dimanche 20 septembre 2026

ENTRETIEN avec Jean-Baptiste FRA, à propos de la nouvelle saison 2026-2027 de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse

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Jean-Baptiste FRA, délégué général de l’ONCT Orchestre National du Capitole de Toulouse, précise les temps forts de la nouvelle saison 2026-2027 de la phalange toulousaine. Au retour d’une tournée lumineuse au Japon (été 2026), l’Orchestre du Capitole affiche une santé rayonnante, forte de son haut niveau artistique et d’une cohésion renforcée. La nouvelle saison joue la carte de la diversité des styles et des époques tandis que le directeur musical Tarmo Peltokoski approfondit encore son travail avec les instrumentistes en abordant Stravinsky et Bruckner. En fosse, les musiciens poursuivent leur exploration du répertoire lyrique avec rendez-vous incontournable cette saison, Peter Grimes et Lohengrin… Impliqué auprès des jeunes, l’Orchestre poursuit aussi une démarche exemplaire dans le domaine de la santé mentale à travers le programme pilote « Résonance(s)« …

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Photo : © Pierre Beteille

 

 

CLASSIQUENEWS : Quels sont les axes et thèmes forts de cette nouvelle saison 2026 – 2027 ?

Jean-Baptiste Fra : Nous avons fait le choix de ne pas faire de saison thématique, mais plutôt d’essayer d’offrir une large palette d’esthétiques au public toulousain. Du baroque avec la Messe en si mineur de Bach sous la direction de Leonardo García-Alarcón au Concerto pour violoncelle d’Esa-Pekka Salonen, en passant par Michel Legrand, Pierre et le Loup, etc.

 

CLASSIQUENEWS : Avec Tarmo Peltokoski, quel répertoire avez-vous privilégié ? En quoi le choix des œuvres de cette nouvelle saison met-il en avant les qualités de l’orchestre, et son travail spécifique avec le directeur musical ?

Tarmo Peltokoski voulait absolument que l’orchestre joue les trois grands ballets de Stravinski (L’Oiseau de feu, Petrouchka et le Sacre du Printemps). Je pense que cette musique met particulièrement en valeur les qualités de notre orchestre. La virtuosité des bois, la précision des percussions, la densité des cordes et la puissance de cuivres… Et puis nous poursuivons aussi le travail sur les symphonies de Bruckner avec la 5ème que nous jouerons également à la Philharmonie de Paris avec Tarmo Peltokoski, mais aussi la 3ème avec notre ancien directeur musical Tugan Sokhiev.

 

CLASSIQUENEWS : L’ONCT poursuit son cycle de tournées à l’international. En quoi est-ce important ? Quel type de partitions jouez-vous alors ? Selon quels critères ?

C’est essentiel pour deux raisons. Tout d’abord parce que nous sommes fiers de nous faire les ambassadeurs de notre ville, et que Toulouse Métropole a toujours encouragé et soutenu le rayonnement de son orchestre. Nous avons, je pense, contribué à la désignation de la ville, « Ville musicale » par l’UNESCO !

Et c’est aussi très important pour la santé de l’orchestre. Quand nous avons la chance d’être invités à jouer dans les plus belles salles du monde, les musiciens sont galvanisés. Ce sont des moments exceptionnels qui contribuent à la santé artistique et la cohésion de l’orchestre.

Concernant le répertoire, c’est toujours une discussion entre les souhaits du directeur musical et les salles qui nous accueillent. Sous Michel Plasson, l’orchestre a fondé son identité en défendant la musique française. Avec Tugan Sokhiev, la musique russe a pris plus de place, et aujourd’hui on essaye de conserver tout cet héritage en allant un peu plus sur les répertoires de prédilection de Tarmo Peltokoski qui sont plus germaniques.

 

CLASSIQUENEWS : L’Orchestre joue également en fosse, assurant les représentations lyriques au Capitole. En quoi est-ce important pour la vie et le fonctionnement de l’Orchestre de maintenir aussi cette riche activité lyrique ? Quels sont les 2/3 temps forts de cette saison 26-27 ?

