OpĂ©ra en ligne : La Dame Blanche depuis l’OpĂ©ra de Rennes (streaming)

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSOpĂ©ra en ligne. BOIELDIEU : La dame Blanche, ven 11 dĂ©c 2020, depuis l’OpĂ©ra de Rennes, 19h30. La production mise en scĂšne par Louise Vignaud et dirigĂ©e par Nicolas Simon Ă  la tĂȘte de l’Orchestre sur instrument ancien des SiĂšcles (19 instrumentistes) devait ĂȘtre crĂ©Ă©e Ă  CompiĂšgne (6 nov dernier) puis tourner en France cette saison (15 reprĂ©sentations dans 6 thĂ©Ăątres). L’ensemble de la tournĂ©e est reportĂ©e Ă  l’automne-hiver 2021-2022. La captation du 11 dĂ©c 2020 devrait dĂ©voiler la rĂ©ussite du projet. François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834) Ă©blouit par sa grĂące mĂ©lodique, son sens du thĂ©Ăątre et sa pĂ©tillance contrastĂ©e dans la succession des tableaux. La Dame Blanche est crĂ©Ă© le 10 dĂ©cembre 1825 Ă  l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; l’Ɠuvre est l’emblĂšme de l’opĂ©ra comique romantique français, se dĂ©roulant en Ecosse vers 1759…
Avec Sahy Ratia (Georges Brown) ; Fabien Hyon (Dikson), Sandrine Buendia (Jenny, sa femme), Caroline Jestaedt (Anna, pupille de Gaveston)


 

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BOIELDIEU : La dame blanche
Nouvelle production / Version inédite pour 14 chanteurs / 19 instrumentistes
Diffusion en streaming gratuit
Vendredi 11 décembre 2020, 19h30
Facebook live sur France 3 Bretagne
TVR, tébéo, tébésud

Les sites des théùtres de la CO OPERA TIVE
http://www.lacoopera.com

La dame Blanche sur le site de la co opéra tive
http://www.lacoopera.com/la-dame-blanche

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’opĂ©ra comique La Dame Blanche de Boieldieu par la Co OpĂ©ra tive :
http://www.classiquenews.com/la-dame-blanche-de-boieldieu/
PARIS. La Dame Blanche de Boieldieu revient Salle Favart« L’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs français depuis son Ă©lĂšve Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), LĂ©o Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En aoĂ»t 1824, Rossini s’est installĂ© Ă  Paris oĂč sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre-Italien, il triomphe avec Le Voyage Ă  Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’Ɠuvre, reprenant un projet amorcĂ© par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le MonastĂšre  (1820). Avant Wagner trĂšs admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas Ă©crit un opĂ©ra-comique de la valeur de celui-ci ».

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La Dame Blanche de Boieldieu

boieldieu-la-dame-blanche-nicolas-simon-orchestre-les-siecles-opera-CLIC-critique-de-CLASSIQUENEWSBOIELDIEU : La Dame Blanche, 6 nov 2020 – 5 fĂ©v 2021. CrĂ©ation. Écosse, 1759. Un chĂąteau, abandonnĂ©, dresse ses ruines encore majestueuses. Autrefois y vivaient les Avenel qui ont du fuir. Protectrice du site chargĂ©e d’histoire, la mystĂ©rieuse dame blanche, apparition qui fascine et effraie tout autant. Mais le cupide Gaveston souhaite s’approprier tant de patrimoine dĂ©laissĂ©, tandis que les paysans demeurent fidĂšles Ă  la mĂ©moire des Avenel. Surgit George, soldat solitaire Ă  la recherche d’un amour perdu
 Sur le livret de Scribe, Boieldieu signe un ouvrage propre aux annĂ©es 1825, influencĂ© par le gothique fantastique de Walter Scott, et le goĂ»t pour le genre historique (plutĂŽt monarchique). L’opĂ©ra-comique Ă  l’époque de la Restauration tend Ă  louer un ordre harmonieux perdu (sacralisation des Avenel et de leur hĂ©ritier loyal, George). L’intrigue souligne l’attente des paysans : tous souhaitent le retour du seigneur. La production prĂ©sentĂ©e par Les SiĂšcles et Nicolas Simon transpose l’action dans un monde imaginaire animalier, Ă  la fois fantastique et onirique ; taille dans les dialogues parlĂ©s – trop datĂ©s aujourd’hui, qui sont rĂ©Ă©crits et actualisĂ©s. Le spectacle veut souligner combien Ă  trop vĂ©nĂ©rer un ordre perdu, on s’enferme dans une prison. La peur de l’inconnu empĂȘche le renouvellement pourtant vital des sociĂ©tĂ©s. L’opĂ©ra de Boieldieu demeure l’un des plus grands succĂšs de l’OpĂ©ra-Comique : la place devant la salle Favart est baptisĂ© « place Boieldieu » en 1851, miroir de son succĂšs historique.

AUX ORIGINES DE L’OPERA ROMANTIQUE FRANCAIS
 Les airs de Boieldieu tiennent d’autant de tubes qui ont marquĂ© les esprits : air de George du premier acte : « Ah ! Quel plaisir d’ĂȘtre soldat », la ballade de Jenny, les couplets de Marguerite, l’air d’Anna du troisiĂšme acte : « Enfin, je vous revois ». Boieldieu sait habilement mĂȘlĂ© comĂ©die et profondeur, lĂ©gĂšretĂ© et romantisme. Au coeur du drame, George est ce hĂ©ros en quĂȘte d’identitĂ©, qui a perdu la mĂ©moire puis la retrouve « D’oĂč peut naĂźtre cette folie ? D’oĂč vient ce que je ressens ? » (acte III). MaĂźtre du fantastique, Boieldieu cisĂšle aussi les accents purement surnaturels de la partition quand paraĂźt la Dame Blanche
 au son du cor, timbre de l’accomplissement magique. C’et d’ailleurs tout l’apport des SiĂšcles sous la direction de Nicolas Simon que d’offrir l’acuitĂ© caractĂ©risĂ©e des timbres propre aux instruments historiques (en l’occurrence ceux de l’orchestre berliozien).

boieldieu-la-dame-blanche-opera-critique-annonce-opera-classiquenews-boieldieu-par-BoillyL’écriture de François-Adrien Boieldieu  (1775-1834)  influence toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs français depuis son Ă©lĂšve Adolphe Adam (1803-1856) jusqu’à Georges Bizet (1838-1875), LĂ©o Delibes (1836-1891) et Emmanuel Chabrier (1841-1894). En aoĂ»t 1824, Rossini s’est installĂ© Ă  Paris oĂč sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre-Italien, il triomphe avec Le Voyage Ă  Reims (1825). Son rival, Boieldieu compose ce dernier chef d’Ɠuvre, reprenant un projet amorcĂ© par Scribe en 1821. Scribe s’inspire de deux romans de Walter Scott (1771-1832), : Guy Mannering (1815)  et  Le MonastĂšre  (1820). Avant Wagner trĂšs admiratif de l’ouvrage, Weber s’écrit : « C’est le charme, c’est l’esprit. Depuis Les Noces de Figaro de Mozart on n’a pas Ă©crit un opĂ©ra-comique de la valeur de celui-ci ».

