Week-end Mozart au Radiant de Caluire (69)

mozart-portrait-xixCaluire, Radiant. Les 10 et 11 janvier 2015. Week-end Mozart avec le Quatuor Debussy, au Radiant de Caluire (69). Une « fin de semaine »,  au Radiant de Caluire, salle Ă  Ă©ventail de programmation culture « tous publics ». Le « classique » est cette fois cĂ©lĂ©brĂ© par le Quatuor Debussy, qui choisit un thĂšme Mozart, autour du Requiem et d’airs d’opĂ©ra (instrumentalement rĂ©duits), mais aussi avec le Quintette pour clarinette et la SĂ©rĂ©nade « Petite Musique de Nuit ». Belle occasion d’admiration, et d’interrogations sur le gĂ©nie mozartien aujourd’hui


 

 

 

Comment préférez-vous « votre » Mozart ?

mozart_portrait-300Mozart, succĂšs garanti auprĂšs de (presque) tous publics. Et consensus autour de quelques partitions fĂ©tiches ( fĂ©tichisĂ©es, diraient les sceptiques). Au fait, vous le prĂ©fĂ©rez comment, « votre » Mozart ? En sale ado (tendance scato-porno) qui n’en finit pas de faire en riant-hennissant des farces plus ou moins amusantes, comme dans le film de Milos Forman ? En saint de vitrail, ravi-de-la-crĂšche-salzbourgeoise, gĂ©nial mais irresponsable de son gĂ©nie, composant par inspiration d’En-Haut (« le Ciel, Sganarelle ! ») : un Divin (petit) Mozart, en somme ? Ou si vous avez l’esprit de contradiction sartrienne  qui s’énerve de la solennitĂ© ambiante : « Un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui » ? Ou encore un homme des LumiĂšres, auto-libĂ©rĂ© de sa condition « « domestique »,  porteur et proclamateur Ă  peine masquĂ© de ses « machines dĂ©sirantes » en tous genres, et en prime, prĂ©-rĂ©volutionnaire ?…

Trazom et ses  35 ans sur la terre

Deux siĂšcles et demi aprĂšs un mĂ©tĂ©orique passage sur la terre europĂ©enne, on en est encore Ă  dĂ©couvrir – et discuter, et disputer, c’est bon signe – du cĂŽtĂ© de chez Wolfgang, Amadeus, Amadeo, Amade, Gottlieb, Wolfie, alias encore par soi-mĂȘme nommĂ© Trazom,  Hanswurst, Il Duca Basso, Signor d’Alto, Don Cacarella ? Et Ă  imaginer non seulement  ce qu’il fut, mais ce qu’il aurait pu devenir –musicalement et autrement – si  Dieu, les dieux, les virus et les bactĂ©ries lui avaient accordĂ© vingt ans de plus que son exigu 35 ans
ertes on a d’abord l’impression que  les 626 n°s du catalogue dressĂ© au XIXe par Ludwig Ritter von Köchel ont « suffi » Ă  rĂ©vĂ©ler le gĂ©nie protĂ©iforme et multidirectionnel dans l’opĂ©ra, la symphonie, les instruments Ă  vent et Ă  cordes, la musique de chambre, l’art vocal, l’art sacrĂ©, le concerto, et si on cherche la petite bĂȘte exemplaire, l’harmonica de verre. Alors deux jours d’une fin de semaine hivernale, deux concerts, une confĂ©rence, un brunch ( c’est lĂ  qu’on entend sans broncher un concertino pour fourchettes et quatuor? ), une classe de maĂźtre(s), les K.525,581 et 626 en entier, et des extraits  vocaux des K.366, 492, 527, 578, 620 et 621 (une rĂ©compense Ă  qui rapporte tous ces n°s K. Ă  leur Ɠuvre) ?

Petit théùtre musical-mozartien

D’autant que c’est « seulement » un Quatuor Ă  cordes, une chanteuse, un chanteur et un clarinettiste qui « font » l’orchestre et le chƓur : serait-ce suffisant en panorama, non, 626 fois non ! Mais les proposants ont bien conscience d’une dĂ©marche symbolico-minimaliste, et du fait que leur trĂšs petit thĂ©Ăątre musical mozartien a, d’emblĂ©e, ses limites. Mais on peut dire aussi que les deux concerts puisent Ă  quatre sources : la diversitĂ© dramaturgique des airs lyriques, l’unitĂ© sacrale du Requiem, l’ensoleillement sans mĂ©taphysique de la musique de nuit, la poĂ©sie absolue du Quintette.

