…. Entretiens avec Olivier Schneebeli et les deux solistes anciens Ă©lĂšves de la MaĂźtrise: Erwin Aros et Dagmar Saskova (Judith)… Voir le clip vidĂ©o