vendredi 25 septembre 2026

CRITIQUE, festival : 23ème LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2026, les 12, 13 et 14 juin 2026. Orchestre National de Lille, Joshua Weilerstein, Jean-Claude Casadesus, Guillaume Coppola, Temps calme, Edouard Ferlet, Marie-Ange Nguci, Vanessa Wagner…

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La 23ème édition du LILLE PIANO(S) FESTIVAL (12, 13 et 14 juin 2026) s’annonçait telle une fête foisonnante, surprenante, fédératrice, accessible à tous. Pari réussi, d’autant plus apprécié que le risque de la dilution est écarté ; la diversité des formes, la rencontre des dispositifs et des disciplines les plus variés, le concept moteur de transversalité créative… ont produit un foisonnement souvent surprenant, indéniablement unitaire. Le mérite en revient à la cohésion de la programmation (concoctée par Fabio Sinacori / lire notre entretien ici) qui tout en étant plurielle, demeure équilibrée et stimulante comme une invitation à repousser toujours les limites de l’expérience musicale, à enrichir les conditions de l’écoute… Qui plus est dans l’espace urbain de la ville de Lille dont le festivalier bat le pavé, rejoignant un site à l’autre, et de fait, redécouvrant la métropole lilloise, là aussi sous un autre regard…

 

 

 

VENDREDI 12 JUIN, ouverture
Première « fenêtre ouverte sur le monde » pour reprendre les propres mots de Fabio Sinacori qui a conçu la programmation artistique, le concert de vendredi soir, sur la scène du Casino Barrière (situé à l’arrière de la Gare Lille-Flandres…).  C’est une soirée d’ouverture festive, légère, facétieuse, pleine de rythmes et de couleurs inaugurant avec originalité un pan du répertoire qu’apprécie le directeur musical actuel de l’Orchestre National de Lille, Joshua Weilerstein : la musique américaine. Règne souveraine, l’euphorie jazzy, jouant progressivement sur une approche qui semble de plus en plus libre et spontanée tout à fait dans l’esprit et le caractère du jazz outre-Atlantique.

L’attrait du programme fait très heureusement dialoguer deux œuvres qui paraissent le pendant de l’autre ; c’est un habile jeu de réponse entre James P. Johnson et George Gershwin ; la pièce « Yamekraw : An ebony rhapsody » de 1928, du premier répond à Rhapsody in blue du second (ici dans la version de 1942) ;
L’Orchestre dévoile tout d’abord le grand raffinement orchestral de James P. Johnson (1894-1955), maître de Fats Waller, son inspiration qui plonge dans le blues des origines, revisite ragtimes et charlestons de Scott Joplin, cite même plusieurs Negro Spirituals ; de quoi ressusciter l’esprit un rien provoquant de la partition, véritable « traité noir » au point d’être aussi nommée « Rhapsody in Black ».

La soirée se déroule ainsi dans une surenchère affûtée de rythmes ’n bues, de fait, dans une approche au plus près des orchestres d’époque, spécialistes de jazz, le National de Lille joue une version de la Rhapsody in Blue, comme régénérée, renouant avec ses sources musicales (avec saxos et banjo), avec des inserts jazz et le rétablissement de l’ improvisation dans le déroulement du morceau. Grâce à l’excellence du trio composé par le pianiste Paul Lay et ses deux partenaires, tout en finesse et précision, le bassiste Clemens van der Feen, et le batteur Donald Kantomanou.
Voilà qui augure le meilleur pour les prochaines « Nuits d’été », prochain rv de l’Orchestre National de Lille, au programme voisin [Broadway & Compagnie, Les 2 et 3 juillet au Stab Vélodrome de Roubaix]. Ce Jazz symphonique est libre, inventif, rythmiquement irrésistible, conduisant les pupitres du National de Lille à dépasser leur cadre habituel pour cultiver cette pulsion libre, naturelle, sur le souffle et qui semble de plus en plus improvisée à mesure que les musiciens avancent dans la partition et que le Trio développe ad libitum chaque insert rythmiquement enivrant.

 

 

 

SAMEDI 13 JUIN 2026
Le lendemain place au marathon musical, avec en vedette axiale, le piano sous toutes ses formes… ; parcours musical pour nous en 5 étapes aussi intenses que diverses, et qui est aussi pèlerinage dans les rues de la ville…

11h – « L’ombre au piano »
Début de journée à la Chambre de commerce et d’industrie, avec un duo emblématique de cette volonté artistique féconde en croisements et rencontres imprévus… La pianiste et compositrice Madeleine Cazenave et l’ombromane Philippe Beau réalisent un spectacle visuel fascinant qui s’inscrit dans la matière vivante qu’offre l’ombre projetée. L’écran qui recueille les figures projetées est un théatre sonore, où les mains engendrent quantité de formes, changeant à vue, allusivement conduites sur les méandres du piano conteur. Dommage cepednant que la succession des figures ne construit pas une histoire capable de fédérer et donner un sens général et progressif à ce qui est une superbe performance poétique.