Un Requiem quatuorisé

Le plus « surprenant » des quatre moments est sans doute celui du Requiem
quatuorisĂ© non par l’auteur de la partition, mais bien  peu de temps aprĂšs -9 ans, 1802- la mort de Mozart lui-mĂȘme. Peter Lichtenthal n’était pas n’importe quel scribouilleur de notes, mais un musicien de grande qualitĂ©, ami de la famille Mozart sur lequel la notice (Florence Badol-Bertrand) du cd. DECCA(2009) enregistrĂ© par les Debussy donne toutes prĂ©cisions biographiques et esthĂ©tiques. Le principe mĂȘme et les modalitĂ©s de cette « rĂ©duction » ouvrent en tout cas des perspectives sur « la grandeur » d’une Ɠuvre qui a depuis les origines saisi les auditeurs par ses dimensions
psycho-musicales, et la lĂ©gende non dorĂ©e mais noire qui a entourĂ© sa crĂ©ation. En quatuor, la vocation mĂȘme du laboratoire oĂč Haydn puis Mozart et bientĂŽt Beethoven expĂ©rimentent leur pensĂ©e la plus novatrice s’affirme, « dĂ©cantant » les voix humaines et instrumentales en nombre et puissance jusqu’à n’en plus faire surgir que l’essence d’un discours


Chant de la vie et de la mort

Au fait, discours sur quoi, prioritairement ?  Une fois balayĂ© ce qu’on pourrait nommer le folklore-people de la tradition-qui-a-la-vie-dure (Salieri jouant les Brinvilliers d’Autriche, l’Homme en Noir qui poursuit Wolfgang de ses assiduitĂ©s mortifĂšres jusqu’à ne  plus le  faire  « penser qu’à ça » ), reste l’interrogation fondamentale : qu’est-ce qu’un chant de (la ?) mort pour Mozart en ses derniers mois ? La dominante demeure-t-elle une peur panique entretenue par la « vision » catholique et autoritaire -Rex tremendae majestatis : Roi (et avatars incarnĂ©s de rois, empereurs ou princes qui gouvernent cette terre) d’une majestĂ© qui doit faire      trembler -, correspondant au « vieux monde » que Mozart n’aime pas ? Ou une espĂ©rance que donne la lumiĂšre d’une fraternitĂ© humaine rayonnant dans « la foi » Ă  laquelle Mozart s’est « converti » quelques annĂ©es plus tĂŽt : la franc-maçonnerie, que les ultimes pensĂ©es et actes compositionnels de Wolfgang verront honorĂ©s dans l’écriture de deux cantates pour les cĂ©rĂ©monies de Loges, et bien sĂ»r la chĂšre FlĂ»te EnchantĂ©e, dont le compositeur suivra jusqu’au dernier instant le dĂ©roulement des reprĂ©sentations ?

Un double visage de Wolfgang

Ce rapport – fusionnel ? antagoniste ? – serait-il Ă  dĂ©crypter entre un Amadeus jusqu’au bout terrifiĂ© par une mort catholique, le sommant de « se repentir » en crĂ©ateur impie de tant de personnages qui vantent Ă  l’opĂ©ra la libertĂ© de l’amour terrestre ? Et un Wolfgang cherchant autrement la dualitĂ© vie-mort, se fondant sur les actes de libĂ©ration sociale et de fraternitĂ© humaine pour faire advenir un nouveau monde
 ?  Les « vieux mozartiens français »ont toujours recours  deux ouvrages fondamentaux parus Ă  la fin des annĂ©es 1950 et qui prĂ©sentent ce « double » visage, le «Mozart » plus laĂŻque et dans le siĂšcle, de Jean Brigitte Massin, et « La pensĂ©e de Mozart », de J.V.Hocquard, spiritualiste
en diable, tout-Ăąme-contre-dangereux-corps. (On en trouve encore des occasions de rĂ©Ă©dition, cherchez sous le sapin du 1er janvier !) En tout cas, c’est le musicologue-pianiste Philippe Barraud qui, en confĂ©rence, soulignera les nombreuses visions possibles du Requiem


Magie nocturne d’opĂ©ra

Une partition qui semble « sans problĂšmes », c’est le K.525, alias « petite musique de nuit », mise Ă  toutes  sauces de gastronomie et fĂȘtes en parcs viennois, et devenue symbole des grĂąces d’Ancien RĂ©gime. La nuit en tout cela n’est nullement romantique, bien sĂ»r. Mais composĂ©e en plein travail de Mozart sur Don Giovanni, n’est-elle pas « magie nocturne de l’opĂ©ra, forme sublimĂ©e, intime, suprĂȘmement concentrĂ©e » (Harry Halbreich) du climat oĂč vivent les « opĂ©ras-Da-Ponte » (Noces, Don Giovanni, Cosi) ? En tout cas, SĂ©rĂ©nade Ă©crite pour « l’orchestre de chambre le plus resserrĂ© qui soit :quatuor Ă  cordes renforcĂ© d’une contrebasse Ă  l’unisson du violoncelle, et peut-ĂȘtre rĂ©ponse allĂšgre et dĂ©licate Ă  la grande angoisse des Quintettes du printemps 1787 » (J.B.Massin)
 C’est plus tard, et en vulgarisation fort vulgairement-comm-et-pub, qu’en ont Ă©tĂ© offertes au grand public des versions Ă  gros effectifs parfaitement infidĂšles Ă  l’esprit de la partition


