L’Opéra de Tours crée Les Fées du Rhin de Jacques Offenbach

MARSEILLE : La Belle Hélène d'Offenbach version PisaniTOURS, Opéra. Création mondiale des FEES DU RHIN d’Offenbach : 28,30 sept, 2 oct 2018. L’événement lyrique à l’Opéra de TOURS : création mondiale des Fées du Rhin d’Offenbach (1864), version française. C’est l’événement lyrique de cette rentrée : l’Opéra de Tours réalise la création d’un opéra jamais donné en France : Les Fées du Rhin, opéra romantique (et féerique) en 4 actes de Jacques Offenbach. La création est d’autant plus essentielle qu’elle dévoile tout un pan méconnu du « Mozart des boulevards » ; certes génie des ensembles comiques et des livrets déjantés mais ici en 1864 capable de traiter le genre noble et spectaculaire du grand opéra romantique ; s’il se montre ouvertement germanique dans l’inspiration et la conception des personnages et des situations (dans la lignée d’Hoffmann, de Weber…), Offenbach égale la verve d’un Gounod (celui de Faust), par sa maîtrise des ensemble et par le raffinement continu du tissu orchestral… Il réussit totalement les défis du genre mêlant grand chœur (des paysans et chasseurs, aux guerriers enragés sans omettre le peuples des elfes et des fées… ils sont omniprésents), action historique, drame amoureux et familial, et aussi ballet (la fameuse valse des elfes au III).
MAIS LA VERVE D’OFFENBACH, sait aussi magistralement mêler la barbarie et l’onirisme poétique, la violence et la cruauté du monde des hommes et la magie énigmatique d’une nature surnaturelle et impénétrable; deux univers qui s’opposent avec des éclairs spectaculaires et souvent saisissants entre lesquels s’efforcent les solistes du quintette des protagonistes : les méchants et crapuleux capitaine Conrad et Frantz d’un côté ; la mère et sa fille, victimes de la guerre et des viols en série : Hedwig (ample mezzo qui se montre proche d’une Azucena dans Le Trouvère de Verdi), et la jeune amoureuse Laura (soprano coloratoire et lyrique), sans omettre le malheureux épris de cette dernière Gottfried qui dans cette production, est devenu pope proche des paysans martyrisés). Le tableau des elfes (acte III) est de loin le plus impressionnant avec sa page chorégraphique (le ballet dont la valse des elfes), sujet d’un tableau visuellement … féerique, présenté à Tours pour cette création mondiale.
L’éloquence de l’orchestre, la fantaisie onirique qui affirme la pleine réussite de l’acte des fées et des elfes, la structure de l’ouvrage qui équilibre idéalement les contrastes (scènes de foules, duos intimistes, airs isolés, danse et évocation de la nature…) assurent à la partition sa coupe frénétique, son souffle onirique, qui emportent d’un bout à l’autre le spectateur.

offenbach-jacques-concerts-opera-presentation-par-classiquenews-Jacques_Offenbach_by_NadarLes éléments les plus réussis et les plus passionnants en sont la relation entre la mère et la fille : Hedwig et Laura; la métaphore du chant éperdu comme chant d’extase et de mort (Laura dans ses coloratoures du I évoque évidemment la figure d’Antonia des Contes d’Hoffmann) ; et les plus habitués de l’Offenbach sérieux, seront ravis de retrouver dans son inspiration et (composition) premières, le fameux thème de la Barcarolle (acte de Giuletta des mêmes Contes d’Hoffmann) d’une belle et coulante extase, dans Les fées du Rhin, dès l’ouverture puis comme emblème de l’acte féerique du III ; comme ils retrouvent aussi les couplets à boire des étudiants dans les mêmes Contes d’Hoffmann, ici utilisés par la meute soldatesque, ivre de rapts et de félonies…

Il y a même un captivant trio viril sur un rythme d’opéra comique mais parfaitement agencé dans un épisode de manipulation violente au II quand les soldats Conrad et Franz obligent Gottfried à leur servir de guide pour rejoindre la forêt, ce que ce dernier finalement accepte pour mieux les perdre. Rythme enjoué, jeu de dupes.

 

 

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsLes Fées du Rhin à l’affiche de l’Opéra de Tours sont une révélation passionnante grâce à l’intuition exemplaire du directeur de l’Opéra de Tours, Benjamin Pionnier qui a convié pour se faire, le metteur en scène Pierre-Emmanuel Rousseau. A l’affiche de l’Opéra de TOURS, les vend 28 puis dim 30 septembre, mardi 2 octobre 2018. + d’infos sur le site de l’Opéra de Tours

 

 

LIRE aussi notre présentation de l’opéra Les Filles du Rhin de Jacques Offenabch, création mondiale de la version française présentée à l’Opéra de Tours en septembre et octobre 2018

 

 

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Illustrations : © Sandra Daveau / Opéra de TOURS 2018