CD critique, HAHN : Ă” mon bel inconnu (Samuel Jean, 1 cd Palazzetto Bru Zane, 2019)

HAHN-o-mon-bel-inconnu-cd-livre-Bru-zane-samuel-Jean-pancrazi-dolie-critique-cd-opera-opera-review-CLASSIQUENEWS-critique-cdCD critique, HAHN : Ă” mon bel inconnu (Samuel Jean, 1 cd Palazzetto Bru Zane, 2019) – ComĂ©die sincère des annĂ©es 30… Hahn affectionne la lĂ©gèretĂ© suggestive ; l’art d’une finesse savoureuse qui se lit Ă  plusieurs degrĂ©s ; ainsi la partition d’Ô mon bel inconnu cultive cette couleur opĂ©ra comique, comĂ©die lĂ©gère voire opĂ©rette. Après « Mozart », le duo Hahn / Guitry se retrouve sur le thème d’une tribu pas si convenable que cela. La famille Aubertin, père, mère et fille, clan anecdotique de la petite bourgeoisie commerçante (Prosper est chapelier) s’émoustille de fantasmes nĂ©s de correspondances Ă©pistolaires, propres Ă  effacer la routine domestique et familiale. L’ennui guette cette communautĂ© apparemment respectable, qui en proie au dĂ©sordre Ă©motionnel, est victime des frivolitĂ©s parisiennes. Le dĂ©sir et le fantasmes menacent sĂ©vèrement cet Ă©quilibre clanique ; l’excitation, les propos Ă©grillards font imploser les biensĂ©ances sociales (« pinson » Ă©pineux, salace, bien dans l’esprit de Guitry qui signe ici sa nouvelle coopĂ©ration avec Hahn : « Mais vous m’avez pincĂ© le derrière », s’écrie Antoinette Ă  Jean-Paul : on pourrait s’étonner aujourd’hui d’une telle naĂŻvetĂ© emblĂ©matique de l’Entre-Deux guerres, un rien ridicule dans son Ă©noncé…).
Ce qui sauve ici Hahn, c’est la profondeur et la finesse sous le masque d’une apparente indifférence (en cela le personnage de Claude, faux soupirant et vrai coeur irradié : excellent Yoann Dubruque, intelligible, naturel, nuancé, éclaire cette seconde nature de l’écriture). Hahn rivalise ainsi entre sincérité et drame avec son grand modèle, le Mozart des Noces. On notera ainsi de même, l’indiscutable gouaille mesurée d’Éléonore Pancrazi dans le rôle de la bonne Félicie. Voici deux tempéraments dramatiques, au français impeccable, à l’expressivité subtile et changeante… qui se démarquent nettement du reste de la distribution.

Le chef soigne cette ambiance suave et drôlatique, badine mais sincère, en particulier pour l’ouverture, chaque intermède et entracte où seuls les instruments de l’orchestre chantent cette frivolité délicieuse (à noter clin d’oeil au romantisme hexagonal, le saxo, clair emprunt à l’orchestre de Thomas). La lecture est soignée, vive, s’appuyant sur des caractères bien restitués ; de quoi nous éclairer sur le duo Guitry / Hahn à la scène, qui illumine en oct 1933, le paysage musical parisien (Bouffes-Parisiens).

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CD, critique. HAHN : O mon bel inconnu, 1933 (Gens, Pancrazi, Dubruque, Dolié… Orch nat. Avignon-Provence, Samuel Jean). 1 cd Palazzetto Bru Zane, enregistré en sept 2019.

 

 

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Autres opéras de Reynaldo HAHN critiqués sur classiquenews.com :

 

 
 

 

ile-du-reve-hahn-cd-niquet-dubois-cd-critique-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-octobre-2020-BZ-1042-PHYSICAL-front-OK-654x1024-cd-classiquenews-opera-critiqueCD événement. REYNALDO HAHN : L’île du rêve (Dubois, Sargsyan… Niquet, 2020) 1 cd Opéra français Pal Bru Zane. L’île du rêve (« idylle polynésienne créé en 1898), c’est assurément l’extase amoureuse qui lie dès le premier acte, Mahénu et Loti, la jeune polynésienne de … 16 ans, et l’officier français plus mûr, excité évidemment de s’offrir ainsi les charmes d’une adolescente indigène. Il y a du Massenet dans cette écriture tendre et envoûtée ; le second acte commence comme une ouverture néobaroque, où règnent surtout la volupté capiteuse des cordes : la direction très kitsch du chef soigne de fait le lyrisme sucré et la séduction chantante des mélodies, moins le raffinement millimétré du style du jeune Hahn, très français dans son sens des couleurs à la fois suaves, et tendres et d’un lyrisme éperdu.