Je pense que c’est une grande richesse pour les musiciens de pouvoir explorer tout le répertoire et ne pas se limiter au symphonique ou au lyrique. Aussi, l’opéra donne une souplesse, une agilité à l’orchestre très particulière. Il faut suivre les chanteurs, les effets scéniques parfois. Il y a plus d’imprévus. L’orchestre n’est qu’une partie de l’équation à l’opéra. En symphonique, l’orchestre peut briller et déployer ses qualités de façon plus évidente. Il faut alors de grands chefs pour révéler ce trésor collectif et le faire progresser.

Parmi les temps forts de l’opéra, il faudrait poser la question à Christophe Ghristi, mais si je me place du côté de la partition orchestrale, je dirais Peter Grimes et Lohengrin bien sûr.

 

CLASSIQUENEWS : Y a-t-il de nouvelles activités ou des champs que vous explorez ? Lesquels/les et dans quel but ?

Nous avons posé 2 priorités. La jeunesse et la santé. Nous menons de front de nombreuses actions dans ces directions. Nos propositions de concerts famille pour découvrir l’orchestre (Pierre et le Loup, Octave et Melo, etc.) et l’accueil chaque année de près de 20 000 jeunes sur le temps scolaire à la Halle aux grains, notre académie d’orchestre en collaboration avec le CRR et l’Isdat (Institut supérieur des arts et du design de Toulouse), notre orchestre DEMOS, le concert gratuit pour les étudiants, le Club Capitole Jeunes, le travail avec les écoles de musique du territoires pour sur nos concerts Happy Hour dédiés à la découverte d’un instrument de l’orchestre, et on l’oublie souvent mais le travail sur l’accessibilité tarifaire : 5 € pour les moins de 26 ans !

Côté santé, nous avons fait le choix de travailler sur le handicap avec deux principaux projets :

Résonance(s) – un programme d’immersion musicale et de recherche en santé mentale en collaboration avec le CSTR et la Ferrepsy, que nous déployons au niveau national avec plusieurs objectifs : s’appuyer sur la musique pour rompre avec l’isolement et l’auto stigmatisation des personnes souffrant de troubles psychiques : comment la musique favorise la réinsertion psychosociale. ; s’appuyer sur l’immersion comme support d’apaisement et d’expression. Résonance(s) c’est aussi un travail de recherche scientifique rigoureux mené par des psychiatres pour évaluer scientifiquement cette action au niveau national. Et nous poursuivons également notre programme « Tous les matins/jardins d’orchestre » à destination de toutes les personnes porteuses de handicaps (physiques ou mentaux) avec des ateliers musicaux encadrés conjointement par des musicothérapeutes, des musiciens et les soignants.

 

CLASSIQUENEWS : Vous invitez des chefs/fes étrangers/ères et aussi des solistes internationaux. En quoi est-ce bénéfique dans la vie d’un orchestre ? Pouvez-vous citer 2 ou 3 exemples emblématiques ?

Notre aspiration est de travailler avec les plus grands chefs et solistes. La nationalité n’est pas un critère de choix. Les plus grands noms sont très demandés partout dans le monde. C’est parfois très compliqué de trouver une date qui convient et les calendriers se discutent deux ans à l’avance, parfois plus ! Récemment nous avons eu la chance de travailler avec Martha Arguerich, Yuja Wang, Frank Peter Zimmermann, Alexandre Kantorow… Cette saison, nous accueillons Antoine Tamestit, Sol Gabetta, Beatrice Rana… C’est primordial de tisser des liens avec ces artistes. De les fidéliser pour le plus grand plaisir du public.

 

CLASSIQUENEWS : Depuis le Covid, avez-vous constaté une évolution significative de la part des publics, en terme de goût, de modalités de réservations, etc ?

