Compte rendu, danse. Paris. Théùtre des Champs Elysées, le 15 septembre 2016. William Forsythe, Justin Peck, Martha Graham, Benjamin Millepied, chorégraphes. L.A. Dance Project, compagnie invitée. Benjamin Millepied, direction artistique.

La jeune compagnie de danse de Benjamin Millepied, L.A. DANCE PROJECT ouvre la saison chorĂ©graphique du ThĂ©Ăątre de Champs ElysĂ©es « TranscenDanses » avec un programme divers comprenant deux premiĂšres europĂ©ennes et la crĂ©ation française de sa derniĂšre production « On the other side ». Au programme : Forsythe, le jeune danseur-chorĂ©graphe amĂ©ricain en vogue Justin Peck, la rarement vue Martha Graham… Une soirĂ©e avec tous les ingrĂ©dients, Made in America, pour plaire au plus grand nombre, nĂ©ophytes et amateurs confondus.

Affinités sélectives en mouvement

ON THE OTHER SIDE, le nouveau ballet de Benjamin MillepiedLa soirĂ©e commence avec la remarquable piĂšce de William Forsythe « Quintett », sur la musique minimaliste du compositeur contemporain anglais Gavin Bryars. 25 minutes de poĂ©sie et de lyrisme abstrait et ambiguĂ«, avec la dĂ©contraction typique du style Forsythe, en l’occurrence revisitĂ©e par 5 danseurs sur la scĂšne. Dans ce faux pas de cinq, les interprĂštes paraissent ĂȘtre dans une sorte de quĂȘte sinon existentielle, au moins expressionniste. Le tout pourtant non dĂ©pourvu d’amour ni d’humour, et en dĂ©pit de l’ambiance onirique installĂ©e par la musique rĂ©pĂ©titive, et les canons visuels qui en dĂ©coulent, la performance n’est jamais pesante ni prĂ©tentieuse. Comme souvent le cas chez Forsythe, ses danses brillent par leur sincĂ©ritĂ© Ă©motionnelle et intellectuelle, mĂȘme s’il n’est pas toujours forcĂ©ment compris. La comprĂ©hension est peut-ĂȘtre un facteur clĂ© pour la piĂšce qui suit, « Helix » de Justin Peck. AprĂšs une entrĂ©e au rĂ©pertoire heureuse au Ballet de l’OpĂ©ra de Paris avec sa piĂšce « In Creases », nous voici quelque peu perplexes. « Helix » a tout pour plaire, belle musique d’Esa-Pekka Salonen, tenues allĂ©chantes et simples de Janie Taylor, des danseurs de qualitĂ©. Or, la chorĂ©graphie certainement non dĂ©pourvue de beautĂ©, a du mal Ă  captiver. PoĂ©tique mais pas rĂ©ellement, entraĂźnante mais pas vraiment. L’impression est en l’occurrence fugace, mais les 9 minutes furent 
 lentes.

Une toute autre chose, le curieux et heureux regroupement des danses de Martha Graham, mĂšre de la Modern Dance. Il s’agĂźt d’une sĂ©quence de trois duos extraits du documentaire « A Dancer’s World » (1957). Nous voici devant une ambiance remarquable, au caractĂšre authentique, avec le je ne sais quoi d’Ă©trange au travail du bassin, propre au style Graham. Les six danseurs des trois duos paraissent habitĂ©s d’une dynamique particuliĂšre, pĂ©tillante mais pas frivole, et, mĂȘme s’il s’agit des cinq danseurs de la premiĂšre piĂšce, plus un sixiĂšme, ils ne sont presque pas reconnaissables tellement l’ambiance et la danse sont distinctes. C’est l’Ɠuvre la plus ovationnĂ©e de la soirĂ©e ; nous nous rĂ©jouissons de voir des chorĂ©graphies de Martha Graham sur scĂšne, surtout parce que nous sommes de l’avis que son Ɠuvre d’une valeur inestimable, reste trop peu prĂ©sente dans les grands thĂ©Ăątres parisiens, sans justification.

