jeudi, décembre 8, 2022

Festival du Prieuré à Chirens (38) Du 4 au 14 juillet 2008

A ne pas rater

Festival du Prieuré à Chirens (38)
Du 4 au 14 juillet 2008

7 concerts de chambre et d’orchestre entre 4 juillet et 14 août 2008. Œuvres classiques et romantiques. Autour d’un ensemble architectural roman, le festival (44e édition…) de Chirens se consacre à des œuvres symphoniques grand public (avec l’orchestre de Belgorod), et surtout chambristes, qui mettent à l’honneur Haydn, Beethoven, Félix et Fanny Mendelssohn, Schubert, Dvorak, avec les Quatuors Filarmonica, Johannes, Rosamonde et le Trio Pasquier, les solistes Nicolas Stavy et Marc Dobrinsky.

Les chevaliers-paysans de l’an 1000
Un Festival où flotte un rien de magie pourrait être présenté selon les termes rectifiés du Livre « In principio erat locus », « Au commencement était le lieu »…Et alors paysage et archéologie se rejoignent pour « créer » la foi….A Chirens, au milieu de ce qui rassemble Terres Froides et Ratz. Dans ces contrées iséroises, on peut évidemment penser, pour égayer un peu l’austérité en avant des préalpes de Chartreuse , au voisin Lac de Paladru, et au personnage (Agnès Jaoui) de « On connaît la chanson », faite, par la grâce d’Alain Resnais, tendre et fragile thèsarde sur « les chevaliers-paysans de l’an 1000 à Paladru »…Mais à Chirens, la référence sera surtout romane, avec le Prieuré de Notre-Dame du Gayet. Le petit ensemble est composite et successif : l’abside du XIe, très purement « initiale », les chapiteaux d’ « art premier », la chapelle aux fresques de la fin XVIIe où l’on peut reconnaître le doux évêque (savoyard) François de Sales (pendant les concerts, il n’est pas interdit de méditer sur son Traité de l’Amour de Dieu). Et en déambulant ensuite dans l’église, les musiciens et les autres peuvent s’exercer au déchiffrage de l’inscription latine en caractères tudesques, cahier des charges médiéval instructif si privé de poésie…Et puis « atmosphère, atmosphère », il y a les moments d’après concert, la déambulation autour de l’église, la nuit qui s’est installée sur le village et le bruit du vent dans les arbres…Et c’est, le croirait-on, pour la 44e fois que l’une des plus anciennes institutions festivalières propose ici une solide programmation de musique chambriste, en un cadre acoustique favorisant le recueillement. Le 44e (estival) est d’ailleurs en couronnement d’une activité plus permanente, établie en situation dominicale tout au long de l’année. Une exposition sur « l’œuvre civilisatrice des moines au Moyen-Age », des expositions d’enluminures (Citeaux) et de céramiques (Christian Chavas) illustreront la dimension culturelle large du festival.

Fanchon et son petit frère
La programmation est résolument généraliste, de C.F.E Bach à Prokofiev. On ouvre avec une adaptation d’un concerto pour violoncelle et orchestre du fils romantique de Bach, Carl-Philipp-Emmanuel, une version quatuor et violoncelle de l’Arpeggione schubertienne, et deux quatuors (en formation « normale »), l’op.96 de Dvorak et l’op.92 de Prokofiev. Ceux qui tiennent ainsi l’extrémité de l’intervalle chronologique viennent d’est : le violoncelliste Marc Drobinsky a été l’élève de Rostropovitch, avant de quitter l’URSS pour mener une prestigieuse carrière en « Occident », où il s’engage fortement dans la musique de notre époque (Dutilleux, Schnittke). Il est ainsi en accord avec ses collègues russes du quatuor Filarmonica (pilier de l’Orchestre de Novosibirsk), attentifs à des expériences aux frontières du jazz et de la composition contemporaine. Leurs très jeunes collègues français du Quatuor Johannes (P.Monlong, J.Meunier, J.B.Magnon, J.S.Barbey), que l’amitié a rassemblés depuis leurs études supérieures au CNMS de Lyon, sont également attachés à des expériences de concerts théâtralisé et d’improvisations. Il va de soi que l’op.76/2 de Haydn et le 13e de Schubert font partie de leur culture classique et romantique, mais ils jouent aussi – plus rare – un quatuor de Fanny Mendelssohn. Mais si vous savez, « Madame Sœur » (de Félix), à qui son papa rappela bien vite : » Tu dois plus sérieusement et ardemment te former à la vraie profession, à la seule profession d’une jeune fille, celle de maîtresse de maison. » Et à qui son frère adorant mais prodigieusement « castrateur » « interdit » d’être autre que son auxiliaire en recherche (pour la redécouverte de la Passion Saint-Matthieu, ils furent associés) et en composition une servante humiliée du Seigneur. Quitte, lorsque sa « Fanchon » mourut brutalement (en préparant un concert-création d’une de ses œuvres), à se désespérer, et après avoir écrit son plus tragique et plus beau quatuor (op.83) « en mémoire d’elle », quitter sans tarder cette terre. Sont comme ça, certains bonshommes « protecteurs » de la femme.

Symphonique, chambre et solisme
Pour raisons évidentes de cadre dimensionnel, les deux concerts d’accueil du Symphonique de Belgorod (dirigé par Andrei Galanov) se décentralisent à Tullins (sud-ouest du Voironnais), pour des programmes à œuvres rassembleuses de tous publics : la IXe de Beethoven (Chœur Dvorak de Zlin, et le Pro Musical d’Annecy : union significative de la volonté d’associer les forces régionales et locales), le Nouveau Monde de Dvorak (et le concerto de violoncelle d’Antonin, avec M.Drobinsky), la 40e de Mozart, et l’ouverture du Songe merveilleux dans la nuit d’été, Félix (Mendelssohn) oblige. Puis retour au solisme, à la chambre et au Prieuré : d’abord Nicolas Stavy, pour un programme en fidèle miroir de cette personnalité pianistique généreuse (la 3e de Chopin, Variations op.18 et Ballades de Brahms adaptant aussi la Chaconne de Bach). Puis les Rosamonde, réunis depuis un quart de siècle en un parcours superbe qui n’a jamais négligé la nouveauté d’écriture (Kurtag, Dusapin, M.Reverdy, Ton That Tiêt, Hersant…) unissent l’op.74/3 de Haydn, le plus inquiet op.41/1 de Schumann et la jeune lumière de l’unique Quatuor debussyste. Enfin leur aîné à tous, l’exemplaire TrioPasquier (le violoniste Régis, l’altiste Bruno, le violoncelliste Roland Pidoux) se consacre à Beethoven pour les trios à cordes op.3, 8 et 9/1.

Prieuré de Chirens (38). 7 concerts à 21h, vendredi 4, vendredi 11, samedi 19 vendredi 25 juillet, vendredi 1er et 8 août, jeudi 14 août.Informations et réservations : T. 04 76 35 20 02 ou www.prieuredechirens.fr

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