14h -Guillaume Coppola / Satie amoureux
Dans un format classique [celui du récital solo], tout à fait adapté à l’auditorium ovale du Conservatoire, Guillaume Coppola se montre aussi subtil et impertinent que le compositeur qu’il évoque avec beaucoup d’humour et d’insolence : Satie ; mais un « Satie amoureux », … plutôt insatisfait dans sa relation avec la peintresse Suzanne Valandon, elle-même égérie de Renoir ou Puvis de Chavanne… Leur liaison dura 6 mois, entre passion et déraison. Léger et profond, le pianiste commente et explique les œuvres jouées : toutes manifestent les élans et l’imaginaire d’un cœur militant, souvent frustré : plusieurs pièces mordantes et circonstancielles, d’une satire parodique délirante (ainsi la Sonate de Clementi enchaînée avec son double satien: la Sonatine bureaucratique de 1917) mais aussi célébrissimes tels les savoureuses et si originales 3è Gymnopédie ou 4ème Gnossienne…

 

16h – Trafic
Cette année, les spectacles croisant musique et image, en l’occurrence cinéma, produisent d’indiscutables apports, c’est d’ailleurs au regard du nombre de programmes concernés, un fil rouge spécialement bien servi… Ainsi revoir le film de Jacques Tati  » Trafic » (1971) est un regal d’autant plus dans la parure musical du Trio « Temps calme » qui en propose une nouvelle mise en musique ((Olivier Desmulliez, guitare, synthé, banjo et voix; Samuel Allain, synthé, basse et voix, et Nicolas Degrande, batterie). Les musiciens en direct, très habilement intégrés au rythme de l’action, aiguisent l’actualité du film : le procès de la société de consommation, dans tous ses excès, ses rites ridicules, ses posture signes, etc…
Les premières images épinglent une unité de production en série, des tôles de voitures prémoulées,… le constructeur « Altra » entend exposer son nouveau concept car [un camping car qui anticipe la société des loisirs], au prochain salon d’Amsterdam…, Jacques Tati lui-même paraît à l’image et joue le rôle du directeur artistique prêt à aider et résoudre les multiples événements qui empêchent au final la présentation de son modèle au dit Salon… Les instruments dénoncent, soulignent le rythme forcené, les séquences souvent délirantes, les sketches décalés qui forment une parodie déglinguée / poétique du genre humain ; outre les personnages burlesques et délirants comme l’attachée de presse aussi douce qu’évanescente mais toujours fulgurante dans sa décapotable [et son chien attachant], le soin apporté au rythme et à la musicalité des images surgissent avec un relief décuplé [inoubliable scène de l’accident, réglé comme un ballet classique…).

 

 

20h30 – Köln Variations – Hommage au concert de KEITH JARRET… Le point fort de la journée demeure sans conteste (et devant une salle comble) l’évocation du concert légendaire de Keith Jarret à Cologne en 1975 par le pianiste conteur, Edouard Ferlet. Plus qu’un récital, la performance est un véritable spectacle, écrit, scénographié avec une rare finesse.

1975 : en tournée en Suisse, Keith Jarret part de Zurich pour Köln / Cologne (en Renault 4), après avoir vendu le billet d’avion qui lui avait été donné pour le voyage ; « histoire de se faire un peu de cash…. ». Sur la scène de l’Opéra de Cologne, le pianiste y retrouve un vieux Bosëndorfer, mais ruiné (qui ne correspond pas au modèle qu’il avait pourtant demandé) : « Je ne peux rien jouer sur ce tréteau »… Pourtant magie d’un génie qui fait miracle de l’instant, – comme l’interprète habité par le modèle qui le fascine, en découle le prodigieux récital devenu légendaire qui vendu à 4 millions d’exemplaires, reste le cd de piano le plus vendu de l’histoire.
Narrateur au verbe ciselé, pianiste fluide au jeu solaire et léger, Edouard Ferlet fait surgir toute la magie improvisée de Jarret, tel qu’elle se déplie dans l’enregistrement de 1975…
Dans un enchaînement maîtrisé, le pianiste français présente son instrument familier, compagnon de jeu : son « pianoïde » qui apprend, analyse et répète [à la façon d’une IA] chaque morceau entendu et joué. L’interprète peut ainsi jouer sur le piano principal, tout en étant accompagné par le pianoïde et sa partie restituée, enregistrée. La performance relève de la haute virtuosité et d’un goût sûr ; ils permettent le jaillissement d’un jeu qui semble aussi inspiré qu’improvisé. Magistral hommage d’un pianiste à son confrère.