Le programme se termine, Ă©videmment, avec la crĂ©ation française de « On the other side » de Benjamin Millepied, dont la crĂ©ation mondiale eut lieu au mois de juin 2016. Exclusivement sur les musiques de Philip Glass, avec les costumes hauts en couleurs d’Alessandro Sartori, cette commande passĂ©e par Van Cleef & Arpels, est fabuleusement interprĂ©tĂ©e par la troupe. Mi-abstrait, mi-approximatif, le ballet de Millepied paraĂźt raconter une histoire d’humains. Des ĂȘtres qui peut-ĂȘtre s’aiment, se touchent, se cherchent, se perdent… sans pour autant avoir une narration claire. Nous avons droit Ă  une symphonie chorĂ©graphique Ă  la musique (et parfois aussi la gestuelle) rĂ©pĂ©titive, avec des moments d’enthousiasme athlĂ©tique so American ; des tableaux de groupe parfois drĂŽles, parfois fantasques, jamais choquants, et surtout des duos Ă  l’homosensibilitĂ© saisissante ; celui de deux hommes a fortement touchĂ© le public qui inonde par la suite la salle de bravos abondants Ă  l’adresse des interprĂštes.

Une soirĂ©e et un programme de dĂ©couvertes et redĂ©couvertes, avec des crĂ©ations intĂ©ressantes et surtout une belle occasion de connaĂźtre les qualitĂ©s du collectif de l’ancien Directeur du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Des danseurs Ă  l’entrain rafraĂźchissant, performant mĂȘme un hymne Ă  la modernitĂ© en mouvement dans un lieu emblĂ©matique de l’histoire de la danse au XXe siĂšcle !

On the other side, création de Benjamin Millepied


peck justin portortrait ballet everywhere we go in creases opera de paris classiquenews review critique compte rendu account ofPARIS, TCE. On the Other side de B. Millepied. 15-18 septembre 2016
. Le Festival TranscenDanses au TCE s’ouvre en septembre 2016 avec la crĂ©ation de Benjamin Millepied (ex directeur de la danse de l’OpĂ©ra de Paris : 2013-2016) et sa nouvelle compagnie LA Dance Project. PremiĂšre avec On the Other Side, couplĂ© avec Helix, sublime partition orchestralel (crĂ©Ă©e en 2005, crĂ©ation française en 2011, d’une Ă©nergie croissante spectaculaire et instrumentalement irrisĂ©e) de Esa Pekka Salonen, mise en ballet par le chorĂ©graphe en rĂ©sidence et aussi le danseur au sein de la troupe : Justin Peck.
A Paris, le L.A. Dance Project prĂ©sente son travail spĂ©cifique sur la Modern Dance AmĂ©ricaine (marquĂ©e surtout rĂ©cemment par Graham, Cunningham). Le programme associe ainsi l’écriture fondatrice de Martha Graham, la modernitĂ© de Forsythe (Quintett) et l’esprit nouveau de la relĂšve avec la derniĂšre crĂ©ation de Millepied (On The Other Side) et celle de Justin Peck, jeune soliste et chorĂ©graphe rĂ©sident au New York City Ballet.

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeLa concision du trait de Millepied, sa conception millimĂ©trĂ©e des tableaux collectif d’une saine et Ă©lĂ©gante motricitĂ©, l’élasticitĂ© rythmique des danseurs le positionnent tel le successeur du style new yorkais, portĂ© avant lui par ses modĂšles Balanchine et Jerome Robbins. Ayant quittĂ© le New York City Ballet en 2011, il a fondĂ© dĂšs 2012, le LA Dance Project pour rĂ©aliser son rĂȘve : non plus danser mais dessiner de nouvelles chorĂ©graphies et rĂ©inventer Ă  sa mesure, le mouvement et l’idĂ©e moderne du ballet. Dans le thĂ©Ăątre parisien qui accueillit l’avant garde et l’impertinente crĂ©ativitĂ© des ballets Russes, dont le scandale du Sacre du Printemps, Benjamin Millepied offre une soirĂ©e d’élĂ©gance et de crĂ©ativitĂ© dansante qui souhaite ĂȘtre Ă  la mesure de l’histoire du thĂ©Ăątre de l’Avenue Montaigne. Qu’en sera-t-il concrĂštement ? RĂ©ponse Ă  partir du 15 septembre prochain.