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François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834)
LA DAME BLANCHE
Opéra-comique en trois actes créé le 10 décembre 1825
Ă  l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris.
Livret d’Eugùne Scribe d’aprùs Walter Scott
Nouvelle production
Création de la version pour 14 chanteurs, 19 instrumentistes et un chef

Mise en scÚne :  Louise Vignaud
Direction musicale : Nicolas Simon
Orchestre Les SiĂšcles

Georges Brown, jeune officier anglais (ténor) : Sahy Ratia
Dikson, fermier (ténor comique) : Fabien Hyon
Jenny, sa femme (soprano) : Sandrine Buendia
Gaveston, ancien intendant (basse) : Yannis François
Anna, sa pupille (soprano) : Caroline Jestaedt
Marguerite, domestique (mezzo-soprano) : Majdouline Zerari
Mac-Irton, juge de paix (basse) : Ronan Airault

Le CortĂšge d’OrphĂ©e / direction : Anthony Lo Papa
Clara Bellon, MylĂšne Bourbeau, Caroline Michel ou Camille Royer
LĂ©o Muscat, Olivier Merlin, Henri de Vasselot
Roland Ten Weges, Ronan Airault.

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15 représentations, du 6 nov 2020 au 5 fév 2021
ven 6 et sam 7/11/20 – CompiĂšgne – Le ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial – 20h30
ven 20/11/20 – Tourcoing – ThĂ©Ăątre Raymond Devos – 20h
dim 22/11/20 – Tourcoing – ThĂ©Ăątre Raymond Devos – 15h30
mar 24/11/20 – Dunkerque – Le Bateau-Feu – 20h
mer 25/11/20 – Dunkerque – Le Bateau-Feu – 19h

mar 1 et mer 2/12/20 – Quimper – Le thĂ©Ăątre de Cornouaille, 20h
jeu 10 et ven 11/12/20 – Rennes – OpĂ©ra de Rennes – 20h
dim 13/12/20 – Rennes – OpĂ©ra de Rennes – 16h
lun 14/12/20– Rennes – OpĂ©ra de Rennes – 14h30 (scolaire)

mar 19/01/21 – Besançon – Les 2 ScĂšnes – ThĂ©Ăątre Ledoux – 20h
mer 20/01/21 – Besançon – Les 2 ScĂšnes – ThĂ©Ăątre Ledoux – 19h
ven 5/02/21 – Amiens – ScĂšne nationale – 20h

 

 

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COMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Opéra-Comique, le 20 fév 2020. BOIELDIEU : La Dame blanche. Pauline Bureau / Julien Leroy

COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. PARIS, OpĂ©ra-Comique, le 20 fĂ©v 2020. BOIELDIEU : La Dame blanche. Pauline Bureau / Julien Leroy. Le soir de la premiĂšre de La Dame Blanche, le 10 dĂ©cembre 1825, les musiciens de l’OpĂ©ra-Comique (oĂč l’on reprend donc l’ouvrage ces jours-ci
) vinrent donner la sĂ©rĂ©nade Ă  François-Adrien Boieldieu sous ses fenĂȘtres. Quand il s’agit de faire monter tout le monde chez le Maestro, il y eut des problĂšmes de place. Rossini, qui habitait le mĂȘme immeuble, ouvrit son appartement et c’est chez le champion de la clartĂ© latine que fut cĂ©lĂ©brĂ© le triomphe de la vogue des fantĂŽmes et des chĂąteaux hantĂ©s (Ă©cossais). Car Ă  l’époque, l’opĂ©ra suivait la mode et Walter Scott faisait alors fureur.
La Dame blanche consacrait aussi le succĂšs de l’opĂ©ra-comique français, qui allait connaĂźtre ses grands jours, en mĂȘme temps que celui de BoĂŻeldieu, dont la carriĂšre, commencĂ©e pendant la RĂ©volution, Ă©tait dĂ©jĂ  parsemĂ©e de jolis succĂšs dans le genre gracieux qui avaient pour titre Ma Tante Aurore ou Les Voitures versĂ©es. Reprise pour la derniĂšre fois in loco en 1997 (dans une mise en scĂšne de Jean-Louis Pichon), l’ouvrage est le quatriĂšme plus gros succĂšs de l’institution parisienne (dĂ©passant les 1500 reprĂ©sentations), mais peine Ă  retrouver aujourd’hui les faveurs de nos thĂ©Ăątres hexagonaux. Le problĂšme ne semble pas venir de la partition : les accents rossiniens, l’orchestration lĂ©chĂ©e, les mĂ©lodies qu’on chantonne Ă  la sortie ont tout pour plaire encore


 
 

 

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Le problĂšme est que le livret s’avĂšre un dĂ©fi Ă  la bonne volontĂ© des metteurs en scĂšne et des spectateurs : cette histoire d’hĂ©ritier d’une grande famille Ă©cossaise, ignorant de sa vĂ©ritable identitĂ©, qui se retrouve sans faire exprĂšs dans le chĂąteau de ses ancĂȘtres et dĂ©cide de la racheter avec l’aide discrĂšte d’une jeune orpheline dont il est amoureux depuis qu’elle l’a sauvĂ© Ă  l’issue d’une bataille
 prĂȘte en effet Ă  sourire gentiment. Mais le ridicule culmine quand la demoiselle se dĂ©guise en fantĂŽme (la fameuse « Dame blanche ») pour lui donner des conseils sans qu’il reconnaisse l’objet de sa flamme