http://www.classiquenews.com/cd-evenement-reynaldo-hahn-lile-du-reve-dubois-sargsyan-niquet-2020-1-cd-opera-francais-pal-bru-zane/

 

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Ciboulette-Fra-Musica-DVD_1_155x225CLIC D'OR macaron 200DVD. Reynaldo Hahn : Ciboulette, 1925. (Fuchs, Opéra Comique février 2013. 2 dvd FRA Musica). En 1925, au cœur des années folles, celles de l’entre deux guerre, Reynaldo Hahn (1874-1947) revivifie l’esprit enivré des opérettes de Johann Strauss et d’Offenbach : c’est une succession de tableaux populaires et collectifs d’où jaillissent de subtiles personnalités (Ciboulette, Antonin), qui évoque aussi en une fresque sociale et politique, le Paris des Halles et de l’Opéra : mixité des classes comme si elles étaient à bord du Titanic : emportées malgré leurs différences qui s’entrechoquent mais acculées à l’inéluctable, non pas fractionnées ni opposes mais fusionnées des officiers de hussards aux maraîchers des Halles, des courtisanes aux aristos… : un traumatisme vécu par tous sans distinction en 1914 et 1918, bientôt à venir en 1939… La nostalgie d’une ère bénie perdue, celle des premiers amours – ivresse de l’innocence bercée d’illusion amoureuse (le baryton soudainement grave et sombre et très tendre du contrôleur Duparquet), surtout cet état choqué, celui des lendemain de griseries et d’orgies conduisant à un réveil difficile : on pense constamment aux climats de La Chauve souris (même confusion des classes grâce au truchement des masques et du carnaval, même difficulté face au réel… avec cet épanchement éperdu, sincère vers l’amour). Tout l’opéra est construit sur la lente et progressive révélation du pur amour, le vrai, le plus authentique, celui qu’éprouve le jeune richard Antonin et la belle maraichère aux Halles, Ciboulette, si piquante et astucieuse du haut de ses 21 ans. La délicatesse et le raffinement du style de Hahn éclate au grand jour : une intelligence des contrastes, une sensibilité surtout qui en font un génie de la légèreté grave. Evidemment, les airs de Ciboulette qui exige un soprano agile, ne comportent malheureusement aucune coloratoure ni vocalises car le style verse toujours dans la chanson, la revue, et la comédie musicale, époque oblige. EN LIRE PLUS

 

 

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand… Bleuse /Desbordes

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand… Bleuse /Desbordes. Petite réserve tout d’abord dans la conception même de la soirée. Malgré sa forme chaotique entre récital de chansons, revue, volets habituels du cabaret berlinois, la première partie de soirée (Berliner Kabarett) présente quelques superbes mélodies aux textes tout autant savoureux ; curieusement en dépit de la présence de l’orchestre en fond de scène, c’est au piano seul que trois chanteurs égrènent leur juste complainte entre poésie et désespoir, tous ont cette désillusion enchantée qui est la marque du théâtre aussi politique que délirant du duo Weill / Brecht.

Ainsi trois sĂ©quences sont mĂ©morables en particulier ; citons « l’heure bleue » ou l’extase au bain, que chante et qu’incarne en un nirvana cosmĂ©tique, avec une suavitĂ© Ă©vanescente la pulpeuse Marie Lenormand ; plus ambiguĂ« encore entre dĂ©sespĂ©rance et visions glaçantes (de larmes et de mort), « au fond de la Seine », est un splendide lamento, maĂ®trisĂ© dans des tenues de notes impeccables et très investies par le tĂ©nor RaphaĂ«l Jardin ; plus sombre encore, après une critique acerbe contre l’hypocrisie dĂ©mocratique, en clown grimaçant hystĂ©rique, l’excellente basse française FrĂ©dĂ©ric Caton, …lequel tombe le masque et exprime le deuil de la mère qui a perdu son fils dans les tranchĂ©es. Le ton est juste, le texte dĂ©chirant; ce tragique noir, acide, lugubre, surgissant comme une douche froide, est du plus puissant effet; comme si Weill et Brecht nous avaient sĂ©duits et trompĂ©s par ce qui prĂ©cède sur le ton d’un divertissement sans gravitĂ©, pour nous infliger cette appel Ă  conscience. Inoubliable. La voix naturelle de la basse, veloutĂ©e et toujours parfaitement intelligible (dans la grande tradition, et la seule exemplaire Ă  ce jour, celle du diseur Francois Le Roux), fait vibrer le texte en une sincĂ©ritĂ© qui touche au cĹ“ur. Bravo l’artiste. Sous le masque d’un spectacle de pacotille, dans le mouvement d’une vacuitĂ© faite religion, s’impose Ă  nous, le cri dĂ©chirant de ce chant dont texte et musique ressuscitent le dĂ©nuement et la profondeur de Schubert.

