L’Apollon citharède du Louvre

apollon_webSCULPTURE. Le Louvre appelle aux dons pour L’Apollon Citharède de Pompéi (jusqu’au 28 février 2020). Les statues antiques en bronze sont exceptionnelles sur le marché. Beaucoup ont été fondues. Le Louvre organise un appel aux dons (opération « tous mécènes ») pour acheter une remarquable statue à la cire perdue d’un Apollon Citharède, c’est à dire à la cithare (ou à la lyre), soit la figure musicienne du dieu solaire par excellence. En un déhanché très féminin et un style qui rappelle Praxitèle, la statue assez grande : 68 cm de hauteur, datée II et Ier siècles avant JC (fin du style hellénistique), a été retrouvée à Pompei au début du XXè. La silhouette est androgyne, la musculature molle et ronde ; le visage et sa coiffure à la raie centrale, plus féminins que virils. Depuis sa découverte, le bronze antique est demeurée dans des collections privées.

Apollon citharède dit aussi musagète (ballet néo classique par Stravinsky) apparaît comme dieu des arts (et des muses). C’est sous cet aspect qu’il est placé au sommet du toit de l’Opéra Garnier : Apollon brandit en levant les bras sa lyre toute d’or. Sur l’Olympe, Apollon enchante le séjour des dieux en les abreuvant de musique, chant, danse : l’équation qui constitue l’opéra. A l’origine, bergers et bouviers chantent et dansent, célébrant le culte d’Apollon, dieu protecteur des troupeaux. Maître du spectacle et de l’illusion, Apollon maîtrise enfin l’art divinatoire et l’oracle. Son temple à Delphes honore celui qui manifeste les ordres de Zeus

Objectif : collecter 800 000 euros d’ici le 28 février 2020. Prix de vente : 6,7 millions d’euros. Le musée du Louvre via la Société des Amis du Louvre a déjà recuilli 3,5 millions d’euros.

PLUS D’INFOS sur le site des Amis du Louvre / Apollon citarède

 

 

Le Stravinsky un peu lisse de Simon Rattle (Emi classics)

CD.Stravinsky: Le Sacre du printemps, Apollon Musagète (Rattle, 2012)

Les Berliner et Simon Rattle fêtent eux aussi les 100 ans du Sacre du printemps de Stravinsky, oeuvre scandaleuse créé à Paris en mai 2013. Quoiqu’on en dise, il reste difficile d’obtenir un son plus fusionnel et lisse qu’ici. Les orchestres sur instruments modernes ont depuis longtemps fait la démonstration des qualités de brillance comme d’expressivité que personne aujourd hui ne saurait leur contester ni refuser. Les Berliner soignent en particulier la chaleur puissante et carrée de la sonorité globale. Voici donc une nouvelle version du Sacre, en une superbe ivresse instrumentale et d’une rondeur berlinoise idéale mais peut-être ce trop plein d’élégance hédoniste dans Rondes printanières (cuivres lissés et presque dégoulinants, ralentis des cordes un rien dilués) ou dans Jeux des cités rivales manquent justement de nerf, de cris, de transe, d’aspérités contrastées.

Stravinsky un peu lisse

Stravinksy_sacre_printemps_apollon_musagete_emi_classics_rattle_berliner_cdLes amateurs de rugosités et d’incandescente expressivité sonore regretteront cette unification de l’orchestre, où tout fusionne, tout se gorge d’un équilibre parfois artificiel, d’une motricité mécanique, d’une puissance surdimensionnée au mépris des ciselures dynamiques… Reconnaissons cependant l’allant et la beauté du son… bref, une version à l’opposé de l’approche historiquement plus juste des Siècles et François-Xavier Roth, sur instruments de la création soit de 1913 où brille la facture française… lecture révolutionnaire s’il en est, déjà éprouvée et convaincante au concert (pour le centenaire du Sacre en avril 2013), d’une magistrale électricité. La tournée des Siècles se poursuit en mai et tout au long de l’année 2013.

Dans les mouvements de pur abandon, comme Cercles mystérieux des adolescentes, le Philharmonique est capable de tisser une tendresse à pleurer par ses accents d’une mélancolie languissante (a contrario de ce qu’on peut lire ici et là, le Sacre est bien une partition de compassion, pour l’Elue finalement sacrifiée et Stravinsky, grand conteur et poète, chante ici la désespérante et vaine prière voire la supplication des adolescentes contre le rite barbare qui les afflige… Oui donc pour la justesse, l’extrême musicalité du son et de l’approche, c’est une rolls pour une transe qui tarde réellement à venir…

En revanche, dans Apollon musagète, fresque et tableau d’une pureté voire épure strictement néoclassique, le jeu des équilibre et l’extrême mesure des Berliner manque à l’inverse de lumineuse transparence. Tout cela n”est rien que lisse et presque fade. Curieuse asthénie pour un collectif d’instrumentistes pourtant virtuose et qui aurait gagné à jouer des mécaniques dans une partition de musique pure.

Stravinsky: Le Sacre du printemps (1913, version de 1947), Symphonie d’instruments à vent (1920), Apollon Musagète (version 1947). Berliner Philharmoniker. Sir Simon Rattle, direction. 1 cd Emi classics. Enregistrement live réalisé en 2012.