Fort bien dirigĂ©e par le jeune chef français Julien Leroy trĂšs Ă  l’aise dans la lĂ©gĂšretĂ© du propos, l’équipe vocale (entiĂšrement française) fait ce qu’elle peut, et la conviction du jeu ferait presque tomber toute rĂ©serve. Dans le rĂŽle-titre, la jeune soprano Elsa BenoĂźt (Anna) est une bien belle dĂ©couverte et l’on goĂ»te particuliĂšrement Ă  son timbre Ă  la fois charnu et ductile, qui lui permet d’affronter avec aisance les nombreuses vocalises de sa partie. Le timbre sec et anguleux de Sophie Marin-Degor retire en revanche toute sĂ©duction au personnage de Jenny. Dans le rĂŽle de George Brown, notre tĂ©nor rossinien national Philippe Talbot fait un sort Ă  ses deux airs « Ah quel plaisir d’ĂȘtre soldat ! » (si proche de « Ah mes amis quel jour de fĂȘte » de Tonio) et « Viens, gentille dame », et l’on apprĂ©cie – Ă  dĂ©faut d’une puissance et projection toujours suffisantes – sa nettetĂ© vocale, son irrĂ©prochable diction, et ce charme qu’on associe immĂ©diatement Ă  la galanterie française.
A ses cĂŽtĂ©s, l’excellent Yann Beuron (Dickson) n’a pas Ă  pĂąlir, d’autant qu’il est moins exposĂ©, et projette mieux sa voix. Ce solide quatuor est complĂ©tĂ© par le non moins solide Gaveston de JĂ©rĂŽme Boutillier, d’une sombre insolence, tandis qu’Aude ExtrĂ©mo apporte une mĂ©lancolie touchante Ă  la fileuse solitaire et rĂȘveuse qu’est Marguerite. Une mention, enfin, pour le MacIrton trĂšs prĂ©sent – en terme de prĂ©sence comme de vocalitĂ© – de Yoann Dubruque.

Quant Ă  la mise en scĂšne, confiĂ©e Ă  Pauline Bureau (qui avait dĂ©jĂ  montĂ© ici-mĂȘme Une BohĂšme, notre jeunesse
), elle peut paraĂźtre un peu sage mais s’avĂšre nĂ©anmoins dĂ©licate, le spectacle Ă©tant truffĂ© de dĂ©tails d’un humour subtil. Il respecte la naĂŻvetĂ© de cette fable qu’elle met en scĂšne comme le plus charmant des contes de fĂ©es. Sous sa direction, l’excellent chƓur Les ElĂ©ments, presque devenu les protagonistes, participent Ă  l’action Ă  l’égal des solistes, mĂȘme si le monumental dĂ©cor conçu par Emmanuelle Roy ne facilitent la direction d’acteurs, au demeurant assez discrĂšte en ce qui concerne les solistes. Mais nous n’avons pas boudĂ© notre plaisir de cette plaisante redĂ©couverte, Ă  l‘instar d’un public parisien visiblement sous le charme de cette musique !

 
 

 

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Compte-rendu, critique opéra. Paris, Opéra-Comique, le 20 février 2020. François-Adrien Boïeldieu : La Dame blanche. Pauline Bureau / Julien Leroy.

 
 

 
 
 

 

La Dame Blanche revient Ă  l’OpĂ©ra Comique

BOIELDIEU portrait par classiquenews 800px-Fr-Adrien_BoieldieuPARIS, BOIELDIEU : La Dame Blanche, 20 fĂ©v – 1er mars 2020. OpĂ©ra comique. Nouvelle production et belle rĂ©vĂ©lation plutĂŽt prometteuse grĂące Ă  La Dame Blanche du rouennais François-Adrien Boieldieu (1775 – 1834), compositeur romantique français bien oubliĂ© aujourd’hui en particulier sur les scĂšnes françaises, chorĂ©graphiques et lyriques. La Dame blanche fut pourtant un immense succĂšs dĂšs sa crĂ©ation in loco. L’ouvrage en 3 actes est crĂ©Ă© en dĂ©c 1825, et s’inspire du roman gothique fantastique de Walter Scott (Ă©galement mis en musique par Bellini et Rossini)
 Le monastĂšre et Guy Mannering. C’est un drame qui profite de sa longue expĂ©rience lyrique marquĂ©e Le Calife de Bagdad (1800), sans omettre tous les opĂ©ras (9 au total) Ă©crits pour le Tsar Alexandre Ier, entre 1804 et 1814. Boieldieu, admirĂ© par Berlioz, incarne Ă  la suite de GrĂ©try, l’élĂ©gance et la subtilitĂ© parisienne, dĂ©pourvu de tout ornement gratuit. Wagner encensait Les deux nuits (1829) touchĂ© par « la grĂące » et qui inspira Lohengrin (marche nuptiale). Il succĂšde Ă  MĂ©hul comme AcadĂ©micien (1817). Pendant la Terreur, Boieldieu poursuit sa carriĂšre, douĂ© pour les fugues entre autres. A l’époque oĂč rĂšgne l’opĂ©ra comique MĂ©dĂ©e de Cherubini (1797), Boieldieu souffle la vedette Ă  l’Italien pourtant vĂ©nĂ©rĂ©, avec Zoraime et Zulmare crĂ©Ă© au Feydeau, thĂ©Ăątre des drames hĂ©roĂŻques plutĂŽt que des comĂ©dies lĂ©gĂšres ou patriotiques (prĂ©sentĂ©es Ă  Favart). Adam est son Ă©lĂšve.

La Dame Blanche, jouĂ©e 1637 fois entre 1825 et 1900, est l’un des plus grands succĂšs lyriques Ă  Paris. L’ouvrage offre une Ă©criture qui fait la synthĂšse entre Donizetti, Bellini, Bizet
. entre autres et introduit dans le style de Scott, le genre Troubadour et gothique, funambulique et fantastique, spectral et onirique. Son format et son inspiration annonce Robert le diable de Meyerbeer, Faust de Gounod (et jusqu’au TrĂ©sor de Rackam le rouge de HergĂ©.)
 Boieldieu fixe ainsi le goĂ»t gothique et romantique des annĂ©es 1820 pour les spectres de femmes dĂ©cĂ©dĂ©es, hantant chĂąteaux ou sites forestiers.

boieldieu-la-dame-blanche-opera-critique-annonce-opera-classiquenews-boieldieu-par-BoillyIl existe au musĂ©e des BA de Rouen, un remarquable portrait, dans le style de David, sobre et presque Ă©purĂ©, lui aussi touchĂ© par lâ€˜Ă©lĂ©gance, de Boieldieu par Boilly, vers 1800 (DR) : le citoyen Boieldieu affirme une subtilitĂ© moins extravagante que les dĂ©lires costumiers des « Incroyables » du Directoire. Main droite sur le clavier de son pianoforte, le compositeur semble en pleine inspiration, dans l’admiration de 
 Gluck dont le buste domine la composition et la partition ouverte sur le piano.

