jeudi 1 octobre 2026

STREAMING, opéra. TCHAIKOVSKY : Iolanta, en direct ven 14 nov 2025, 20h (Opéra de Bordeaux). Stéphane Braunschweig / Pierre Dumoussaud

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Une jeune princesse aveugle, Iolanta, protégée du monde par son père, vit recluse dans un jardin magique. Doit-on lui dire qu’elle est aveugle ? Pour autant, préservée et solitaire, l’héroïne doit-elle être écartée de tout amour ? De l’ombre à la pleine lumière… Sa rencontre avec un jeune homme (le Chevalier Vaudémont) promet une métamorphose imprévue… et l’accomplissement de son destin.

 

 

En 1890, les Théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg commandent à Tchaïkovski un ballet en deux actes – Casse-Noisette – et un opéra en un acte  – Iolanta – pour compléter le double-programme de la soirée. Tchaïkovski y aborde le pouvoir salvateur de l’amour. Le drame est aujourd’hui considéré comme l’une de ses meilleures partitions, qui est son 10è et dernier opéra.

Diffusée en direct sur OperaVision, la nouvelle production de l’Opéra national de Bordeaux est mise en scène par Stéphane Braunschweig… C’est un voyage poétique initiatique à travers les jeux de lumières.
« Si Iolanta  s’achève par un regard tourné vers la voûte céleste et un chant de gloire à la lumière divine, écrit Stéphane Braunschweig, ne faut-il pas aussi voir dans l’exaltation de la communion finale une réconciliation avec le monde ? C’est à mon sens ce qui donne toute sa profondeur à cet opéra qui, sous son apparence de simplicité, recèle la beauté fulgurante des chefs-d’œuvre. »





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VOIR le streaming direct : Iolanta de Tchaikovsky à l’Opéra de Bordeaux
En direct vendredi 14 novembre 2025 à 20h00 CET
En REPLAY, jusqu’au 14 mai 2026, 12h.
https://operavision.eu/fr/performance/iolanta-0







Mise en scène : Stéphane Braunschweig
Direction : Pierre Dumoussaud

Iolanta : Claire Antoine
René : Ain Anger
Ibn-Hakia : Ariunbbatar Ganbaatar
Robert : Vladislav Chizhov
Vaudémont : Julien Henric
…
Choeur et Orchestre Bordeaux Aquitaine



De fille séquestrée, infantilisée, elle devient femme désirable et conquise… A la suite de Tatiana d’Eugène Onéguine, Iolanta doit d’abord prendre conscience de sa cécité avant de trouver son identité, diriger son destin, devenir elle-même. La qualité et la richesse des mélodies qui se succèdent intensifient le drame, conçu en un seul acte sur le livret du frère de Piotr Illiych, Modeste. L’ouverture et la mise en avant des instruments à vents (chant plaintif et vénéneux, presque énigmatique du hautbois et du cor anglais, accompagné par les bassons et les cors…), cette aspiration échevelée aux couleurs et résonances de l’étrange réalisant une immersion dans un monde féerique et fantastique mais intensément psychologique  (l’ouverture a été très critiquée par Rimsky), la figure du docteur maure Ebn Hakia (baryton), rare incursion d’un orientalisme concédé (beaucoup plus flamboyant chez les autres compositeurs russes comme Rimsky), la concentration de la musique sur la vie intérieure des protagonistes, l’absence des chœurs, tout l’itinéraire de la jeune fille aux résonances psychanalytiques, des ténèbres à l’éblouissement positif final-, fondent l’originalité du dernier opéra de Tchaïkovski : comme l’expérience d’un passage, de l’enfance aveugle à l’âge adulte (pleinement conscient), Iolanta est un huis clos où s’exprime le mouvement de la psyché d’une jeune femme à l’esprit ardent, tenue (par son père le roi René) à l’écart du monde.
Après la mort de Tchaïkovski (1893), Mahler assure la création allemande de Iolanta (Hambourg). L’oeuvre plus applaudie que Casse Noisette à sa création russe (Saint-Pétersbourg en 1892), traverse l’oublie jusqu’en 1940 quand la cantatrice russe Galina Vichnievskaïa, affirme et la figure captivante du personnage d’Iolanta, et la magie symphonique d’un opéra à redécouvrir. Car tout Tchaïkovski et le meilleur de son inspiration se concentrent dans Iolanta, véritable miniature psychologique. Et fait rare chez le compositeur de la Symphonie « tragique », le drame se finit bien.


L’INTRIGUE de Iolanta. L’Opéra Iolanta est en un acte et 9 tableaux. Alors que le Roi René tient à l’écart du monde, sa propre fille Iolanta, aveugle, absente à sa propre infirmité, le médecin maure Ebn Hakia (baryton) annonce que la jeune princesse doit prendre conscience de son handicap pour s’en détacher et peut-être en guérir…le Roi trop possessif demeure indécis mais le comte Vaudémont (ténor), tombé amoureux de Iolanta, lui apprend la lumière et l’amour : Iolanta, consciente désormais de ce qu’elle est, peut découvrir le monde et vivre sa vie. La jeune femme tenue cloîtrée, fait l’expérience de la maturité : en se détachant du joug paternel, elle s’émancipe enfin.
LIRE notre dossier Iolanta de Tchaikovsky : https://www.classiquenews.com/iolanta-a-lopera-de-tours/

 



LIRE aussi notre critique du cd IOLANTA / TCHAIKOVSKY avec Anna Netrebko (fév 2015) :
https://www.classiquenews.com/la-iolanta-danna-netrebko-scene-cd-cinema/
En jouant sur l’imbrication très raffinée de la voix de la soliste et des instruments surtout bois et vents (clarinette, hautbois, basson) et vents (cors), Tchaïkovski excelle dans l’expression profondes  des aspirations secrètes d’une âme sensible, fragile, déterminée : un profil d’héroïne idéal, qui répond totalement au caractère radical du compositeur. Toute la musique de Tchaïkovski (52 ans) exprime la volonté de se défaire d’un secret, de rompre une malédiction… La voix corsée, intensément colorée de la soprano, la richesse de ses harmoniques offrent l’épaisseur au rôle-titre, ses aspirations désirantes : un personnage conçu pour elle. Voilà qui renoue avec la réussite pleine et entière de ses récentes prises de rôles verdiennes (Leonora du trouvère, Lady Macbeth) et fait oublier son erreur straussienne (Quatre derniers lieder de Richard Strauss).

L’interprétation de la diva convainc de bout en bout… D’abord  dans le tableau féminin, d’ouverture, celui de Iolanta et de sa suite : la langueur démunie, rêveuse mais insatisfaite d’âmes cloîtrées se précise. Puis, introduit par une fanfare de cor noble vagement cynégétique, paraissent les hommes ; ainsi s’accomplit la rencontre de Iolanta avec celui qui va la sauver Vaudémont (Sergey Skorokhodov), grâce auquel la princesse aveugle osant affronter le risque et l’inconnu, se défait seule de l’aveuglement qui la contraint depuis sa naissance… Le rôle du médecin est lui aussi parfaitement tenu. Aucune faute de distribution en général sauf pour la basse Vitalij Kowaljow qui fait un Roi René un rien droit, placide et épais sans guère de trouble…


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