CD événement : STURM UND DRANG 1 / The Mozartists, Ian Page et Chiara Skerath, soprano (1 cd Signum classics, janv 2019)

STURM-UND-DRANG-MOZARTISTS-IAN-PAGE-cd-signum-classics-review-critique-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-opera-symphonie-critiqueCD Ă©vĂ©nement : STURM UND DRANG 1 / The Mozartists, Ian Page et Chiara Skerath, soprano (1 cd Signum classics, janv 2019) – Voici le premier volet d’un cycle annoncĂ© de 7 qui d’abord confirme l’excellence expressive du collectif dirigĂ© par le britannique Ian PAGE, de toute Ă©vidence en affinitĂ© avec le rĂ©pertoire servi ; puis c’est l’intelligence d’un programme somptueux et original, idĂ©alement agencĂ© qui fusionne avec pertinence plusieurs joyaux de l’opĂ©ra avec deux remarquable perles symphoniques signĂ©es Beck (maĂźtre de Mannheim) et Haydn : soit le vivier foisonnant d’idĂ©es et de maĂźtrise auquel s’est confrontĂ© Mozart. Le superbe programme symphonique montre combien les annĂ©es 1760 Ă  1770 dans l’écriture orchestrale, annonce l’essor romantique. PrĂ©classique et surexpressif, voire frĂ©nĂ©tique et dĂ©jĂ  romantique, le style de Gluck tel qu’il se dĂ©ploie sombre, lugubre, puis tumultueux, Ă©ruptif dans la formidable Chaconne (scĂšne final de son Don Juan) qui prĂ©figure bien des effets chez Haydn, Mozart et jusqu’au premier Beethoven, tout en renouant avec l’électrisation rythmique et le gĂ©nie mĂ©lodique du Vivaldi des Quatre Saisons. L’enchaĂźnement des deux airs lyriques s’avĂšre emblĂ©matique lui aussi : l’ample air, langoureux, inquiet et dolent de Fetonte du napolitain Jommelli (Ombre que tacite qui sede / ouvrage crĂ©Ă© en 1768, inspirĂ© du PhaĂ©ton de Lully de 1683) ; puis l’air de Haydn qui complĂšte Jommelli (La Canterina, 1766) qui sait aussi crĂ©piter, elle aussi frĂ©nĂ©tique, entre alarme et tempĂȘte affective. PriĂšre, exultation, imploration et incantation : tout est dĂ©jĂ  lĂ .

Passion Ă©ruptive du Sturm und Drang
The Mozartists et Ian Page au sommet

IanPage-1-e1517575314281Vrai manifeste du Sturm und Drang, tempĂȘte et passion : la premiĂšre des deux symphonies, celle de Franz Ignaz BECK, natif de Mannheim, idĂ©al ambassadeur du style Mannheim, frĂ©nĂ©tique et pĂ©taradante qui vrombit, exigeant des cordes une tenue d’archet Ă©lastique et fluide. Les cabrures des cordes, la vibration narquoise des cors et trompettes (d’époque) ajoute Ă  la superbe caractĂ©risation des Ɠuvres par The Mozartits, en permanence irrĂ©sistibles et inspirĂ©s. Leur style exprime chaque nuance de ce style Sturm und Drang prĂ©romantique. Beck est fondamental dans l’expansion europĂ©enne de ‘l’euphorie’ Mannheim (source Ă  laquelle Mozart puise pour Idomeneo et dĂ©jĂ  Thamos)
 Beck est Ă  Naples, Marseille et surtout Bordeaux au dĂ©but des annĂ©es 1780, oĂč il participe dĂ©jĂ  Ă  l’essor du Grand ThĂ©Ăątre. Il meurt Ă  Bordeaux en 1809.
The Mozartists Ă©clairent avec finesse et nuances, dans la flexibilitĂ© idoine, la qualitĂ© des climats expressifs requis, du dĂ©chainement intempestif du premier mouvement (Allegro con spirito) Ă  la langueur flottante, quasi Ă©vanescente de l’Andante qui suit ; du Minuetto, jouĂ© scherzando et articulĂ© avec son Ă©pisode central austĂšre, plus rustique, au Presto final, aussi affĂ»tĂ© qu’un duel d’épĂ©es, avec en opposition rĂ©jouissante, la rondeur caustique des cors superbement rĂ©glĂ©s. La tension qui naĂźt d’épisodes aussi contrastĂ©s, renforce l’impact poĂ©tique et expressif de cette symphonie (opus 3 n°3, 1760), entre hallucination, Ă©clairs fantastiques et langueur mystĂ©rieuse, l’une des meilleures Ă©crites par Beck parmi ses 
 24 parvenues.