La production de la Salle Favart qui reprend l’un de ses drames historiques, regroupe plusieurs solistes français, prometteurs : Philippe Talbot (George / Julien), Elsa Benoit (Anna / La dame blanche), JĂ©rome Boutillier (Gaveston), Yann Beuron (Dickson), Aude ExtrĂ©mo (Marguerite), Sophie Marin-Degor (Jenny),
 sous la direction de Julien Leroy.

 

 

 

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PARIS, Opéra Comiqueboutonreservation
BOIELDIEU : La Dame Blanche
20 fĂ©v – 1er mars 2020
RĂ©servez vos places
directement sur le site de l’OpĂ©ra Comique
https://www.opera-comique.com/fr/saisons/saison-2020/dame-blanche

 

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6 représentations à PARIS
20 février 2020 20h
22 février 2020 20h
24 février 2020 20h
26 février 2020 20h
28 février 2020 20h
1er mars 2020 20h

Orchestre national d’Île de France
Julien LEROY, direction
Pauline Bureau, mise en scĂšne

 

 

 

SYNOPSIS / ARGUMENT
George BROWN revient sur le lieu laissĂ© Ă  l’abandon du chĂąteau des comtes d’Avenel. Depuis la mort du dernier descendant Julien, le site va ĂȘtre rachetĂ© par l’intendant Gaveston (I). Un spectre, la Dame Blanche, hantant le domaine, donne rv Ă  George le soir mĂȘme pour qu’il se porte acquĂ©reur du chĂąteau lors des enchĂšres prochaines (II). GrĂące Ă  la vieille servante Marguerite, Anna qui est la Dame Blanche, retrouve le trĂ©sor de la famille, qui permet Ă  George d’acquĂ©rir le chĂąteau : l’intendant Gaveston dĂ©voile la supercherie mais George est Julien, le descendant qui avait disparu : il peut Ă©pouser Anna Ă  la fin du drame.

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VIDEO extraits

 

ENTRETIEN Opéra Comique 2020
PrĂ©sentation de l’opĂ©ra par Julien Leroy, directeur musical
(durĂ©e : 4’24)
Auber devait crĂ©er son dernier opĂ©ra mais empĂȘchĂ©, c’est Boieldieu avait en rĂ©serve un ouvrage dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© et finalisĂ© ; c’est donc la Dame blanche qui
Adam son Ă©lĂšve Ă©crit l’ouverture, d’une Ă©lĂ©gance digne de son maĂźtre
 EfficacitĂ© dramatique, Ă©quilibre dialogues et musique, hommage Ă  GrĂ©try, culture, Ă©rudition, jeu des citations (bel canto) de Rossini et des ficelles du genre opĂ©ra comique, Ă©lĂ©gance et subtilitĂ© de la partition


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OUVERTURE, composĂ©e par Adam, l’Ă©lĂšve de Boieldieu – durĂ©e : 8mn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel SĂ©nĂ©chal chante La Dame Blanche – durĂ©e : 8mn
« Viens, gentille dame »  / Paris, 1961 – Pierre Stoll, direction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Orchestre National de Lille Ă  l’Ă©poque des LumiĂšres

logo_ONL_2016LILLE, ONL : Mozart, Boieldieu, les 24, 25 oct 2018. L’Orchestre National de Lille retrouve le chef Jan Willem de Vriend (l’un des 3 chefs associĂ©s Ă©troitement Ă  la vie de l’Orchestre Ă  chaque saison) dans un cycle Ă©clectique qui s’intĂ©resse aux Ă©critures concertantes et dĂ©jĂ  symphoniques de Bach, Boieldieu, Mozart et surtout Rameau
 Pleine immersion dans le bain bouillonnant des LumiĂšres, quand le XVIIIĂš façonne Ă  sa maniĂšre l’évolution de l’écriture pour les instruments.
Outre le Concerto pour harpe de Boieldieu (Ă©crit Ă  Paris en 1801, dans le style viennois, associant virtuositĂ© et raffinement), raretĂ© d’une exceptionnelle Ă©lĂ©gance, l’ONL met en lumiĂšre le feu mozartien et la sensibilitĂ© coloriste d’un Rameau dĂ©cidĂ©ment trĂšs moderne dans son approche et sa conception de l’écriture instrumentale. Les rĂ©vĂ©lations de ce programme sont prometteuses. C’est un volet primordial aux cĂŽtĂ©s des concerts du rĂ©pertoire, prĂ©sentant les Ɠuvres mieux connues des XIXĂš et XXĂš siĂšcles.