 
ON THE OTHER SIDE, le nouveau ballet de Benjamin Millepied

 

 

LA Dance Project
Benjamin Millepied
Soirée Américaine
Les 15, 16, 17 (Ă  20h) et 18 (Ă  17h) septembre 2016
On the other side, création française
Philip Glass, musique
couplé avec, entre autres, HELIX, musique de EP Salonen
Justin Peck, chorégraphie
(premiÚre européenne)

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Programme :

Quintett
William Forsythe,  chorégraphie, scénographie, lumiÚres
En collaboration avec Dana Caspersen, Stephen Galloway, Jacopo Godani, Thomas McManus et Jone San Martin
Gavin Bryars,  musique (« Jesus’ Blood Never Failed Me Yet »)
Stephen Galloway,  costumes

Duets
Moon, Star, White  premiÚre européenne
Martha Graham , chorégraphie
Cameron McCosh,  musique (musique du documentaire de 1957 sur Martha Graham A Dancer’s world : Martha Graham and her dance company).

Helix,  premiÚre européenne
Justin Peck,  chorégraphie
Esa-Pekka Salonen,  musique
Janie Taylor,  costumes

On The Other Side,   création
Benjamin Millepied,  chorégraphie
Philip Glass,  musique
Mark Bradford, décors
Alessandro Sartori, costumes

Danseurs du L. A. Dance Project

 

 

Illustrations : Benjamin Millepied (grand format © A. Wagner), Ballet Quintett © R.Schude

 

LIRE aussi notre compte rendu de HELIX, en création française en 2011, lors du festival Présence de Radio France, février 2011 

Opéra de Paris, Direction de la Danse : démission de Benjamin Millepied.

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeOpĂ©ra de Paris, Direction de la Danse : dĂ©mission de Benjamin Millepied. Dans un communiquĂ© qu’il a signĂ© lui-mĂȘme en date du 4 fĂ©vrier 2016, le directeur de la Danse de l’OpĂ©ra national de Paris, confirme avoir pris la dĂ©cision de cesser ses fonctions. NommĂ© en novembre 2014 par le directeur de la Maison parisienne, StĂ©phane Lissner, Benjamin Millepied avait remplacĂ© Brigitte LefĂšvre ; Fils spirituel de Balanchine, grand admirateur de l’avant garde newyorkaise (de Robins en particulier), il sera restĂ© en poste un peu plus d’une annĂ©e. Sa motivation fut depuis le dĂ©but : « l’innovation » pour le rayonnement de l’Institution et pour l’épanouissement des danseurs.

Une programmation nouvelle et ambitieuse, la crĂ©ation de l’AcadĂ©mie chorĂ©graphique et de la 3Ăšme ScĂšne, l’essor du mĂ©cĂ©nat mais aussi une nouvelle offre de soins pour le bĂ©nĂ©fice des danseurs de la troupe
 sont quelques uns des apports rĂ©alisĂ©s au sein de l’Institution par le directeur sortant. Benjamin Millepied motive sa dĂ©cision en mettant en avant la charge trop absorbante liĂ©e Ă  la gestion administrative, au dĂ©pend de son Ɠuvre de chorĂ©graphe. Diriger ou crĂ©er
 l’intĂ©ressĂ© a finalement tranchĂ©.