Pas vraiment en réalité. Les quelques mois juste après le Covid, nous avons observé une prudence du public dans les réservations et dans le fait de prendre des places pour des concerts un an à l’avance, comme c’est souvent le cas pour nos abonnés. Je pense que nous sommes revenus à une forme de « normalité ». Le Covid paraît déjà loin. La Halle aux grains affiche un taux de remplissage remarquable (93% la saison dernière).

 

CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui pour vous définit le mieux l’ONCT ? Y a t il un ou des répertoires dans lesquels ses particularités se distinguent nettement ?

L’identité de l’orchestre est profondément liée à la musique française. On pense immédiatement à la superbe discographie laissée par Michel Plasson. Mais je pense que l’orchestre est artistiquement plus complet aujourd’hui et qu’il est plus à même de défendre une plus grande variété de répertoires.

 

CLASSIQUENEWS : Votre plus beau souvenir ou une anecdote mémorable lors d’un concert de la saison passée ?

J’en ai quelques uns mais je dirais la 6ème symphonie de Mahler au Suntory Hall de Tokyo. Un temple de la musique. La salle pleine à craquer et l’ovation à la fin. C’est une forme de consécration pour les musiciens, mais aussi une immense fierté pour toutes les équipes restées à Toulouse. Nous avons tous dîné ensemble après ce concert. Un très beau moment de cohésion.

 

CLASSIQUENEWS : Parmi les événements de la prochaine saison, y a-t-il un programme que vous attendez spécifiquement ? Pourquoi ?

Difficile de n’en choisir qu’un, mais puisque l’exercice l’oblige, je dirais la Messe en si mineur dirigée par LE chef baroque du moment, le chef argentin Leonardo García-Alarcón et le chœur de chambre de Namur.

 

Propos recueillis en septembre 2026

 

présentation saison 26-27

ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE : nouvelle saison 2026 – 2027. Tarmo Peltokoski, Bertrand Chamayou, Nelson Goerner, Tugan Sokhiev… / Bruckner, Mahler, Saint-Saëns, Beethoven, Stravinsky… : https://www.classiquenews.com/orchestre-national-du-capitole-de-toulouse-nouvelle-saison-2026-2027-tarmo-peltokoski-bruckner-mahler-saint-saens-beethoven-stravinsky/
La nouvelle saison 2026 – 2027 de l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE s’annonce aussi riche et généreuse que les précédentes. Aux compositeurs majeurs de l’expérience symphonique tels Saint-Saëns, Bruckner ou Mahler bien présents cette saison, s’affichent aussi les œuvres de Stravinsky, Tchaïkovsky, sans omettre des raretés (Emilie Mayer), ou des dispositifs originaux qui relisent les grandes partitions (Symphonie Héroïque de Beethoven à travers l’imaginaire d’Aurélien Bory…).

 

 

programme RÉSONANCE(S) avec l’ONCT / Orchestre national du Capitole de Toulouse

TOULOUSE, Halle aux grains. RÉSONANCE(S) – RENCONTRES Musique et santé mentale avec l’ORCHESTRE NATIONAL DU CAPITOLE DE TOULOUSE, ven 9 oct (9h30-17h, accès libre) / dépêche du 16.09.2026 :  https://www.classiquenews.com/toulouse-halle-aux-grains-resonances-rencontres-musique-et-sante-mentale-avec-lorchestre-national-du-capitole-de-toulouse-ven-9-oct-9h30-17h-acces-libre/
L’Établissement public du Capitole, qui réunit l’Opéra national et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, organise une journée d’échanges et de réflexion, sur le lien entre musique et santé mentale : RÉSONANCE(S). Un programme de soins inédit à Toulouse : comment la musique aide-t-elle à soigner des patients atteints de troubles psychiques ? À l’occasion des prochaines Semaines d’information sur la santé mentale, l’Établissement public du Capitole dévoile ses engagements et dispositifs innovants dans le champ de la santé mentale.

 

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