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRAMEAU / MOZART : L’EQUATION MAGICIENNE. Quelle belle idĂ©e de mettre en perspective dans le cadre d’un seul concert, Rameau et Mozart. Le premier apporte toutes les idĂ©es et les couleurs en une Ă©criture qui cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de la musique pure ; dans son dernier opĂ©ra Les BorĂ©ades (qu’il ne verra jamais reprĂ©sentĂ© car les rĂ©pĂ©titions sont annulĂ©es au moment de sa mort, le 12 septembre 1764), Rameau « ose » un orchestre somptueux, d’un chromatisme nouveau dont le colorisme et cette sensibilitĂ© nouvelle au paysage atmosphĂ©rique annonce l’impressionnisme de Debussy. Rien de moins. C’est dire le champs expressifs qui s’offre ainsi au travail des instrumentistes de l’orchestre.
Dans Les BorĂ©ades, Rameau imagine les saisons (tempĂȘtes, souffle des vents du nord, incarnĂ©s par le dieu aĂ©rien BorĂ©e et ses fils), mais aussi prend clairement partie pour les prisonniers et les esclaves torturĂ©s (en une scĂšne de torture d’une violence inouĂŻe, oĂč la reine de Bactriane Alphise est malmenĂ©e par BorĂ©e et ses fils, BorilĂ©e et Calisis, Ă  l’acte V
). Dans ses Suites de danses, qui apportent la respiration nĂ©cessaire pour Ă©quilibrer l’architecture de l’opĂ©ra, riche en rebondissements et Ă©preuves diverses, Rameau invente vĂ©ritablement l’autonomie de l’orchestre dans le flux de l’opĂ©ra : la tempĂȘte de l’acte III, qui exprime alors la colĂšre de BorĂ©e (lequel enlĂšve Alphise), le paysage dĂ©vastĂ© qui s’en suit (dĂ©but de l’acte IV) indique l’essor poĂ©tique de l’orchestre, vĂ©ritable acteur du drame, qui permet aussi un parallĂšle Ă©loquent entre l’état de la nature et l’état intĂ©rieur et psychique du hĂ©ros qui est alors en scĂšne (au dĂ©but du IV, c’est Abaris, aimĂ© d’Alpise qui paraĂźt, dĂ©muni, inquiet car il ne voit plus celle qu’il aime et qu’a kidnappĂ© BorĂ©e et sa clique de vents haineux)


En homme des LumiĂšres, Rameau annonce l’engagement des hommes de bonne volontĂ© et aussi ce mouvement de la sensibilitĂ© qui s’intĂ©resse aux modulations de la Nature, en son Ă©ternel et cyclique Ă©ternitĂ©. Le dĂ©fi pour un orchestre d’instruments modernes est de retrouver le style baroque dĂ©jĂ  prĂ©classique et prĂ©romantique (rĂ©solution des ornements, tenue d’archet, ligne mĂ©lodique Ă  partir des temps forts et secondaires, 
). L’expĂ©rience du chef est ici primordiale pour rĂ©ussir ce dĂ©fi de la pratique historiquement informĂ©e, qui infĂ©ode la technicitĂ© Ă  la juste expression.
BOIELDIEU portrait par classiquenews 800px-Fr-Adrien_BoieldieuRare les programmes qui ont l’audace de la mise en perspective, remontant jusqu’au XVIIIĂš, Ă  la (re)dĂ©couverte des compositeurs dont le langage a façonnĂ© aussi l’histoire de l’écriture orchestrale. Ainsi ce concert, exaltant les Ă©critures de JS BACH, BOIELDIEU, MOZART et RAMEAU, rend -t-il hommage Ă  cette pĂ©riode souvent boudĂ©e, oĂč s’est construit l’essor symphonique, prĂ©parant aux grandes Ɠuvres du plein XIXĂš. De sorte que l’on comprend comment tout est nĂ©, dans la 2Ăš moitiĂ© du XVIIIĂš, le siĂšcle des LumiĂšres. Le cas de Boieldieu est emblĂ©matique de ces auteurs mĂ©connus, oubliĂ©s, et pourtant majeurs Ă  leur Ă©poque : bravant les alĂ©as politiques de son Ă©poque (nĂ© sous l’Ancien RĂ©gime, vivant sous la Terreur, cĂ©lĂ©brĂ© durant le Consulat et l’Empire, puis estimĂ© des Bourbons, enfin ruinĂ© par la RĂ©volution de Juillet 1830), Boieldieu illumine cependant le genre opĂ©ra dans les trois premiĂšres dĂ©cennies du XIXĂš, c’es Ă  dire quand perce le gĂ©nie de Rossini (Le Calife de Bagdad crĂ©Ă© en 1800, La Dame blanche de 1825
 les chercheurs et producteurs seraient donc inspirĂ©s de se pencher enfin sur son cas : un pur tempĂ©rament imaginatif, dont le gĂ©nie Ă©clectique, synthĂ©tique mĂȘle premier classicisme, romantisme, hĂ©ritage de Gluck et concurrence des italiens dont Rossini Ă©videmment)


 

 

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ONL-18-19-saison-VIGNETTE-CARRE-concerts-selection-critique-concerts-par-classiquenewsOrchestre National de Lille
Programme L’Europe des Lumiùres
Mercredi 24 oct 2018, 20h
Jeudi 25 oct 2018, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/leurope-des-lumieres/

 

 

BACH
Suite pour orchestre n°3

BOIELDIEU
Concerto pour harpe et orchestre

MOZART
Symphonie n° 35, Haffner

RAMEAU
Les Boréades, suite

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
JAN WILLEM DE VRIEND, direction musicale
XAVIER DE MAISTRE, harpe

 

 

 

 

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MOZART : Symphonie n°35, «  Haffner ». D’une durĂ©e lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  
 20 mn, selon les interprĂ©tations et leurs conceptions du tempo, la Symphonie Haffner de Mozart est Ă©crite en juillet 1782, Ă  Vienne, oĂč Wolfgang vient de faire reprĂ©senter l’EnlĂšvement au sĂ©rail, d’une violence et d’une exaltation Ă©motionnelle inouĂŻe. Il s’agissait alors de cĂ©lĂ©brer l’anoblissement de Siegmund Haffner qui avait demandĂ© 6 ans auparavant Ă  Mozart (1776) Ă  Salzbourg, une sĂ©rĂ©nade pour le mariage de sa fille Elisabeth. MalgrĂ© une surcharge de travail, Wolfgang Ă  Vienne livre le 3 aoĂ»t 1782 sa nouvelle symphonie ; c’est la capacitĂ© d’un nouvel Ă©poux, car il vient de se marier, 3 jours auparavant. Dans son plan en quatre parties, Mozart voit grand. Il joint en plus la marche en rĂ© majeur k 408.
Le premier Allegro (con spirito) redouble d’énergie voire de frĂ©nĂ©sie exaspĂ©rĂ©e, tempĂ©rĂ©es ou plutĂŽt canalisĂ©es par une ritournelle finale qui rappelle JS BACH que Mozart vient alors de dĂ©couvrir et d’étudier minutieusement.
L’Andante qui suit, apporte rĂ©confort et sĂ©rĂ©nitĂ© d’une sĂ©rĂ©nade toute imprĂ©gnĂ©e de calme plĂ©nitude dans l’esprit de la musique de chambre.
Le Menuetto Ă  3/4 indique une extension nouvelle, d’une soliditĂ© inĂ©dite qui montre le soin de Mozart pour cet Ă©pisode purement rythmique qui apporte lui aussi dans la succession des caractĂ©risations symphoniques, une dĂ©tente faite Ă©lĂ©gance et expressivitĂ©.
Enfin, le Finale (presto, Ă  2/2), cultive lui aussi l’énergie jaillissante avec une claire rĂ©fĂ©rence Ă  l’air du chef des esclaves Osmin dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail (O wie will ich triumphieren : air de victoire des esclavagistes et des tyrans
). Selon Mozart lui-mĂȘme, il convient de jouer aussi vite que possible ce dernier mouvement, comme le premier Allegro doit ĂȘtre aborder avec tout le feu nĂ©cessaire. De toute Ă©vidence, le brio, la lĂ©gĂšretĂ© embrase le tissu orchestral, fait de changements de modulations, d’harmonies et de rythmes changeants et rapides. Le feu dont parle Mozart affirme ici un grand tempĂ©rament symphonique, et l’une des grandes symphonies viennoises de Wolfgang.

