dimanche 20 septembre 2026

CRITIQUE, comédie musicale. PARIS, Lido, le 19 septembre 2026. G. KELLY / S. DONEN : « Singing’ in the rain ». Mise en scène de Robert CARSEN

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André Peyrègne
André Peyrègne
André PEYREGNE est Président d’honneur de la Fédération Française d’Enseignement Artistique, Chroniqueur en Histoire et Musique de Nice-Matin, Collaborateur de Radio France et France Télévision et Ecrivain (son dernier livre paru : "Petites histoires féminines de la grande musique" - Editions Desclée de Brouwer)
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L’automne est arrivé : il pleut sur Paris. Enfin, pas sur tout Paris. Sur la scène du Lido ! Et le Lido est heureux. Pensez donc, il y a tant de régions qui, en ce moment, espèrent voir tomber la moindre goutte ! Le Lido s’est donc mis à danser. Et même à chanter. Cela donne « Singin’ in the Rain » de Gene Kelly et Stanley Donen. Le bonheur ! Le public, lui, fait pleuvoir les bravos.

 

 

 

Le célèbre homme de théâtre canadien Robert Carsen est le metteur en scène. Le Carsen chic et efficace, le Carsen des grands soirs. On se demandait comment il allait transposer sur la scène du cabaret parisien cette comédie musicale qu’il avait si magnifiquement montée, naguère, au Châtelet. Eh bien, en jouant le jeu du cabaret ! Il en a épousé les séductions. Voici des girls dévêtues, emplumées, apparaissant dans des lumières éclatantes. Voilà un étonnant ballet de claquettes.  

Cette fête raconte l’histoire du passage du cinéma muet au cinéma parlant. Le temps des gloires déchues dont les voix n’avaient pas la beauté de leur physique. Tel est le malheur de Lina, ex-star détrônée par Kathy, chanteuse et comédienne à la voix onctueuse. Elle lui vole sa gloire mais aussi le cœur du beau Don Lockwood. Carsen fait alterner les projections de films en noir et blanc et les scènes éclatantes de couleurs. On a droit à la restitution de la célèbre scène du film de Gene Kelly. A ce moment, il pleut réellement sur scène. Flic, flac, le réverbère, la douche sous la gouttière, les claquettes dans l’eau, le parapluie qui s’ébroue ! 

Cela est possible grâce à une troupe de premier ordre – et un orchestre bien mené. Au sommet se trouve Dan Burton, dans le rôle de Don Lockwood. Ce Dan qui joue Don a bien plus de dons que dans le seul nom de son personnage : il en déborde ! Il chante, danse, joue, sourit, bondit. Ses claquettes crépitent. Sa voix a du charme. Il pourrait, à lui seul, remplir la soirée. À ses côtés, Clare Halse, dans le rôle de Kathy, est aussi émouvante en chantant qu’en dansant. Daniel Crossley, en Cosmo, déploie une étincelante énergie. Il surgit, bondit, tourbillonne, cascade. Quant à Emma Nelson, elle nous fait si bien croire à son rôle d’idiote qu’on ne sait plus s’il faut l’applaudir ou se moquer d’elle ! C’est l’applaudir qu’il faut, bien sûr ! 

Un seul reproche : la durée du spectacle. Trois heures, entracte compris ! On aurait pu raconter tout cela en une bonne demi-heure de moins. Mais retrouver la volupté des musiques américaines du milieu du XXe siècle – ces  mélodies qui ont le sourire aux lèvres, ces rythmes qui vous prennent par la main – procure un tel plaisir qu’on pardonne à toutes les longueurs. 

Lido pluvieux, Lido heureux !

 

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CRITIQUE, comédie musicale. PARIS. Lido. 19 septembre 2026. G. KELLY / S. DONEN : « Singing’ in the rain« . Mise en scène de Robert CARSEN. Crédit photo (c) Valentien Folliet

 

 

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