Compte rendu critique, OPERA. Parme. Teatro Regio, le 20 octobre 2017. Verdi : Jérusalem, Vargas, Della Benetta, Palazzi… Callegari / De Ana

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitCompte rendu critique, OPERA. Parme. Teatro Regio, le 20 octobre 2017. Verdi : Jérusalem, Vargas, Della Benetta, Palazzi… Callegari / De Ana. En cette fin de festival Verdi 2017, nous retournons au Teatro Regio pour y voir l’ultime représentation de Jérusalem. Pour cette dernière soirée d’une série exceptionnelle, qui tient surtout à la rareté de l’oeuvre, Michele Pertusi et Annick Massis, appelés l’un à Londres et l’autre à Marseille, sont remplacés par Mirco Palazzi en Roger et Silvia Della Benetta dans le rôle d’Hélène.

Alternance en demi teintes pour Jérusalem

Avec Silvia Della Benetta nous trouvons une Hélène plus ferme et plus en voix qu’Annick Massis. En effet, la soprano italienne est stylistiquement et vocalement plus proche du personnage que ne l’était Annick Massis lorsque nous l’avions vue le 8 octobre dernier. La voix plus corsée et plus puissante de Della Benetta lui permet de se faire entendre plus loin dans la salle que sa collègue. Si la prière “O Vierge Marie” au premier acte est interprétée avec des aigus plus francs et plus beaux, l’aria et la cabalette du second acte sont moins surinterprétés sur un plan strictement scénique et aussi mieux chantés.
Par contre, si nous avons gagné une belle Hélène, nous avons perdu Roger en cours de route. Visiblement nerveux, et peu à l’aise tant sur la scène parmesane que dans ses costumes, Mirco Palazzi peine à ne faire qu’un avec son personnage et ne parvient pas complètement à s’imposer dans le rôle de l’oncle jaloux, retors et implacable. Si l’air d’entrée “Vous priez vainement pour mon rival… Oh dans l’ombre ! Dans le mystère !” est honorablement interprété, la cabalette “Oh viens esprit du mal…” est … ratée : nous entendons des fausses notes d’entrée de jeu, des vocalises savonnées ; nous notons également des fautes mineures de texte. Nous le regrettons d’autant plus que la voix est belle, sombre, bien placée, avec une large tessiture, et des graves plus fermes que ceux de Pertusi, et que la diction est quasi parfaite. Si par la suite, la scène du second acte “Grâce mon Dieu … Oh jour fatal ! Oh crime !” est mieux interprétée, Mirco Palazzi est couvert par l’orchestre à des endroits où cela ne devrait pas être le cas et il se montre assez effacé pendant le trio du dernier acte avec Gaston et Hélène.

Dans la fosse, Daniele Callegari dirige la Filarmonica Arturo Toscanini avec la même rigueur et la même énergie que lors des précédentes représentations.  Il avait pourtant dirigé la veille le second des deux Requiem au programme du festival.

Si la piètre performance de Mirco Palazzi dans le rôle de Roger nous fait regretter le départ de Michele Pertusi à Londres, nous apprécions une autre Hélène à la voix plus corsée et plus adéquate au personnage meurtrier. Malgré tout, le niveau général reste élevé grâce à une mise en scène et à une direction d’acteurs précises. A l’ensemble, il faut ajouter la direction nerveuse et dynamique de Daniele Callegari qui, de la fosse, reste attentif à chacun.

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Parme. Teatro Regio, le 20 octobre 2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Jérusalem, opéra en quatre actes sur un livret d’Alphose Royer et Gustave Vaez. Ramon Vargas, Gaston, vicomte de Béarn; Silvia Della Benetta, Hélène, fille du comte de Toulouse; Mirco Palazzi, Roger, frère du comte de toulouse; Pablo Galvez, le comte de Toulouse; Valntine Boi, Isaure, confidente d’Hélène; Deyan Vatchkov, Adhémar de Montheil, légat du pape; Paolo Antognetti, Raymond, écuyer de Gaston, Massimiliano Catellani, l’émir de Ramia; Matteo Roma, un officier de l’émir; Franceso Salvatori, un soldat, un hérault. Choeur du Teatro Regio de Parme, Filarmonica Arturo Toscanini, ballet du Teatro Regio de Parme, Daniele Callegari, direction. Hugo de Ana, mise en scène, costumes, scénographie; Valerio Alfieri, lumières; Sergio  Metalli, effets spéciaux; Leda Lojodice, chorégraphies.

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