 

 

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LILLE. L’ONL joue l’Europe des LumiĂšres, de Rameau Ă  Boieldieu

logo_ONL_2016LILLE, ONL : Mozart, Boieldieu, les 24, 25 oct 2018. L’Orchestre National de Lille retrouve le chef Jan Willem de Vriend (l’un des 3 chefs associĂ©s Ă©troitement Ă  la vie de l’Orchestre Ă  chaque saison) dans un cycle Ă©clectique qui s’intĂ©resse aux Ă©critures concertantes et dĂ©jĂ  symphoniques de Bach, Boieldieu, Mozart et surtout Rameau
 Pleine immersion dans le bain bouillonnant des LumiĂšres, quand le XVIIIĂš façonne Ă  sa maniĂšre l’évolution de l’écriture pour les instruments.
Outre le Concerto pour harpe de Boieldieu (Ă©crit Ă  Paris en 1801, dans le style viennois, associant virtuositĂ© et raffinement), raretĂ© d’une exceptionnelle Ă©lĂ©gance, l’ONL met en lumiĂšre le feu mozartien et la sensibilitĂ© coloriste d’un Rameau dĂ©cidĂ©ment trĂšs moderne dans son approche et sa conception de l’écriture instrumentale. Les rĂ©vĂ©lations de ce programme sont prometteuses. C’est un volet primordial aux cĂŽtĂ©s des concerts du rĂ©pertoire, prĂ©sentant les Ɠuvres mieux connues des XIXĂš et XXĂš siĂšcles.

Un Rameau mĂ©connu : Les FĂȘtes de PolymnieRAMEAU / MOZART : L’EQUATION MAGICIENNE. Quelle belle idĂ©e de mettre en perspective dans le cadre d’un seul concert, Rameau et Mozart. Le premier apporte toutes les idĂ©es et les couleurs en une Ă©criture qui cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de la musique pure ; dans son dernier opĂ©ra Les BorĂ©ades (qu’il ne verra jamais reprĂ©sentĂ© car les rĂ©pĂ©titions sont annulĂ©es au moment de sa mort, le 12 septembre 1764), Rameau « ose » un orchestre somptueux, d’un chromatisme nouveau dont le colorisme et cette sensibilitĂ© nouvelle au paysage atmosphĂ©rique annonce l’impressionnisme de Debussy. Rien de moins. C’est dire le champs expressifs qui s’offre ainsi au travail des instrumentistes de l’orchestre.
Dans Les BorĂ©ades, Rameau imagine les saisons (tempĂȘtes, souffle des vents du nord, incarnĂ©s par le dieu aĂ©rien BorĂ©e et ses fils), mais aussi prend clairement partie pour les prisonniers et les esclaves torturĂ©s (en une scĂšne de torture d’une violence inouĂŻe, oĂč la reine de Bactriane Alphise est malmenĂ©e par BorĂ©e et ses fils, BorilĂ©e et Calisis, Ă  l’acte V
). Dans ses Suites de danses, qui apportent la respiration nĂ©cessaire pour Ă©quilibrer l’architecture de l’opĂ©ra, riche en rebondissements et Ă©preuves diverses, Rameau invente vĂ©ritablement l’autonomie de l’orchestre dans le flux de l’opĂ©ra : la tempĂȘte de l’acte III, qui exprime alors la colĂšre de BorĂ©e (lequel enlĂšve Alphise), le paysage dĂ©vastĂ© qui s’en suit (dĂ©but de l’acte IV) indique l’essor poĂ©tique de l’orchestre, vĂ©ritable acteur du drame, qui permet aussi un parallĂšle Ă©loquent entre l’état de la nature et l’état intĂ©rieur et psychique du hĂ©ros qui est alors en scĂšne (au dĂ©but du IV, c’est Abaris, aimĂ© d’Alpise qui paraĂźt, dĂ©muni, inquiet car il ne voit plus celle qu’il aime et qu’a kidnappĂ© BorĂ©e et sa clique de vents haineux)


En homme des LumiĂšres, Rameau annonce l’engagement des hommes de bonne volontĂ© et aussi ce mouvement de la sensibilitĂ© qui s’intĂ©resse aux modulations de la Nature, en son Ă©ternel et cyclique Ă©ternitĂ©. Le dĂ©fi pour un orchestre d’instruments modernes est de retrouver le style baroque dĂ©jĂ  prĂ©classique et prĂ©romantique (rĂ©solution des ornements, tenue d’archet, ligne mĂ©lodique Ă  partir des temps forts et secondaires, 
). L’expĂ©rience du chef est ici primordiale pour rĂ©ussir ce dĂ©fi de la pratique historiquement informĂ©e, qui infĂ©ode la technicitĂ© Ă  la juste expression.
BOIELDIEU portrait par classiquenews 800px-Fr-Adrien_BoieldieuRare les programmes qui ont l’audace de la mise en perspective, remontant jusqu’au XVIIIĂš, Ă  la (re)dĂ©couverte des compositeurs dont le langage a façonnĂ© aussi l’histoire de l’écriture orchestrale. Ainsi ce concert, exaltant les Ă©critures de JS BACH, BOIELDIEU, MOZART et RAMEAU, rend -t-il hommage Ă  cette pĂ©riode souvent boudĂ©e, oĂč s’est construit l’essor symphonique, prĂ©parant aux grandes Ɠuvres du plein XIXĂš. De sorte que l’on comprend comment tout est nĂ©, dans la 2Ăš moitiĂ© du XVIIIĂš, le siĂšcle des LumiĂšres. Le cas de Boieldieu est emblĂ©matique de ces auteurs mĂ©connus, oubliĂ©s, et pourtant majeurs Ă  leur Ă©poque : bravant les alĂ©as politiques de son Ă©poque (nĂ© sous l’Ancien RĂ©gime, vivant sous la Terreur, cĂ©lĂ©brĂ© durant le Consulat et l’Empire, puis estimĂ© des Bourbons, enfin ruinĂ© par la RĂ©volution de Juillet 1830), Boieldieu illumine cependant le genre opĂ©ra dans les trois premiĂšres dĂ©cennies du XIXĂš, c’es Ă  dire quand perce le gĂ©nie de Rossini (Le Calife de Bagdad crĂ©Ă© en 1800, La Dame blanche de 1825
 les chercheurs et producteurs seraient donc inspirĂ©s de se pencher enfin sur son cas : un pur tempĂ©rament imaginatif, dont le gĂ©nie Ă©clectique, synthĂ©tique mĂȘle premier classicisme, romantisme, hĂ©ritage de Gluck et concurrence des italiens dont Rossini Ă©videmment)