1789, l’annĂ©e de la radieuse Ă©claircie

On peut supposer qu’il n’a pas Ă©tĂ© agi de semblable façon avec une Ɠuvre aussi tissĂ©e de poĂ©sie que le quintette avec clarinette K.581 (1789, l’annĂ©e d’une « radieuse Ă©claircie », Ă©sotĂ©rique (les Massin y entendent, via le clarinettiste Stadler que Mozart frĂ©quente et fait alors travailler, les Ă©chos des idĂ©es musicales de la Franc-Maçonnerie) et pourtant accessible Ă  « tous les frĂšres humains de toutes les Ă©poques ». Dans le larghetto central, J.V.Hocquard y fait Ă©couter « la puissance d’immobilitĂ© et de vaste giration sur place, le contact pris avec la rĂ©alitĂ© musicale Ă  l’état pur : l’oreille intĂ©rieure remonte alors Ă  la source du Temps » 

PĂšre terrible et ChĂ©rubin d’amour

Et puis ce seront les citations du monde imaginaire auquel Mozart croyait peut-ĂȘtre encore davantage qu’au « rĂ©aliste » : celui de l’opĂ©ra, lĂ  oĂč tous les tĂ©moins de sa vie – y compris lui-mĂȘme, qui le dit dans ses lettres !- ont su qu’il Ă©tait le plus heureux. Dans IdomĂ©nĂ©e (K.366), le dernier « grand opera seria », ce sera l’air(Vedrommi intorno) du pĂšre accablĂ© par l’idĂ©e que pour sauver sa vie il va sacrifier le premier humain paraissant sur le rivage
et bien sĂ»r, il s’agira de son fils Idamante. Cette donnĂ©e tragique de la mythologie intĂ©resse les psychanalystes « mozartiens » qui
s’intĂ©ressent aux relations complexes de Wolfgang avec son papa terrible, Leopold. Du cĂŽtĂ© de la folle journĂ©e des Noces (K.486), on Ă©coutera le ravissant « Cherubin d’amore » nous dire : « voi che sapete  », vous qui savez ce qu’est l’amour, est-ce bien vrai ? Chez le grand seigneur mĂ©chant homme (Don Giovanni, K.527), on rencontrera l’idyllique Don Ottavio s’inquiĂ©tant pour son inaccessible Donn’Anna, Dalla sua pace.

Clémence et cadeau de Wolfie

mozart1790On pourra «(re ?) dĂ©couvrir » dans le moins connu ClĂ©mence de Titus (K.621), oĂč l’empereur, alias « les dĂ©lices du genre humain », pardonne au patricien Sextus, (manipulĂ© par Vitellia), qui a son grand air de bravoure (Parto, parto). Et dans la trĂšs-aimĂ©e FlĂ»te EnchantĂ©e (K.620), la dĂ©couverte de Pamina par Tamino dans la « photographie » du portrait
En prime de « nouveauté », l’air de concert K.578 Alma Grande : joli cadeau de Wolfie Ă  une jolie interprĂšte Louise Villeneuve(qui sera bientĂŽt la Dorabella de Cosi) : « chaleur tragique Ă  fleur de peau, ironie sous-jacente dans l’accompagnement instrumental »(J.B.Massin). Un septuor lyonnaisIls sont un « septuor » pour faire partager le voyage mozartien. Quatre d’entre eux, les Debussy – travaillant Ă  Lyon – ont une grande habiletĂ© de communicants pĂ©dagogiques-thĂ©Ăątraux, si bien menĂ©s par leur 1er violon, Christophe Collette : Marc Vieillefon, 2nd violon, Vincent Deprecq, alto, Fabrice Bihan, violoncelle. Ils seront rejoints par le clarinettiste Patrick Messina, soliste trĂšs international et « 1 » soliste Ă  l’Orchestre National de France. Les « chargĂ©s-du-chant » ont aussi des attaches lyonnaises : Julien Behr est mĂȘme nĂ© dans la citĂ© aux deux fleuves, y a Ă©tudiĂ© (CNSM) et mĂšne sa jeune carriĂšre de tĂ©nor aprĂšs avoir renoncĂ© Ă  sa vocation d’avocat. StĂ©phanie d’Oustrac a aussi Ă©tudiĂ© aux Conservatoires de Lyon ; « lancĂ©e » avec les louanges de William Christie, elle est maintenant une des chanteuses françaises les mieux reconnues, dans  rĂ©pertoire baroque et l’opĂ©ra plus particuliĂšrement.