 

 

21h30 – Études de PHILIP GLASS
Après en avoir joué en début de soirée, le Livre I, Vanessa Wagner poursuit son intégrale des Études en jouant le soir, sous l’ample verrière du Hall d’honneur de la Chambre de commerce et d’industrie, le Livre II. Belle transition ou passage en vivant ainsi de l’intérieur la vibration intime de Keith Jarret à Philip Glass, grâce à deux interprètes très inspirés par leur sujet.
Même impression d’extase et de miroitement suspendu avec Philipp Glass : Vanessa Wagner maîtrise les longues phrases répétées, les passages harmoniques, les scansions enivrantes d’un cheminement spirituel et musical qui mène jusqu’au bout de la nuit…
Dans le très vaste hall d’honneur de la Chambre de commerce et sa résonance qui prolonge chaque son, l’approche est d’une splendide cohésion sonore ; le chant tour à tour impérieux et contemplatif coule, toute en limpidité et intériorité, et dans une urgence souterraine qui semble revivifier le chant de Schubert, tout en traversant aussi les harmonies de Chausson…
Fragmentation par vagues harmonique successives, séquences et paliers vers une transe de plus en plus jaillissante, scintillement et crépitement qui enfle, ondule, flotte, traverse temps et espace, dans une succession d’accélérations et de retenues, de crescendos et de decrescendos… Sous des doigts aussi nuancés, tout relève d’un balancement hypnotique et conquérant.

 

DIMANCHE 14 JUIN 2026

11h – Casino Barrière : Azur et Azmar
Suite de notre fil rouge cette année, musique et image, en particulier les offres ciné-concerts. Toute la féerie des contes des 1001 nuits s’incarne dans ce conte moral de Michel Ocelot (2006) qui s’adresse en réalité autant aux enfants qu’à leurs parents… ce matin avec la subtilité d’un orchestre mixte [avec piano] où aux timbres familiers de l’Orchestre de Picardie s’ajoutent les couleurs proprement orientales du oud et de la flûte-roseau, les spectateurs (re)découvrent l’épopée de deux frères de lait, turbulents et jaloux à l’adolescence ; que la vie a séparé, rapproche finalement pour une réconciliation qui abolit toute haine. Grâce à la tendresse de leur mère / nourrice, les deux frères affrontés deviennent frères de cœur face à l’adversité et aux épreuves qui les mèneront tous deux vers l’amour… L’orchestre au pied du grand écran suit les péripéties d’un conte musical dont les ressorts dramatiques sont idéalement renforcés.

 

17h30 – LA FOULE de King Vidor
Second ciné-concert de la journée, avec un film saisissant dont la vision plus que réaliste, dépressive, inspire un scénario et des cadrages raffinés que l’instrument choisi pour en exprimer couleur et humeur, – le vibraphone, rehausse davantage dans la tension et la détente, la dimension monumentale des évocations de la mégapole, et a contrario l’intimisme impuissant du héros. La Foule du cinéaste texan King Vidor de 1928 (The Crowd), marque le sommet du cinéma muet juste avant l’arrivée du parlant. Le réalisateur impressionne par sa maîtrise de la mise en scène où dominent des mouvements finement calibrés et des effets de perspective propres à exprimer le vertige qui doit nous saisir quand l’individu est confronté à la masse. Le film raconte le cheminement du jeune John Sims qui attend le bon moment pour « saisir sa chance » et réussir sa vie… C’est une série de désillusions et d’échec qui émaillent en réalité une descente aux enfers ; le film met en scène avec brio les séquences collectives et l’intimité psychologique du héros, avec son épouse, avec son fils… La parure instrumentale conçue par Ilya Amar, en maître du vibraphone, exprime les différents registres de ce drame personnel et universel, en particulier, le fourmillement continu de la foule qui produit la rumeur et l’activité dévorante de la ville, approchée comme un organisme vivant qui finit par engloutir le héros. Dans la salle Descamps de la Chambre de commerce et d’industrie, le temps file trop vite tant les couleurs et les rythmes du clavier enveloppe le spectateur, jusqu’au cœur des sentiments du héros démuni.

