La Belle Hélène d’offenbach, version Pisani à Marseille

offenbach_jacques classiquenews 2016 portrait de jacques offenbachMARSEILLE, Opéra. Offenbach: La Belle Hélène. Les 15 et 16 octobre 2016. Offenbach parodie l’Antiquité… le Mozart des boulevards incarnent cette joie de vivre, cette liberté satirique, sublimées par une écriture musicale en verve ; son théâtre illusoirement léger et insouciant, épingle scrupuleusement les travers de la société artificielle du Second Empire… Comme Rameau et sa folle comédie déjantée Platée, le compositeur romantique renouvelle l’exercice poétique : il tend le miroir à la société de son temps et renvoie à l’audience la représentation à peine masquée (mais maquillée certes) de ses propres turpitudes. déjà présentée à l’Opéra de Tours, La Belle Hélène (opérette irrésistible de 1864), confirme les affinités du metteur en scène Bernard Pisani (un spécialiste de la partition qui l’a abordé à 4 reprises…) .

offenbach-jacques-portrait-jeune-582-767Le prétexte mythologique permet de parodier les tares et les faiblesses d’une humanité frivole et insouciante, totalement irresponsable car ici la satire politique affleure dans chaque séquence. Féline, amoureuse, vive, Hélène affirme un tempérament vocal et dramatique qui inspire depuis longtemps les plus grandes cantatrices, preuve que l’ouvrage est plus profond et raffinés que vraiment caricatural. Songeons à ce qu’en donnait l’exquise et allusive Jessye Norman qui inscrit le rôle à son répertoire… Elégance, souplesse, ivresse mélodique … pour Pisani, La Belle Hélène rassemble toute les qualités d’une grande œuvre : une opérette dont la subtilité se rapproche de l’opéra;  politiques véreux mais très arrogants, déesses dévergondées et bergers complices portés sur la cabriole… Le stupre sévit souverain au début du II ; Hélène, madame Mélénas s’encanaille à la barbe de son époux, soupçonneux, maladroit, ennuyeux car quand paraît le beau Pâris, la blonde fille de Jupiter et Léda n’a d’yeux que pour le mâle sculpté comme un éphèbe. Ainsi, sans qu’il n’y puisse rien, Mélénas découvre en fin d’action que le berger adolescent (déguisé en faux augure) et la plus belle femme du monde convolent sur la galère qui les mènera aux pays des rêves et de l’extase, à Cythère (comme l’a représenté le peintre Watteau)…
Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau donc, dans sa formidable Platée (préfiguration de la future comédie musicale à venir, déjà en 1745….) revêt les traits d’une âpre diatribe sociale et humaine: la société portraiturée dans La Belle Hélène sous couvert de gags à gogo et de tableaux délirants et décalés grossit les travers d’une humanité corrompue, décadente, en somme celle du Second Empire… Et Offenbach plus cultivé astucieux qu’on ne le dit, La production présentée en octobre à Marseille, a déjà fait escale (applaudie) à Tours en décembre 2015, Avignon en 2012 puis en 2014 à Toulon…

La Belle Hélène d’Offenbach à l’Odéon de Marseille
Marseille belle helene opera de marseille
2 représentations incontournables
Les 15 et 16 octobre 2016 à 14h30
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Opéra bouffe en trois actes

Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani
Création le 17 décembre 1864 à Paris

Opéra bouffe en 3 actes
Livret de Henri MEILHAC et Ludovic HALÉVY

Direction musicale: Emmanuel TRENQUE

Mise en scène: Bernard PISANI
Assistant mise en scène: Sébastien OLIVEROS
Décors: Eric CHEVALIER

Hélène: Laurence JANOT
Bacchis: Carole CLIN
Parthénis: Nelly BOIS
Loeena: Lorrie GARCIA
Pâris: Kévin AMIEL
Oreste: Samy CAMPS
Calchas: Michel VAISSIERE
Agamemnon: Philippe ERMELIER
Ménélas: Dominique DESMONS
Achille: Jean-Marie DELPAS
Ajax I: Jacques LEMAIRE
Ajax II: Yvan REBEYROL

Choeur Phocéen, chef de choeur Rémy LITTOLFF
Orchestre du Théâtre de l’Odéon

Conférence à l’Alcazar
SAMEDI 8 OCTOBRE 2016 À 17h

 

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