D’autres motifs sont Ă©galement avancĂ©s par certains commentateurs : complexitĂ© bureaucratique du processus de dĂ©cision, racisme insidieux, conservatisme ambiant, manque de soutien de sa hiĂ©rarchie…

 

Pour sa part, le chorĂ©graphe conclut sa dĂ©claration en prĂ©cisant : « L’OpĂ©ra de Paris pourra toujours compter sur moi ». Le mari de Nathalie Portmann rejoindrait Los Angeles oĂč rĂ©side sa propre Compagnie de danse, le “LA  Danse Project”. La saison en cours Ă  l’OpĂ©ra de Paris comprend deux crĂ©ations… ImmĂ©diatement et pour assurer la continuitĂ© de la fonction, AurĂ©lie Dupont a pris la succession de Benjamin Millepied. A suivre.

 

LIRE aussi notre critique complĂšte du premier spectacle, Clear, loud, bright… crĂ©ation prĂ©sentĂ©e par Benjamin Millepied Ă  l’OpĂ©ra de Paris, septembre / octobre 2015 :

Compte rendu, danse. Le 2 octobre, OpĂ©ra national de Paris. Clear, loud, bright… de Benjamin Millepied, crĂ©ation. Etoiles, Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris.

Que vaut l’écriture du nouveau directeur de la danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris ? Culturebox diffuse en direct puis jusqu’en avril 2016, le nouveau ballet de Benjamin Millepied (intitulĂ© “Clear, loud, bright”
 Clair, Fort, Lumineux,
), artiste amĂ©ricain plus connu Ă  New York qu’à Paris, jusqu’à sa rĂ©cente nomination dans la Maison parisienne
 c’est dĂ©jĂ  son quatriĂšme ballet pour Paris. Sa nouvelle chorĂ©graphie entend rendre hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© alors qu’il Ă©tait danseur Ă  New York
 Balanchine et Robbins.

 

 

 

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millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeMillepied nouvel arrivant dans la maison parisienne prĂ©sente un nouveau ballet en crĂ©ation (Clear, Loud, Bright, Forward
 collectif de 16 jeunes danseurs, fruit de sa collaboration avec le compositeur Nico Muhly), intercalĂ© entre les sommets chorĂ©graphiques signĂ©s Balanchine (ThĂšme et Variations) et Robbins (Opus 19 The Dreamer), ses deux maĂźtres amĂ©ricains. Millepied fut danseur principal du New York City Ballet oĂč Robbins participa Ă  la demande de Balanchine comme directeur artistique associĂ© Ă  partir de 1949. L’apprentissage et l’expĂ©rience amĂ©ricaine de Millepied se ressentent particuliĂšrement dans sa nouvelle chorĂ©graphie conçue comme un hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© comme interprĂšte et aujourd’hui comme artiste chorĂ©graphe, directeur de la Danse de l’OpĂ©ra de Paris
 L’écriture trĂšs dĂ©monstrative de Benjamin Millepied se dĂ©voile ici dans un langage surabondant, sophistiquĂ© et hyperesthĂ©tique, voire un rien artificiel, style voyez comme je sais faire cela, auquel rĂ©pond un souci obsessionnel de la ligne, de la pose (style “Vogue” de Madonna, annĂ©e 1990), le tout sur un rythme trĂ©pidant qui reste indiscutablement un bel hommage Ă  Balanchine. Le suresthĂ©tisme des tableaux collectifs, flattant la courbure flexible des danseurs, exige une synchronicitĂ© parfois imprĂ©cise du corps de Ballet, en particulier chez les femmes. La nouvelle gĂ©nĂ©ration de danseurs parisiens est pourtant lĂ , (LĂ©onore Baulac, Letizia Galloni, Germain Louvet, Hugo Marchand
), ambassadeurs d’un glamour de facto trĂšs new yorkais. Pas sĂ»r que cette surĂ©lĂ©gance qui aime se montrer, fasse un spectacle qui doit aussi toucher par sa profondeur. La technicitĂ©, l’esthĂ©tisme, la recherche de la pose Ă©lĂ©gante font-ils un style complet ? Le final qui singe les poses d’un dĂ©filĂ© de mode montre aussi les limites d’une telle vision. Le dĂ©coratif se suffit il Ă  lui mĂȘme ? Les amateurs de Balanchine, admirateurs de la technicitĂ© synchrone, applaudiront. Les autres, attentifs et curieux quant au devenir de la Maison parisienne ainsi reformulĂ©, pourront exprimer quelques rĂ©serves. La beautĂ© des lumiĂšres et le dispositif tout en contrastes mouvant restent eux saisissants en Ă©pure poĂ©tique. C’est un magnifique spectacle dans sa globalitĂ© qui confirme l’étonnante Ă©lasticitĂ© acrobatique et athlĂ©tique des danseurs parisiens.