 

 

 

clôture enivrante

Grande soirée de clôture ce dimanche en soirée, au Casino Barrière (comme au moment de l’ouverture du Festival, vendredi 12 juin). Le fondateur historique de l’Orchestre national de Lille, qui est aussi « trésor national vivant » au Japon, comme il aime à s’en amuser, Jean-Claude Casadesus dirige les musiciens dans l’un des piliers du Concert romantique : le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov (1909). Les musiciens lillois retrouvent une soliste déjà présente à leur côté, la jeune pianiste Marie-Ange Nguci qui fait preuve d’une maturité et d’une éloquence renversantes.
Dès le début de l’Allegro initial, c’est la profonde cohérence sonore, la somptuosité orchestrale qui submergent immédiatement ; entre transparence et noblesse, les cordes, tous les pupitres intervenants produisent un somptueux tapis instrumental, soulignant le flux d’une vitalité jaillissante dans l’esprit d’une rhapsodie. Le chant initial de la clarinette inscrit tout le mouvement dans une atmosphère de candeur et d’enchantement. La direction de Jean-Claude Casadesus éclaire la partition d’accents flamboyants, brahmsiens, d’une densité jamais épaisse ; s’y invite le contre champs du cor, puis la caresse du hautbois d’une ivresse idéalement nostalgique ; tout cela crée un cadre onirique et pourtant conquérant au jeu très virtuose et subtilement intérieur de la pianiste ;
la reprise du thème initial, immerge dans une sorte d’hypnose constellée de joyaux mélodiques, d’équations harmoniques rares et enivrantes que chahutent par à-coups millimétrés, l’expression de visions cauchemardesques qui sous l’art d’une telle baguette, se font puissants exutoires d’essence cathartique. La profondeur et l’activité, l’ivresse et la force passionnelle, tout est présent dans l’accord piano / orchestre.
Très attentif au jeu du clavier à sa gauche, Jean-Claude Casadesus ensorcèle littéralement : ses 90 printemps cultivent une énergie intacte, que nuance une attention spécifique aux équilibrés sonores et à l’éloquence expressive de chaque pupitre. Sa capacité à polir une couleur, à phraser une mesure produit une série de nuances expressives d’une exceptionnelle justesse.
Le Rachmaninoff qui nous est ainsi réservé éblouit autant par la qualité de sa forme que la justesse et la profondeur de ses climats. Tout Rachmaninoff est la somptueusement nostalgique, d’une mélancolie rêveuse enivrée, aux jaillissements sensuels et voluptueux éperdus sertis de Mille accents admirablement calibrés : on n’oubliera de si tôt, la texture nostalgique déchirante qui s’efface dans le chant du cor lointain, à la fin du premier Allegro.
Nuance du cor solo déjà cité, mais aussi de la clarinette du hautbois … surtout de la flûte au début de l’Andante (noté « Intermezzo ») ; un mouvement central dont la respiration nocturne cite évidemment le feu contraint et intense de Tchaikovsky quand le piano funambule de Marie-Ange Nguci déroule sa propre divagation suspendue, fantastique, là encore d’essence libre et rhapsodique – un trait distinctif chez Rachmaninov. Chef et soliste matérialisent ce qui alors est en jeu : la matière ondulante et serpentine du rêve accordé à la volupté la plus enivrée.
Le Finale est enchaîné subito, comme un galop infernal, impérieux et halluciné ; d’une éloquence continue, le jeu de Marie-Ange Nguci évoque un jardin féerique, aux nuances melliflu dont le détail et la ciselure émotionnelle rejoignent l’hypersensibilité du chef ; cette équation réussie entre la digitalité habitée de la pianiste et le raffinement pictural du chef scelle ce soir une complicité bouillonnante et flamboyante. On ne pouvait espérer vivre une telle conclusion.

 

Polymorphe, surprenant même, le Lille Piano(s) Festival 2026 réussit le défi du renouvellement : l’édition 2026 a paru plus riche encore que les éditions précédentes ; un foisonnement dont l’éclectisme permet pour le festivalier, de concevoir son propre programme tout en se laissant surprendre dans le jeu des croisements et des dispositifs originaux. Le Festival lillois reflète l’ADN de l’Orchestre National de Lille qui en est l’acteur principal : une curiosité sans limites, dont l’ouverture et la richesse redéfinissent l’expérience musicale comme une promesse à la fois séduisante et très accessible. Cette intention est encore vérifiée dans la nouvelle saison 2026 2027 de l’Orchestre national de Lille, une saison événement qui marque en effet les 50 ans de l’Orchestre fondé par Jean-Claude Casadesus. A suivre. Plus d’infos sur le site de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille : https://www.onlille.com/

 

 

 

CRITIQUE, festival : 23ème LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2026, les 12, 13 et 14 juin 2026. Orchestre National de Lille, Joshua Weilerstein, Jean-Claude Casadesus, Guillaume Coppola, Temps calme, Edouard Ferlet, Marie-Ange Nguci, Vanessa Wagner…
Photos : © Ugo Ponte, © Alexandre Tibergien / ON LILLE 2026
retrouvez toutes les photos du 23ème

LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2026, les 12, 13 et 14 juin 2026 ici : https://www.flickr.com/photos/onlille

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