L’Orchestre national du Capitole de Toulouse propose un nouvel événement symphonique à la Halle aux Grains sous la baguette de la cheffe Eva Ollikainen (grande défenseure des compositeurs du XXI : ce soir, le Polonais Lutoslawski…), et avec la pianiste Beatrice Rana, soliste attendue dans le 2è Concerto pour piano de Brahms (créé en Hongrie en 1881 dont le Scherzo « méphistophélique », revêt une signification particulière dans l’œuvre de Brahms)…
Le Concerto pour orchestre de Lutoslawski est rare au concert. Créé à Varsovie en nov 1954 par le chef Witold Rowicki, la partition s’inscrit dans le folklore populaire traditionnelle particulier de la région de Mazovie. En 3 parties, l’œuvre est la plus ambitieuse et développée de son auteur. Elle égale voire dépasse en variété et enjeux, la plus longue symphonie de Lutoslawski (n°2). Emblématique dans la partie centrale du « Capriccio notturno » (mouvement 2), le motif du trio aux cors, d’inspiration robuste et viscéralement populaire. Varié, plus inventif, le dernier mouvement (« Passacaille,toccata,choral et finale »), sait produire une série de 12 variations à partir du motif de la Passacaille initiale, passant aux bois, cordes, cuivres… le cycle s’achève par une toccata, un choral et enfin, de somptueuses et grandioses sonneries conclusives.
A l’inverse, le Concerto pour piano n°2 de Brahms est un pilier du répertoire. C’est même une odyssée concertante dont l’ampleur de l’enveloppe orchestrale n’empêche pas un sentiment d’intimité ultime, partagé entre le piano soliste et le collectif orchestral dont se détache certains instruments individualisés (le violoncelle entre autres)…
Le pianiste doit entre autres y exprimer l’infini amoureux de Brahms, dans un jeu miroitant, diaphane, ciselé, d’une tendresse enfantine et amoureuse surtout dans l’Andante sublimé par le sentiment de pudeur. Tout le Concerto pour piano n°2 de Brahms d’une ampleur symphonique affirmée (avec ses 4 mouvements), laisse pourtant le chant du clavier s’épanouir, entre la tragédie sombre à peine voilée, la digression facétieuse (en particulier dans le dernier mouvement grazioso où scintille les motifs populaires, rythmes hongrois réservés aux cordes), et au cœur de la sensibilité brahmsienne, une hypersensibilité affective qui est la clé de cette noblesse qui retourne toujours à l’intime et à la pudeur blessée. Chaque mouvement berce par une sincérité de ton qui d’un épisode à l’autre, rétablit la grande cohérence du cycle orchestral dans son entier.Outre l’ampleur, l’intimité, ce sont aussi de somptueux appareillages de timbres qui doivent se réaliser durant cetopéra orchestral en 4 parties : cor évidemment, hautbois, sans omettre le violoncelle au début et à la fin de l’Andante qui respire alors au diapason du clavier complice : mêmes vibrations accordées entre les deux instruments. Ce doit être de très grand moment de plénitude et même de volupté sonore … purement musicale (pour plaire au critique Eduard Hanslick, défenseur acharné et souvent partisan de Brahms). Plus qu’ailleurs, le complicité et l’écoute intérieure doivent inspirer les interprètes…
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Grand concert symphonique
TOULOUSE, La Halle aux grains
Beatrice Rana, piano / Eva Ollikainen, direction
Ven. 6 novembre 2026 – 20h
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 2
Witold Lutosławski : Concerto pour orchestre
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’ONCT / Orchestre National du Capitole de Toulouse : https://onct.toulouse.fr/eva-ollikainen-beatrice-rana-97145/
photo © Beatrice Rana DR ONCT
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