 

 

Radiant , Caluire (69). Week end Mozart par le Quator Debussy Samedi 10 et dimanche 11 janvier 2015.  Samedi 10 : 14h30 : Master-class ; 18h30 : confĂ©rence de Philippe Barraud ; 20h30 : concert : airs d’opĂ©ra, Requiem. Dimanche 11 : dĂšs 10h30 : brunch musical ; 15h : concert : Quintette, Petite Musique de nuit. Renseignements et rĂ©servations : T. 04 72 10 2219 ; www.radiant-bellevue.fr

 

 

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KÀfig, Boxe-Boxe, chorégraphie avec le Quatuor Debussy

Caluire Kafig, debussyCaluire (69), Le Radiant, 19,20,21 mars 2014. KĂ€fig, Boxe-Boxe, chorĂ©graphie, Quatuor Debussy. Boxe + Hip-Hop + un Quatuor classique, qui plus est nommĂ© Debussy : on ne s’attend pas Ă  ces Ă©lĂ©ments rĂ©unis dans un spectacle de type pluri-mĂ©dia
 Dans l’agglomĂ©ration lyonnaise – qui est aussi « le camp de base » du chorĂ©graphe Mourad Merzouki et du Quatuor Debussy -, il s’agit pourtant d’une nouvelle reprĂ©sentation de ce Boxe-Boxe inventĂ© par le chorĂ©graphe et co-pilotĂ© par les Debussy, qui en ont choisi les musiques, de Schubert et Verdi Ă  Phil Glass. Boxe-Boxe, donc


La Forlane par Mistinguett
On sait qu’un des grands quatuors français a pris le nom de Debussy, qu’il siĂšge (et agit avant tout)en RhĂŽne-Alpes, qu’il aime depuis sa fondation (en 1991) les expĂ©rimentations-frontiĂšres, et qu’il est fidĂšle en cela au message de son Saint Patron. Jusqu’à s’agrĂ©ger chorĂ©graphiquement Ă  un groupe de hip-hop ? Alors, là
.Claude de France eĂ»t-il Ă©tĂ© transportĂ© d’aise en voyant son nom accolĂ© Ă  un « tortillage moderne », qui plus est venu non d’est russe mais d’ouest amĂ©ricain ? Et Ravel convoquĂ© sur le ring d’un spectacle appelĂ© Boxe Boxe ? Peut-ĂȘtre davantage, lui qui rĂȘvait de faire « danser  la Forlane au Vatican par Mistinguett et Colette Willy en travesti »  Et les autres, inclus en citations-patchwork pour Boxe-Boxe, tels le doux Franz –tolĂ©rant, mais pas son genre, le pugilat !-, le (trop ?) distinguĂ© Mendelssohn, ou l’ardent Verdi – encore que pour l’UnitĂ© Italienne et contre l’occupant autrichien
 - ?

Arts martiaux, hip-hop et cirque
D’autant que la « banlieue » ( ?) nord de Lyon oĂč est situĂ© le Radiant-Bellevue ne paraĂźt pas terre d’élection du « hip-hop »et genre Bronx de la Capitale des Gaules
 Mais il faut bien une fusion des cultures, ou selon Montaigne, qui fut maire de Bordeaux, « frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui ». Mais Ă©coutons le chorĂ©graphe de Boxe-Boxe, qui lui, est plutĂŽt venu de la banlieue sud-est  : « La boxe, c’est dĂ©jĂ  de la danse. Ici je joue sur les contrastes , Ă  chaque Ă©lĂ©ment de la boxe correspond une dimension de l’art chorĂ©graphique

Créations multiples
RĂ©cital est « dialogue insolite entre six danseurs, un musicien et l’image du concert de musique classique : une grappe de violons est suspendue au dessus du plateau et fait danser un orchestre inĂ©dit d’instrumentistes. » Puis Pas Ă  Pas mĂ©lange avec le chorĂ©graphe sud-africain Jay Pather danses traditionnelles zoulous et hip-hop. Dix Versions se tourne vers l’univers New-Yorkais  : « objets gĂ©omĂ©triques dĂ©placĂ©s dans l’espace par les danseurs qui activent un jeu vivant de formes et d’énergies ».En 2004, retour aux origines algĂ©riennes avec Mekech-Mouchkin et Corps est Graphique, humour en hip-hop. En 2006, plongĂ©e dans l’enfance en un no man’s land fantasmĂ©, TricĂŽtĂ©, et en 2008, Ă  la Biennale de Lyon, crĂ©ation d’ Agwa, « sous le signe de l’eau ».

