samedi 10 octobre 2026

CRITIQUE, festival. 46èmes Semaines musicales de QUIMPER, Scène Ephémère, du 13 au 16 aout 2025. Marcel Quillévéré (conférencier), Mighty Mambo Social Club (jazz latino), El Septeto Nabori (son cubano)

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Pour sa 46e édition, Les Semaines musicales de Quimper misent sur les Nuits cubaines. Sous l’égide de Marcel Quillévéré (France Musique), la conférence « Cuba au carrefour des Amériques » offre les clés essentielles avant d’écouter les concerts de Mighty Mambo Social Club et du Septeto Nabori.

 

Dans la capitale de la Cornouaille, la 46e édition des Semaines musicales met le cap sur les « Nuits cubaines » du 13 au 17 août. En Finistère, le goût du grand large est une tradition largement partagée et l’afflux touristique en ces mois de canicule profitent au festival quimpérois : une affluence record sous le chapiteau Éphémère, posé aux pieds de la cathédrale Saint-Corentin ! Cette édition confirme le glissement de la programmation, anciennement classique, vers les musiques du monde. En 2025, la diversité paraît moins représentée qu’aux éditions précédentes : un récital de guitare et un de piano (avec Gabriel Urgell-Reyes) maintiennent toutefois la mixité de répertoire face aux formations variées de la tradition cubaine (5 spectacles).

Passionnante et documentée, la conférence introductive de Marcel Quillévéré recueille un grand succès public. Finistérien devenu spécialiste des musiques caribéennes, le journaliste de France Musique (« Carrefour des Amériques ») trace les chemins de la danza cubana depuis les années 1830 à La Havane, du temps de l’appartenance de l’île à l’Espagne. En particulier, les itinéraires de la habanera, métissage afro-caribéen des quartiers populaires, se ramifient vers Paris (avec S. Yradier), vers l’Argentine (le tango) et les Etats-Unis (avec S. Joplin) où ils nourrissent le jazz latino. De son côté, la danza cubana, élargissant sa formation après l’indépendance de Cuba, fait s’épanouir le Danzon avec Perez Prado et les rythmes africanisés du mambo. M. Quillévéré trace un second cheminement, celui de Cadix vers La Havane. Célèbre pour son commerce avec les Amériques, le port andalou engrange des « chants d’aller et de retour », ainsi que la guajira, chant issu des paysans de l’Oriente cubain. L’un et l’autre alimentent le style cubain et même la zarzuela autour de 1900. Que de transferts culturels …

Tandis que la canicule (relative) pointe en Bretagne, les groupes invités au festival quimpérois font grimper la fièvre dansante. Car à Cuba, musique et danse sont indissociables ! Aussi, les concerts de grande formation, Mighty Mambo (Brest) et El Septeto Nabori (Santiago de Cuba) mobilisent danseuses et danseurs devant la scène et même aux abords du chapiteau. Avec Mighty Mambo, l’auditeur est gâté tant la vitalité rythmique (claves, cloches, paires de bongos, timbales) est variée, par exemple dans Mambo Santa Maria. Et les impros de la section mélodique (trompette, sax alto, sax baryton) explosent d’inventivité jazzy avec des reprises de Tito Puente, Dizzy Gillespie, etc. En fin de concert, à l’instar des Comparsas carnavalesques, les musiciens descendent de la scène pour se mêler au public euphorique.

Avec El Septeto Nabori, les danseurs s’épanouissent davantage que les auditeurs, d’autant que la mise en bouche d’un stage de danses les a propulsés vers la culture multiséculaire de Cuba. La transe est bien là, au fil des titres empruntés aux standards du son cubano (de Matamores, Piňeiro, Repilado alias Compay Segundo) et de la salsa. Parmi ces standards, que le Septeto étire par d’obsessionnelles formules, l’incontournable Chan-Chan (« Para Marcane ») de l’album Buena Vista Social Club récolte les ovations. Si la connexion avec les danseurs est optimale, boostée par deux chanteurs charismatiques et un trompettiste aux breaks explosifs, l’invention rythmique (avec guiro, maracas, bongos, congas) semble en deçà des attentes. Et la sonorisation violente éloigne certains auditeurs.

Beaux moments festifs donc pour cette édition cubaine. Face aux nombreux festivals de musiques actuelles et de jazz aux quatre coins de Bretagne (Saint-Malo, Saint-Brieuc, Paimpol, Crozon, Les Vieilles Charrues), quelle place se ménagera le dynamique festival de Quimper ?

 

 

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Critique, festival. 46e Semaines musicales de QUIMPER. Scène Ephémère, 13 au 16 aout 2025. Marcel Quillévéré (conférencier), Mighty Mambo Social Club (jazz latino), El Septeto Nabori (son cubano). Crédit photgraphique (c) Dominique Le Guichaoua

 

 

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