 

 

 

Compte rendu, danse. Le 2 octobre, Palais Garnier – OpĂ©ra national de Paris. Clear, loud, bright… de Benjamin Millepied, crĂ©ation. Etoiles, Corps de Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Orchestre de l’OpĂ©ra de Paris. Maxime Pascal, direction musicale. A voir Ă©videmment jusqu’au 11 octobre 2015 au Palais Garnier de Paris. 

 

 

 

Benjamin Millepied : l'élégance sophistiquée

 

 

 

 

En direct sur internet : Clear, loud, bright… crĂ©ation de Millepied sur Culturebox

En direct sur internet. Le nouveau ballet de Benjamin Millepied en crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra de Paris en octobre 2015. Que vaut l’Ă©criture du nouveau directeur de la danse Ă  l’OpĂ©ra de Paris ? Culturebox diffuse en direct puis jusqu’en avril 2016, le nouveau ballet de Benjamin Millepied (intitulĂ© “Clear, loud, bright”… Clair, Fort, Lumineux,…), artiste amĂ©ricain plus connu Ă  New York qu’Ă  Paris, jusqu’Ă  sa rĂ©cente nomination dans la Maison parisienne… Sa nouvelle chorĂ©graphie entend rendre hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© alors qu’il Ă©tait danseur Ă  New York… Balanchine et Robbins.

 

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeVendredi 2 octobre 2015 : spectacle de danse, ” Balanchine / Millepied / Robbins “ à l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, premier spectacle inaugurant la direction de Benjamin Millepied Ă  l’OpĂ©ra de Paris au poste de Directeur de la Danse. VOIR le ballet  ” Balanchine / Millepied / Robbins ” sur Culturebox (jusqu’au 2 avril 2016). Millepied nouvel arrivant dans la maison parisienne prĂ©sente un nouveau ballet en crĂ©ation (Clear, Loud, Bright, Forward
 collectif de 16 jeunes danseurs, fruit de sa collaboration avec le compositeur Nico Muhly), intercalĂ© entre les sommets chorĂ©graphiques signĂ©s Balanchine (ThĂšme et Variations) et Robbins (Opus 19 The Dreamer), ses deux maĂźtres amĂ©ricains. Millepied fut danseur principal du New York City Ballet oĂč Robbins participa Ă  la demande de Balanchine comme directeur artistique associĂ© Ă  partir de 1949. L’apprentissage et l’expĂ©rience amĂ©ricaine de Millepied se ressentent particuliĂšrement dans sa nouvelle chorĂ©graphie conçue comme un hommage aux deux figures qui l’ont marquĂ© comme interprĂšte et aujourd’hui comme artiste chorĂ©graphe, directeur de la Danse de l’OpĂ©ra de Paris… L’Ă©criture trĂšs dĂ©monstrative de Benjamin Millepied se dĂ©voile ici dans un langage surabondant, sophistiquĂ© et hyperesthĂ©tique, voire un rien artificiel, style voyez comme je sais faire cela, auquel rĂ©pond un souci obsessionnel de la ligne, de la pose (style “Vogue” de Madonna, annĂ©e 1990), le tout sur un rythme trĂ©pidant qui reste indiscutablement un bel hommage Ă  Balanchine. Le suresthĂ©tisme des tableaux collectifs, flattant la courbure flexible des danseurs, exige une synchronicitĂ© parfois imprĂ©cise du corps de Ballet, en particulier chez les femmes. La nouvelle gĂ©nĂ©ration de danseurs parisiens est pourtant lĂ , (LĂ©onore Baulac, Letizia Galloni, Germain Louvet, Hugo Marchand
), ambassadeurs d’un glamour de facto trĂšs new yorkais. Pas sĂ»r que cette surĂ©lĂ©gance qui aime se montrer, fasse un spectacle qui doit aussi toucher par sa profondeur. La technicitĂ©, l’esthĂ©tisme, la recherche de la pose Ă©lĂ©gante font-ils un style complet ? Le final qui singe les poses d’un dĂ©filĂ© de mode montre aussi les limites d’une telle vision. Le dĂ©coratif se suffit il Ă  lui mĂȘme ? Les amateurs de Balanchine applaudiront. Les autres, attentifs et curieux quant au devenir de la Maison parisienne ainsi reformulĂ©, pourront exprimer quelques rĂ©serves. La beautĂ© des lumiĂšres et le dispositif tout en contrastes mouvant restent eux saisissants en Ă©pure poĂ©tique. C’est un magnifique spectacle dans sa globalitĂ© qui confirme l’Ă©tonnante Ă©lasticitĂ© acrobatique et athlĂ©tique des danseurs parisiens.

