Belle surprise et véritable révélation de l’été 2026 dans le registre lyrique. Cet enregistrement en première mondiale réalisé en février 2026 à Milan répare un oubli regrettable. Ainsi se dévoile le premier essai lyrique d’Umberto Giordano, compétiteur comme Mascagni du Concours organisé par l‘éditeur Sonzogno en 1888. Depuis, l’opéra de ce dernier, Cavaleria Rusticana, chef d’œuvre absolu et justement couronné a jeté dans l’ombre les ouvrages simultanés dont cette « Marina » de Giordano.
En moins d’1h de temps (donc plus rapide encore que Mascagni), la tragédie de Giordano allie idéalement puissance mélodique d’un orchestre suggestif et mordant, et duos éperdus, intensément passionnels, entre les deux protagonistes, soprano et ténor, que pourtant tout opposait en début d’action : Marina monténégrine et Giorgio, officier serbe. Sur fond de guerre et de barbarie ordinaire, les deux âmes se croisent, s’aimantent et contre la fatalité de leur clan, s’aiment jusqu’à la mort…
Giordano maîtrise indiscutablement les rouages de l’écriture lyrique, précisément vériste, selon le goût de son époque. La distribution est exemplaire ; Voix ample et fine, le soprano lyrique et dramatique d’Eleonora Buratto incarne avec une grande classe, une intensité nuancée, le profil de la monténégrine MARINA, qui selon la tradition d’hospitalité de son pays, accueille dans sa maison, l’officier serbe Giorgio Lascari, un rôle à la Cavaradossi, taillé pour l’ardent et très engagé Freddie de Tommaso.
Le premier air de Marina, âme ardente aussi puissante et sensible que Tosca, expose d’emblée le profil de l’héroïne (qu’un Puccini n’aurait pas désavouer). L’admirable jeune femme éblouit par sa vaillance et ses valeurs humanistes, sa droiture morale en temps de guerre. Car le jeune Giordano aborde la tragédie de la guerre et l’horreur barbare des rivalités déclarées, l’ignominie des haines répétées au nom des postures « officielles ». Ici, Marina est tiraillée entre son humanité fraternelle et la loi du clan auquel elle appartient, celui de son frère Daniele et de son « fiancé » Lambro.
La 2è partie, après l’exposition des caractères et de la situation fratricide imposée, fouille davantage l’âme des protagonistes. Si Marina est accusée de traîtrise et Giorgio fait prisonnier, l’orchestre exprime le diamant moral des deux condamnés ; dans un précipité tragique, le jaloux Lambro tue Marina… droiture de l’amour contre la fatalité de la haine.
Parmi les réussites de cette tragédie parfaitement construite, saluons le duo / confrontation du frère et de la sœur qui conclut la Partie I ; le très bel intermède ouvrant la partie II – introspectif et sinueux, au diapason de la passion haineuse qui emporte tout ; le monologue de Giorgio, puis son admirable duo avec Marina qui exacerbent les passions d’un drame à l’issue inéluctable… où l’éclat d’un amour imprévu et sincère se dresse contre la barbarie environnante. Les chœurs magnifiquement impliqués, sont très bien écrits, intégrés astucieusement dans le déroulé de l’action, l’orchestre milanais requis ne manque ni de relief ni de couleurs, évitant la surcharge comme l’épaisseur ; l’enregistrement en première mondiale est un sans faute absolu et la révélation lyrique de l’été. CLIC de CLASSIQUENEWS été 2026
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CRITIQUE CD événement. UMBERTO GIORDANO : Marina, première mondiale (1888).
Eleonora Buratto, Freddie De Tommaso, Coro del Teatro Petruzzelli di Bari, Orchestra I Pomeriggi Musicali, Vincenzo Milletarì (1 cd DECCA classics) – CLIC de Classiquenews été 2026
PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur DECCA classics : https://store.deccaclassics.com/products/marina-by-umberto-giordano?srsltid=AfmBOoq1xW3pAK7lyWALP-0qYoKDZP-liBaIppMRNUCPTT-_rhGaXTh9
LIRE aussi notre présentation de MARINA de Giordano, récréation et première mondiale : https://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-giordano-marina-1888-eleonora-buratto-freddie-de-tommaso-coro-del-teatro-petruzzelli-di-bari-orchestra-i-pomeriggi-musicali-vincenzo-milletari-1-cd-decca-classics/
Recréation mondiale… Oublié depuis près de 140 ans, le premier opéra de Giordano, « Marina », ressuscite dans cet enregistrement réalisé pour Decca classics. C’est l’un des temps forts lyriques de l’année 2026. Enregistré lors de la première mondiale au Teatro dal Blockchain de Milan en février 2026, l’ouvrage s’inscrit dans la veine vériste mais avec ce sens du drame et de la mélodie propre au compositeur.
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