Pour sa 2ème soirée à la Sainte-Chapelle, le Festival RÉSONANCES 2026 expose les talents de diseuse de la soprano TATIANA PROBST, aux aigus puissants et clairs. La première partie s’inscrit dans un climat d’une souveraine sensualité. DEBUSSY tout d’abord invite à l’enivrement : ses mélodies célébrant la magie des nuits étoilées, s’enchassent parfaitement dans l’écrin de la Sainte-Chapelle. Extatiques et séduisantes mélopées que Tatiana Probst sertit de milles nuances expressives, toujours soucieuse de l’intention de la situation et de l’intelligibilité du texte. Son » À Chloris » [Reynaldo HAHN] rayonne et charme, apaisé et lumineux, d’une noblesse maîtrisée, avançant comme un menuet antique.
Tatiana Probst au Festival Résonances
Mélodies enivrées à la Sainte-Chapelle
Racha Arodaky et Tatiana Probst
interprètent plusieurs pièces majeures de la mélodie française © classiquenews 2026
Puis le fil émotionnel s’effiloche, dans un flottement intranquille, aux nuances qui s’affinent : SAINT-SAËNS suit le poème d’Hugo : « Si vous n’avez rien à me dire,
Pourquoi passez-vous par ici? » … Toujours portée par le piano sobre et raffiné de Racha Arodaky, la cantatrice dévoile le sens caché du verbe. Langueur et largeur de souffle, inquiétude d’une amoureuse en fragilité : aucune réserve, dans ce chant habité, juste, millimétré ; poésie et musique fusionnent.
Le ton est donné ainsi pour ce qui suit. Il prépare en réalité aux 3 mélodies suivantes triptyque grave et triste, exigeant une couleur sombre voire tragique dans laquelle la soprano déploie autant de demi teintes et nuances ténues servies par une grande justesse dramatique.
À l’Élégie de MASSENET, prière suspendue d’une âme défaite, succèdent les deux sublimes pièces qui semblent taillées pour la cantatrice, son timbre incandescent aux aigus brûlants : « Le temps des lilas » [et des roses] de CHAUSSON, étend la guirlande fleurie, inerte, d’un printemps mort ; la chanteuse s’enfonce dans une nostalgie inconsolable à mesure que ses aiguës saisissent par leur intensité et leur pureté diaphane. Chiasme éloquent.
Puis l’amertume embrasée de « Chanson triste » de DUPARC porte ce summum tragique à son comble ; dans ses couleurs ciselées aux teintes mortifères, Tatiana Probst exprime ce qui est cœur de la mélodie [l’une des plus belles en réalité] : son envoûtement parsifalien. Cette ballade triste et profonde rayonne pourtant par son activité, celle d’une résilience peu à peu exprimée et finalement assumée quand la cantatrice conclue : « je guérirai ».
Des mélodies à l’opéra, il n’a qu’un pas. Tant l’implication maîtrisée de la diva convoque derrière le verbe, le geste vocal et la scène. Ce qui advient dans les 3 mélodies russes de RACHMANINOV. Après la fameuse Vocalise réalisée dans le souffle… souverain, c’est la 2ème qui dévoile sans fard l’actrice passionnée, comme figée, suspendue dans sa langueur blessée, inspirée par la lyre amoureuse et tragique, par la nostalgie aussi de la patrie [Rachmaninov fut ce grand exilé toujours en mal de sa terre natale].
La fin du récital est un festival en nuances et sentiments dont la cantatrice aime à sculpter les contrastes comme les saisissantes ruptures. POULENC s’invite ainsi offrant ses deux visages si… complémentaires : le sombre et lugubre de « Bleuet » (où le jeune soldat exprime l’horreur de la guerre et tous les garçons morts sur le front)… auquel répond l’ivresse éperdue des « Chemins de l’amour »…
Pour mieux dialoguer encore avec le miroitement des vitraux de la Sainte Chapelle, la diva déploie une somptueuse adresse au public conquis : « L’été » de CÉCILE CHAMINADE [et les roucoulements et piaillements des oiseaux chanteurs d’une agilité coloratoure, vertigineuse], enfin « un rêve » de FAURÉ dont le souffle et l’enivrement voluptueux renoue avec les teintes raffinées du début.
On attendait beaucoup de ce récital chambriste. Tatiana Probst qui est aussi compositrice [et pianiste], réalise un somptueux concert. Sa complicité avec la pianiste Racha Arodaky renforce encore les qualités de son chant envoûtant.
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FESTIVAL RÉSONANCES à la SAINTE-CHAPELLE
Encore de nombreux concerts et récitals dans le cadre magique de la Sainte-Chapelle grâce au Festival Résonances, jusqu’au 29 juin 2026. LIRE notre présentation et temps forts du 7ème festival Résonances 2026 ici : https://www.classiquenews.com/paris-sainte-chapelle-7eme-festival-resonnance-festival-claviers-duos-du-5-au-29-juin-2026-de-ellington-a-couperin-marraine-julie-depardieu/
A partir du 5 juin 2026, la Sainte-Chapelle est l’écrin magicien du nouveau festival « Résonances », dédié à toutes les formes du clavier. Avec voix, avec instruments, en formations diverses, et ce dans tous les répertoires… Diversité et exigence sont les qualités d’un festival recherché dans le site le plus spectaculaire du Paris historique… Pas moins de 12 concerts événements vous attendent ainsi. 2 temps forts en particuliers : les 2ème et 4ème week end de juin. Ouverture jazzy, puis mélodies françaises et russes, piano et lectures, duo piano et violoncelle, littérature et musique par Julie Depardieu (marraine 2026) qui lit Colette, duos de pianos pour transcriptions vertigineuses (Ravel et Gershwin)… et pour finir (le lundi 29 juin), récital de piano, de Bach à Gershwin… Incontournable.
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