La LĂ©gion d’Honneur, ça ne se refuse pas
Et en 2010, voici Boxe-Boxe, qui lie les arts martiaux et la musique classique avec les Debussy, et qui devient vite 
 classique du mĂ©lange des genres. Entre temps, Mourad Merzouki a Ă©tĂ© nommĂ© Directeur du Centre ChorĂ©graphique National de CrĂ©teil, puis a crĂ©Ă© le Festival Kalypso en Ile de France. Travaillant aussi au MusĂ©e des Beaux-Arts de Lyon, KĂ€fig se confronte aux arts visuels du numĂ©rique (Pixel), et transmettant sa crĂ©ation RĂ©cital Ă  des danseurs indiens , engage cette 1Ăšre Ɠuvre hip-hop en systĂšme de notation via le systĂšme Laban. Metteur en scĂšne de thĂ©Ăątre ( Feydeau, Wesker) et de cinĂ©ma, travaillant avec le cirque canadien Eloize, que n’a-t-il fait et ne fera-t-il encore ? Le temps de recevoir 
la LĂ©gion d’Honneur, qu’il n’a pas refusĂ©e (comme le fit Ravel), mais toute sa
 chorĂ©graphie mĂ©riterait-elle cette distinction, demanderait le perfide Erik Satie ? On pourrait poser la question au million de spectateurs qui en vingt ans ont vu ses 21 crĂ©ations dans 61 pays


La rive droite du RhĂŽne
Et du cĂŽtĂ© de chez Claude(les Debussy), Ă©videmment aucune rĂ©ticence Ă  se mĂȘler Ă  boxe et boxe et hip-hop
 Depuis la fondation, le Quatuor multiplie les « passerelles avec la danse, le thĂ©Ăątre, les musiques actuelles », et avec un talent pĂ©dagogique hors du commun, mĂšne un travail intense en direction des enfants, et aussi « envers les publics qui ont peu d’accĂšs Ă  la culture, de la communautĂ© gitane aux maisons de retraite et au monde de l’entreprise ». Sans oublier le rĂŽle plus traditionnel mais assumĂ© de façon passionnĂ©e, de « passeurs » : non d’une rive Ă  l’autre du RhĂŽne, mais sur la rive droite du fleuve-dieu, avec le Festival annuel et ardĂ©chois des Cordes en Ballade, qui se consacre pour une large part Ă  « l’enseignement  supĂ©rieur », permettant aussi aux jeunes ensembles de faire leurs gammes en concerts.

Octuorissimo
En tĂ©moigne un rĂ©cent cd. « Octuorissimo », oĂč ils sont en effet Ă  huit, « MaĂźtre et Ă©lĂšve ». Le MaĂźtre, les Debussy, bien sĂ»r, et L’ElĂšve, les Arranoa, un jeune quatuor (fondĂ© en 2009) qui se perfectionne au CNLMD de Lyon, s’est produit – entre autres – aux Cordes en Ballade, – travaillent «en paritĂ© totale  dans un sĂ©duisant voyage musical de Moscou Ă  Buenos-Aires et New-York ». On ne sera pas Ă©tonnĂ© d’y Ă©couter Chostakovitch, dont les Debussy ont enregistrĂ© l’intĂ©grale des Quatuors (mais ici ce sont des PiĂšces moins connues, les unes adaptĂ©es par le compositeur lui-mĂȘme de son opĂ©ra Lady Macbeth of Minsk et du ballet l’Age d’Or,puis en octuor,un op.11), et on y rencontrera Osvaldo Golijov, nĂ© en Argentine (1960) de parents roumain et ukrainien, marquĂ© par la culture klezmer et sud-amĂ©ricaine, qui confie aux musiciens français son Last Round, hommage au MaĂźtre Astor Piazzolla d’aprĂšs une nouvelle de Cortazar. Piazzolla qui est Ă©galement prĂ©sent par son Tango Ballet, arrangĂ© par JosĂ© Bragato pour quatuor. Enfin, le rĂ©pĂ©titif amĂ©ricain Marc Mellits (nĂ© en 1966) figure avec son Octet, sous l’influence du minimalisme.
Vous avez dit : minimalisme rĂ©pĂ©titif amĂ©ricain ? En effet, dans Boxe Boxe, Ă  cĂŽtĂ© de Schubert, Mendelssohn, Ravel et Verdi, on rencontrera un Dracula de Phil Glass. Et aussi le Polonais Henryk Gorecki (1933-2010), dont la 3e Symphonie fut, il n’y a pas si longtemps, et pour des raisons non encore tout Ă  fait Ă©lucidĂ©es, un « tube planĂ©taire ». Donc : melting pot ? Et si vous pratiquez un peu « le noble art », n’oubliez pas de venir prĂšs du ring-Radiant avec une paire de gros gants pour encourager les KĂ€fig


Caluire (69),le Radiant. 19, 20, 21 mars 2014 (20h30). Boxe-Boxe, KÀfig (Mourad Merzouki) et le Quatuor Debussy. Information et réservation, T. 04 72 10 22 19 ; www.radiant-bellevue.fr

Trio Wanderer Ă  Caluire (69)

Caluire (69), week end Trio Wanderer, les 18 et 19 janvier 2014. Deux concerts et des rencontres avec le public, c’est presque une rĂ©sidence pour le Trio Wanderer. Et Marie-Christine Barrault est partenaire vocale pour illustrer le parcours lisztien entre Suisse et littĂ©rature, aprĂšs que les chambristes français aient voyagĂ© du cĂŽtĂ© de chez Schubert, Brahms et FaurĂ©. Ce « parlĂ©-chanté » romantique  constitue la premiĂšre d’une formule qui s’expĂ©rimente Ă  Caluire.

