vendredi, décembre 9, 2022

Alban Berg Quartett. Tournée d’adieux Paris, Dijon. Les 30 janvier et 2 février 2008 à 20h

A ne pas rater

Alban Berg Quartett

Paris, Théâtre des Champs Elysées
Mercredi 30 janvier 2008 à 20h

Dijon, Le Duo. Auditorium
Samedi 2 février 2008 à 20h

Joseph Haydn: Opus 77 n°1 Hob III:81
Alban Berg: Quatuor opus 3
Ludwig van Beethoven: Quatuor n°15 en la mineur opus 132


A Dijon, le Quatuor Alban Berg joue les trois compositeurs qu’il avait abordé il y a 37 ans, lors de son premier concert viennois: Haydn, Berg et Beethoven. Le programme met en scène le dernier Haydn dans son Quatuor en sol majeur (1799), contemporain de ses ultimes chefs d’oeuvres (La Création, Les Saisons), dont le Scherzo demeure la pièce la plus inspirée. Même maturité et même extension du cadre formel avec l’Opus 132 de Beethoven, de plus en plus visionnaire et expérimentateur: placé en troisième mouvement, Le chant de reconnaissance évoque l’orchestre dans un climat crépusculaire et automnal. A contrario, le Quatuor opus 3 de Berg est composé par un jeune homme de 25 ans, prêt à s’affranchir de la tutelle de Schoenberg. En maître du genre, le musicien viennois fusionne concision structurelle et expressionnisme ardent, dans une langue atonale.

Les adieux du Quatuor Viennois
Le propre du de l’Alban Berg Quartett c’est assurément sa « classe » viennoise, qui lui permet naturellement d’aborder avec ce panache et cette subtilité plus qu’enviable, en un même concert, Haydn et Beethoven, Berg et Schoenberg. La formation depuis sa création (1971), joue les répertoires classique et moderne, du XVIIIème au XX ème siècles… La saison 2007-2008 est celle de la dissolution, donc des adieux, c’est pourquoi, chacun des concerts annoncés, jusqu’au dernier, est un événement incontournable. Les quatre membres ont pour nom: Günther Pichler (premier violon), Gerhard Schulz, Isabel Charisius et Valentin Erben (violoncelliste). Leur équilibre interne acquis au terme d’une longue, très longue écoute de l’autre, porté par le désir de l’entente et du partage, s’est exprimé depuis leur fondation au début des années 1970, à Vienne.

Alchimie des hommes et des instruments

Tout a commencé dans l’écoute du légendaire Konzerthaus Quartett à la Mozartsaal du Konzerthaus: Pichler s’y est fait une oreille, une exigence, tout en découvrant, saisi, l’art du « jouer ensemble », au sein de la formation chambriste la plus classique et la plus noble qui soit. Puis se furent les conseils du Quatuor LaSalle, collectés à Cincinnati (1970-1971. Ainsi se lança l’ABQ, (Alban Berg Quartett), composé autour de Pichler (simultanément konzertmeister du Wiener Philharmoniker), des trois professeurs de la Musikhochschule de Vienne: Klaus Mätzl, Hatto Beyerle, Valentin Erben. Leur premier concert se réalise le 5 octobre 1971 dans la petite salle Schubert du Konzerthaus, dans un récital associant les Viennois, Haydn (opus 77 n°2 en fa majeur), Berg (opus 3) et Schubert (D 804). Ils reçurent très tôt l’aval de la veuve d’Alban Berg pour porter son nom, signe d’un engagement indéfectible pour jouer la musique moderne voire contemporaine. Le style viennois allait encore s’intensifier au sein de la phalange, et avec lui, cette homogénéité de la sonorité, avec le renouvellement de deux instrumentistes: Gerhard Schulz remplace Mätzl, comme second violon en 1978, puis Thomas Kakuska à l’alto, remplace Beyerle, à partir de 1981. En effet, Schulz, Pichler et Kakuska furent tous élèves du violoniste du Philharmonique, Franz Samohyl, lui-même ayant appris son métier du konzertmeister de l’orchestre, Arnold Rosé. Filiation et continuité là encore, quand à la mort en 2005 de Thomas Kakuska, c’est son élève, l’altiste Isabel Charisius qui le remplace. Entre tradition et inovation, les ABQ ont pris soin aux cotés des oeuvres du répertoire, de créer des oeuvres nouvelles signées Schnittke, Berio, von Einem… Chacun joue un instrument particulièrement choisi: Schulz, un Stradivarius 1715; Charisius, un alto Storioni 1780; Erben, le violoncelle Gofriller 1722, enfin il revient au premier violon Pichler d’avoir jeter son dévolu sur un instrument de facture contemporaine, signé Stefan-Peter Greiner (Bonn). La qualité n’a pas de prix: elle est aussi, surtout, le fruit d’une alchimie subtile née, ténue, entre quelques hommes de bonne volonté. Le défi reste de faire durer cette magie collective. Celle des membres du Quatuor Alban Berg, aura duré de 1971 à 2008, soit 37 ans. Une carrière somme toute des plus honorables.

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