COMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Etoile. Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. TOURCOING, Atelier lyrique, le 9 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Etoile.  Avec Carl Ghazarossian, Alain Buet, Ambroisine BrĂ©, Nicolas Rivenq
 Alexis Kossenko / Jean-Philippe Desrousseaux… A l’occasion d’une visite dans les Hauts-de-France, on ne saurait trop conseiller de faire halte Ă  Tourcoing, troisiĂšme ville de la rĂ©gion aprĂšs Lille et Amiens ; qui peut s’enorgueillir d’avoir vu naĂźtre des compositeurs aussi illustres que Gustave Charpentier ou Albert Roussel. Indissociable de la personnalitĂ© charismatique de son fondateur Jean-Claude Malgoire (1940-2018),  l’Atelier lyrique de Tourcoing donne depuis 1981 une rĂ©sonance internationale Ă  cette ancienne capitale du textile, reconnue pour cette ambition artistique de haut niveau. DĂ©sormais, il revient Ă  François-Xavier Roth (nĂ© en 1971) de prendre la relĂšve du regrettĂ© Malgoire Ă  la direction artistique de l’Atelier lyrique, tandis qu’Alexis Kossenko (nĂ© en 1977) fait de mĂȘme Ă  la tĂȘte de l’orchestre sur instruments d’époque, La Grande Ecurie et la Chambre du Roy.

 

 

 

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Lazuli / Laoula : Ambroisine Bré et Anara Khassenova  © Simon Gosselin

 

 

 

C’est prĂ©cisĂ©ment le jeune flĂ»tiste et chef d’orchestre français que l’on retrouve Ă  Tourcoing pour l’une des productions les plus attendue de la saison, l’ébouriffante Etoile (1877) d’Emmanuel Chabrier (voir notre prĂ©sentation : https://www.classiquenews.com/letoile-de-chabrier-a-tourcoing/). On avoue ne pas comprendre pourquoi un tel chef d’Ɠuvre de malice et d’intelligence ne figure pas plus souvent au rĂ©pertoire hexagonal – au moins pendant les fĂȘtes de fin d’annĂ©e, aux cĂŽtĂ©s des grands succĂšs d’Offenbach. On se rĂ©jouit par consĂ©quent de cette heureuse initiative, et ce d’autant plus que le plateau vocal rĂ©uni se montre d’un niveau proche de l’idĂ©al.
Ainsi de la rayonnante Ambroisine Bré qui donne Ă  son Lazuli un brio vocal d’une rare conviction dans l’équilibre entre vĂ©ritĂ© thĂ©Ăątrale et raffinement vocal, tandis que Carl Ghazarossian (Ouf 1er) ne lui cĂšde en rien dans sa composition dĂ©sopilante, entre morgue cruelle et lassitude feinte. Si Anara Khassenova (la Princesse Laoula) affiche Ă©galement un haut niveau, Juliette Raffin-Gay (AloĂšs) est plus en retrait du fait d’une Ă©mission parfois Ă©troite, hormis dans son air bien travaillĂ© au II. La production doit beaucoup Ă  l’aisance comique des impayables Alain Buet (trĂšs solide Siroco), Nicolas Rivenq (superbe d’autodĂ©rision) ou Denis Mignien (Ă  la folie douce-amĂšre). Les chƓurs un rien timides au dĂ©but, avec quelques dĂ©calages notables, se montrent de plus en plus affirmĂ©s tout au long de la soirĂ©e, avant de pleinement convaincre.

tourcoing-atelier-lyrique-Kossenko-etoile-chabrier-annonce-critique-classiquenewsMais c’est peut-ĂȘtre plus encore l’énergie insufflĂ© dans la fosse qui impressionne par son Ă -propos : si vous n’avez jamais su ce que voulait dire « faire chanter un orchestre », Ă©coutez Alexis Kossenko (photo ci contre) ! Autant les attaques sĂšches que la prĂ©cision et la virtuositĂ© des affrontements entre pupitres donnent des accents inouĂŻs de vitalitĂ©, le tout au service d’une expression dramatique qui n’en oublie jamais de faire ressortir les dĂ©tails humoristiques de l’orchestration. Ce tourbillon de bon humeur rĂ©pond Ă  la non moins rĂ©ussie mise en scĂšne de Jean-Philippe Desrousseaux – dont le travail pour Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© rĂ©compensĂ© en 2017 par le prix du Meilleur crĂ©ateur d’élĂ©ments scĂ©niques, dĂ©cernĂ© par l’Association professionnelle de la critique, thĂ©Ăątre, danse et musique. Desrousseaux revisite son dĂ©cor unique pendant toute la reprĂ©sentation avec maestria, autant par un travail sur les Ă©clairages qu’une mise en valeur des Ă©lĂ©ments scĂ©niques. Son imaginative direction d’acteur donne beaucoup de plaisir par son double regard qui s’adresse autant aux plus petits qu’à leurs ainĂ©s : on retient notamment les nombreux gags visuels intemporels façon Iznogoud ou les dĂ©licieux animaux exotiques animĂ©s Ă  l’ancienne par deux comĂ©diens. Les rires des tout petits ne trompent pas quant Ă  la rĂ©ussite du projet, vivement applaudi par le chaleureux public de Tourcoing.