 

 

Les Wanderer pour un week end romantique Ă  Caluire

 

Le Radiant, Caluire (69)
Week-end des 18-19 janvier 2014 : concerts et rencontres Schubert, Brahms, Liszt, Fauré

Wanderer et voyageurs
wanderer_trio_caluire_lyon_69_Marie_christine_barrault« Wanderer, Winterreise » , ces mots en « romantique-allemand » (comme on le dirait d’un dialecte trĂšs particulier des langues germaniques) roulent dans notre mĂ©moire de Français tout de mĂȘme un peu jaloux des profondeurs et de l’imaginaire qu’atteignirent outre-Rhin  musiciens, Ă©crivains et peintres entre fin XVIIIe et milieu XIXe. A cĂŽtĂ©, nos  « voyage et voyageurs » semblent presque privĂ©s de magie, et un rien pauvres, mĂȘme si nous pouvons placer en arriĂšre-plan les somptuositĂ©s d ’un Chateaubriand et plus tard  de Delacroix et  Baudelaire
 Question d’optique et d’harmoniques ? Il est vrai que la rĂ©miniscence d’un Schubert ou d’un Friedrich – ils « voyagĂšrent » bien peu, sinon dans leur esprit et leur cƓur- viendrait aussitĂŽt nous suggĂ©rer que le nombre rĂ©ellement parcouru de lieues ou de kilomĂštres ne fait pas grand-chose Ă  l’affaire.

Une fin de semaine-événement
Alors quand un des groupes de musique de chambre les plus  internationalement cĂ©lĂšbres se place sous le signe du voyage, et s’il est français, il ne s’appellera pas « Trio Voyageur », mais « Trio Wanderer », sans doute en hommage au compositeur qui aura laissĂ© par la voix (voie ?)  du lied et mĂȘme du piano l’exploration la plus obsessive  et affective  de ce voyage qui n’aura pas Ă©tĂ© seulement celui des hardis explorateurs de la terre et des mers.

La saison prĂ©cĂ©dente, les trois  Wanderer avaient Ă©tĂ© invitĂ©s  par le Radiant de Caluire(pĂ©riphĂ©rie nord de Lyon), qui consacre dans sa salle rĂ©novĂ©e  une toute petite part  de sa programmation multi-culturelle (thĂ©Ăątre, et ce qu’on nommait naguĂšre « la variĂ©té ») Ă  la musique « classique ». Voici dĂ©but janvier notre Trio, cette fois conviĂ© non seulement Ă  un concert, mais Ă  une prĂ©sence de deux jours. Ce « week-end Ă©vĂ©nement » s’apparente Ă  une trĂšs brĂšve rĂ©sidence, oĂč une master-class (zut, disons classe de maĂźtre(s) puisqu’on peut traduire en « ancien français »), une confĂ©rence et  un brunch musical (pardon : un mi-dĂ©jeuner) accompagnent les deux concerts  du samedi soir et du dimanche aprĂšs-midi.

Johannes le Nordique
Les Wanderer – un pianiste plutĂŽt extraverti et « Florestan », Vincent Coq, un violoniste, Jean-Marc Phillips-VarjabĂ©dian, et un violoncelliste, RaphaĂ«l Pidoux, plutĂŽt
à l’inverse, apparemment « Eusebius », pour reprendre les termes du double schumannien – sont particuliĂšrement « chez eux » avec Brahms. Pour le Quatuor op.25, ils sont rejoints par l’altiste Christophe GauguĂ© (ils ont enregistrĂ© l’Ɠuvre avec lui). Brahms y est en « sa maturitĂ© de jeunesse » (risquons l’oxymore pour l’ardent ex-adolescent qui enthousiasma Schumann et s’enflamma pour Clara, avant que la mort tragique de Robert contraigne Johannes Ă  renoncer Ă  ses projets amoureux), et l’Ɠuvre rĂ©sonne de l’alternance entre romantisme d’inspiration et dĂ©jĂ -classicisme structurel. Et les deux versants du romantisme s’y expriment, tumulte qui sous-tend l’allegro initial, abandon au rĂȘve nocturne qui envahit l’intermezzo et l’andante. Le Quatuor, terminĂ© en 1861 – chez des amis Ă  la campagne, situation qui a toujours plu Ă  Brahms-le-Nordique – culmine dans les emportements du trĂšs long presto, « alla zingarese », oĂč l’ñme tzigane se confie tour Ă  tour dans la mĂ©lancolie et dans une exaltation aux allures de sauvagerie. Voici Brahms enfin libĂ©rĂ© en sa modernitĂ© implicite, lui qui (dit-on) s’endormit en Ă©coutant la si progressiste Sonate de Liszt et en tout cas devint (volens nolens ?) le hĂ©raut d’une musique plus sage contre les audaces de Wagner et Liszt.