Ces perles sont les piliers d’un spectacle qui Ă  partir de son prĂ©texte sur l’ivresse consumĂ©riste des grands magasins se fait brĂ»lot politique. Mais la forme Ă©clatĂ©e qui s’apparente Ă  une succession de numĂ©ros, sans liens apparents, et non intĂ©grĂ©s dans une action continue, unitaire, se rĂ©vèle Ă  la peine, dĂ©routante, dĂ©cousue, un rien confuse. Serait-ce pour mieux nous prĂ©parer Ă  la forme idĂ©ale, resserrĂ©e, continue de l’oeuvre qui suit et qui constitue le clou de la soirĂ©e : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux ? De fait la grande cohĂ©rence de la partition qui file Ă  toute allure saisit immĂ©diatement le spectateur.

 

 

 

SĹ“urs martyrs
d’un spectacle parodique et politique

 

 

 

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Rien avoir en effet dans ce cycle de 40 mn, menĂ© tambour battant tel un « road movie », et qui grâce au dispositif des instrumentistes placĂ©s derrière les chanteurs (qui ne sont plus sonorisĂ©s), rĂ©vèle sa nature hautement symphonique. On se glisse dans le sprachgesang de la mĂŞme Marie Lenormand, tout en confort et en naturel. Son intonation est juste et la couleur du chant mĂŞle les espĂ©rances de la conteuse Anna I, spectatrice et narratrice des avatars des deux Sisters, et la plainte lancinante de celle qui compte les mille humiliations et sĂ©vices (surtout sexuels) dont elles sont victimes (surtout Anna II) qui est un personnage non chantĂ© mais dansĂ© : dans ce dernier rĂ´le on distingue la performance de la danseuse Fanny Aguado dont postures et poses convoquent une lolita allumĂ©e, dĂ©vergondĂ©e et ingĂ©nue, une Lulu bis, diverses facettes d’une jeunette prĂŞte Ă  tout pour vendre ses charmes.
Les vrais responsables de ce jeu de dupes sont les parents et les (deux) frères des deux Anna, sĹ“urs martyrs, prostituĂ©es dominĂ©es, consentantes, dont les revenus rĂ©guliers financent la petite maison familiale en Louisiane au bord du Mississipi. Le rĂŞve et l’idĂ©al tant dĂ©fendus relèvent peu a peu du cauchemar mais aussi dans le spectacle, dĂ©voile l’hypocrisie bien pensante qu’incarne Ă  la façon d’un chĹ“ur rĂ©pĂ©titif, scandant chaque tableau des pĂ©chĂ©s (« Seigneur illumine tes fidèles, mène-les vers la prospĂ©rité »), les 4 membres de la famille.
Impeccable en ce sens la mère du même Frédéric Caton : il/elle brandit le crucifix pour mieux envelopper ses turpitudes de mère proxénète.

 

 

 

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On ne saurait trop souligner la réussite d’une telle partition, musicalement splendide, dramatiquement prenante ; les auteurs y développent les thèmes désormais structurels de leur travail sur la scène : dénonciation de l’exploitation de l’homme par l’homme, hypocrisie bourgeoise, fausse morale, fausse religion ; et toujours cette tension et ce lugubre voire cette inquiétude souterraine qui doublent chaque situation. On a le sentiment qu’à chaque avancée dans cette chevauchée fantastique, c’est l’humanité et la beauté du monde qu’on assassine. La musique est subtile et ambiguë, troublante souvent déchirante. Le livret à rebours d’une dénonciation en règle de la barbarie et des turpitudes humaines, nous parle bien de l’humain.
En rĂ©alitĂ©, Brecht, toujours mordant, tout en dĂ©nonçant les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, dĂ©montre qu’en les appliquant strictement, – tentation lĂ©gitime, les deux sĹ“urs montent les Ă©chelons et amassent toujours un peu plus. Le monde est ainsi corrompu qu’il faille simplement appliquer les 7 tares pour rĂ©ussir et s’enrichir.