   

 
 
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Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er) © Simon Gosselin

 

    
 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. Tourcoing, Atelier lyrique, le 9 fĂ©vrier 2020. Chabrier : L’Etoile. Ambroisine Bré (Lazuli), Anara Khassenova (la Princesse Laoula), Juliette Raffin-Gay(AloĂšs), Carl Ghazarossian (Le Roi Ouf 1er), Alain Buet (Siroco), Nicolas Rivenq (HĂ©risson de Porc-Epic), Denis Mignien (Tapioca), Denis Duval  (le chef de la police). Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing, La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy, Alexis Kossenko (direction musicale) / Jean-Philippe Desrousseaux (mise en scĂšne). A l’affiche de l’Atelier lyrique de Tourcoing, du 7 au 11 fĂ©vrier 2020. Photo : © Simon Gosselin / Atelier Lyrique de Tourcoing, service de presse.

 

 

 

VOIR aussi notre TEASER et notre REPORTAGE VIDEO de l’Étoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING Kossenko / Desrousseaux, fĂ©v 2020

 

 

REPORTAGE : L’Etoile de Chabrier par l’Atelier Lyrique de TOURCOING (7, 9 et 11 fĂ©v 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGREPORTAGE. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses », sans omettre les couplets du duo de la Chartreuse verte, parodie dĂ©jantĂ©e du chant bellinien
 sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Un indĂ©crottable auvergnat soucieux de rĂ©former les codes de l’OpĂ©ra Ă  Paris.
Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! Heureusement l’amour du jeune marchant Lazuli pour la belle Laoula vaincra tout obstacle… – REPORTAGE @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

LIRE aussi notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier, 1877, l’Ă©vĂ©nement lyrique portĂ© par L’Atelier Lyrique de Tourcoing, les 7, 9 et 11 fĂ©vrier 2020

VOIR LE REPORTAGE VIDEO

TOURCOING : l’Atelier Lyrique joue L’Étoile de Chabrier (7,9,11 fĂ©vrier 2020)

Éblouissante ETOILE de Chabrier Ă  TOURCOINGTEASER. ATELIER LYRIQUE DE TOURCOING : L’ÉTOILE de Chabrier, 7, 9, 11 fĂ©v 2020. Nouvelle production. DadaĂŻste, loufoque, fantasque, en rĂ©alitĂ© de pure fantaisie, l’inspiration de Chabrier mĂȘle et Mozart et Offenbach en un dĂ©licieux thĂ©Ăątre poĂ©tique (Verlaine a participĂ© au livret). Cette nouvelle production de son opĂ©ra comique L’étoile (1877) prĂ©sentĂ©e par l’Atelier Lyrique de Tourcoing, jamais en reste d’un dĂ©fi nouveau, devrait le dĂ©montrer en fĂ©vrier 2020 (3 reprĂ©sentations). 7 ans aprĂšs la dĂ©faite national, les esprits s’éloignent du « teuton » Wagner (jugĂ© suspect, au moins jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1890) et recherchent Ă  rĂ©gĂ©nĂ©rer le genre lyrique dans de nouveaux sujets, et de nouveaux formats. « La Ballade des gros dindons », « La Pastorale des cochons roses »  sont autant de titres qui soulignent la facĂ©tie souveraine d’un Chabrier, original, iconoclaste, inclassable. RĂ©formateur mais raffinĂ©. Dans une tyrannie orientale de pur fantasme, orchestrĂ©e par le Roi Ouf 1er, fou dĂ©lirant Ă©gocentrique, on Ă©vite toute contestation au pouvoir pour Ă©viter d’ĂȘtre condamnĂ© Ă  mourir empalĂ© ! – TEASER @studio CLASSIQUENEWS 2020 – RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham fĂ©vrier 2020

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TOURCOING, 7 – 11 fĂ©v 2020. CHABRIER : L’Étoile. Nouvelle production

LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de L’Étoile de Chabrier (1877) Ă  l’affiche de l’Atelier Lyrique de TOURCOING – la nouvelle production scelle la collaboration entre l’orchestre sur instruments d’Ă©poque La Grande Ecurie et la Chambre du Roi, et le chef et flĂ»tiste Alexis Kossenko qui vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur de la phalange fondĂ© par Jean-Claude Malgoire

 

 

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3 représentations à Tourcoing
Vendredi 7 février 2020 / 20hboutonreservation
Dimanche 9 février 2020 / 15h30
Mardi 11 février 2020 / 20h
Tourcoing
Théùtre Municipal Raymond Devos

RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/letoile/

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Lazuli : Ambroisine Bré
La Princesse Laoula : Anara Khassenova
AloĂšs Juliette : Raffin-Gay
Le Roi Ouf 1er : Carl Ghazarossian
HĂ©risson de Porc-Ă©pic : Nicolas Rivenq
Siroco : Alain Buet
Tapioca : Denis Mignien
Le Chef de la police : Denis Duval (comédien)

Ensemble vocal de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Ă©curie et la Chambre du Roy
(Fondateur Jean Claude Malgoire)

Direction musicale : Alexis Kossenko (portrait ci  contre)

Mise en scÚne : Jean-Philippe Desrousseaux

Assistant à la mise en scÚne :  Denis Duval

DĂ©cors : Jean-Philippe Desrousseaux,
François-Xavier Guinnepain

LumiÚres : François-Xavier Guinnepain

Costumes : Thibaut Welchlin

Chef de chant : Martin Surot

TOURCOING : FIDELIO de BEETHOVEN

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOURCOING, 7, 9 dĂ©c 2018. BEETHOVEN : FIDELIO. Tourcoing Ă  l’heure du romantisme allemand
 S’il a composĂ© plusieurs musiques de scĂšne, Fidelio est l’unique opĂ©ra de Beethoven. CĂ©lĂšbre et dĂ©jĂ  estimĂ© comme le prophĂšte de la musique virile et moderne, Ludwig en Ă©crit 3 versions. La premiĂšre en 1805 comportait 3 actes, la deuxiĂšme en 1806 n’en comportait que 2. La troisiĂšme version crĂ©Ă©e le 23 mai 1814 Ă  Vienne, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ©e en France, Ă  Paris Ă  l’OdĂ©on en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevĂ© dans les versions prĂ©cĂ©dentes. D’ailleurs, il n’était pas tout Ă  fait prĂȘt pour la premiĂšre et il a continuĂ© Ă  l’amĂ©liorer pour les dates suivantes !

BEETHOVEN CONTRE LES TYRANS

Le succĂšs n’a fait qu’augmenter au fur et Ă  mesure des reprĂ©sentations. RĂ©volutionnaire, Beethoven transmet dans cet opĂ©ra sa passion pour la libertĂ©, au point d’assurer aujourd’hui Ă  l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opĂ©ra de la libertĂ© contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est lapaix armĂ©e, prĂȘte Ă  en dĂ©coudre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libĂ©rer de sa prison son Ă©poux incarcĂ©rĂ©, Florestan.
Beethoven_Hornemann-500-carreLa version que prĂ©sente l’ALT Atelier Lyrique de Tourcoing, est celle souhaitĂ©e par Jean-Claude Malgoire (qui nous a quittĂ© en avril dernier), soit celle de 1814, en version concert, comme toujours sur instruments d’origine et avec un casting idĂ©alement choisi : les spectateurs retrouvent ainsi le tĂ©nor Donald Litaker, pour qui Florestan n’a plus vraiment de secret ! Parmi les fidĂšles interprĂštes : VĂ©ronique Gens (pour la premiĂšre fois incarnant le rĂŽle-titre), mais aussi Alain Buet (PellĂ©as et MĂ©lisande, Voyage d’hiver en novembre 2018 qui chante donc l’infĂąme et diabolique Pizzaro) et Nicolas Rivenq (Don Giovanni, TannhĂ€user : Fernando). JĂ©rĂ©my Duffau et Luigi De Donato ont Ă©galement dĂ©jĂ  Ă©tĂ© entendus sur nos planches. Chaque annĂ©e, l’ALT accueille aussi de jeunes chanteurs et pour ce chef d’Ɠuvre, c’est une Ă©lĂšve d’Alain Buet : Marie Perbost (Marcellina).