L’expressivitĂ© atteint un niveau supĂ©rieur encore dans l’air du napolitain Traetta : Sofonibe, Reine dĂ©sespĂ©rĂ©e, ici dĂ©chirĂ©e, implorante dont la trĂšs crĂ©dible soprano Chiara Skerath n’hĂ©site pas Ă  faire retentir les cris de la souffrance la plus vive. Celle d’une Ăąme possĂ©dĂ©e, submergĂ©e mĂȘme par sa peine et la trahison dont elle est la victime languissante et impuissante.
EnchainĂ©e la Symphonie n°49 « Passion » de Haydn semble faire Ă©cho Ă  la peine profonde de Sofonibe ; l’équilibre sonore des Mozartists sous la conduite impeccable de leur directeur musical Ian Page, se dĂ©ploie de façon splendide ; le chef cisĂšle et caresse la vibration sombre et funĂšbre mĂȘme du premier mouvement Adagio (12 mn) dont couleur et respiration rappellent le Requiem de Mozart
 Le Menuet affiche la dĂ©contraction d’une danse haendĂ©lienne ; et le Presto, vif et heureux, sidĂšre par sa soif de chanter et de conquĂ©rir. Jubilatoire.
Fabuleux programme lyrique et symphonique, STURM UND DRANG 1 plonge au cƓur de la fournaise symphonique propre aux annĂ©es 1760 oĂč Gluck, Jommelli, Traetta au thĂ©Ăątre dialoguent avec le symphonisme exaltĂ©, contrastĂ© des non moins passionnants Beck et Haydn. Superbe parcours. VoilĂ  un nouvel accomplissement qui confirme notre enthousiasme vis Ă  vis des Mozartists, collectif aux programmes toujours originaux, impliquĂ©s, exaltants. Il est temps de les entendre en France. VƓu exaucĂ© le 20 mai prochain (il Ă©tait temps ! d’autant que CLASSIQUENEWS est le premeir mĂ©dia Ă  les avoir distinguĂ©s et dĂ©fendus : lire ci aprĂšs nos autres critiques The MOZARTISTS).

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement : STURM UND DRANG 1 / The Mozartists, Ian Page et Chiara Skerath – EnregistrĂ© en janvier 2019 Ă  Londres – 1 cd Signum classics – CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2020. Parution annoncĂ© en mai 2020

https://signumrecords.com/product/sturm-und-drang-volume-1/SIGCD619/
 

Présentation du cd / programme sur le site du label SIGNUM classsics

This is the first project in a seven-volume series exploring the ‘Sturm und Drang’ movement, which swept through all art forms in the between the early 1760s and 1780s. The purpose of this movement were to frighten and perturb through the use of wild and subjective emotional means of expression. This series of ‘Sturm und Drang’ recordings incorporates iconic compositions by Mozart, Gluck and, above all, Joseph Haydn, but it also includes largely forgotten or neglected works by less familiar names. The music featured on this disc was all composed in the 1760s. It includes ballet and opera as well as symphonies, but is drawn together by the hallmarks of the remarkably visceral and dynamic style of music that we now call ‘Sturm und Drang’.

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A ÉCOUTER / dĂ©couvrir le 22 juin 2020, 20h30boutonreservation
LA SEINE MUSICALE (92, Hauts de Seine)
https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/the-mozartists_e642
 

 Programme

Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie K19a
Johann Christian Bach / Wolfgang Amadeus Mozart, Adriano in Siria, “Cara la dolce fiamma”
Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie n° 4
Joseph Haydn, Berenice (extraits)
Joseph Haydn, Symphonie n° 99

C’est dans la capitale britannique que Mozart – alors ĂągĂ© de moins de 10 ans – compose ses premiĂšres symphonies. C’est aussi lĂ  qu’il entend l’opĂ©ra de Johann Christian Bach, Adriano in Siria, dont il Ă©crira dix cadences ornementales pour l’air Cara la dolce Mamma. C’est encore Ă  Londres que Joseph Haydn apprendra la mort de Mozart et crĂ©era la Symphonie n° 99. The Mozartists, dirigĂ©s par Ian Page, nous font dĂ©couvrir ce rĂ©pertoire mĂ©connu.

Durée : 1h15 sans entracte

Distribution :‹ Chiara Skerath, soprano
The Mozartists‹  /  Ian Page, direction

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PLUS D’INFOS sur le site de THE MOZARTISTS
https://www.classicalopera.co.uk/whats_on/mozart-et-haydn-a-londres/

 

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