 

 

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Compte rendu, danse. Paris. Palais Garnier, le 25 septembre 2015. Boris Charmatz : 20 danseurs pour le XXe siĂšcle. Alessio Carbone, Hugo Vigliotti, Francesco Vantaggio, Samuel Murez… Danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Paris.

Le spectacle de Boris Charmatz « 20 Danseurs pour le XXĂšme siĂšcle » ouvre la saison de la danse au Palais Garnier de l’OpĂ©ra National de Paris. La conception originale datant de 2012 est une sorte de happening chorĂ©graphique qui s’adapte chaque fois Ă  l’espace qui l’accueille. Ainsi, 20 solos font le portrait de l’histoire de la danse au XXĂšme siĂšcle, souvent dans des endroits avec aucune relation formelle ou Ă©vidente avec la danse.

Haute culture pour tous

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeLe nouveau directeur du Ballet de l’OpĂ©ra, Benjamin Millepied, a la brillante idĂ©e de proposer ce spectacle pour sa premiĂšre saison. Le XXe siĂšcle chorĂ©graphique vient donc habiter le plus beau Palais de la danse du XIXe, et ce dans une grande et Ă©tonnante libertĂ©. Une opportunitĂ© pour les danseurs engagĂ©s de s’attaquer Ă  des rĂ©pertoires trĂšs peu reprĂ©sentĂ©s sur la scĂšne immaculĂ©e du Palais Garnier, mais aussi, et surtout, une opportunitĂ© pour un trĂšs grand public diversifiĂ© de venir visiter l’OpĂ©ra National de Paris, s’y promener librement, tout en dĂ©couvrant les talents des danseurs et des chorĂ©graphies interprĂ©tĂ©s. Si nous sommes peu habituĂ©s Ă  tant de libertĂ© au Palais Garnier, elle est sans doute bienvenue. La programmation de ce spectacle rĂ©vĂšle, Ă  notre avis, la volontĂ© de la nouvelle direction d’Ă©largir les horizons de la cĂ©lĂšbre maison, avec un but que nous trouvons tout Ă  fait visionnaire : la survie de l’Art. Il nous semble qu’elle a compris que tout art vit de son public, et que le public du XXIĂšme siĂšcle ne peut pas vivre encore avec les moeurs et les limitations socio-Ă©conomiques du XIXe. MalgrĂ© le dĂ©sordre initial d’une soirĂ©e qui commence en retard, nous cĂ©lĂ©brons Ă  vive voix l’occasion !