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FIDELIO Ă  TOURCOINGboutonreservation
TOURCOING Théùtre Municipal R. Devos
Vendredi 7 dĂ©cembre 2018 – 20h
Dimanche 9 dĂ©cembre 2018 – 15h30
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/fidelio/

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distribution :
Direction musicale : Nicolas Kruger
Scénographie : Jacky Lautem

Leonore / Fidelio : Véronique Gens, soprano
Florestan : Donald Litaker, ténor
Rocco : Luigi de Donato, basse
Marcellina: Marie Perbost, soprano
Jaquino: Jérémy Duffau, ténor
Don Pizzaro: Alain Buet, baryton-basse
Don Fernando: Nicolas Rivenq, baryton

‹ChƓur RĂ©gional des Hauts de France
La Grande Écurie et la Chambre du Roy

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L’HISTOIRE À SĂ©ville, Leonore se travestit en Fidelio pour tenter de sauver son mari Florestan, prĂ©tendu mort, mais retenu prisonnier par Pizzaro le gouverneur de la prison et son geĂŽlier Rocco.

TOURCOING : Alain Buet chante le Voyage d’hiver de Schubert

TOURCOING, Conservatoire : Le Voyage d’hiver de Schubert, le 25 nov 2018, 15h30. Le baryton Alain Buet chante le cycle de lieder Le Voyage d’hiver de Franz Schubert. Immersion superlative dans l’imaginaire tendre, intime, mĂ©lancolique aussi du compositeur viennois disparu en 1828.

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Franz Schubert est l’un des plus grands compositeurs romantiques. Son Ɠuvre Ă©norme englobe tous les domaines, le concerto exceptĂ©. Avec « Marguerite au rouet » d’aprĂšs Goethe, qu’il Ă©crit Ă  l’ñge de 17 ans, il est le crĂ©ateur du lied romantique : la voix et un accompagnement expressif au piano reproduisent en une miniature pleine de vie l’état d’ñme du poĂšte au moment oĂč il composa. Il utilise les formes symphoniques du clacissisme, mais les amplifie Ă  la fois par le dĂ©veloppement et l’expression romantique. Une richesse mĂ©lodique inĂ©puisable qui fait souvent penser Ă  Mozart, une technique de composition favorable aux grands dĂ©veloppements, une harmonie riche en modulations : telles sont les caractĂ©ristiques de son Ɠuvre. Schubert offre l’exemple parfait d’une sensibilitĂ© romantique qui s’exprime sans dĂ©tour.

 

 

Un certain regard — Alain Buet (baryton) / LE POINT DE VUE DE L’INTERPRETE

schubert-franz-schubertiade-concert-annonce-par-classiquenews« Le « Winterreise » ou « Voyage d’hiver » de Franz Schubert pour voix et piano sur les poĂšmes de Wilhelm MĂŒller composĂ© en 1827 est un pur chef-d’Ɠuvre musical romantique qui a largement contribuĂ© Ă  me donner l’envie de m’engager sur la voie du chant. Il m’a fallu une bonne quinzaine d’annĂ©es de rĂ©flexion avant de m’attaquer Ă  ces 24 lieder comme un alpiniste fascinĂ©, paralysĂ© et attirĂ© par la magie d’une montagne.

Le choix du pianiste est d’une grande importance, selon le compagnon, le voyage sera toujours diffĂ©rent ; il est en quelque sorte un premier de cordĂ©e puisque Schubert a fait commencer tous les chants (lieder) du cycle par un prĂ©lude pianistique, les mots du chanteur devant suivre la voie ouverte et fusionner avec la musique pure. David Violi est un magnifique pianiste/poĂšte avec lequel j’ai hĂąte de partager cette aventure pour Jean-Claude Malgoire et le public de Tourcoing.

Les textes de Wilhelm MĂŒller expriment les souffrances causĂ©es par la perte de l’ĂȘtre aimĂ© au travers des 24 poĂšmes qui sont 24 Ă©tats de l’ñme d’un homme en perdition dans le froid de l’hiver. Comment ne pas penser aux sans-abris, aux migrants, aux rĂ©fugiĂ©s, aux exilĂ©s de notre temps auxquels nous dĂ©dierons ce concert. » Alain Buet (baryton).

