Compte rendu, concert. Théâtre Trévise, le 10 janvier 2016. Paris cheri(es). Frivol’ensemble.

Compte rendu, concert. Théâtre Trévise, le 10 janvier 2016. Paris cheri(es). Frivol’ensemble. Souvent on fait, à tort, le rapprochement entre le spectacle vivant et le divertissement. En période de crise identitaire, le divertissement est devenu une figure du credo politico-social qui dessert la création en brouillant ses véritables argumentaires culturels.

Parce que le spectacle vivant n’est pas sans “divertissement”, on peut, en effet, rendre au spectateur à la fois la joie et Le faire revisiter un répertoire, une époque et une histoire. Le spectacle vivant c’est nous. Et c’est le cas de “Paris Cheries”, un spectacle dédié à l’amour sous ses formes les plus charnelles et débordant de sensualité chic!

“T’ es bell’ tu sais sous tes lampions,
Des fois quand tu pars en saison
Dans les bras d’un accordéon.”
Paname  - Léo Ferré
paris-cheries-theatre-trevise-critique-classiquenewsLe programme a été conçu par le prodigieux esprit de Christophe Mirambeau, éternel défricheur de trésors dans un répertoire largement peu connu et souvent méprisé à tort. Christophe Mirambeau est à l’origine notamment des recréations mondiales telles que les extraits de Brummel de Reynaldo Hahn (Salle Gaveau, 2012), La Revue des Ambassadeurs de Cole Porter (2012 et 2014, Opéra de Rennes), Yes de Maurice Yvain dans sa version originale (2016 – Frivolités Parisiennes). De plus, Christophe Mirambeau anime très régulièrement avec son laboratoire de création et production “Les Grands Boulevards”, les scènes parisiennes avec des rencontres musicales avec des superbes spectacles autour des grandes figures du Music-Hall telles Sacha Guitry, Mistinguett ou les grandes heures du Théâtre du Châtelet (2010).
Tout aussi formidable, l’activité des enthousiasmantes Frivolités Parisiennes qui nous ouvrent avec bonheur tout le répertoire de l’opéra comique, de l’opérette et du music-hall. Mathieu Franot et Benjamin El Arbi, nous offrent quasiment deux siècles entiers de répertoire et la création contemporaine toutes les saisons. “Les Frivos” sont une compagnie dynamique, passionnée et passionnante. On dénombre une belle panoplie d’oeuvres qui leur doivent une redécouverte éclatante: L’Ambassadrice d’Auber, Le Petit Faust d’Hervé,Bonsoir Monsieur Pantalon de Grisar, Le Guitarrero d’Halévy, Don César de Bazan de Massenet et très récemment le Farfadet d’Adam et Yes de Maurice Yvain. En réunissant les talents et formant les jeunes solistes dans une Académie, “Les Frivos” nous passionnent encore et encore.
2017 débute en réjouissances dans l’historique Théâtre Trévise, au coeur festif du Paris Chantant. Paris Chéries nous prend par la cravate et nous fait voyager dans l’imaginaire sexy et follement frivole de la capitale. Et rien n’est vulgaire pour faire taire toute réserve moralisatrice. Chaque morceau est d’un coquin subtil, comme le satin des plus belles lingeries. Des chansons, des airs issus des revues et des opérettes, dont le superbe “Un petit quelque chose” de Van Parys et la désopilante Polka des “Cénobites”… Paris Chéries nous touche dans l’effeuillage du Paris fantasmé et qui devient réel sous les milliers de lumières de ses nuits.
Sur scène les artistes nous livrent une soirée euphorisante et l’on retrouve les plus grandes heures du Paris frivole. Tous les solistes ont à la fois le don de la comédie et des voix riches et polychromes. Les deux “leading ladies” Léovanie Raud et la mythique Charlène Duval sont débordantes de sensualité. Les textes, à l’équivoque réjouissant, sont délivrés avec une clarté de prosodie incroyable, ce qui augmente l’humour. Léovanie Raud a la voix de soie et de feu nous transporte notamment dans un extrait des Trois Valses d’Oscar Strauss “C’est un p’tit quelque chose”. Charlène Duval, sensuelle et splendide dans ses numéros aux airs exotiques et d’un grand raffinement. Les garçons nous épatent tout autant avec des voix bien tournées et au jeu euphorisant. Pascal Neyron, un très beau meneur de revue, plein d’esprit, Alexis Meriaux à la voix veloutée et Guillaume Beaujolais aux couleurs chaleureuses et le comique désarmant.
Jean-Yves Aizic à l’énergie hautement communicative et un arrangeur de génie, mène du piano, le “Frivol’ensemble” tambour battant. Les musiciens portés dans la vague envoûtante et charmeuse des musiques de Paris Chéries, nous communiquent un vrai plaisir de jouer d’une traite cette magnifique revue qui revêt d’un rouge passion la Ville Lumière.
Ne laissez pas passer vous filer entre les doigts la nuisette de Paris! Courrez au Théâtre Trévise avant le 14 janvier!
_____________________
PARIS Chéri(es). Frivol’Ensemble. Jusqu”au 14 janvier au Théâtre Trévise
Léovanie Raud, Charlène Duval, Pascal Neyron, Alexis Mériaux, Guillaume Beaujolais
Frivol’ensemble (Mathieu Franot & Benjamin El Arbi)
direction et arrangements – Jean-Yves Aizic
Conception, répertoire, mise-en-scène – Christophe Mirambeau

One thought on “Compte rendu, concert. Théâtre Trévise, le 10 janvier 2016. Paris cheri(es). Frivol’ensemble.

  1. Pingback: Comptes-rendus …. nous y étions | Classique News