mercredi 30 septembre 2026

CRITIQUE, concert lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 6 décembre 2025. Airs et Duos de G. F. HAENDEL. Jeanine de Bique (soprano), Maarten Engeltjes (contre-ténor et direction)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Ce mercredi 6 décembre, dans l’écrin doré et l’acoustique si chère de la Salle Gaveau, l’émotion et l’excellence étaient au rendez-vous pour un récital 100% consacré à Georg Friedrich Haendel (dans le cadre des Concerts Philippe Maillard Productions,) et portée par deux artistes d’exception : Jeanine de Bique et Maarten Engeltjes !

 

Comme écrin pour ces deux voix d’envergure, le PTJCT Amsterdam, phalange baroque amstellodamoise d’une belle précision et vitalité, qui a posé un tapis sonore à la fois luxuriant et précis sous la direction du contre-ténor de la soirée : Maarten Engeltjes. La soprano Jeanine De Bique, originaire de Trinidad et Tobago, est une véritable force de la nature, capturant immédiatement les cœurs par la pureté cristalline, la souplesse et l’expressivité de son timbre. Dès « The leafy honours » (extrait de Belshazzar), elle déploie une agilité virtuose et une musicalité qui parle directement à l’âme. En contrepoint parfait, Maarten Engeltjes démontre une intelligence musicale absolue dans son « Great God », puissant et recueilli, d’une intensité dramatique saisissante. Son « Dove sei, amato bene » (tiré de Rodelinda) a été également moment de grâce suspendue, d’une élégance mélancolique et d’une projection émotionnelle remarquables. La beauté de son timbre, chaleureux et sans aucune dureté, a impressionné l’auditoire.

Les duos ont été les sommets de la soirée. « Great victor at your feet » (Belshazzar), puis surtout le bouleversant « Io t’abbraccio » (Rodelinda) ont fait frissonner la salle. Les deux voix, s’enlaçant, se répondant, se fondant avec une sensibilité et une synchronisation parfaites, offrant des moments d’une humanité rare. Le voyage dans Giulio Cesare a ensuite confirmé l’étendue de leur art. Jeanine De Bique a envoûté avec un « V’adoro, pupille » d’une sensualité à couper le souffle, avant de livrer un « Da tempeste » d’une virtuosité éblouissante et d’un tempérament théâtral irrésistible, soulevant des tonnerres d’applaudissements. Maarten Engeltjes, dans « Se in fiorito », a déployé une ligne de chant d’une superbe longueur sérénité. Le finale, avec le duo « Caro / Bella… » tiré de Giulio Cesare, a scellé cette union artistique dans la joie et la tendresse.

Mais le public ne voulait pas les laisser partir ! Les bis ont été deux cadeaux ultimes : le duo paisible et lumineux « These labors past » (extrait de l’oratorio handélien Jephta), avant de nous offrir, par une demande populaire irrésistible, la reprise de « Io t’abbraccio ». Ce second baiser musical, encore plus intense et libéré, a été une conclusion parfaite à la soirée !

 

 

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CRITIQUE, concert lyrique. PARIS, Salle Gaveau, le 6 décembre 2025. Airs et Duos de G. F. HAENDEL. Jeanine de Bique (soprano), Maarten Engeltjes (contre-ténor et direction). Crédit photographique (c) Emmanuel Andrieu

 

 

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