A l’occasion des deux représentations de Iolanta de Piotr Ilitch Tchaikovsky (en version de concert, les 5 puis 7 mars 2026), le chef Ben Glassberg précise sa propre vision de l’ouvrage ; il évoque aussi les défis spécifiques que doit relever les musiciens… c’est ainsi le dernier opéra qu’il propose comme directeur musical de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen…
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Photo portrait de Ben Glassberg © Caroline Doutre
CLASSIQUENEWS : Quelle est votre vision globale de la partition de Iolanta, orchestralement et dramatiquement ?

BEN GLASSBERG : Cette pièce est tellement bien écrite : c’est très concis.Tchaïkovsky nous apporte toutes les émotions possibles en très peu de temps. Il faut bien trouver toutes les couleurs, toutes les émotions, mais aussi la grande ligne entre l’obscurité du début et la majesté de la fin. Sans mise en scène, on est obligé de vraiment utiliser nos oreilles. Je trouve que, dans cette pièce en particulier, les émotions sont toujours évidentes, simplement dans la musique de l’orchestre et les voix. J’aimerais bien les faire sonner.
CLASSIQUENEWS : Comment cette nouvelle réalisation s’inscrit-elle dans votre travail global avec l’Orchestre et l’Opéra de Rouen ?
BEN GLASSBERG : En fait, c’est le dernier projet lyrique que je fais en tant que Directeur musical de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen. Donc cela représente la fin de notre voyage ensemble dans ce répertoire. Après six années de répertoire lyrique très divers, j’ai voulu terminer avec une pièce où la musique est vraiment au centre. Nous avons traversé un répertoire allant jusqu’au sommet du canon, y compris Wagner, Poulenc et Richard Strauss. En revanche, nous n’avons pas fait d’opéra en russe ensemble, et ce répertoire est très riche ; j’aimerais bien l’ouvrir un peu avant de partir.
CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous choisi les chanteurs ?
BEN GLASSBERG : Cette distribution réunit parmi les plus grands chanteurs du monde. Le premier choix pour moi a été mon amie Mané Galoyan dans le rôle d’Iolanta. Elle incarne des rôles de soprano lyrique d’une façon incomparable, et cette prise de rôle arrive à un moment parfait de sa carrière. Autour d’elle, nous avons choisi une distribution avec à la fois des chanteurs expérimentés et reconnus dans ce répertoire (Bogdan Volkov, Ilja Kazakov, Thomas Lehman), de nouveaux prodiges (Vladislav Chizhov) et des chanteurs fidèles et très aimés chez nous (Lucile Richardot).
CLASSIQUENEWS : Quels sont les bénéfices et les défis d’une lecture sans mise en scène ?
BEN GLASSBERG : Sans mise en scène, évidemment, l’histoire est moins explicite. Mais cela nous permet de suivre l’histoire sans concept, dans une situation où la musique nous guide. J’adore le faire parfois (sûrement pas toujours, car le théâtre est mon premier amour), parce que cela évite toutes les préoccupations hors de la musique. Cela donne le pouvoir à nos oreilles.
Propos recueillis en février 2026
Iolanta de Tchakikovsky à l’affiche de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen OONR, les jeudi 5 et samedi 7 mars 2026 : https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/programmation/iolanta-tchaikovsky/