 

 

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Le Voyage d’hiver de Schubert
Dim 25 nov 2018, 15h30
TOURCOING, Conservatoire

Alain Buet, baryton
David Violi, piano
Winterreise, 24 lieder pour piano et voix (1827)

Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise / 24 lieder pour piano et voix, composĂ© en 1827 sur des poĂšmes de Wilhelm MĂŒller

RESERVEZ VOTRE PLACE

sur le site de l’Atelier Lyrique de Tourcoing

DVD. Blow : Venus & Adonis (Cuiller, 2012)

DVD. John Blow : Venus & Adonis (Cuiller, 2012) 1 dvd Alpha. PrĂ©sentĂ©e en octobre 2012 Ă  Caen, voici une trĂšs intĂ©ressante production du seul opĂ©ra de John Blow (1649-1708), Venus et Adonis qui datĂ© de 1683, serait bien le premier opĂ©ra anglais baroque avant Didon et ÉnĂ©e de son Ă©lĂšve, Henry Purcell (1684).
Masque Ă©crit pour la Cour de Charles II (sa maĂźtresse Mary Davies et leur fille Mary Tudor, 10 ans,  y chantaient respectivement les rĂŽles centraux de VĂ©nus et Amour), il s’agit d’une partition toute en nuances de gris voire de noir lacrymal et tragique qui Ă©voque les liens amoureux de la dĂ©esse de l’amour pour le jeune et bel Adonis, mortellement blessĂ© aprĂšs une chasse par le sanglier EudĂ©lien.

 

 

Opéra des illusions et de la mort

 

blow_venus_adonis_dvd_alpha_cuiller_scheen_mauillonL’esthĂ©tisme des costumes et dĂ©cors, le sens du temps suspendu voire extatique, soulignant l’essence funĂšbre de ce drame musical Ă©clairĂ© aux bougies selon une formule dĂ©sormais bien connue fait mouche, malgrĂ© une certaine monotonie qui confine souvent Ă  la rĂ©pĂ©tition. Le film lui aussi s’alanguit sur les mĂȘmes poses (focus sur les mains des chanteurs, danseurs, du chef…), insiste (trop) sur les purs instants de dĂ©ploration, faisant de chaque Ă©pisode finalement des momento mori, des vanitĂ©s Ă©clairĂ©es Ă  la maniĂšre de Caravage ou de La Tour… VanitĂ©, tout et vanitĂ© semble nous dire et nous rĂ©pĂ©ter John Blow, dont la musique envoĂ»te littĂ©ralement, comme pĂ©trifiĂ© lui-mĂȘme par la mort (comme son Ă©lĂšve Purcell). Dans ce thĂ©Ăątre des illusions et des fragilitĂ©s Ă©noncĂ©es Ă  demi mots, oĂč mĂȘme une dĂ©esse Ă©prouve la perte et le dĂ©chirement le plus atroce, (le III est un tableau funĂšbre et tragique d’un indĂ©niable souffle poĂ©tique), la VĂ©nus lumineuse et tendre de CĂ©line Scheen se distingue comme le chant parfois maniĂ©rĂ©e de Marc Mauillon : tous deux incarnent pourtant Ă  la perfection la finesse arachnĂ©nenne du couple amoureux.
Par contre, faire chanter Amour par un garçon (et fort mal au demeurant, manquant et d’assurance et dĂ©cevant par un chant mou et dĂ©simpliquĂ©) est un contre sens pour un rĂŽle tenu Ă  l’origine par une fillette…  AttentionnĂ©, plus prĂ©cis que vif, mais riche en nuances et dynamiques maĂźtrisĂ©es, le claveciniste Bertrand Cuiller dirige les troupes de l’ensemble fondĂ© par le baryton Alain Buet, Les Musiciens du Paradis : chef et musiciens s’engagent sans compter et avec infiniment de tact pour la dĂ©fense de ce premier opĂ©ra anglais. Si la mise en scĂšne aux rĂ©fĂ©rences picturales et sa nonchalance esthĂ©tisante parfois trop marquĂ©e, comme manquant de nerf et semblant tourner Ă  vide, n’Ă©tait pas aussi statique souvent (malgrĂ© une multitude de gestuelles empruntĂ©es aux tableaux d’histoire), nous tiendrions lĂ , un spectacle rĂ©ellement fascinant. Mais le travail qui interroge l’illusion du thĂ©Ăątre, son essence Ă©phĂ©mĂšre et si fugace rentre parfaitement en rĂ©sonance avec la fascination et la dĂ©ploration de la mort , thĂ©matique centrale du thĂ©Ăątre de Blow qui saisit dans une partition intimiste (que deux chanteurs principaux), courte, efficace.

DĂ©plorons le format NTSC du dvd qui provoque de fait une perte de qualitĂ© de l’image : un comble pour un spectacle si visuel, au fini si pictural. N’eĂ»t-il pas Ă©tĂ© plus juste de recourir au format PAL ?

Vénus et Adonis, de John Blow. Avec Céline Scheen, Marc Mauillon, Louise Moaty (mise en scÚne), Adeline Caron (scénographie), Alain Blanchot (costumes), Christophe Naillet (lumiÚres), la Maßtrise de Caen, Les Musiciens du Paradis, Bertrand Cuiller (direction). 1 dvd Alpha.