La cĂ©lĂ©bration permet aussi de voir des chorĂ©graphies rares, d’avoir une proximitĂ© Ă©tonnante et allĂ©chante avec les interprĂštes. Le parcours de la soirĂ©e se dĂ©roule librement dans 4 Ă©tages du Palais Garnier. MĂȘme dans des endroits Ă  l’accĂšs compliquĂ©, un danseur ou une danseuse est en train de danser et faire vibrer le public
 littĂ©ralement bĂ©at, Ă©tonnĂ©. Du Michael Jackson au Salon de La Lune par Hugo Vigliotti, coryphĂ©e ? Pari tenu. Alessio Carbone, Etoile, dansant Forsythe dans la Galerie du Glacier ? DĂ©fi relevĂ©. Samuel Murez dansant du Fokine sur le Grand Escalier ? Idem. Nous dĂ©couvrons aussi une Ă©poustouflante danse Buto interprĂ©tĂ© par Francesco Vantaggio, coryphĂ©e, qui paraĂźt tout Ă  fait habitĂ© par cette danse expressive et trĂšs thĂ©Ăątrale d’origine japonaise. NoĂ«mie Djiniadhis interprĂšte l’Ă©tude « Revolutionary » d’Isadora Duncan, mĂšre de la danse moderne. Quel plaisir malin de voir cette piĂšce dansĂ©e dans ce lieu, oĂč tant d’amateurs et de grands spĂ©cialistes ont dĂ©nigrĂ© Isadora Duncan de son vivant. MĂȘme sentiment d’Ă©tonnement joyeux en suivant Yann SaĂŻz danser du Valeska Gert tout coquin et dĂ©contractĂ© dans le Grand Foyer.

Un parcours qu’on ne se refusera pas de refaire et refaire, tant le spectacle est riche et rempli d’Ă©motions rarement visitĂ©es. Un spectacle oĂč le public participe selon sa volonté ; si Hugo Vigliotti demande au public de s’accommoder Ă  ses exigences pour qu’il puisse danser en tout confort… du Michael Jackson, un fabuleux et Ă©motif Samuel Murez prĂ©fĂšre tomber sur un spectateur pour rendre davantage dramatique l’expĂ©rience
 (et le spectateur ne se plaint pas). Au contraire, nous sommes de l’avis que la friction est une composante fondamentale de cette crĂ©ation : confrontation, expĂ©rience, laboratoire, partage
 Si nos danseurs classiques y sont trĂšs peu habituĂ©s, l’expĂ©rience est nĂ©cessaire pour qu’ils deviennent plus libres et par consĂ©quent des meilleurs artistes. La crĂ©ation de Boris Charmatz programmĂ©e par Benjamin Millepied nous rappelle que la danse est un art vivant et que l’OpĂ©ra National de Paris est en effet un endroit oĂč tout est possible, que la culture, haute ou pas, est bien Ă©videmment pour tous. L’excellence ne doit pas ĂȘtre celle d’une Ă©lite : sachons comme Ă  Garnier la partager. FĂ©licitations !

A vivre absolument au Palais Garnier Ă  l’OpĂ©ra National de Paris encore les 1er, 2, 5, 7, 9, 10 et 11 octobre 2015.

Benjamin Millepied prĂ©sente Daphnis et ChloĂ© Ă  l’OpĂ©ra Bastille

millepied benjamin opera paris danse cocteau balanchine daphnis chloeParis, OpĂ©ra Bastille. Daphnis et ChloĂ© : Millepied, Ravel, 10mai>8 juin 2014.  A 36 ans, le danseur et chorĂ©graphe Benjamin Millepied new yorkais depuis 20 ans,  se voit offrir un pont d’or : prenant en octobre 2014, ses fonctions de directeur de la danse de l’OpĂ©ra de Paris en succession de Brigitte LefĂšvre, directrice depuis 1995. L’époux Ă  la ville de l’actrice sublimissime Natalie Portman, rencontrĂ©e sur le tournage de Black Swan dont il a signĂ© la chorĂ©graphie (2012), Benjamin Millepied propose en mai et juin 2014, comme un avant-goĂ»t de ses aptitudes pour Paris, un baptĂȘme prĂ©cĂ©dant son entrĂ©e officielle dans la Maison parisienne.