 

 

 

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La première partie qui dure presque 1h30, souligne le climat et le contexte des spectacles de Weill et Brecht alors en transit à Paris après l’échec des idéaux de la République de Weimar.
On ne cesse de penser tout au long de la soirĂ©e Ă  l’apocalypse collectif et sociĂ©tal des annĂ©es 1930 en Allemagne… les arts du spectacle pourtant clairvoyants alors, se sont confrontĂ©s Ă  une sorte d’aveuglement et de fatalisme gĂ©nĂ©ral. Un Ă©tat de soumission inscrit dans l’air du temps… Un parallèle avec nos dĂ©mocraties mourantes en Europe ?
Voila qui fait même du choix de Weill / Brecht, à Tours en avril 2019, à quelques semaines des élections européennes, un acte politique. Déjà Brecht et Weill avaient épingler le danger des faux démocrates et des vrais démagogues populistes. Approche visionnaire, et spectacle passionnant.

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. Marie Lenormand… Bleuse /Desbordes

KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht
Précédés de Berliner Kabarett

Nouvelle production de l’Opéra de Tours

Avec
Anna Marie Lenormand
La Mère Frédéric Caton
Le Père Carl Ghazarossian
Les Frères Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale:Pierre Bleuse
Mise en scène:Olivier Desbordes

Costumes: Patrice Gouron
Lumière: Joël Fabing
Décors: Opéra de Tours

Illustrations : © Sandra Daveau / 7 péchés capitaux Kurt WEILL à l’Opéra de Tours

 

 

 

TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux, 26,27, 28 avril 2019

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, OpĂ©ra. KURT WEILL : Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Les Ĺ“uvres de Weill sont marquĂ©es par le sceau du gĂ©nie et de l’invention théâtrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un crĂ©ateur atypique, audacieux, rĂ©volutionnaire et visionnaire. Il a dĂ» quittĂ© l’Allemagne hitlĂ©rienne, rejoint Paris (oĂą sont crĂ©Ă©s les 7 pĂ©chĂ©s capitaux, … dans un incomprĂ©hension totale hĂ©las, et suscitant les foudres des antisĂ©mites particulièrement virulents alors). Weill fut un auteur prĂ©coce Ă©crivant ses Quatuor, premier opĂ©ra, lieder) dès l’adolescence. Il s’est formĂ© Ă  Berlin (Musikhoschule), auprès de Ferrucio Busoni (AcadĂ©mie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court âge d’or des arts du spectacle des annĂ©es Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen… ), soit pendant une dĂ©cennie, celle des annĂ©es 1920 et le dĂ©but des annĂ©es 1930 (jusqu’en 1933, en mars prĂ©cisĂ©meent oĂą il rejoint la France). A Paris, Les 7 PĂ©chĂ©s prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, cĂ©lĂ©brĂ©s : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)…

 

 

 

Nouveau théâtre musical
créé à Paris sur la scène du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de créer à la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas élitiste ; pour se faire il croise l’opéra classique, le ballet, le jazz… d’où une invention mélodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantés par tous. Il reste à Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scène Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scène parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 péchés capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre américaine, Weil évoque le vertige des villes des Etats-Unis, avec à défaut d’y avoir encore vécu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 péchés incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dédie à la comédie américaine à Broadway (il devient citoyen américain en 1943), grâce aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragédie de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent à réinventer le genre musical et théâtral dans la première moitié du XXè.
Face au sérialisme bon teint d’une élite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill représente aujourd’hui cette veine poétique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, à su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaître aujourd’hui la modernité et la singularité de son théâtre : poétique, délirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mélodies inoubliables (Mack the Knife tiré de l’Opéra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship…) : il illustre un genre indétrônable et inusable dont la saveur et la noirceur, le réalisme cynique et la grâce poétique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opéra ballet Les 7 péchés capitaux qui démentiront cette qualité.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’OpĂ©ra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scène : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
Lumière : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La Mère : Frédéric Caton
Le Père : Carl Ghazarossian
Les Frères : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la réalisation d’un rêve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sœurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes américaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle cité chaque année. Anna II tentée, sollicitée manquent de succomber aux 7 péchés (la paresse, l’orgueil, la colère, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnée et mesurée, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposés, les frasques de leur progénitures en mal de sensations : à chaque ville explorée, sa tentation capitale… la première ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colère) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, après sept ans, les deux Annas ont engrangé un beau pactole ; rentrées en Louisiane, elles permettent que la famille édifie enfin la maison familiale tant espérée.