Les cloches de Montgauzy et le vent d’ouest
Schubert est  saluĂ© au passage, depuis les rives entre crĂ©puscule et aube, puisque ce bref adagio isolĂ© –peut-ĂȘtre servit-il d’insertion « lente » pour le futur grand Trio en si bĂ©mol de 1827 – se nomme aussi Notturno. Mais lĂ  c’est l’éditeur Diabelli qui voulait faire un coup de comm-pub
 Le climat est plutĂŽt agitĂ© en son centre, mais doucement lyrique au dĂ©but et Ă  la fin qui chantent la mĂȘme mĂ©lode tendre. Puis nos Voyageurs parcourent dans le 2e Quatuor op.45 une ample contrĂ©e oĂč Gabriel FaurĂ©, l’AriĂ©geois devenu depuis longtemps Parisien , se remĂ©more  fort proustiennement  son enfance dans un sublime andante oĂč lui-mĂȘme joue le Narrateur de son  Temps Perdu (Ă  42 ans, en 1887), « relevant les distances » comme en un  Combray  des PyrĂ©nĂ©es Orientales : « Je me souviens avoir traduit lĂ , presque involontairement, le souvenir bien lointain d’une sonnerie de cloches qui, le soir Ă  Montgauzy, nous arrivait d’un village nommé  Cadirac lorsque le vent soufflait de l’ouest. Un fait extĂ©rieur nous engourdit dans un genre de pensĂ©es si imprĂ©cises qu’en rĂ©alitĂ© elles ne sont pas des pensĂ©es et cependant quelque chose oĂč on se complaĂźt  » Les autres mouvements sont tout d’élan, parfois Ă  la limite de la violence des passions, architecture, rythmique et harmonie heureuses de se rencontrer pour un chef-d’Ɠuvre qui marque l’irrĂ©versible entrĂ©e du compositeur dans une maturitĂ© qui ne cĂ©dera plus aux charmes mondains et ira inscrira son automne  – via la musique de chambre, surtout –dans d’ultimes partitions austĂšres et bouleversantes.

Le premier ? Non, le seul !
Bien, Voyageurs ou
mais comment le dit-on en hongrois ? Car le 2e concert, « lettres d’un voyageur », est consacrĂ© Ă  Franz Liszt. Ici le Trio – qui se rĂ©duit, dans quatre  des cinq  partitions, aussi Ă  Duo – est en dialogue avec la voix non strictement chantĂ©e, mais si musicienne, d’une rĂ©citante de textes. On chercherait en effet dans l’Ɠuvre du compositeur franco-hongrois une musique de chambre Ă  la hauteur de celle de ses frĂšres romantiques, Schubert, Schumann ou Brahms. On dira qu’il n’est pas besoin pour assumer le romantisme d’autre instrument qu’un piano : ainsi Chopin… (mais Liszt par la mĂ©lodie, l’orchestral et le choral a aussi  agrandi ses horizons Ă  la dimension de ses rĂȘves !). Liszt fut « le »pianiste du XIXe – « le premier ? non  le seul », disait une dame qui s’y connaissait en admiration), et pour la rĂ©vĂ©lation de son gĂ©nie autant que par nĂ©cessitĂ© de la rencontre et du destin, un Voyageur immense.

Libre enfin de mille liens
En tĂ©moigne un texte de 1837 que la rĂ©citante aura peut-ĂȘtre inscrit Ă  son programme :  «  Encore un jour, et je pars. Libre enfin de mille liens, plus chimĂ©riques que rĂ©els, dont l’homme laisse si puĂ©rilement enchaĂźner sa volontĂ©, je pars pour des pays inconnus qu’habitent depuis longtemps mon dĂ©sir et mon espĂ©rance. Comme l’oiseau qui vient de briser les barreaux de son Ă©troite prison, la fantaisie secoue ses ailes alourdies, et la voilĂ  prenant son vol Ă  travers l’espace. Heureux, cent fois heureux le voyageur ! Heureux qui sait briser avec les choses avant d’ĂȘtre brisĂ© par elles ! L’artiste (ne doit) se bĂątir nulle part de demeure solide. N’est-il pas toujours Ă©tranger parmi les hommes ? ».