L’ex principal dancer du New York City Ballet (2002) signe une premiĂšre chorĂ©graphie dĂ©sormais trĂšs attendue : Daphnis et ChloĂ© d’aprĂšs Maurice Ravel crĂ©Ă©e Ă  partir du 10 mai 2014 Ă  l’OpĂ©ra Bastille. Le nouveau ballet s’inscrit au programme d’une  sĂ©rie couplĂ©e avec Balanchine (14 reprĂ©sentations au total). La soirĂ©e du 3 juin est diffusĂ©e en direct depuis l’OpĂ©ra Bastille dans les salles de cinĂ©ma.

Comme en 1913, Stravinsky compose une Ɠuvre atypique, inclassable, visionnaire et aussi prophĂ©tique (en ce sens qu’elle annonce la modernitĂ©), Daphnis et ChloĂ© bĂ©nĂ©ficie de la musique de Maurice Ravel l’une des plus Ă©blouissantes qui soit, vĂ©ritable dĂ©fi pour l’orchestre et aussi, terreau fertile pour l’imaginaire des chorĂ©graphes.  L’intention de Benjamin Millepied est d’écarter le dĂ©roulement chorĂ©graphique du prĂ©texte strictement narratif (livret et texte de Longus), pour tenter une nouvelle divagation suggestive en lumiĂšres, couleurs, formes, proche de l’infini de la musique.

Soirée George Balanchine / Benjamin Millepied

Etoiles, premiers danseurs et corps de Ballet

Orchestre de l’OpĂ©ra national de Paris

Philippe Jordan, direction

LE PALAIS DE CRISTAL

NOUVELLE PRODUCTION

GEORGES BIZET, musique (Symphonie en ut majeur)

GEORGE BALANCHINE, Chorégraphie (Opéra de Paris, 1947)

CHRISTIAN LACROIX Costumes

DAPHNIS ET CHLOÉ

CRÉATION

MAURICE RAVEL Musique (Versionintégrale) 

BENJAMIN MILLEPIED, chorégraphie

DANIEL BUREN, décors

Le programme de l’OpĂ©ra Bastille met en regard deux chorĂ©graphes ayant travaillĂ© pour le NY City Ballet, George Balanchine, son fondateur, et Benjamin Millepied, qui y suivi toute sa formation de danseur et de chorĂ©graphe. Sur une Ɠuvre de jeunesse de Bizet, La Symphonie en ut majeur (gorgĂ©e de saine juvĂ©nilitĂ©), George Balanchine signe, en 1947, sa premiĂšre crĂ©ation pour le Ballet de l’OpĂ©ra, Le Palais de cristal, Ă©pure formelle frappante par sa proposition Ă  relire et renouveler aussi l’art de la mesure, l’équilibre de la danse française, hommage Ă  la Compagnie et au style français.

Avec Daphnis et ChloĂ©, Benjamin Millepied signe sa troisiĂšme crĂ©ation pour le Ballet de l’OpĂ©ra de Paris. Prologeant le geste et la pensĂ©e balanchiniens, le jeune chorĂ©graphe, directeur de la danse de l’OpĂ©ra de Paris, s’inspire des rythmes et des couleurs de la « symphonie chorĂ©graphique » pour orchestre et chƓur de Ravel. Les deux ballets sont dirigĂ©s par Philippe Jordan, qui accompagne, pour la premiĂšre fois, les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra.

14 reprĂ©sentations du 10 mai au 8 juin 2014 Ă  l’OpĂ©ra Bastille

INFORMATIONS / RÉSERVATIONS

TĂ©lĂ©phone : 08 92 89 90 90 (0,337€ la minute) -  tĂ©lĂ©phone depuis l’étranger : +33 1 71 25 24 23

Internet : www.operadeparis.fr

Aux guichets : au Palais Garnier et Ă  l’OpĂ©ra Bastille
- de 11h30 Ă  18h30 le premier jour d’ouverture des rĂ©servations de chaque spectacle.  De 14h30 Ă  18h30 tous les jours de la semaine sauf dimanche et jours fĂ©riĂ©s.