samedi 26 septembre 2026

OPMC ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO, Auditorium Rainier III. Dim 24 mai 2026. SAINT-SAËNS, MAHLER… J.-Y. Thibaudet (piano) / Elias Grandy (direction)

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Placés sous la direction du jeune maestro germano-japonais Elias Grandy (ex directeur musical de l’Opéra et de l’Orchestre philharmonique d’Heidelberg, jusqu’en 2023), les instrumentistes de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo sont prêts à relever tous les défis en abordant deux massifs sacrés signés Saint-Saëns et Mahler…

 

 

L’Orchestre monégasque ne cesse de démontrer d’évidentes affinités avec le romantisme français, en particulier avec ce classicisme moderne, élaboré par l’inclassable Saint-Saëns. Après avoir joué et enregistré ses symphonies (lire notre présentation du cd Symphonies – 2 cd Alpha, sept 2025 : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-orchestre-philharmonique-de-monte-carlo-kazuki-yamada-direction-premieres-symphonies-bizet-gounod-saint-saens-2-cd-alpha/ ), voici une nouvelle partition de l’auteur de Samson : le magistral Concerto n°5, « L’Égyptien » de Camille Saint-Saëns, merveilleuse évocation orientalisante où charme le chant d’un batelier nubien sur le Nil.
Le concert du 24 mai est d’autant plus attendu qu’il associe au romantisme lyrique et solaire de Saint-Saëns, le massif épique de la Symphonie de Mahler dite « Titan », inspirée de Jean Paul. Un défi tout aussi vertigineux pour l’orchestre.

 

 

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MONACO, Auditorium Rainier III
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Dim 24 mai 2026, 18h
Camille SAINT-SAËNS
Concerto pour piano n°5 en fa majeur, op. 103, « L’Égyptien »
Jean-Yves Thibaudet, piano
Gustav MAHLER
Symphonie n°1 en ré majeur, « Titan »
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPMC Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo : https://opmc.mc/concert/e-grandy-j-y-thibaudet/

 

 

En prélude au concert, présentation des œuvres à 17h par André Peyrègne.
Durée approximative du concert: 2h avec entracte

 

 

SAINT-SAËNS, l’égyptien
Vingt ans séparent le Concerto n°5 dit l’Egyptien, du précédent opus dans la même formation concertante, le n°4. Certes, Saint-Saëns le composa effectivement pendant un séjour à Louxor, en 1895. Il est incontestablement inspiré par le climat local, et son écriture revêt quelques colorations arabisantes. Le compositeur reste assez vague sur les sources des motifs ici développés : seul l’andante emprunterait effectivement aux musiques indigènes.
Il reste plus sage de parler d’évocation orientalisante voire égyptisante que d’une musique aux prétentions ethnomusicales. L’œuvre est créée à la Salle Pleyel, le 2 juin 1896, pour célébrer le jubilé de la carrière de l’auteur comme pianiste concertiste.

Plan de l’œuvre en trois parties (lent, vif, lent). L’ALLEGRO ANIMATO, au rythme syncopé alterne deux motifs dont une réminiscence de l’air « mon cœur s’ouvre à ta voix » extrait de son opéra, « Samson et Dalila ». L’ANDANTE approfondit la fascination de Saint-Saëns pour le rêve oriental. Il s’agit même selon ses commentaires d’un « voyage en Orient qui va même jusqu’en Extrême-Orient ». Il y citerait en particulier le chant de bateliers nubiens entendus sur le Nil… Le piano en une libre fantaisie, imite le gamelan (résonance harmonique des quintes).
Aussi inventif voulait-il être, l’orientalisme de Saint-Saëns est l’exact contrepartie musicale des peintures de son époque sur le même thème (en particulier l’orientalisme aussi sensuel qu’historiciste d’un Gérôme ou d’Alma-Tadema) : des gâteries filtrées par le goût européen, certes séduisantes mais d’une fausse simplicité, en tout cas totalement artificielles. Alfred Cortot a tranché sans complaisance sur la qualité de l’œuvre finalement plus décorative que suggestive : « la notion superficielle » est ici, heureusement amoindrie et presque transcendée par « une orchestration surprenante de finesse », « un tourbillon d’octaves crépitantes ». Le génie de Saint-Saëns sait toujours sublimer toute tentation de facilité comme tout conformisme attendu.

 

Dans sa Première Symphonie (achevée en mars 1888), Gustav Mahler n’évoque pas les dieux antiques combattant leurs pères mais un homme pris dans les tourments d’une nation allemande en pleine mutation.
Le compositeur puise à diverses sources en particulier littéraires.  Le sous-titre en est évocateur : “Titan”, en référence au roman de Jean Paul, pseudonyme de l’écrivain Paul Richter (1763-1825). Puis Mahler intitule le mouvement lent “à la manière de Callot”. Les œuvres du graveur français ainsi que les Pièces fantasques de E.T.A Hoffmann ayant particulièrement aiguisé son imaginaire poétique et fantastique. Mahler évoqua encore “les Funérailles du chasseur”. Le second mouvement devint “Blumine”, rappelant ses débuts à l’époque de l’écriture de la musique de scène pour Der Trompeter von Säckingen. Blumine fut écarté puis utilisé ultérieurement dans le matériau de la Seconde Symphonie.
Il ne restait donc plus que quatre mouvements. Enfin Mahler supprima tous les titres et commentaires, reconnaissant que la musique se suffisait à elle-même. Le récit d’un héros ardent, combatif qui monte sur le trône, revêt les épisodes d’une fresque musicale envoûtante, mêlant fanfares de cuivres, thèmes bohémiens, musique klezmer, et même, clin d’oeil au très enfantin « Frère Jacques », avant la conclusion triomphale (qui célèbre la victoire sur les enfers).
Noire, comme possédée, jamais neutre ni lisse, l’écriture de Mahler surmonte les affres du travail procréateur ; il souligne, échafaude, force le trait expressif jusqu’au laid, mais toujours dans le sens d’un acte sincère et puissamment personnel. Tout ce que ne pouvait alors comprendre les adeptes des symphonies de Brahms ou de Bruckner …

 

Plan de la Symphonie « Titan » :
1. Langsam, schleppend. Wie ein Naturlaut / Lentement, en traînant. Comme une voix de la Nature / Immer sehr gemächlich / Toujours très modéré (souvenirs d’enfance, chant du coucou extrait des Lieder eines fahrenden Gesellen, avec fanfare militaire et bruits de la rue). Des épisodes aux tonalités diverses se succèdent dans l’étrangeté…
2. Kräftig bewegt, doch nicht zu schnell / Très agité, mais pas trop vif.Trio. Recht gemächlich / Bien modéré. Plus suggestif encore : Mahler y déploie entêtante et secrète, une marche funèbre – Bruder Martin d’un côté du Rhin, Frère Jacques de l’autre côté du
fleuve … puis c’est une danse qui se déploie Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen (Solennel et mesuré, sans traîner) à la fois fluide et parodique, avec rengaines de villages et bastringue d’une fête qui s’amplifie…
3. Feierlich und gemessen, ohne zu schleppen / Solennel et mesuré, sans traîner
4. Stürmisch bewegt / Tourmenté et agité : Mahler y déploie et conjure le flux d’énergie qui se libère, mène de l’enfer au paradis, soulignant in fine la victoire de la vie sur la fatalité et la mort.
Tout le génie et le style inimitable de Gustav Mahler sont déjà réunis dans la Symphonie n°1… un monument du répertoire pour un concert d’autant plus magistral

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