 

 

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ONL-18-19-saison-VIGNETTE-CARRE-concerts-selection-critique-concerts-par-classiquenewsOrchestre National de Lille
Programme L’Europe des Lumiùres
Mercredi 24 oct 2018, 20h
Jeudi 25 oct 2018, 20h
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

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http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/leurope-des-lumieres/

 

 

BACH
Suite pour orchestre n°3

BOIELDIEU
Concerto pour harpe et orchestre

MOZART
Symphonie n° 35, Haffner

RAMEAU
Les Boréades, suite

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
JAN WILLEM DE VRIEND, direction musicale
XAVIER DE MAISTRE, harpe

 

 

 

 

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MOZART : Symphonie n°35, «  Haffner ». D’une durĂ©e lĂ©gĂšrement supĂ©rieure Ă  
 20 mn, selon les interprĂ©tations et leurs conceptions du tempo, la Symphonie Haffner de Mozart est Ă©crite en juillet 1782, Ă  Vienne, oĂč Wolfgang vient de faire reprĂ©senter l’EnlĂšvement au sĂ©rail, d’une violence et d’une exaltation Ă©motionnelle inouĂŻe. Il s’agissait alors de cĂ©lĂ©brer l’anoblissement de Siegmund Haffner qui avait demandĂ© 6 ans auparavant Ă  Mozart (1776) Ă  Salzbourg, une sĂ©rĂ©nade pour le mariage de sa fille Elisabeth. MalgrĂ© une surcharge de travail, Wolfgang Ă  Vienne livre le 3 aoĂ»t 1782 sa nouvelle symphonie ; c’est la capacitĂ© d’un nouvel Ă©poux, car il vient de se marier, 3 jours auparavant. Dans son plan en quatre parties, Mozart voit grand. Il joint en plus la marche en rĂ© majeur k 408.
Le premier Allegro (con spirito) redouble d’énergie voire de frĂ©nĂ©sie exaspĂ©rĂ©e, tempĂ©rĂ©es ou plutĂŽt canalisĂ©es par une ritournelle finale qui rappelle JS BACH que Mozart vient alors de dĂ©couvrir et d’étudier minutieusement.
L’Andante qui suit, apporte rĂ©confort et sĂ©rĂ©nitĂ© d’une sĂ©rĂ©nade toute imprĂ©gnĂ©e de calme plĂ©nitude dans l’esprit de la musique de chambre.
Le Menuetto Ă  3/4 indique une extension nouvelle, d’une soliditĂ© inĂ©dite qui montre le soin de Mozart pour cet Ă©pisode purement rythmique qui apporte lui aussi dans la succession des caractĂ©risations symphoniques, une dĂ©tente faite Ă©lĂ©gance et expressivitĂ©.
Enfin, le Finale (presto, Ă  2/2), cultive lui aussi l’énergie jaillissante avec une claire rĂ©fĂ©rence Ă  l’air du chef des esclaves Osmin dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail (O wie will ich triumphieren : air de victoire des esclavagistes et des tyrans
). Selon Mozart lui-mĂȘme, il convient de jouer aussi vite que possible ce dernier mouvement, comme le premier Allegro doit ĂȘtre aborder avec tout le feu nĂ©cessaire. De toute Ă©vidence, le brio, la lĂ©gĂšretĂ© embrase le tissu orchestral, fait de changements de modulations, d’harmonies et de rythmes changeants et rapides. Le feu dont parle Mozart affirme ici un grand tempĂ©rament symphonique, et l’une des grandes symphonies viennoises de Wolfgang.

 

 

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CD. Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, août 2014)

piotr beczala the french collection cd deutsche grammophon critique compte rendu classiquenews mars 2015Piotr Beczala : the french collection (1 cd Deutsche Grammophon, aoĂ»t 2014). EnregistrĂ© Ă  Lyon Ă  l’Ă©tĂ© 2014, ce rĂ©cital romantique français atteste du mĂ©tal intense, au medium riche et aux aigus tendus et couverts Ă  souhait (parfois un peu durs cependant dans le Werther du dĂ©but par exemple) du tĂ©nor polonais Piotr Beczala. La musicalitĂ© est indiscutable, l’autoritĂ© de la voix naturelle, avec une Ă©mission et une articulation jamais forcĂ©es. L’ardeur enivrĂ©e de son Werther d’ouverture (Toute mon Ăąme est lĂ  ! Pourquoi me rĂ©veiller…), puis le sens du legato de son Massenet (Le Cid : Ô souverain, ĂŽ juge,ĂŽ pĂšre…) s’accordent aussi Ă  un souci du verbe, son articulation et sa couleur, qui s’avĂšre passionnant Ă  suivre. Le phrasĂ©, le soin de l’accentuation rĂ©vĂšlent un interprĂšte fin et dĂ©licat, vrai amateur de notre langue qui ne sacrifie jamais le sentiment et la nuance intĂ©rieure sur l’autel de la puissance. Saluons l’Ă©quilibre qu’apporte le raffinement et la concentration du chanteur malgrĂ© un orchestre et un chef ampoulĂ©s et tonitruants… dans ce Massenet qui reste ciselĂ© grĂące Ă  la seule tenue du chanteur (de toute Ă©vidence, soliste et orchestre ne sont pas sur le mĂȘme plan : Beczala paraĂźt souvent trop raffinĂ© face au collectif). Ses Berlioz sont ils de la mĂȘme eau ? Le sublime Faust, enivrĂ©, contemplatif, nostalgique peine cependant Ă  se prĂ©ciser : intonation moins affirmĂ©e car les intervalles et le cheminement harmonique dĂ©stabilisent le legato qui reste trop apeurĂ©, timide, incertain. La voix mĂȘme dĂ©licate ici manque de souffle et de vertige : elle n’atteint pas les cimes quasi abstraites de la musique (dont la voie est Ă©voquĂ©e / dessinĂ©e par des cordes Ă©thĂ©rĂ©es). Plus narratif moins spatial, l’air de BĂ©nĂ©dict : “Je vais l’aimer”, plus enracinĂ© dans une prononciation dramatique, rappelle le miracle Gedda, mais sans son feu passionnel sousjacent : Beczala nous paraĂźt lĂ  bien timorĂ©.