Une actrice française trÚs mélomane
barrault_marie_christine_portraitL’auteur de cette superbe dĂ©claration d’indĂ©pendance, que Liszt ne renia jamais dans ses actes et son Ɠuvre, il appartient donc Ă  Marie-Christine Barrault d’en ĂȘtre la traductrice. La comĂ©dienne, au thĂ©Ăątre ou au cinĂ©ma, a su se conserver au Texte regardĂ© comme un principe avec lequel on ne transige pas. Les cinĂ©philes n’ont pas oubliĂ© « la jeune fille, catholique et blonde » qu’elle incarnait en face de la si laĂŻque (et diablement
 sĂ©duisante !) Françoise Fabian, dans « Ma nuit chez Maud », l’une  des  Ă©critures les plus admirables, aux dialogues et Ă  l’image,  du cinĂ©ma français (Eric Rohmer, bien sĂ»r). « Reconnue aujourd’hui comme une des plus mĂ©lomanes des actrices françaises, elle prĂ©side depuis 2007 aux FĂȘtes de Nohant, autour du souvenir en Berry de Chopin et George Sand ».

Tzigane et franciscain
Elle sera voix parlĂ©e dans une piĂšce rare de Liszt, un  mĂ©lodrame (un cadre commencĂ© fin XVIIIe et que le XIXe romantique a sublimĂ©, en particulier chez Schumann, dont « L’enfant de la lande » est frĂšre hallucinĂ© de l’Erlkönig schubertien) : la LĂ©nore de Burger est sous le signe  d’une Ă©criture harmonique  hardie et d’une pensĂ©e musicale fragmentaire ». Les Wanderer-Voyageurs « transposeront » (on sait que ce fut une activitĂ© compositrice trĂšs importante de Liszt pour « diffuser » ceux qu’il admirait, et parfois lui-mĂȘme) Les Trois Tziganes (Franz se dĂ©finissait comme une alliance de Franciscain et de Tzigane), La Cellule de Nonnenwerth (un couvent
franciscain auquel Liszt rendit visite en 1840) et La Lugubre Gondole, une des piĂšces de la derniĂšre maniĂšre , oĂč le vieux compositeur retirĂ© en religion mystique « invente » la future musique atonale du  dĂ©but XXe. Et Ă  cĂŽtĂ© d’extraits passionnants de Lord Byron (son Voyage de Childe Harold  fit frĂ©mir l’Europe) et du jeune Franz – les Lettres d’un bachelier Ăšs-musique ; la correspondance avec Marie  d’Agoult, l’aristocrate des amours passionnĂ©es avec laquelle il brava la biensĂ©ance louis-philipparde des annĂ©es Trente, l’écrivaine qui fut aussi la mĂšre de Cosima, future Madame von Bulow puis Wagner – , on Ă©coutera La VallĂ©e d’Obermann.

Les rĂȘveries du mĂ©lancolique Obermann
Cette piĂšce figure dans les AnnĂ©es de PĂšlerinage, chapitre Suisse, oĂč Liszt « conta » ses fugues avec Marie
 Et fut admirable traducteur musicien d’un trop nĂ©gligĂ© (de nos jours) prĂ©-romantique français, Etienne Pivert de Senancour qui inventa un Werther de ce cĂŽtĂ© du Rhin et du RhĂŽne, merveilleux mĂ©lancolique dont les RĂȘveries ont fascinĂ© les contemporains cultivĂ©s : « nous ne sommes malheureux que parce que nous ne sommes pas infinis », Ă©crit dans son rĂ©cit-Journal Intime  Obermann, qui  promĂšne sous les montagnes helvĂ©tiques son mal de vivre, et l’écriture si musicale d’un esthĂšte repliĂ© sur sa solitude enchantĂ©e : « MĂȘme ici, je n’aime que le soir. L’aurore me plaĂźt un moment, je crois que je sentirais sa beauté , mais le jour qui va la suivre doit ĂȘtre si long ! Accident Ă©phĂ©mĂšre et inutile, je n’existais pas je n’existerai pas ; et si je considĂšre que ma vie est ridicule Ă  mes propres yeux, je me perds dans des tĂ©nĂšbres impĂ©nĂ©trables
 LivrĂ©s Ă  tout ce qui s’agite autour de nous, nous sommes affectĂ©s par l’oiseau qui passe, la pierre qui tombe, le vent qui mugit, le nuage qui s’avance, nous sommes ce que nous font le calme, l’ombre, le bruit d’un insecte, l’odeur Ă©manĂ©e d’une herbe


Caluire (69, périphérie nord de Lyon). Week-end au Radiant de Caluire. Trio Wanderer, Christophe Gaugué, Marie-Christine Barrault.  Samedi 18 janvier 2014. Master-Class du Trio Wanderer, 14h30. Conférence, 18h30.  Concert, 20h30. Brahms (1833-1897) , Schubert (1797-1828), Fauré 1845-1924). Dimanche 19 janvier : Brunch, 10h30. 15h, concert avec M.C.Barrault : Liszt (1811-1886), textes et musique.
Information et réservation : T. 04 72 10 22 19 ; www.radiant-bellevue.fr