Les Boieldieu et Donizetti sans défaut de Beczala

En français, son Carlos verdien (Fontainebleau !…), Ă  la fois hymne Ă  la nature impassible et aveu d’amour pour celle que le prince aime, ne parvient pas Ă©galement Ă  saisir l’enjeu fulgurant des mots. Le timbre beau glisse sur les phrases sans en projeter l’intensitĂ© Ă©motionnelle : l’articulation manque de consonnes. Sans relief, ni mordant, le chant se ramollit (avec des aigus serrĂ©s). Dommage.
Plus rare, La Dame blanche de Boieldieu et l’air de Georges : Viens, gentille dame… qui ne rĂ©clame que la tenue et la hauteur soutenue des aigus rayonnants, sans vĂ©ritable enjeu dramatique, sinon l’impatience de l’amoureux, convainc rĂ©solument (mais lĂ  encore, la direction Ă©paisse et dĂ©monstrative du chef Altinoglu, aux instruments outrageusement mis en avant, couvrant parfois la voix, agace).
Pour le chanteur, ce Boieldieu dĂ©licat est projetĂ© avec naturel et grĂące. MĂȘme couleur extatique et enivrĂ©e pour les deux Donizetti : Ange si pur de Fernand de La Favorite, puis Seul sur la terre … Ange cĂ©leste de Dom SĂ©bastien lui vont comme un gant : sans dramatisme intense ni contrastes nuancĂ©s, le chanteur enchante par sa ligne souveraine, quitte Ă  sacrifier la prĂ©cision de l’articulation.

Les deux Gounod montrent les limites d’un travail perfectible encore sur la prononciation, surtout dans Faust : Salut ! demeure chaste et pure… ce n’est pas le violon sirupeux, en veux tu en voilĂ , trop mis en avant qui couvre l’imprĂ©cision de l’articulation ; Ă  croire que le soliste semble ne pas comprendre les enjeux de la scĂšne et les idĂ©es du texte…
En revanche, La Fleur que tu m’avais jetĂ©e (Don JosĂ© de Carmen de Bizet) fait valoir les mĂȘmes qualitĂ©s du timbre raffinĂ© des airs du dĂ©but, mais Ă©trangement le tĂ©nor aime soudain les petites convulsions surrexpressives : abus surstylĂ© hors sujet car l’intensitĂ© du timbre devrait tout faire ici ; ce manque de simplicitĂ© gĂąche le dĂ©but de l’air (d’autant que le son filĂ© d la fin en voix de tĂȘte est irrĂ©prochable : “et j’Ă©tais une chose Ă  toi”). Quand Beczala fait simple, concentrĂ© sur la ligne fluide, le miracle se produit : son Don JosĂ© est indiscutable en dĂ©pit de l’affectation superficielle et bien inutile que le chanteur, moins inspirĂ©, nous impose ici et lĂ . N’est pas Gedda qui veut dĂ©cidĂ©ment.
Ce devait ĂȘtre une belle cerise sur le gĂąteau : le duo entre Manon et l’AbbĂ© des Grieux Ă  Saint-Sulpice, scĂšne de passion ultime dont l’exacerbation suscite la reconquĂȘte par la jeune courtisane de son ancien amant devenu homme de Dieu ; l’orchestre Ă©pais lĂ  encore et d’un maniĂ©risme surdatĂ©, n’aident pas les deux solistes Piotr Beczala et… Diana Damrau, d’autant que chacun ne maĂźtrisent pas toutes les nuances linguistiques de leur partie respective. Le jeu dramatique du tĂ©nor est surexpressif et sa partenaire manque singuliĂšrement de sobriĂ©tĂ©. Un chant contournĂ©, maniĂ©rĂ©, et lĂ  encore des instruments artificiellement proches gĂąchent notre plaisir. L’intensitĂ© y est certes mais au dĂ©triment de la finesse Ă©motionnelle.

Le rĂ©cital a le mĂ©rite de confirmer le tempĂ©rament indiscutable du tĂ©nor polonais Beczala dans les emplois aĂ©riens et presque de pur bel canto, ses Donizetti, Boieldieu et Gounod sont les meilleures rĂ©ussites de ce rĂ©cital lyonnais. Notre rĂ©serve va Ă  l’orchestre dont le style ampoulĂ© sous la baguette du chef rien que dĂ©monstratif et sans nuances, reste continument hors style. Heureusement d’autres directions et parfois sur instruments d’Ă©poque ont dĂ©montrĂ© les qualitĂ©s de la finesse, de la lĂ©gĂšretĂ© qui Ɠuvrent pour un dramatisme autrement plus raffinĂ©.

CD. Piotr Beczala, tĂ©nor : The french Collection. Airs d’opĂ©ras de Massenet (Le Cid, Werther, Manon), Gounod (RomĂ©o et Juliette, Faust), Boieldieu (La Dame blanche), Donizetti (La Favorite, Dom SĂ©bastien), Verdi (Don Carlos), Berlioz (La Damnation de Faust, BeĂ©atrice et BĂ©nĂ©dict), Bizert (Carmen). Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Lyon en aoĂ»t 2014. 1 cd Deutsche Grammophon 00289 479 4101